« L’Île close » (prix Imaginales) en diffusion libre

7 juillet 2014
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Couv. John Howe

Couv. John Howe

Bon sang !

Je l’avais promis depuis trois ou quatre éternités – voire une éternité d’éternités, c’est vous dire, un éternitéplex - mais je n’ai jamais pris le temps de le faire : mettre « L’Île close » en diffusion libre. Ce texte est probablement celui qui a bénéficié des plus larges retombées : lauréat du prix Imaginales, finaliste du Grand Prix de l’Imaginaire, traduit aux États-Unis, podcasté sur Utopod, sujet d’étude universitaire… Je reste éberlué et ravi de la faveur qu’a remporté cette variation hautement irrévérencieuse et référentielle sur le mythe arthurien. Merci à tou-te-s !

À l’origine, je voulais construire un mini-recueil à télécharger des nouvelles que je place en diffusion gratuite, mais j’ai largement trop attendu. Le projet n’est pas enterré, mais ce sera pour plus tard. Pour l’heure, voici donc le texte sous licence CC-By-NC-ND (diffusion libre, gratuite, sans contrepartie commerciale) :

PDF | EPUB | HTML

N’hésitez évidemment pas à faire circuler, c’est fait pour cela ; tous les textes en accès libre et gratuit sont présents sur la page correspondante.

(Et si vous avez encore faim de mythe arthurien, n’hésitez pas à jeter un oeil à l’anthologie Lancelot, où figure « Le meilleure d’entre eux » !)

L’étrange entretien de la convention Scorfel

4 juillet 2014
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Dessin Gaboo

Dessin Gaboo

C’est un peu tôt pour l’annoncer, mais je serai à la convention Scorfel, axée autour du jeu et de la littérature, les 25-26 octobre prochains à Lannion. Si je vous en parle maintenant, c’est que la présentation des invités arrive peu à peu en ligne, et que le ton est résolument rôliste. Pour ma pomme, ça se passe ici, mais vous pourrez découvrir les fiches de tous les autres invités dans la rubrique News du site de la manifestation (Mélanie Fazi, Jean Millemann, Maëlig Duval)…

Un couple improbable

3 juillet 2014
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« J’apprécierais que tu ne profites pas de la moindre occasion pour toujours mettre en avant tes spécificités ethniques, maugréa Eladiel. Il me semble que la situation est largement plus grave. La solution à tous les problèmes ne passe pas forcément trente mètres sous terre.

– Je ne ramène rien du tout ! » protesta Balwina. Elle se gratta la barbe où subsistaient encore des miettes de pain de voyage et pointa l’horizon du doigt. « Tu sais pourquoi on appelle cette forêt la Forêt Sans Retour ? Tu t’en doutes, de l’explication, ou te faut un poème, des choristes et trois joueurs de harpe ? »

Eladiel plissa son nez au profil parfait et la tristesse traversa ses yeux verts.

« Ce n’est pas la peine de ramener cette vieille histoire, murmura-t-il. C’est du passé.

– Le passé, mes fesses. Maman ne t’a jamais pardonné. Si j’y réfléchis bien, c’est probablement là que tout a commencé à dégénérer entre nous. Le jour même de notre mariage ! C’est qui qui la ramenait avec ses spécifictés ethniques ? » La naine secoua la tête. « Elle m’avait prévenue, pourtant. Pauvre maman. J’aurais dû l’écouter.

– Tu l’as si bien écoutée que tu t’es laissée convaincre qu’un elfe et une naine n’avaient rien à faire ensemble ! » Eladiel avait des trémolos dans la voix.

« Et allez, c’est reparti, grogna Balwina en levant les yeux au ciel.

– Reparti ? Vraiment ? Parlons-en, de repartir. Si je t’insupporte tant, pourquoi es-tu venu me chercher ? Tu n’avais pas d’autres… » Ses lèvres bougèrent un instant sans qu’aucun son n’en sorte. « D’autres camarades de beuverie à emmener ? Vous auriez été bien, entre vous, à comparer des plans d’excavation et à aiguiser vos pelles ! Pour ce que tu m’en roulais, de toute façon ! »

Eladiel ouvrit de grands yeux, choqué par son propre accès de colère. Balwina elle-même le regarda d’un air nouveau, pas tant heurtée par la formulation que par le fait qu’elle ait pu franchir les lèvres de son ex-mari.

« Tu vas pas pleurer, quand même ? » fit Balwina.

Eladiel renifla, les yeux rouges.

« Nan. »

La naine poussa un long soupir.

« Ca te ferait plaisir qu’on passe par la forêt ? »

L’elfe acquiesça, puis détourna la tête en contrôlant sa respiration pour masquer son émotion. Balwina leva les yeux au ciel et rectifia la position de sa hache sur son épaule.

« Allez. Passe devant. »

Déclencheurs : 20′ d’écriture, 

exposer des informations par le dialogue entre un elfe et un nain, 

sachant que le nain veut passer par la montagne, et l’elfe par la forêt. 

Visitez des librairies, lisez des livres, gagnez la Route de la Conquête !

2 juillet 2014
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Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Pour cet été, les éditions Critic vous proposent un défi amusant qui remet la librairie et la lecture au centre de la scène ! À gagner : La Route de la Conquête, qui sort en août prochain.

Vous aussi, dès maintenant, ou pendant vos vacances, n’hésitez pas à nous envoyer des photos de nos livres que vous auriez l’occasion de voir en rayon, ou bien, si vous partez loin avec l’un de nos titres, une petite photo du livre et du lieu !

La photo la plus originale, la photo prise dans le pays le plus éloigné de la France et la photo de tous nos titres en présentation dans la vitrine d’une librairie, sera récompensée , en cadeau : notre prochain titre à paraître : La Route de la Conquête de Lionel Davoust.

À suivre sur la page Facebook des éditions Critic pour soumettre vos plus belles photos !

L’anthologie Lancelot sur Un papillon dans la lune

1 juillet 2014
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Couv. Ryohei Hase

Couv. Ryohei Hase

4/5. La figure du chevalier légendaire est réinterprétée de diverses manières, et ils sont bien peu d’auteurs à l’épargner, tout en s’accordant sur son charme mythique, pour le plus grand plaisir du lecteur. Une très belle anthologie, qui plus est à un prix carrément abordable pour son volume. Le mythe Arthurien n’a pas fini d’alimenter notre imaginaire !

Une chronique enthousiaste de l’anthologie Lancelot, par Lune, à lire sur son blog ! (Merci pour l’appréciation de « Le meilleur d’entre eux » !)

Faillite de l’effort

30 juin 2014
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exam_girafeHou là là, trop le seum, la galère, mec, Marc le fermier ce fdp avec sa paille de boloss, Victor Hugo d’où qu’il fait causer un arbre et un roseau sérieux, et les maths du bac S putain sa mère les courbes paramétriques de teupu.

Ô rage, ô désespoir, ô indignation suprême dans les rangs de nos futurs (ou pas) bacheliers, de nos collégiens pour le brevet, et voilà que Benoît Hamon veut des notes moins décourageantes à l’école.

Bref, camarades, l’école c’est devenu vachement trop dur.

J’ai un truc à vous dire, les jeunes : c’est vous les boloss. Je n’ai pas fait de maths depuis quinze ans. L’exercice du bac, je le torche, celui du brevet aussi. Est-ce à dire que je suis suprêmement doué ?

J’aimerais bien, mais non.

C’est vous les boloss. Mais ce n’est pas de votre faute.

La faute revient aux parents qui vous surprotègent, qui ne tolèrent pas un seul instant que vous puissiez ramer, parce que ce serait une insulte à leur propre image, et empêchent vos profs de vous évaluer honnêtement afin que vous rapportiez des bonnes notes déconnectées des réalités.

La faute revient aux politiques qui, pour séduire les parents sus-nommés et vous, futurs électeurs et donc garants de leurs privilèges, cèdent en se donnant l’air auguste à vos pétitions pour vous éviter de reconnaître la perspective d’un échec ou même d’une difficulté.

La faute revient à cette rhétorique absurde qui veut donner à tous les mêmes diplômes, les mêmes vies, les mêmes modèles idéaux de réussite au lieu de reconnaître, valider et louer la diversité des aspirations, des talents, des inclinations.

La faute revient à la lourdeur administrative du système éducatif, qui enferme les profs dans des expressions novlanguesques abracadabrantes, dans une science pédagogique déconnectée de la réalité du terrain, souvent plus handicapante qu’utile.

La faute revient – pour piquer encore une phrase à Nietzsche – au triomphe du faible sur le fort. La faute revient à une société entière en faillite quant à l’idée d’effort, de travail, de conquête, qui handicape totalement des générations entières en leur ôtant toute notion qu’un jour, dans l’existence, dans la vérité du quotidien, des épreuves se dresseront, des couperets tomberont, des sélections s’opéreront, des échecs se produiront.

J’adhère totalement à l’idée que chacun peut tout atteindre, ainsi qu’on semble vouloir le mettre en avant dans le système éducatif. Avec un caveat : tout le monde peut tout atteindre avec du travail. Ce qui nécessite du temps, de l’investissement personnel, une certaine force combative.

C’est un véritable crime collectif commis contre des dizaines de milliers de jeunes que de les désarmer littéralement contre les inévitables – parce qu’elles sont inévitables – difficultés de l’existence. C’est les laisser désorientés, perdus, mollassons ; pire, c’est les encourager dans certaines voies pour lesquelles ils n’ont pas forcément la volonté ou les bases nécessaires, c’est leur faire perdre un temps fou dans des perpétuelles premières années de fac sans but, qui coûtent en plus des sommes non négligeables. Faire croire à tous que tout est possible sans fournir aucun effort est plus qu’une idiotie, c’est une tragédie.

Le problème n’est pas dans l’évaluation scolaire, dans la prétendue paresse des jeunes ou leur inculture ; il s’enracine dans l’idée générale, pernicieuse et persistante – fort arrangeante pour une classe politique qui n’oeuvre plus qu’à court terme - que tout doit être facile, gentil, compréhensif. Réalité à bouts ronds. Le monde n’est pas ainsi, et l’éducation devrait consister à (s’)y préparer, parce que c’est ce qui donne de la ressource. Il ne s’agit pas d’enfoncer la tête sous l’eau de ceux qui rencontrent des difficultés, mais il ne s’agit pas non plus de retirer les difficultés à la moindre anicroche. De considérer obscène l’idée même de difficulté ou d’épreuve. Cela revient à vouloir enseigner la natation en jetant un type dans la piscine sans le prévenir, puis à en retirer l’eau dès qu’il boit la tasse, et à lui dire MAIS OUAIS MEC, PUTAIN, TU NAGES ! Sauf que non. Et en plus, le type en question n’en retient qu’une chose : l’eau, c’est dégueulasse, sa mère la pute.

On apprend à nager en conquérant la peur de l’eau, en augmentant la difficulté. La… difficulté. 

À l’échelle de la société entière, la formation des jeunes adultes devrait s’articuler autour de la conquête de la difficulté, de l’apprentissage de sa maîtrise, et non dans sa dénégation. C’est conquérir qui forme un caractère, c’est le triomphe qui donne la mesure d’un être ; on peut se développer harmonieusement sans se frotter à l’échec (si l’on est extrêmement talentueux) mais pas si on le retire totalement de l’équation. C’est une leçon de bien plus grande valeur de savoir qu’on peut conquérir la difficulté plutôt que de l’aplanir dès que le danger devient un tant soit peut réel. Et ça n’est tout simplement pas viable. Il se présentera toujours. Et moins on y est préparé, plus il fait mal.

Un combatif peut être gentil. Un gentil ne peut pas être combatif. C’est brutal, mais c’est la vérité. Et, dans l’optique de former chaque être humain à conquérir son propre potentiel, il me semble préférable de donner l’option qui fournit le plus grand éventail de possibles.

En 2004, je publiais dans « Tuning Jack » (lisible gratuitement en ligne ici) quelques modestes galéjades, comme ce prétendu reportage futur de TF1 :

92% de réussite au bac l’année dernière, c’est bien mais c’est encore trop peu pour le ministère de l’Éducation, qui a placé comme objectif à l’horizon 2020, 96% de réussite pour une classe d’âge. Ces résultats sont néanmoins en hausse, grâce à la séparation des disciplines, à la réorganisation des emplois du temps et au recentrage des programmes.

Claire, 19 ans. – Ouais-heu, c’est sûr le bac ça fait flipper mais bon-heu… Bon moi je l’ai raté une fois parce que je me sentais pas en état d’y aller, la dernière fois. Alors-heu, là, cette année-heu… Ben j’espère que j’aurai le courage d’y aller.

La baisse du nombre des mentions ne cesse en revanche de s’accentuer. Cette baisse, amorcée en 2007, est dénoncée par l’opposition qui parle de « laxisme » de la part du gouvernement.

Morad, 17 ans. – Ouais ben j’le tente, là, c’est pour maintenant, hein. Mais j’me prends pas la tête, tu vois. Y a pas que les études dans la vie. Faut savoir faire la fête, hein ! Ha ha.

Sylvie, 17 ans. – Oh moi j’ai trop trop peur. Les examens, je trouve pas ça bien, ça me fait trop trop peur. J’aime pas être jugée par quelqu’un. Je trouve qu’on devrait pas faire comme ça. Parce que la personne qui corrige la copie, elle sait pas qui on est, alors que ce qui compte dans la vie, c’est d’être bien, mais humainement, quoi, hein. Mais forcément quand on écrit, les gens savent pas.

Une chose est sûre : nos chères petites têtes blondes, déjà grandes, vont commencer mercredi par l’épreuve de Géographie Locale. 

Je me disais : oh là là, que je suis plaisantin, jamais nous n’en arriverons là, voyons.

2014, la nouvelle cite un horizon 2020, je dis check, je suis dans les temps.

Soyez malins et combatifs, les gens. (Ne soyez pas ce type.) Bossez. Prenez votre vie en main, parce qu’aujourd’hui plus que jamais, personne ne la prendra en main à votre place. Faites quelque chose de vous-mêmes. Peu importe quoi. Mais quelque chose qui vous appartienne.

Au boulot.

La photo de la semaine : papillon au bar

27 juin 2014
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Et glou.

Thirsty butterfly

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