Archive pour la catégorie ‘Expériences en temps réel’
Alors, parfois, on dit des trucs sur Twitter, comme hier, à 12h14 :
Ai retrouvé une balle antistress. Depuis je joue avec comme un lolcat de bureau. C’est moche, la condition humaine.
Et voilà qu’en plus d’être floodé d’un seul coup par tous les sites de vidéos qui font du lolcat de près ou de loin (alors que les vrais aficionados savent qu’il n’existe qu’une seule adresse), je me suis retrouvé mis au défi de prouver mes allégations.
Ben tiens ! Croyez-vous que je galèje ? Il ne sera pas dit que je recule devant ma parole, le danger, ni, encore moins, le ridicule.
Voici, en exclusivité mondiale, un lolcat de bureau.
Bon, et vous, quand est-ce que vous m’envoyez vos récits et photos de caddies morts, hein ? La souffrance animale ne vous touche-t-elle pas ? Monstres.
Je reviens régulièrement au Mont-Saint-Michel, pour l’ambiance des pierres bien entendu, pour les souvenirs d’enfance aussi, mais surtout pour la marée. Non, contrairement à ce qu’affirme la légende, elle ne monte pas à la vitesse d’un cheval au galop, mais elle est assez rapide pour être parfaitement visible à l’oeil nu – et, pourvu que le terrain s’y prête, elle peut égaler l’allure de la marche. Et, en conjonction avec les sables mouvants et la possibilité bien réelle de se retrouver encerclé, la baie est réellement dangereuse. Peu importe, il suffit de me mettre une rivière, un mur d’eau, un courant sous les yeux pour me fasciner, et je jubile secrètement de voir les flots submerger les ridicules ouvrages de l’homme lors des équinoxes et chatouiller les voitures des imprudents qui s’enfuient bien vite.
Nous avions profité du passage de Mélanie Fazi il y a quelques semaines pour y refaire un tour ; elle a posté quelques photos sur son blog (je décline toute ressemblance avec un éventuel chevalier Sith, ce n’est évidemment pas mon genre de faire le con, ça se saurait). Pour ma part, je suis toujours aussi peu doué pour faire de vraies photos, surtout que mon seul appareil est mon téléphone portable, aussi, sans prétention aucune, voici quelques vues bizarres du monde… du Mont.
- Vue sur la forteresse isolée de Sauron.
- Ces sabres lasers étaient accrochés un peu partout aux murs sans raison. Pas de force encore assez j’ai, mais viendra ça.
- Vivre dans un donjon, c’est difficile.
- L’histoire des lieux est, heu… chargée.
- Portail vers les enfers ?
Je suis fier de toi, auguste lectorat, j’ai envie de te prendre dans mes bras et de te serrer avec émotion et camaraderie. Après la dénonciation de cette tragédie, la semaine dernière, tu t’es levé, tu t’es mobilisé, tu as brandi le poing et crié bien fort : « Non ! »
Ainsi, Laurent, cher ami et lecteur de longue date, m’a envoyé à son tour une photo insoutenable de tristesse, mais ô combien salutaire et nécessaire, et il est de mon devoir de la partager. En impeccable éthologue, il joint le court descriptif ci-dessous :
Tragique…
Un autre de ses congénères, échoué lui aussi. Son teint éclatant balayé par les vagues, il repose sur la grève, recouvert petit à petit de son linceul de sable. Dernière image avant de disparaître dans ce lit funèbre…
Il sera peut-être découvert dans quelques siècles par des archéologues, spécimen d’une espèce disparue, dinosaure de grandes surfaces. D’un animal isolé, abandonné par les siens, il deviendra représentant de ses congénères disparus, il y a bien longtemps.
Mais pour l’heure, le drame s’achève, la vie s’éteint, dans la solitude et la douleur. Sa volonté a pourtant repoussé la maladie pour quelques instants. Il a vaincu sa gangue de béton, fui le monde des homme, est retourné à la nature…
Il meurt, seul, mais libre !
Nos voix, seules, sont perdues ; ensemble, elles sont plus fortes. Comme Laurent, restez aux aguets avec vos appareils photos, vos téléphones portables. Envoyez-moi vos photos, accompagnées des circonstances de l’échouage (mon mail est ici) et je les publierai afin que ces tragédies qui fendent le coeur ne se reproduisent jamais plus et que nous retrouvions seulement nos amis dans le cadre qui leur est familier : gambadant gaiement sur les parkings des supermarchés.
Un autre de ses congénères, échoué lui aussi. Son teint éclatant balayé par les vagues, il repose sur la grève, recouvert petit à petit de son linceul de sable. Dernière image avant de disparaître dans ce lit funèbre…
Il sera peut-être découvert dans quelques siècles par des archéologues, spécimen d’une espèce disparue, dinosaure de grandes surfaces. D’un animal isolé, abandonné par les siens, il deviendra représentant de ses congénères disparus, il y a bien longtemps.
Mais pour l’heure, le drame s’achève, la vie s’éteint, dans la solitude et la douleur. Sa volonté a pourtant repoussé la maladie pour quelques instants. Il a vaincu sa gangue de béton, fui le monde des homme, est retourné à la nature…
Il meurt, seul, mais libre !
Après avoir parcouru jusqu’à des milliers de kilomètres dans des conditions allant du plus confortable au plus chaotique, accomplissant infatigablement leur rôle dans le cycle de la vie, les vieux spécimens se détachent parfois du troupeau. C’est fréquemment l’homme qui les attire ; inconscients des conséquences, touristes et familles les apprivoisent et, pendant un temps, les nourrissent, les conservent près d’eux, avant de les abandonner à la première maladie, ou même sans raison. L’animal, isolé de ses congénères, est alors incapable de regagner les siens et son milieu naturel ; il se laisse souvent aller à l’errance, oubliant de s’alimenter et même de s’abriter par gros temps.
On les retrouve ainsi échoués, oubliés, gisant tristement sur le flanc, seuls. On devine l’égarement tragique de l’animal, désorienté, souvent vieux et malade, qui n’a guère eu que la force de se traîner derrière un buisson pour mourir à l’abri des regards, appelant en vain de ses tristes couinements des maîtres qui se sont lassés de ses services.
Insoutenable.
J’en reste sans voix. Je veux les mêmes. (Merci à Siloane)
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Ce début d’analyse nous vient du site d’enquête indépendant The Straight Dope, qui ne fait que reprendre des documents accessibles à tous (sur Wikimedia). The Straight Dope est connu pour l’acuité de ses recherches, notamment dans la réfutation de légendes urbaines ; cependant, on peut ici se demander pour quelle raison le personnel du site n’a pas osé pousser davantage les éléments prometteurs en sa possession.
Les lecteurs de longue date savent que le sujet du piratage et la survie de l’art indépendant à l’ère numérique sont des sujets qui me tiennent à coeur et que je recherche sans cesse des chiffres permettant de conduire à une conclusion ou une autre dans ce domaine. Eh bien, grâce à The Straight Dope, ma quête a touché à sa fin ; loin des analyses fallacieuses financées par des groupes de pression, des études optimistes réalisées par des jusqu’au-boutistes du libre, les chiffres ne mentent pas, et ceux-ci montrent une relation indiscutable entre le piratage et l’économie. La suite après la pause






















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