Ça fout les Bill
Quand soudain, on va sur Allociné sur un lien donné dans un tweet, et l’on constate qu’avec la pub omniprésente sur le Net, les collisions entre annonces et contenu sont de plus en plus fréquentes et improbables :
Je sais pas vous, mais ça m’attirerait vachement plus comme ça.
Comme une impression de logique interne
On nous ment, on nous spolie, mais on ne pourra jamais nier qu’on vit dans la société de l’information.
C’est comme ça en Bretagne
Vu à la braderie du canal Saint-Martin, Rennes. À vendre, pas cher. L’histoire ne dit pas s’il a beaucoup servi.
Parfait, sauf en cas d’imperfection
Et là, moi, tout de suite, je suis parfaitement rassuré de me dire que c’est garanti à 100% sauf pour les cas où en fait non.
Le supermarché du nawak
Internet ne cesse de me réjouir. J’ignore si tu le sais, auguste lectorat, mais ce blog reçoit des dizaines de commentaires en spam par jour, dont 99% sont heureusement interceptés par l’anti-spam fourni avec WordPress, Akismet - l’intérêt pour les annonceurs est, en plus de capturer les gogos prêts à croire que ces phrases générées automatiquement s’adressent vraiment à eux, d’améliorer leur référencement sur les moteurs de recherche. Il va de soi que j’écrase ces indésirables sans pitié sous le talon rageur du destin (et oui, ça veut dire que, dans cette métaphore, je suis effectivement le destin – le mardi, c’est mégalomanie). Cependant, parfois, on trouve de véritables perles – ou bien des signes que l’Apocalypse est proche, car ce ne sont pas des catastrophes naturelles qui vont nous flinguer, mais certainement le poids écrasant de notre propre absurdité :
Je trouve surpuissant que des types ouvrent un site de contrefaçon pour faire des faux papiers. On poussait des cris d’orfraie à l’idée que des plans de bombes atomiques se baladent ainsi en toute liberté, mais là, c’est carrément avec pignon sur rue, et la mention sur le site (parce que je suis allé voir, ben oui) que « ce sont des répliques à fins de distraction seulement ». Bah oui, évidemment, ça les mettra tout à fait à l’abri de se faire nucléariser la gueule par à peu près tous les États de la Terre une fois qu’ils tomberont là-dessus.
J’attends avec impatience les prochains petits malins qui proposeront de la fausse monnaie « à fins de distraction seulement ». J’ai déjà acheté le pop-corn, la chaise longue, et je serai aux premières loges pour les voir réduits à l’état d’horrible mélange d’os et de chairs meurtris et traînés dans la fange, de lambeaux pleins de sang et de membres affreux que des chiens dévorants se disputeront entre eux1.
- C’est pas moi, c’est la faute à Jean Racine. ↩
C’est pas beau de tricher
L’adepte du personal branling a les yeux rivés sur ses stats de blog pour vérifier qu’il est bien l’architecte du buzz de demain – à sa modeste échelle, comme il dit, c’est-à-dire qu’il augmente ses visites de 4 sur un article à succès. Sinon, les stats, ça sert aussi, quand même, à vérifier si ce qu’on raconte intéresse un minimum de monde – sinon pourquoi tenir un blog – ou si l’info importante qu’on espérait faire passer a été un peu diffusée. Et sinon, les stats, aussi, c’est le mal1.
Ordoncques, on se connecte un matin sur son Tableau de bord WordPress et, dans les recherches qui amènent les visiteurs chez soi, on tombe là-dessus :
Là, on constate avec plaisir, mais on prend aussi son âge dans la gueule :
- « La Terre comme témoin » fait manifestement l’objet d’une étude au collège (ça paraît vraisemblable, puisqu’étant une nouvelle parue dans une antho jeunesse - Passages, dirigée par Lucie Chenu chez Oskar), puisqu’elle semble faire le sujet d’un examen. C’est très flatteur de se savoir étudié ; du coup, on se prend à espérer que le texte ait plu, que ce qu’on s’est efforcé d’y mettre a pu parler aux jeunes lecteurs, on a des étoiles et des pâquerettes dans les yeux, on se voit déjà avoir participé vaillamment à la réflexion d’une nouvelle génération de lecteurs, qu’on a fait un acte citoyen, que, bientôt, on va sauver le monde (tout ça avec un texte de 30 000 signes tout mouillé), parce que si on n’écrit pas pour sauver le monde, je ne vois pas l’intérêt, autant écrire pour l’argent, les femmes et l’alcool, non mais et puis quoi encore.
- C’est en même temps un peu étrange, parce qu’on se rappelle qu’à cet âge-là, on avait un côté petit branleur, qu’on était horriblement exigeant avec ses lectures et qu’en conséquence, on regardait soi-même avec une circonspection proche de la morgue l’étude de toute littérature à l’adolescence, d’autant plus qu’on lisait Zelazny sous la table pendant les cours de latin. (Maman, Papa, j’avoue.)
- Mais, surtout, on découvre que les élèves n’ont aucunement envie de se fouler à réfléchir et cherchent le corrigé tout fait sur le Net. Et là, on se colle une entorse aux deux chevilles, on se crève les yeux avec la tige des pâquerettes et les étoiles font supernova sur la rétine tandis qu’on reprend très vite, et très sainement, corps avec la réalité.
- Jeanne, si tu reçois des referrals mentionnant « Jeanne-A Debats petits choux à la crème », je n’ai aucune idée d’où ça vient. ↩
Ceci n’a aucun rapport
Voilà ce qui arrive quand les concepteurs de l’Enteprise se mettent à la robinetterie.

















