De retour en France : fin avril à début juin

Une tête relevée (heads-up) pour signaler au vaste monde mais plus exactement à l’Europe ainsi qu’à l’Université Européenne de Bretagne Occidentale (appellation authentique) que : je repasse dans le pays de Voltaire et de Patrick Sébastien pendant le mois de mai (à la louche).

Je reste peu par rapport aux années passées car j’arrive au moment où je peux demander ma double nationalité australienne, et cela m’impose une exigence assez forte sur le temps passé hors du pays, quota que j’ai presque épuisé. Mais : vu que La Succession des Âges ne sera pas encore disponible (j’en reparlerai en détail très vite), il vaut à la rigueur mieux que ça arrive cette année que celle où le livre sortira, puisque j’irai le vendre jusque dans votre salon.

Cette année, je passerai à quelques festivals, je proposerai quelques ateliers / formations et j’aurai une nouveauté (non fiction) à présenter… j’en reparlerai dans les jours à venir aussi. Le calendrier sera peuplé au fil des annonces, il est ci-dessous au cas où vous tomberiez sur cet article, et sinon il est toujours disponible sur la page idoine.

 Mais, en résumé et pour l’instant :

  • Publication d’un nouvel essai dans la collection « Comment écrire de la fiction ? » chez Argyll ;
  • Retraite créative chez Parenthèse ;
  • Atelier chez Les Mots ;
  • Présence aux festivals ImaJn’ère et Imaginales, avec la Masterclass du second.

Ça va être court, les ami·es, donc ne nous ratons pas le cas échéant. Infos de détail à venir (sachant que celles de la retraite sont déjà là).

2026-03-12T08:01:04+01:00mercredi 18 février 2026|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur De retour en France : fin avril à début juin

Mille mercis pour ce printemps

Mon printemps de festivals et d’ateliers touche à sa fin (pas encore tout à fait, il nous reste notre super semaine chez Parenthèse, mais je m’envole samedi prochain), et au fil de ces deux mois est montée du fond des âges une immense envie de, juste, vous dire merci à toutes et tous, publics, organisations d’événements et d’ateliers, artistes et collègues de tous médias, pour ce tourbillon de rencontres et de conversations, de marrades comme de réflexions profondes (les débats sur l’IA !). Je vis maintenant dans la forêt à l’autre bout de la planète, et vous revoir a été immensément énergisant pour l’introverti que je suis : même si je répète à qui veut l’entendre que la création doit d’abord se nourrir de sa propre réalisation, l’humain est un animal social, et retrouver la grande famille de l’imaginaire – parce que nous sommes toutes et tous uni·es par cette « mauvaise » culture et ce rêve fou que nous partageons dans la passion et l’enthousiasme, cette « forme de démence » – rappelle qu’on ne fait pas ça dans le vide, qu’on jette ses ponts vers les frères et sœurs de la famille, qu’on se parle à toutes et tous, et c’est formidable, heureux, et émouvant. 

On peut prétendre au labeur, pas aux fruits du labeur, dit la Bhagavad-Gita, eh bien l’on peut prétendre au pont, mais ne pas prétendre à l’autre rive, si je puis me permettre. Mais quand on retrouve le rivage lointain, et qu’on s’aperçoit qu’il n’existe aucune brume autre que celle de l’esprit… eh bien : c’est fantastique. 

J’ai une chance extrêmement rare : quand je parle des mes voyages, je m’aperçois que je dis à chaque fois « je rentre ». 

J’ai deux maisons. 

Merci encore, du fond du cœur – et à toujours en ligne, et à l’année prochaine en physique. 

Excusez la tronche, je suis pas maquillé le matin.

(PS… D’ailleurs, à ce titre, je suis en train de chercher les bonnes manières d’échanger et de rester en contact de façon heureuse, et je m’aperçois d’un certain retard avec mon temps. Alors… je l’ai fait.)

2024-05-27T10:16:22+02:00lundi 27 mai 2024|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Mille mercis pour ce printemps

Procrastination podcast s07e05 – Commercialisation et promotion dans l’autoédition, avec Morgan of Glencoe

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s07e05 – Commercialisation et promotion dans l’autoédition, avec Morgan of Glencoe« .

Deuxième volet de la conversation au long cours de Procrastination avec l’autrice et musicienne Morgan of Glencoe autour de l’autoédition. La saga de Morgan, « La Dernière Geste », a commencé sa vie en autoédition avant d’être reprise en édition traditionnelle chez ActuSF. Mais Morgan continue de s’autopublier, lui donnant une perspective unique sur les deux mondes. Dans cet épisode, elle expose le défi que représente la nécessité de faire connaître son travail quand on est autoédité·e, parle des différents canaux disponibles et de l’attitude à adopter.

Références citées

  • Bookélis https://www.bookelis.com
  • Amazon https://www.amazon.fr
  • Mark Danielewski, La Maison des feuilles
  • Les éditions ActuSF et le label Bad Wolf
  • Ameylia Saad Wu
  • Audrey Alwett

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2022-11-30T08:12:46+01:00mardi 15 novembre 2022|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s07e05 – Commercialisation et promotion dans l’autoédition, avec Morgan of Glencoe

Procrastination podcast s05e05 – Être auteur et timide

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e05 – Être auteur et timide« .

Le métier d’auteur, ce n’est pas seulement rédiger des chefs-d’œuvre derrière son clavier (même si ça commence par là) – c’est aussi nouer des relations avec éditeurs, et espérons-le, des lecteurs, des journalistes, des partenaires – des tas de vrais gens. Comment survit-on à cette nécessité quand l’on a décidé (peut-être résolument) d’exercer un art solitaire ?
Mélanie a une excellente nouvelle : cela s’apprend, et miser sur ses propres forces et aisances, prendre garde à ses besoins, est une stratégie certainement meilleure à une astreinte à des devoirs qui ne nous correspondent pas. Estelle prolonge le point de vue en parlant des obstacles inconscients de l’auteur, et donne quelques trucs pour arriver à parler de son travail sans se liquéfier. Enfin, Lionel rappelle les définitions de l’introversion et de l’extroversion, et loue les bienfaits de l’improvisation théâtrale.

Références citées
– Carl Gustav Jung
– Le festival OFF d’Avignon

Procrastination est animé par Mélanie Fazi ( https://www.melaniefazi.net ), Estelle Faye ( http://www.estellefaye.fr/ ) et Lionel Davoust ( https://lioneldavoust.com ). Diffusion : Elbakin.net.

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-12-02T18:27:14+01:00lundi 16 novembre 2020|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s05e05 – Être auteur et timide

Payer les auteurs invités : jusqu’où aller ensemble ? [table ronde aux Imaginales 2018] + un commentaire

Ce débat aux Imaginales 2018 a été capté par le site de référence ActuSF et faisait participer Samantha Bailly, Sara Doke, Stéphanie Nicot, Stéphane Wieser et moi-même. Il peut être écouté librement en ligne ou bien téléchargé sur cette page.

En prime, un extrait vidéo :

Et, comme le sujet soulève beaucoup les passions et que j’ai vu des comptes rendus et des réactions plus ou moins houleuses, je vais juste prendre un instant pour repréciser ma position (si vous avez déjà vu une partie de cette tartine passer sur Facebook, c’est normal), qui n’est pas grand-chose de plus que ce que j’ai dit dans ce débat, mais écrivons-le une bonne fois, au jour d’aujourd’hui (berk, cette expression) en 2018 :

Je suis juste un mec qui fait des choses comme il pense à un moment donné, au cas par cas, en essayant autant que possible de péter la baraque de personne et en se donnant le droit d’évoluer.

J’ai pu lire que j’étais pour la gratuité de toute intervention : c’est absurde, puisque je dis le contraire. Je fais en revanche des nuances en fonction des événements ET des types d’intervention (une conférence et une table ronde, ce n’est pas le même boulot, et ce n’est aussi pas le même boulot en fonction du thème : quand on m’appelle à parler de biologie marine sur un panel, par exemple, ou de mes livres). Je négocie au coup par coup en homme d’affaires. J’ai dit très clairement que je faisais une différence entre, d’une part les festivals à entrée gratuite (dont la mission culturelle est indiscutable et cela bénéficie à tout le secteur, donc à moi – et ça c’est mon avis de mec qui vient de l’halieutique et du développement durable) et/ou très locaux (même raison), et d’autre part à entrée payante (où il y a tout un continuum, mais si on parle de Livre Paris, c’est là clairement une machine commerciale à l’extrémité du spectre). J’ai aussi dit à répétition que mon avis n’était que le mien, que j’étais le candide dans cette discussion (et je crois que c’était la raison de ma présence, n’étant membre de quasiment aucune organisation et gérant ma barque tout seul : je suis « extérieur »), en expliquant que je prenais des décisions de business qui n’engageaient que moi, rendant hommage aux représentantes syndicales, et j’ai explicitement invité les jeunes auteurs à prendre conscience de leurs droits et à les défendre (ce que toutes les restitutions que j’ai vu passer ont remarqué, et tant mieux). J’ai insisté sur le fait que l’auteur devait à mon sens aujourd’hui se comporter en homme/femme d’affaires pour gérer et réfléchir à sa carrière, ses contrats, ses occasions, ce qui est difficile car il n’est généralement pas équipé pour ça (là, le fait d’avoir été formé comme ingénieur, même si je n’ai jamais vraiment exercé, m’a bien armé).

J’ai aussi vu passer qu’étant un gros vendeur, je n’avais aucune légitimité à venir tenir ce discours. Je suis très flatté par le vote de confiance, mais permettez-moi de remettre les choses en perspective : les années où j’ai pu m’affranchir de toute activité annexe grâce aux seuls droits d’auteur de mes livres (typiquement en complétant grâce à la traduction, les cours à la fac et – tiens donc – des conférences – ce qui, soit dit en passant, signifie fréquemment enchaîner deux journées de boulot en une, oublier l’existence des week-ends pendant des mois, demander ponctuellement un coup de main financier aux proches pour joindre les deux bouts, se former à des tas d’outils de productivité pour ne pas perdre une minute de la journée et garder une longueur d’avance, etc. ) se comptent sur les doigts d’une main. Alors oui, j’ai parfaitement conscience que c’est déjà super bien, hein, mais c’est hautement aléatoire – rien n’est jamais gagné ; ça m’a pris plus de dix ans de carrière et de galère, et ça implique une vigilance de tous les instants, de tous les ans, et de la gestion à un, deux ans d’avance, et ça peut s’effondrer en quelques années d’inactivité (je n’ai pas le droit d’être malade, fatigué, etc. – je remercie la providence pour la santé de fer que j’ai, d’ailleurs). Je ne m’étends jamais sur ce genre de chose mais, pour info, j’ai eu des mois très difficiles où j’ai dû vivre aux crochets de mes proches (et je sais aussi que j’ai la chance d’avoir eu cette possibilité).

Sur le sujet de la rémunération, j’ai émis des craintes par le passé notamment sur l’accessibilité des événements aux jeunes auteurs qui ne sont pas bankable et donc peu rentables s’il faut les payer (c’est dans les archives du site, mais l’article est daté aujourd’hui). Si, à le déduire à certains commentaires, je suis donc considéré bankable aujourd’hui (merci, ça fait bizarre…), j’aurais pu totalement esquiver la question, hein – après moi le déluge, take the money and run – au lieu de juste la questionner. Or, je questionne les machins, c’est mon truc, c’est pour ça que j’écris, en fait. Donc j’avais des craintes, mais qui ont évolué grâce notamment au travail à la fois des syndicats et des festivals comme les Imaginales qui ont démontré que rémunérer les débats était possible sans mettre en péril une manifestation, ni la diversité de son programme (deux piliers à mon sens indispensables).

C’est quand même vachement bien qu’on soit rendu là, non, si on avançait avec ça ?

2018-06-08T06:32:56+02:00lundi 11 juin 2018|Entretiens, Le monde du livre|2 Commentaires

Imaginablues

Photo © Imaginales

Photo © Imaginales

Et voilà, on est rentrés, T’ENTENDS, et même le ciel a PLEURÉ de voir que c’était FINI, et qu’on PARTAIT, parce que c’était TROP BIEN, et qu’on est TRISTES, voilà. Oh, mec, just one year of love is better than a lifetime alone, juste quatre jours de festival c’est déjà bien, tu comprends, il y en a qui n’ont pas pu venir, alors sois content et arrête de nous faire baver. Mais BOUH, c’était une édition fantastique, alors on a le BLUES que ça soit fini, okay ? Même si nous sommes sur les rotules, mais c’est de la belle et bonne fatigue, genre t’as gravi les Andes à pied et là, BAM ! Le Machu Picchu dans ta face ! Tu peux COMPRENDRE ? Hein ?

Non, mais vraiment, sérieusement. Un temps splendide, plein de nouvelles additions (un village plus étendu et un nouveau dôme de la science, notamment), l’ambiance Imaginales chaleureuse qu’on retrouve à tous les niveaux, dans l’équipe, parmi les auteurs, avec les festivaliers, cette édition, des dires de beaucoup, était particulièrement belle. Si vous aimez l’imaginaire et que vous n’êtes pas venu-e parce que c’était « trop compliqué » ou « trop loin », vous avez raté un truc…

Si je ne fais presque jamais de comptes rendus de festivals, c’est parce que j’ai toujours peur d’oublier quelqu’un, de ne pas citer tous les beaux moments partagés, dans la fatigue du retour. Mais il y a eu chaque jour des moments spéciaux, réellement humains, de superbes moments drôles, fins ou juste gentils, que ce soit en débat, au détour d’un livre et surtout avec vous tous qui êtes venus en si grand nombre. Un immense MERCI, aux stagiaires de la Masterclass et à Jean-Claude Dunyach avec qui nous l’animons, à Damien Didier Laurent et au personnel de la bibliothèque, à l’organisation (Stéphanie Nicot, Stéphane Wieser, Elisabeth Del Genini, Arnaud Gentit, Flavie Najean, Marion Bailly, tous les animateurs – avec un salut particulier à Christophe de Jerphanion autour de la magie des bocaux à poisson -, traducteurs, tous les bénévoles, chauffeurs, employés de la buvette, de l’entretien, j’en oublie hélas sûrement), à tous les camarades en débat et au sommaire de l’anthologie, à son directeur et à son illustratrice (Jean-Claude Vantroyen et Hélène Larbaigt), à tous les autres croisés au hasard de la bulle, un grand bravo à Stéphane Platteau (coup de cœur cette année), merci aux JM (et évidemment à ma préférée d’entre eux), des bises à Sara Doke, Nabil Ouali, Estelle Faye, Sylvie Miller, Philippe Ward, aux Deep Ones, tous les autres encore, mes humbles salutations à James Morrow et Chris Priest que j’ai eu l’immense honneur d’accompagner cette année, aux éditeurs, aux libraires qui ont couru partout, à Simon Pinel de Critic qui m’a dirigé de jour en jour…

Et à vous tous, bien sûr, que j’ai eu le plaisir de rencontrer ou revoir, auguste lectorat de longue ou de brève date. Merci, d’être venus, de tenter un nouveau bouquin, de revenir prendre le suivant. C’est splendide de pouvoir partager des histoires, des frissons, des réflexions, des rires (et des horreurs) avec vous tou.tes.

J’en ressors avec des étoiles plein les yeux, une motivation remontée comme un coucou suisse et de nouveaux projets abordés lors de ce festival qui promettent de déboucher sur de très jolies choses. Dans les jours qui viennent, je vais répercuter sur Facebook quelques comptes rendus écrits par des gens meilleurs que moi pour ça, mais, pour commencer, je ne peux que vous recommander le très chouette vlog de Samantha Bailly qui retrace l’ambiance au jour le jour, entre autres le débat que nous avons partagé sur la professionnalisation de l’écriture :

Allez voir le reste et sa chaîne, c’est très sympa et très drôle sur la vie d’auteur !

Les présentations à jour de la Masterclass arriveront sous peu sur la page dédiée, et je vais répercuter aussi les tables rondes auxquelles j’ai eu le plaisir de participer. Les Imaginales sont terminées, mais on va rester un peu dans l’ambiance en attendant l’année prochaine !

MERCI !

vagabond-abientot

2016-05-31T19:13:45+02:00mercredi 1 juin 2016|Carnets de voyage|17 Commentaires

Le printemps des festivals se profile

fail_new-york-americaVoyage, voyage. Plus loin que la nuit et le jour.

(Vous l’avez maintenant dans la tête pour la journée, de rien.)

Les festivals approchent tandis que les beaux jours reviennent : peut-être est-il donc le moment de faire un petit point. Comme ceci : .

Ou, plutôt, pour les dates qu’il est actuellement possible d’annoncer. D’autres viendront, mais pour l’heure, si tu passes dans les coins suivants, auguste lectorat, j’y serai également, et il pourrait être heureux que nous nous y retrouvions !

No Events

(Le calendrier à jour est toujours disponible sur http://lioneldavoust.com/agenda.)

2016-01-27T10:40:49+01:00mercredi 27 janvier 2016|À ne pas manquer|8 Commentaires

« Rémunérer les auteurs en festival ? » Table ronde aux Imaginales 2015

Photo ActuSF

Photo ActuSF

Ce débat des Imaginales 2015 portait sur la rémunération des auteurs en festivals littéraires, question déjà abordée ici dans cet article. Il faisait intervenir Jeanne-A Debats, Jean-Claude Dunyach, Alain Grousset et Lionel Davoust. Modération : Stéphanie Nicot.

La captation en a été réalisée par le site de référence ActuSF et est disponible en intégralité sur cette page. À noter qu’ActuSF a récemment consacré un copieux dossier à cette question.

Extrait vidéo :

2015-06-30T16:34:17+02:00mercredi 1 juillet 2015|Entretiens|Commentaires fermés sur « Rémunérer les auteurs en festival ? » Table ronde aux Imaginales 2015

En région parisienne ce week-end, les Futuriales

Affiche Gaétan Weltzer

Affiche Gaétan Weltzer

La saison des festivals continue ! Juste un mot rapide, auguste lectorat, pour t’annoncer que je serai aux Futuriales ce samedi 13 juin, pour ce festival bien connu des Parisiens qui se déroule dans un cadre très agréable, le parc Dumont, à Aulnay-sous-Bois. (Voir la galerie photos)

Pour avoir toutes les infos, retrouver le programme et la liste (conséquente) des invités, c’est ici.

2015-06-05T14:45:10+02:00lundi 8 juin 2015|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur En région parisienne ce week-end, les Futuriales

Le CNL imposera la rémunération des auteurs en dédicaces : pourquoi c’est une catastrophe (MIS A JOUR)

ERRATUM et MEA CULPA – si l’argumentation ci-dessous reste valide, les subventions ne concernent pas les dédicaces mais les animations. Cependant, cela pose un vrai problème dans le cadre de tables rondes / cafés littéraires / débats qui sont à distinguer des conférences. Un débat entre auteurs ne nécessite guère de préparation, puisque c’est le modérateur qui s’en charge. Là encore, ceux qui bénéficieront de l’exposition seront les mêmes. Voir les conditions ici. Merci à ceux qui ont corrigé sur Twitter ; et au temps pour moi, toujours retourner à la source (que j’ai, pour ma défense, cherchée mais sans trouver).

Hier, il était question de défraiement. Aujourd’hui, plus grave, une information qui semble être passée sous le radar collectif et qui est pourtant d’une importance primordiale : sous un an – soit demain, pour un événement culturel – le Centre National du Livre ne subventionnera plus que les événements prévoyant une rémunération pour les auteurs venant en dédicace.

Alors, quoi ? Champagne, festoyons, on se préoccupe enfin de la condition des auteurs ?

Non. C’est une catastrophe.

Organiser un festival littéraire est un événement coûteux, lourd, complexe. En général, les fonds proviennent de deux sources : de l’État (collectivités locales, structures comme le CNL) et/ou du festival lui-même (soit, en général, un prix d’entrée, mais aussi, par exemple, la location des stands).

Dans un cas comme dans l’autre, la renommée et la pérennité d’un festival est, quand même, en corrélation directe avec son succès (salut à toi, porte ouverte). Et comment faire venir du public à mon festival ? Avec une programmation qui fait envie, bien évidemment, soit des grands noms, des auteurs connus du plus grand nombre. Comme dans l’édition, on panache des oeuvres à public plus restreint avec des « locomotives ». C’est une saine gestion qui équilibre impératifs financiers et mission culturelle.

Mais, dès lors que, pour toucher les (vitales) subventions du CNL, un événement se doit de rémunérer les auteurs, cela entraînera mécaniquement et paradoxalement une réduction de son enveloppe budgétaire1. Entraînant des conséquences comme :

  • Une augmentation du prix d’entrée (voire un passage du gratuit au payant) – en une époque qui s’efforce de promouvoir la lecture, hausser le prix du ticket d’entrée est une tragédie pour les plus démunis ;
  • Surtout, des choix bien plus draconiens et sans risque sur les auteurs au programme.

En d’autres termes, qui va-t-on préférer, favoriser ? Les grands noms, les auteurs très grand public, les coups éditoriaux – contribuant par là-même (et sous la contrainte !) à réduire la diversité culturelle, à contracter toujours davantage le paysage éditorial vers la sécurité, à creuser le fossé entre les très gros vendeurs et les auteurs plus confidentiels ou exigeants, et entre les marchés (roman sentimental contre poésie, par exemple). En outre, ces auteurs à grand succès n’ont probablement guère besoin de ce genre de rémunération, par opposition à un auteur confidentiel ! De plus, quel festival soucieux de sa survie ira parier sur un auteur débutant, sur une jeune maison d’édition, sur un premier roman – alors qu’une certaine diversité règne encore, quand même, dans le paysage des événements en France ? Qui donnera au jeune auteur cette chance supplémentaire de percer, de rencontrer son public ?

Oui, le défraiement est un minimum, mais forcer les festivals à rémunérer pour obtenir les précieuses subventions n’entraînera que l’effet contraire à celui escompté : favoriser toujours la sécurité et faire de la littérature une affaire, soit d’écrivain rentier, soit de très, très grand public. À accentuer l’écart entre le mass media et les niches. Établir une forme de rémunération en échange du temps passé, admettons ; mais pas ainsi, pas sur cette enveloppe déjà serrée, surtout pas, alors que les temps sont durs pour tous ! À moins que le CNL ne prévoie un dispositif garantissant la diversité des invités, mais sur quelle base ? Et surtout, quel champion international d’échecs aura la puissance mentale pour mettre sur pied un système dont la lourdeur de gestion ne siphonnera pas toutes les économies réalisées ? Et quid des auteurs étrangers ? S’ils sont exempts de ce système, ne les invitera-t-on pas davantage – mais oui, très bien ; la langue anglaise a bien besoin qu’on la promeuve un peu plus2

Sous couvert de protéger les auteurs, cette réforme est une catastrophe pour la diversité du paysage éditorial, la lecture et son public. Pour une analyse plus poussée et plutôt bien équilibrée du problème, lire cette lettre ouverte de Lionel Destremau, directeur de Lire en Poche (Gradignan).

  1. Bien sûr, tout cela ne concerne pas les conférences, ateliers, animations et autres interventions nécessitant une préparation en amont, qui représentent un travail différent et valent donc une rémunération séparée, comme exposé hier.
  2. Ceci étant dit sans aucune animosité pour les auteurs étrangers, étant traducteur par ailleurs ; mais je constate justement tous les jours ou presque les dommages sur le français de l’acculturation anglo-américaine.
2015-03-18T10:36:37+01:00mercredi 18 mars 2015|Le monde du livre|3 Commentaires
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