Deuxième édition de la retraite créative « Bâtir sa fabrique à histoires » (organiser ses notes, ses recherches, vaincre la page blanche) (4-8 mai)

Je suis absolument ravi de proposer à nouveau en mai 2026 une deuxième édition de la retraite créative « Bâtir sa fabrique à histoires », qui se tiendra en forêt d’Orléans, chez Parenthèse Tiny House, du 4 au 8 mai prochains. Cette formation me tient beaucoup à cœur, car elle porte sur un sujet que je ne vois pas beaucoup enseigné en France, et pas du tout dans la sphère littéraire : organiser de A à Z son système créatif, mêlant idées, savoir, construction et production

« Comment organiser mes idées ? Par quel bout prendre mon histoire ? Comment capturer tous les projets que je voudrais faire sans me noyer ? »

Ces questions animent quantité d’auteur·ices à tous niveaux d’expérience. L’esprit est une formidable machine à imaginer, mais mettre en ordre ses idées pour les concrétiser est beaucoup plus anxiogène. Heureusement, il existe des outils et des méthodes pour cela : le découvrir, les apprivoiser et, surtout, se les approprier forment l’objet de cette retraite, et ce sur la base des projets de chacun·e.

C’est la mise en pratique de tout ce que j’accumule sur ce sujet depuis 2019, partant de méthodes anciennes et analogiques comme le Zettelkasten, transformées et appliquées aux besoins de la création, et confiant aux outils modernes la plupart de la maintenance. L’idée, c’est de proposer des approches pratiques et simples pour, en un mot comme en cent, vaincre l’angoisse de la page blanche, gérer des projets de toute taille, et donner à ses envies créatives le maximum de liberté d’expression. On peut tout porter avec ces méthodes, de la courte nouvelle à la saga de la complexité de « Les Dieux sauvages » et d’Évanégyre au sens large. (Testé et raffiné au quotidien.)

Mais, contrairement à l’énorme complexité qu’on peut porter avec ces approches, la retraite et les méthodes proposées sont extrêmement simples : pas d’angoisse là-dessus. Je ne vous donnerai pas « la » parole et « la » façon de faire pendant cette retraite, mais les raisons pour lesquelles on peut se noyer dans sa création, au point de la fuir avec angoisse (been here, done that) et comment on peut y remédier avec des approches simples à la puissance décuplée par l’ère numérique. C’est leur application systématique et la mise en commun de toute idée ou notion dans le même environnement qui en débloque la force. Et si je vous proposerai des outils pour commencer, le but est que vous partiez de la retraire avec des principes, personnalisables pour vous, avec les outils que vous souhaitez. 

Pour le dire autrement : 

  • Je ne vais ❗️PAS❗️ vous vendre une vault Obsidian compliquée reposant sur cinquante requêtes Dataview et la nécessité d’apprendre le CSS et MySQL. Faut arrêter avec ça. 
  • Je vais vous exposer un tas d’idées simples, qu’on va mettre en pratique certes à l’ordinateur parce que c’est plus pratique, mais que vous pouvez appliquer avec des carnets et un crayon sans jamais toucher un clavier1.

Et cela se déroulera dans un cadre fantastique, chez Parenthèse Tiny Houseen forêt d’Orléans, au vert et au calme, pour une semaine à consacrer exclusivement à son art (bon, et à aller donner à manger aux moutons aussi parfois, si on veut) dans une tiny house rien que pour soi. Les journées se dérouleront de la façon suivante : 

  • Un matin avec présentations des notions et méthodes et/ou travaux pratiques en commun
  • Une après-midi avec un exercice long de mise en pratique et de réflexion
  • Un temps de débriefing le soir sur les leçons de la journée. 

La formule inclut tout : les repas, le logement et évidemment la formation.

Vous pourriez loger là-dedans.

Et plus en détail :


Attention, la retraite est strictement limitée à dix places. Ne tardez pas pour vous inscrire : il nous a parfois fallu refuser du monde sur des retraites créatives précédentes.

➡️ Le programme complet est disponible ici.

➡️ En savoir plus sur Parenthèse Tiny House


  1. Alors oui, on utilisera Obsidian, mais pas tous les jours et uniquement dans sa version de base, pour deux raisons pratiques qui n’ont rien à avoir avec l’app : pour que tout le monde utilise le même environnement pendant la retraite, et parce que c’est gratuit.
2026-02-12T06:09:47+01:00mercredi 17 décembre 2025|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Deuxième édition de la retraite créative « Bâtir sa fabrique à histoires » (organiser ses notes, ses recherches, vaincre la page blanche) (4-8 mai)

Retrouvé dans les archives : « Les Dieux sauvages » en 2009

J’ai enfin pris mon courage à deux mains pour purger mon abonnement Office pour l’éternité (je serai donc : Meta-free, Google-free, Microsoft-free). J’ai mis si longtemps à cause de OneNote, qui ne présente aucune option de migration ou d’export, ce qui est sacrément bâtard de la part de Microsoft, mais nullement surprenant de leur part. Or, depuis le passage à l’abonnement, OneNote exige de conserver ses carnets de notes sur OneDrive, sans donner la possibilité de les rapatrier en local (en tout cas sous Mac), et il est purement et simplement impossible de les exporter en masse dans quelque format que ce soit.

Or, jadis, j’utilisais OneNote pour tout, comme j’utilisais autrefois Evernote, et aujourd’hui Bear. Notamment, toutes les notes de l’univers d’Évanégyre s’y trouvaient centralisées de 2009 à 2014 environ (et que j’ai continué à développer de loin en loin, certaines infos ne se trouvant que là, d’où l’importance), ce qui donnait ça :

Et là-dedans, j’ai dégoté ceci, dans une note innocemment appelée « Idées de cycles » :

On me passera l’expression « grosse guerrière », c’est mes notes perso, je me comprends, hein. C’est marrant de constater que certains éléments sont restés (Jeanne d’Arc évidemment, mais même Maragal était présent depuis le début !), d’autres pas du tout (j’ai fini par évacuer la dérive orthographique, qui s’est retrouvée à la place dans le nom Rhovelle / Rhovel, et Mériane n’est pas du tout une guerrière des eaux au final…)

Si vous voulez migrer depuis OneNote

En passant, donc, c’est la misère. Au final : Obsidian comporte un importateur qui convertit les notes en Markdown (que j’ai, de là, importées dans Bear), mais il ne sait pas récupérer les notes manuscrites, pour lesquelles j’ai dû me taper des captures d’écran à la main. 3h30 de taf laborieux pour tout vérifier et rattraper ce qui manque (et encore, je m’en tire bien).

Pour info, il existe aussi sous Mac une app appelée Outline, qui est un clone d’OneNote et permet de récupérer et convertir les classeurs en fichiers locaux sur son disque. Ce que j’ai fini par faire pour conserver une copie accessible, parce qu’une fois mon abonnement Office résilié, je perdrai l’accès à OneDrive, ce qui conduira à la destruction de tous mes classeurs OneNote. Faites bien gaffe si vous voulez vous aussi vous en débarrasser, ce n’est pas comme se dire qu’on garde un fichier PowerPoint dans un coin qu’on pourra toujours rouvrir plus tard !

2025-11-24T00:34:02+01:00mercredi 26 novembre 2025|Juste parce que c'est cool|Commentaires fermés sur Retrouvé dans les archives : « Les Dieux sauvages » en 2009

Organiser ses notes rapidement (2) : avec des liens (la méthode Zettelkasten en deux minutes)

Organiser ses notes, unique objet de mon ressentiment. Or doncques, auguste lectorat, j’ai découvert l’existence de la méthode Zettelkasten fin 2019, j’ai adopté Obsidian dans la foulée, j’ai suivi des formations, lu des bouquins, et je suis arrivé à la conclusion (adoubé par les papes) que, tel Monsieur Jourdain, qui n’avait pas été baptisé dans le fleuve, j’en faisais sans le savoir, et que c’était surtout infiniment plus simple que ce que te vendent les influenceurs YouTube. On a vu la semaine dernière le premier volet de l’organisation de ses notes : avec des tags (UN), voici donc le volet DEUZE.

Ce qu’est le Zettelkasten à la base (et ce qu’on n’en fait pas pour l’écriture)

Zettelkasten, en gros, ça veut dire boite à fiches. L’approche existe depuis la nuit des temps, mais elle est revenue à la conscience collective en particulier à travers le prisme d’un sociologue appelé Niklas Luhmann, dont la productivité fut phénoménale : 70 ouvrages, 400 articles, le tout en enseignant à côté. Luhmann prétendait « ne jamais avoir l’impression de travailler », allant simplement là où ses intérêts le poussaient. Il attribue sa prolixité à son « Zettelkasten », soit son système de notes. Lequel comporte quatre caractéristiques fondamentales :

  • Une idée par fiche (principe d’atomicité)
  • Écrite avec ses propres mots (pas de recopie bête et méchante, pas de « je capture tout » à la Evernote), ce qui est crucial pour comprendre et développer les notions du monde extérieur comme les siennes
  • Reliée à des idées connexes sans a priori de catégorisation ni de thème. C’est son grand attrait pour l’écriture : pouvoir faire s’entrechoquer des fragments venus de toutes les directions, les développer et découvrir leurs relations à mesure qu’un projet prend forme.
  • Un lien vers les sources si applicable
Un exemple de Zettel de Luhmann

Et c’est tout. Maintenant, ces idées pourtant simples génèrent des exégèses et des conversations de très haut niveau, des pléthores de vidéos YouTube associées à la meilleure manière d’implémenter tout ça sous Obsidian, tout un milieu passionnant qui réfléchit collectivement à recréer le miracle de Luhmann à l’ère moderne en s’appuyant sur les outils numériques.

Pour l’écriture de fiction et la création au sens général, la méthode est surpuissante, car fondamentalement, elle traite de clarification du savoir. Mais :

  • Elle est académique à la base. Elle se préoccupe de sources, de leur confrontation, de pouvoir les citer correctement. La recherche documentaire en écriture est très différente : même s’il s’agit de ne pas raconter n’importe quoi, on s’imprègne et l’on métabolise, on ne cite pas. Ce qui nous intéresse dans la méthode, c’est le développement de ses idées.
  • Les systèmes surpuissants qu’on trouve en ligne sont l’équivalent des bullet journals décorés avec amour : des œuvres d’art qui n’ont guère de lien avec la réalité et dont on s’éloignera très calmement en les regardant dans les yeux.

La méthode Zettelkasten pour l’écriture

En se rappelant donc que le Zettelkasten « canonique » (si tant que ça existe) est une méthode académique qui doit se préoccuper de sources (on pourra toujours l’appliquer à sa recherche documentaire), voici, très simplement, comment l’appliquer à l’écriture.

UN : capturer toutes ses super idées.

DEUX : développer ses super idées en continuant à ajouter de la matière sur la fiche associée à mesure que ça se présente, ou qu’on y travaille de manière concertée.

TROIS : organiser ses super idées petit à petit quand la matière commence à devenir un peu trop fournie.

QUATRE : quand la matière est vraiment trop fournie, éclater la fiche en sous-fiche et tisser des liens :

  • Vers les axes de réflexion qui se sont dégagés
  • Mais aussi vers les autres fiches de son système : recherche documentaire, idées a priori sans lien, techniques littéraires développées, etc.

CINQ : quand c’est suffisamment clair, écrire.

SIX : mettre de côté le matériel réutilisable (réflexions, univers à développer, leçons sur l’art) dans son Zettelkasten pour possible réemploi futur.

Félicitations, vous faites du Zettelkasten. Alors, entendons-nous bien : il existe des tas de subtilités et d’implémentations plus ou moins pointues pour se faciliter la vie avec les outils (incluant des techniques pour construire des chaînes de raisonnement, par exemple). D’autre part, pour la recherche académique, on a besoin de beaucoup plus. Cependant, le cœur est là : écrire, développer, mettre en relation. Fondamentalement, vous n’avez pas besoin d’un joli bullet journal ni de Dataview (même si je ne vous jetterai pas la pierre de jouer avec).

2025-11-24T00:32:52+01:00lundi 24 novembre 2025|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Organiser ses notes rapidement (2) : avec des liens (la méthode Zettelkasten en deux minutes)

Le Zettel de la quinzaine : Le Zettelkasten est une carte mentale (mindmap) à n dimensions (202207311655)

Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.

Je vois le Zettelkasten comme la version supérieure de la carte mentale. C’est une carte mentale en n dimensions, permettant la capture d’hyperespaces de pensée quand la carte mentale est limitée à deux dimensions. La carte mentale a du coup tout son intérêt quand un sujet peut effectivement être capturé en deux dimensions et qu’on peut donc bénéficier d’une représentation graphique (impossible pour un hyperespace). Dans ce cas-là, la complexité du Zettelkasten est superflue et prive l’utilisateur d’un outil visuel commode.

Mais dès que la complexité échappe à une représentation plane – comme pour un livre, un univers fictif, une thèse, un sujet d’étude, ou le projet constant de s’améliorer soi-même tout au long de la vie – le Zettelkasten devient indispensable.

CC-By-SA par Kai Schreiber
2025-08-06T08:43:07+02:00lundi 18 août 2025|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Le Zettel de la quinzaine : Le Zettelkasten est une carte mentale (mindmap) à n dimensions (202207311655)

Procrastination podcast s09e15 – En public avec vos questions à l’Ouest Hurlant – partie 4

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s09e15 – En public avec vos questions à l’Ouest Hurlant – partie 4« .

Le festival des cultures de l’imaginaire l’Ouest Hurlant à Rennes reçoit toute l’équipe de Procrastination et surtout VOUS : l’invité du podcast sur cette saison, c’est vos questions, vos interrogations, avec trois réponses contradictoires pour le prix d’une ! Merci à l’Ouest Hurlant et toutes ses équipes de nous avoir invité·es et de nous avoir donné une salle et une heure pour rendre ces conversations possibles. C’est un splendide festival qu’on vous encourage à suivre !

À présent, nous parlons d’organisation de notes, de recherches et de leur mise en action : applications, ressources et carnets.

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2025-05-15T14:05:24+02:00mardi 15 avril 2025|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s09e15 – En public avec vos questions à l’Ouest Hurlant – partie 4

J’ai ENFIN choisi mon app de notes, mais il a fallu tout un voyage (Obsidian FTW)

Mais bon, je ne vais peut-être PAS vous parler du voyage, parce que sinon ça va finir comme cet article qui n’a jamais vu le jour quand on m’a demandé de récapituler un peu ma carrière et que ça s’est terminé en cinq parties autobiographiques que je n’ai jamais fini parce que

Tout le monde s’en fout

Et si je remonte à Evernote on n’est pas couchés.

Les notes posent un enjeu fondamental : le savoir, les idées, la base de connaissances, c’est le fonds de commerce d’un auteur, et de tout « travailleur du savoir » (knowledge worker). Avoir un outil puissant mais aussi adapté est crucial, et une fois Evernote quitté, j’ai eu une longue, longue traversée du désert. Et l’année dernière, je finissais par capituler en recommandant deux poids lourds du domaine, chacun adaptés à des approches différentes : Bear pour le minimalisme, Obsidian pour la puissance. J’ai utilisé les deux en parallèle pendant des années, mais ce stade, et finalement, j’ai définitivement élu résidence chez le second.

Mais pour cela, il a fallu deux prises de conscience :

  • Redémarrer un système de zéro directement dans Obsidian pour sortir du fatras ingérable de customisations contradictoires et d’idées inachevées qu’était devenu mon système principal (je vais vous saouler avec ça, mais c’est LE piège) ;
  • Architecturer la toute fin de La Succession des Âges pour me rendre compte que, effectivement, Obsidian est la seule application à allier l’agilité et la flexibilité nécessaires pour un tel travail de construction (que j’ai réalisé à une vitesse qui m’a surpris moi-même).

Ce qu’est Obsidian

Rappel rapide : Obsidian est une application entièrement gratuite de gestion de notes reliées (ils gagnent leur vie avec des add-ons payants, principalement synchro et publication publique).

À la base, Obsidian prend un gros dossier de fichiers texte (en Markdown, voir ce tuto rapide) – donc parfaitement transparents et lisibles même sans l’application – et va ajouter une surcouche de rendu, de visualisation et de présentation extrêmement puissante grâce à son balisage : mots-clés, liens wiki, graphe, dossiers, et surtout une architecture totalement (mais alors, totalement) ouverte. Obsidian compte plus de 2200 plugins à l’heure actuelle, et l’app est intégralement personnalisable, de son schéma de couleurs à l’emplacement des icônes en passant par la manière dont le moindre élément apparaît.

Et c’est là qu’est son énorme piège : Obsidian est tellement ouvert qu’on se perd très facilement à vouloir le personnaliser dans ses moindres détails.

Ne. Faites. Pas. Ça. Je suis tombé là-dedans pendant littéralement cinq ans (j’ai commencé à utiliser Obsidian aux alentours de juin 2020, à la 0.6), sentant que c’était l’outil que je devrais utiliser, mais incapable de l’apprivoiser avant de comprendre que j’essayais de faire trop de trucs à la fois dedans.

Pourquoi choisir Obsidian

Obsidian a, pour moi, quantité d’atouts qui en font l’outil parfait, avec l’équilibre juste de fonctionnalités, d’extensibilité et d’une fondation solide pour construire une base de connaissance censée accompagner un·e créatif·ve pour sa vie entière.

Même si Obsidian disparaît, les fichiers resteront lisibles. Vous avez déjà tenté de migrer depuis Evernote ? Voilà. Obsidian s’appuie le plus possible sur le Markdown, mais un certain nombre d’additions nécessitent forcément une syntaxe maison dans le texte ; celle-ci demeure compréhensible et utilisable même sans le support d’Obsidian. C’est sûr, c’est moins joli, un peu plus rebutant à utiliser, mais si j’ouvre mon fichier et que je vois [[Note bidule^45yhjp]], je sais que c’est un lien vers la Note bidule, paragraphe 45yhjp, et je peux simplement utiliser une recherche dans le texte pour trouver la chose. C’est trivial (testé sous Bear, qui ne comprend pas cette syntaxe) : Obsidian ne tient pas vos données prisonnières.

Obsidian a la meilleure expérience utilisateur qui soit. Oui, Obsidian est basé sur Electron, et oui, ça m’ennuie, mais les développeurs ont fait un travail prodigieux pour cacher la chose : menus natifs, optimisations de performance, réglages subtils d’apparence, on peut rendre Obsidian presque crédible comme app native. Mais surtout, l’expérience a été pensée au millimètre pour la rapidité d’exécution : ouvrir un fichier dans un onglet séparé, les comparer, en ouvrir un troisième, noter un truc dans un quatrième, tout se pilote au clavier avec une rapidité folle (et bien entendu configurable). Obsidian s’inspire ouvertement des environnements de développement logiciel, ou des navigateurs (avec des onglets) si ça ne vous dit rien, et le mode « onglets empilés » (le vieil Andy mode pour ceux qui savent) réplique de façon virtuelle l’idée de travailler sur plusieurs fiches étalées devant soi.

Ceci est mon Obsidian, que vous ne verrez quasiment jamais, car il m’est beaucoup trop personnel.

Obsidian ne vous impose pas de manière de travailler. C’est ce qui fait peur à la plupart des gens, et en effet, c’est là qu’on trouve des trillons de tutos YouTube vous expliquant comment organiser votre vault. Liens ? Tags ? Dossiers ? Recherche ? Vous faites ce que vous voulez. Ce sont vos données. C’est pourquoi il faut absolument commencer simple.

Obsidian est confidentiel par défaut. Obsidian utilise des fichiers texte et média à la base, en local sur votre disque. Leur service de synchronisation est chiffré de bout en bout. Pas envie de l’utiliser ? Les développeurs ne vous empêchent absolument pas d’utiliser une solution tierce. Débrouillez-vous. D’ailleurs :

Les développeurs ont une approche vertueuse. Les développeurs, puis le CEO qu’il se sont choisi, Steph Ango (Kepano) ont pour but de créer un outil vertueux et respectueux des utilisateurs. Jetez un œil à sa philosophie : Files over app, In good hands, 100% user-supported. J’ai longtemps échangé avec les développeurs au temps des débuts et quand j’ai demandé si leur service de sync serait chiffré de bout en bout, la réponse a été « bien entendu ».

Et enfin, donc Obsidian est intégralement personnalisable. Je le mets en dernier car, comme dit plus haut, c’est une bénédiction et un piège. J’utilise à l’heure actuelle une cinquantaine de plugins (donc beaucoup sont des petits, en mode « qualité de vie ») et une vingtaine d’extraits de code (presque exclusivement cosmétiques pour transformer Obsidian en Bear, cf ci-dessus). Vous n’avez aucunement besoin de faire tout ça. Moi, j’ai un OCD. Vous pas. Enfin, j’espère.

Comment bien commencer avec Obsidian

Apprenez les bases du Markdown en trois minutes. C’est indispensable et vraiment pas bien difficile. Je vous le dis tout net, avec cette fermeté rude mais aimante qui fait de moi un rude habitant du bush, mais chaleureux si on apprend à me connaître : si vous ne voulez pas faire cet effort, Obsidian n’est pas pour vous. Restez-en là.

Obsidian propose une doc technique détaillée, claire et fournie. Référez-vous ici pour l’installer et le configurer. Ça n’est pas spécialement difficile, il faut juste créer un « coffre » (vault) soit un dossier qui contiendra vos données.

Ne vous perdez pas. Quasiment toutes les fonctionnalités d’Obsidian sont optionnelles et apparaissent comme plugins (modules). N’installez rien de nouveau. Je le mets en rouge parce que c’est la base pour ne pas se perdre dans l’application : n’installez. Rien. De. Nouveau. Même si ça a l’air trop génial. Le bon réflexe avec cette app, c’est : ne rien installer qu’on n’ait pas l’intention d’apprendre et utiliser. (Vous pouvez par contre vous faire une deuxième vault de test pour y mettre tous les trucs rigolos qui vous amusent – c’est même recommandé pour apprivoiser une fonctionnalité. Prenez le bon réflexe du développement : un environnement de production, un de test.) Configurez l’app avec ces notions de bon sens :

  • Passez l’app en français dès maintenant (il restera des tas de trucs en anglais, notamment avec les plugins, mais ça vous simplifiera la vie pour des tas de trucs de formatage)
  • Dans les préférences, vérifiez que l’éditeur est bien configuré en « Aperçu en direct » (rendu de la syntaxe Markdown comme dans un traitement de texte classique)
  • Toujours dedans, dans Fichiers : vérifiez bien :
    • Toujours mettre à jour les liens internes est activé
    • Emplacement par défaut de la nouvelle note : Même dossier que le fichier
    • Utiliser les [[Wikilinks]] est activé
  • Modules principaux : n’activez QUE Explorateur de fichiers, Liens sortants, Rechercher, Récupération de fichiers, Rétroliens, Sélecteur rapide, Volets de mots-clés. Découvrez les fonctionnalités au fur et à mesure en lisant la doc et en vous demandant : « je vais vraiment utiliser ça ? » et surtout pas « wahou, ça a l’air trop cool »
  • Créez un dossier qui contiendra vos médias. (Le mien est dans Ressources/Media). En effet, les fichiers Markdown sont du texte, donc ils ne peuvent contenir de médias, mais Obsidian peut les stocker et les rendre en direct avec une simple référence du type ![[Image.png]] (voir la syntaxe Markdown). Configurez-le dans les préférences Fichiers et liens > Emplacement par défaut des nouvelles pièces jointes.

Réfléchissez ce que vous attendez d’Obsidian, en fonction de vos besoins et de votre manière actuelle de travailler. Obsidian permet à peu près de tout faire moyennant un peu de recherche ou de bidouille. Définissez votre produit viable minimal pour votre système de notes. De quoi avez-vous besoin pour commencer à écrire là, tout de suite ? Selon toute logique, avec la configuration ci-dessus, vous avez déjà quantité d’outils hyper puissants (liens wiki, liens aux blocs, transclusion). Apprivoisez la chose. Mais, pour vous donner une idée, mon Obsidian remplit tous les rôles suivants :

  • Capture rapide de mes idées, médias, en mobilité, incluant audio et image
  • Journal personnel, avec géolocalisation (important quand on vit sur un continent et travaille sur un autre)
  • Organisation et émergence créative, romans, sagas, idées diverses
  • Base de connaissance personnelle (Zettelkasten)
  • Base de données d’outils musique (synthés, matériel, équipement virtuel) (en cours de construction avec Dataview) (ouais, JE SAIS)
  • Il est BEAU (à mes yeux) (en gros, j’ai piqué l’apparence de Bear, hein)

Tous ces rôles ne lui ont pas été échus dès le début : je le répète, mais ne tombez pas dans ce piège ! On peut gérer sa vie entière dans Obsidian, mais n’essayez surtout pas de le faire dès le début, quoi que vous dise Jean-Michel de la Win sur YouTube. Conservez vos outils actuels, concentrez-vous sans doute sur le cœur de cible de l’outil – notes et émergence créative – et, une fois que ça marche bien, envisagez peut-être d’ajouter une brique en plus (la capture rapide ? Le journal ?). Je vous le dis, j’arrive à Obsidian après cinq ans de voyage.

Et enfin, lisez et relisez la doc. Vous savez ce qu’on disait autrefois ? RTFM – Read The Fucking Manual. La doc liée ci-dessus vous donnera la base de l’approche, et ensuite, petit à petit, ajoutez des choses (une bonne habitude consiste à avoir une fiche compilant toutes les choses qu’on pourrait ou avoir envie de faire).

Et vous savez quoi ? On va donc maintenant parler d’Obsidian. Oh ouiiii.

2025-02-24T01:15:56+01:00mercredi 26 février 2025|Technique d'écriture|12 Commentaires

Organiques corrections

Juste parce que c’est rigolo (ou bien peut-être névrotique) : ce n’est pas parce qu’on a des vélos pour l’esprit (des ordinateurs) que cela nous affranchit de manipuler, de toucher, de spatialiser l’information et en particulier nos notes avec ce bon vieux papier. Voire, en fonction des besoins, avec douze post-its, du scotch, des impressions de notes, des couleurs, le tout dans une espèce d’ardoise frankensteinesque qui pousse dans toutes les directions en fonction de là où il faut de la place :

Toutes mes notes de correction finissent à peu près sous cette forme, et ce pour chaque scène : ce qu’il faut faire, ce que je dois vraiment faire à la prochaine session, ce que je me rends compte que je dois faire en rentrant dedans en profondeur, et ce que j’ai fait. Parfois, la même idée se trouve notée sous trois formes différentes, mais ça la précise, la malaxe, la rumine, comme dit John Gardner. Ces notes sont de toute façon destinées à la déchiqueteuse au bout des quelques jours (au maximum) qu’il me faut pour retravailler la scène ; ensuite, elle est fixée, et on bâtit dessus pour avancer. Ça semble une manière de procrastiner de faire des découpages, mais j’ai découvert un réel bénéfice à manipuler de la matière, c’est rassurant, ça permet de tout avoir sous les yeux (ou presque, quand ce genre de planches se multiplie…) dans un ordre bizarre mais qui fait sens, et pour le peu de temps que ça prend, c’est hautement bénéfique. Et puis, fichtre, c’est fun.

En prime, vous pouvez apercevoir mon tapis de bureau PlayStation, mon Stream Deck avec sa coque bleue chopée sur Etsy, mon minuteur de pomodoros avec le D4 qui l’accompagne, et mon Gros Minet en Lego (lequel constitue, je dois me rendre à l’évidence, un de mes animaux totems).

2024-12-04T01:03:00+01:00lundi 9 décembre 2024|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Organiques corrections

Une toute nouvelle retraite créative pour « Bâtir sa fabrique à histoires » (24-28 mars)

Je suis hyper hypé (c’est vous dire) à la perspective de proposer une toute nouvelle retraite créative / stage intensif sur une semaine en 2025, sur un sujet que je ne crois pas avoir beaucoup vu enseigné en France, et pas du tout dans la sphère littéraire : organiser de A à Z son système créatif, mêlant idées, savoir, construction et production.

« Comment organiser mes idées ? Par quel bout prendre mon histoire ? Comment capturer tous les projets que je voudrais faire sans me noyer ? »

Ces questions animent quantité d’auteur·ices à tous niveaux d’expérience. L’esprit est une formidable machine à imaginer, mais mettre en ordre ses idées pour les concrétiser est beaucoup plus anxiogène. Heureusement, il existe des outils et des méthodes pour cela : le découvrir, les apprivoiser et, surtout, se les approprier forment l’objet de cette retraite, et ce sur la base des projets de chacun·e.

En gros, c’est la mise en pratique de tout ce que j’accumule sur ce sujet depuis cinq ans, partant de méthodes anciennes et analogiques comme le Zettelkasten, transformées et appliquées aux besoins de la création, et confiant aux outils modernes la plupart de la maintenance. L’idée, c’est de proposer des approches pratiques et simples pour, en un mot comme en cent, vaincre l’angoisse de la page blanche, gérer des projets de toute taille, et donner à ses envies créatives le maximum de liberté d’expression. On peut tout porter avec ces méthodes, de la courte nouvelle à la saga de la complexité de « Les Dieux sauvages » et d’Évanégyre au sens large. (Testé et raffiné au quotidien.)

Mais, contrairement à l’énorme complexité qu’on peut porter avec ces approches, la retraite et les méthodes proposées sont extrêmement simples : pas d’angoisse là-dessus. Je ne vous donnerai pas « la » parole et « la » façon de faire pendant cette retraite, mais les raisons pour lesquelles on peut se noyer dans sa création, au point de la fuir avec angoisse (been here, done that) et comment on peut y remédier avec des approches simples à la puissance décuplée par l’ère numérique. C’est leur application systématique et la mise en commun de toute idée ou notion dans le même environnement qui en débloque la force. Et si je vous proposerai des outils pour commencer, le but est que vous partiez de la retraire avec des principes, personnalisables pour vous, avec les outils que vous souhaitez.

Pour le dire autrement :

  • Je ne vais ❗️PAS❗️ vous vendre une vault Obsidian compliquée reposant sur cinquante requêtes Dataview et la nécessité d’apprendre le CSS et MySQL. Faut arrêter avec ça.
  • Je vais vous exposer un tas d’idées simples, qu’on va mettre en pratique certes à l’ordinateur parce que c’est plus pratique, mais que vous pouvez appliquer avec des carnets et un crayon sans jamais toucher un clavier1.

Et cela se déroulera dans un cadre fantastique, chez Parenthèse Tiny House, en forêt d’Orléans, au vert et au calme, pour une semaine à consacrer exclusivement à son art (bon, et à aller donner à manger aux moutons aussi parfois, si on veut) dans une tiny house rien que pour soi. Les journées se dérouleront de la façon suivante :

  • Un matin avec présentations des notions et méthodes et/ou travaux pratiques en commun
  • Une après-midi avec un exercice long de mise en pratique et de réflexion
  • Un temps de débriefing le soir sur les leçons de la journée.

Et plus en détail :

Attention, la retraite est strictement limitée à dix places. Ne tardez pas pour vous inscrire : il nous a fallu refuser du monde sur toutes les retraites précédentes…

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  1. Alors oui, on utilisera Obsidian, mais pas tous les jours et uniquement dans sa version de base, pour deux raisons pratiques qui n’ont rien à avoir avec l’app : pour que tout le monde utilise le même environnement pendant la retraite, et parce que c’est gratuit.
2025-04-07T11:56:17+02:00mercredi 20 novembre 2024|À ne pas manquer, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Une toute nouvelle retraite créative pour « Bâtir sa fabrique à histoires » (24-28 mars)

Procrastination podcast s09e05 – En public avec vos questions à l’Ouest Hurlant – partie 2

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s09e05 – En public avec vos questions à l’Ouest Hurlant – partie 2« .

Le festival des cultures de l’imaginaire l’Ouest Hurlant à Rennes reçoit toute l’équipe de Procrastination et surtout VOUS : l’invité du podcast sur cette saison, c’est vos questions, vos interrogations, avec trois réponses contradictoires pour le prix d’une ! 

Merci à l’Ouest Hurlant et toutes ses équipes de nous avoir invité·es et de nous avoir donné une salle et une heure pour rendre ces conversations possibles. C’est un splendide festival qu’on vous encourage à suivre ! 

À présent, nous parlons d’organisation de notes, de recherches et de leur mise en action : applications, ressources et carnets.

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2024-12-02T01:54:45+01:00vendredi 15 novembre 2024|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s09e05 – En public avec vos questions à l’Ouest Hurlant – partie 2

Testons Apple Notes pour faire une base de connaissances en 2025

Le meme est connu.

Mais a-t-il une quelconque valeur ? Toujours à la recherche de l’organisation magique qui, évidemment, réglera tout problème de concentration, m’octroiera la clairvoyance ultime façon fin de 2001, et accessoirement rendra plus claires la myriade d’idées et de trucs que je garde en tête pour « Les Dieux sauvages », j’ai fini par me dire : eh ! Et si j’essayais Apple Notes ? On peut faire des liens entre notes façon wiki / Zettelkasten, maintenant…

Pourquoi c’est bien

En effet, Apple Notes offre des tas de trucs grands et petits qui rendent vraiment la vie plus facile, grâce à l’intégration profonde au système. Déjà, c’est la seule app à offrir une réelle intégration poussée entre écriture manuscrite et texte tapé. Il est facile et réellement agréable de prendre des notes à la main sur son iPad grâce à un très bon jeu d’outils d’écriture manuscrite, puis de passer sur son Mac pour les mettre en forme au clavier, et les deux types de contenu se mélangent proprement dans la majeure partie des cas. Évidemment, la reconnaissance de caractères est présente.

Je n’avais jamais vraiment essayé de mélanger les deux modes de travail, mais c’est extrêmement alléchant. La liberté offerte par la réflexion manuscrite s’allie à la tranquillité de tout retrouver au même endroit, au lieu de se trouver séparé entre apps, ce qui nuit à la distillation des idées dans leur forme définitive. Imaginez : vous griffonnez des trucs sans suite dans le même environnement où ces trucs vont peut-être donner une structure, une histoire, une saga. C’est difficile d’en revenir.

Comme mentionné plus haut, on peut aussi faire des liens entre notes (ce n’est pas nouveau, mais ça reste obscur pour pas mal de monde) : il suffit de taper >> dans le texte et l’app suggère une liste de notes récentes, ou bien l’on peut en créer une nouvelle. Les liens sont également renommés partout automatiquement si l’on renomme la note d’origine.

Notes propose d’organiser ses données par dossier et/ou par tag, et permet même de faire des requêtes simples pour créer des vues dynamiques de ses informations (« Montre-moi toutes les notes modifiées le mois dernier dans ce dossier avec ce tag »), dites « dossiers intelligents » (comme dans Mail ou le Finder).

La capture d’idées au vol dans Notes est extrêmement rapide, intégration au système oblige, avec la fonction des « notes rapides » accessible partout dans macOS et iOS, et inclut même à présent le dictaphone ! Pour meumeumer des idées de morceaux, c’est très pratique. Et sur iPad, on peut même configurer sa tablette pour ouvrir une note manuscrite depuis l’écran verrouillé rien qu’en tapotant l’écran avec son stylet, comme un bon vieux bloc-notes analogique (ou une tablette reMarkable). Toutes ces petites fonctionnalités réduisent la friction et permettent de faire chanter l’app sous ses doigts. La la la.

Enfin, si l’on a activé la protection avancée des données, toutes les notes sont chiffrées de bout en bout.

Mais c’est encore un peu branlant

Dans ce test, je me suis dit rapidement : « yeah, mais en fait, le meme a raison : les grandes personnes utilisent Apple Notes ». Et puis… argh. La friction qu’on enlève d’un côté, d’une façon très Apple, on la retrouve de l’autre, d’une façon hélas… très Apple aussi, en tout cas l’Apple des dix dernières années qui laisse des bugs ou des oublis incompréhensibles en place pendant des années.

Déjà, et c’est l’énorme point noir, la synchro fait un peu peur. C’est iCloud, on en a parlé, et dans mes tests sous iOS 18.à et macOS 15.0, j’ai eu des notes complexes (mélangeant donc plusieurs pages d’écriture manuscrite et du texte) qui, oh ben comme c’est surprenant, refusaient de se synchroniser. Depuis les versions .1, ça semble s’être débloqué dans mes tests ultérieurs, mais j’ai toujours un peu l’impression de conduire ma vieille bagnole avec iCloud : des jours elle démarre, des jours non. Or moi, j’ai besoin d’aller quelque part.

Ensuite, la performance de l’app fait peur aussi. Mon iPad Pro M4 flambant neuf chauffe comme ma vieille Surface Pro quand j’écrivais à la main dessus il y a dix ans, ce qui est complètement inacceptable, et l’app iPadOS lag aléatoirement (probablement en raison de la chauffe). Quand ça marche, c’est génial. Mais des fois, comme avec iCloud, ça tousse, et si j’accepte les compromis d’une app simple, j’attends une performance impeccable (c’est ce qui me ramène toujours à Bear).

Le formatage du texte est… bizarre ? Il semble que ça soit du texte riche, l’app propose des styles par défaut, donc ça ressemble de loin à un formatage standard, mais en fait non, on se rend compte qu’on peut changer absolument tout, comme la police et la taille du texte, mais seulement sur Mac, donc il y a des styles, mais ça n’est pas aussi propre que du Markdown… Bref : c’est bizarre.

Y a des tas de petits bugs ou de petites limitations. En vrac, les trucs rencontrés dans mon usage : les notes rapides permettent d’ajouter un lien au contexte où l’on se trouve (app, page web, mail) pour y revenir ensuite mais ils sont régulièrement inexacts entre plate-formes (le lien iOS ne marche pas correctement sous Mac) ; les tags ne sont pas hiérarchiques ; commande-clic sur un lien de note ne l’ouvre pas dans une nouvelle fenêtre, ce qui est vachement important pour manipuler rapidement ses notes ; on ne peut pas mettre les dossiers intelligents dans des dossiers normaux ; l’historique Annuler / Rétablir est vidé à chaque changement de note, ce qui augmente le risque de mauvaise manipulation irrécupérable ; on ne peut pas imprimer sur Mac plus que la page 1 d’une note contenant de l’écriture manuscrite… Rien de bien rédhibitoire individuellement, mais à force, ça fait beaucoup, et c’est agaçant de trouver des portions tellement propres et léchées de l’app, des moments où l’on se dit « wahou, c’est trop bien pensé » et d’autres qui arrêtent avec un « quoi ? on peut pas faire ça ? mais what the otarie ? »

Enfin, et c’est le point le plus ennuyeux à l’heure actuelle pour une base de connaissance : Apple Notes ne propose pas de backlinks (de lien retour), c’est-à-dire une section montrant toutes les notes dont les liens pointent vers celle sur laquelle on travaille (ce qui n’est pas rigoureusement indispensable, mais tellement pratique). Il existe cependant à ma connaissance trois façons d’importer cette fonctionnalité :

  • Avec les apps ProNotes ou Alto.computer (uniquement sur Mac) qui ajoutent des boutons discrets à l’interface pour proposer une liste de liens retour,
  • Ou avec un Raccourci malin qui fait une recherche dans la base sur le titre de la note (je l’ai vu faire, je n’ai pas d’exemple tout fait à proposer)

Mais ça veut dire dépendre d’un outil tiers pour une fonction considérée incontournable par beaucoup… Et c’est fâcheux.

On fait quoi ?

Évidemment, les projets de développement pour cette app étant encore plus opaques que la volonté de Zeus, vous avez la totale liberté de sacrifier une biche pour lire ses entrailles et voir si Apple projette un jour de remédier à tout ça, ou bien si ça va rester en l’état pendant les douze prochaines années. 

Sur le papier (électronique), Apple Notes offre ce qui s’approche le plus du Graal : une app qui fait tout suffisamment bien pour proposer un jeu de fonctionnalités cohérent, certes moins puissant que pour d’autres outils spécialisés (pas de vue graphe à la Obsidian, mais ça n’est pas l’idée), mais dont l’intégration produit plus que la somme des parties. Hélas, l’érosion de l’assurance qualité d’Apple se fait sentir assez fort ici, et le verrouillage des données sous un format propriétaire (on peut toujours exporter, mais ça n’est pas aussi portable qu’un bon vieux fichier Markdown) me rend vachement frileux.

L’année prochaine, peut-être. S’ils ajoutent les backlinks, par exemple… va falloir discuter.

2024-11-06T00:12:34+01:00mercredi 6 novembre 2024|Geekeries, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Testons Apple Notes pour faire une base de connaissances en 2025
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