Pourquoi Twitter ?

10 décembre 2010
8 réactions

Twitter est d'un abord un peu fruste. Une longue litanie de statuts émaillée de caractères et d'abréviations bizarres genre @, RT, cc, il y a de quoi faire fuir tata Iphigénie, si, si, celle-là même qui vous hurle à longueur de page Facebook "JAY BESOIN DE PATATES DANS MA FARMVILLE OMG". Enfin, peut-être pas en ces termes. Pourtant, Twitter est un média fascinant, instantané, qui permet une rapide dissémination de l'information[1. Quand ils ne sont pas soupçonnés de censure - voir ici.]. Alors, qu'est-ce que c'est, comment ça marche et pourquoi c'est intéressant ?

Voici pour mettre le pied à l'étrier aux débutants.

Le principe

Twitter s'apparente aux statuts Facebook ou MSN : il s'agit, en substance, de raconter ses pensées du moment, ses activités, de partager une trouvaille. "Hou là là, pensez-vous déjà, je suis déjà inondé des status ineptes d'une tonne d'amis Facebook entre ceux qui vont manger une pomme et les autres qui se sont cassés la gueule sur une plaque de verglas lol mdr, je ne vais pas m'ajouter cette pollution supplémentaire."

Oui, ça se comprend. Sauf que, dans les faits, Twitter fonctionne de manière extrêmement différente, ce qui permet d'améliorer le rapport signal / bruit au maximum.

Plusieurs raisons à cela :

  • Twitter fonctionne par abonnements (follow). C'est-à-dire que si quelqu'un vous intéresse (au hasard, Neil Gaiman ou le Dalaï Lama - tous les deux sur Twitter) et que vous vous abonnez à son flux, rien n'oblige la personne à vous suivre en retour. Vous ne construisez pas obligatoirement un lien personnel à la Facebook ; vous vous comportez comme un lecteur de contenu.
  • Cela veut dire que vous contrôlez vous-même le contenu que vous lisez. Vous pouvez donc vous désabonner comme vous le souhaitez si vous décidez que le contenu offert ne vous intéresse plus, ou si vous avez trop d'abonnements et devez donc faire un tri - on ne peut pas tout lire.
  • Les mises à jour sont de 140 caractères, pas plus.  Comme un SMS (monde d'où Twitter est originaire) : il faut être concis, rapide, ce qui assure une forme d'efficacité.
  • Twitter est un flux. Contrairement à Facebook qui nécessite au minimum quelques minutes de lecture pour suivre l'actualité de vos proches et médias d'intérêt, Twitter n'a pas pour but de servir d'archive. L'information y est périssable extrêmement rapidement : cela n'a pas grand sens de passer en revue les archives d'une semaine (ou alors, c'est que vous suivez trop de monde). Corollaire : si vous avez raté un truc, ce n'est probablement pas grave.

On a vu fleurir ainsi sur Twitter une forme de communication assez particulière, où écrivains, cinéastes, philosophes, amuseurs proposent de véritables historiettes, traits d'humour, instantanés, revues de presse en 140 caractères, aux antipodes des patates pourries de tata Iphigénie. C'est très drôle, ça ne bouffe pas la journée comme un Facebook carnivore, et c'est très détendu comme usage.

L'instant Jérôme Bonaldi (Comment ça marche ?)

C'est assez évident, comme pour tous ces services :

  • On ouvre un compte (bien sûr), avec un pseudo ou votre nom réel (le mien, pour des raisons obscures et inavouables en public, est lioneldavoust).
  • La beauté de la chose, c'est qu'on peut choisir d'alimenter le compte ou pas (on peut également le rendre privé). Vous pouvez parfaitement vous comporter en observateur silencieux, ou réserver vos mises à jour à vos proches, parce que eux sont sincèrement intéressés par la pomme que vous avez mangé le midi et vous offriront une petite bière le soir pour vous consoler de cette foutue plaque de verglas qui a mis votre amour-propre à mal, et que Neil Gaiman, s'il peut vous envoyer toute sa commisération, n'est quand même pas non plus directement concerné.
  • Et vous vous mettez à suivre les gens qui vous intéressent, au fil de l'eau, des rencontres, en examinant ce que les gens ont à dire et en décidant si ça vous intéresse ou pas.

Bien sûr, Twitter n'est pas un monde d'autistes - c'est un réseau social. Les discussions s'installent, les rencontres se font mais, de par la brieveté nécessaire des mises à jour (140 caractères), tout est très rapide, très immédiat.

En un mot, tout est très simple.

Coutumes et usages

140 caractères, c'est peu pour communiquer le fond de sa pensée. De fait, Twitter échappe pas mal aux psychodrames qui finissent toujours par pourrir les forums et même Facebook, parce qu'on a plutôt tendance à s'accorder le bénéfice du doute. Évidemment, ce n'est pas l'endroit pour une discussion philosophique profonde, mais c'est génial pour un échange rapide de vues et d'informations.

Par commodité, le service a vu naître un certain nombre d'abréviations et de coutumes qu'il est utile de connaître pour comprendre un peu ce qui se passe :

  • @. @ suivi du pseudo d'un utilisateur indique un message public dans la timeline d'un utilisateur : par exemple, si l'on lit chez un utilisateur « @JésusChrist Super la résurrection, tu as fait de moi un croyant », l'utilisateur nommé JésusChrist verra sortir ce message dans sa propre interface (s'il utilise un logiciel plutôt récent) et pourra y répondre.
  • #. # suivi d'un terme est un hashtag, soit un mot-clé concernant le sujet relatif au tweet en question. Par exemple, dans la timeline de JésusChrist, on pourrait trouver « J'ai multiplié les pains olol #miracle ».
  • RT. RT signifie ReTweet : soit un tweet d'un utilisateur retransmis verbatim, parfois avec un commentaire. Par exemple le tweet suivant inclut un commentaire : « Trop fort le mec ! RT @JésusChrist J'ai ressucité, ne vous inquiétez pas, je pars en Suisse soutenir WikiLeaks » À noter que Twitter intègre dorénavant un système intégré de retweet pour gagner des caractères.
  • cc. Peu employé mais utile, pour faire une copie d'un tweet à quelqu'un. Par exemple : « Oups, on a ouvert le caveau, y a plus personne dedans cc @PoncePilate »
  • #FF. Hashtag un peu spécial, FF signifie "Follow Friday", soit les comptes jugés intéressants par un utilisateur sur la semaine et qu'on encourage ses abonnés à suivre à leur tour (tweeté le vendredi, comme le nom l'indique).

Pour commencer

Il suffit d'aller créer un compte sur le site : Twitter.com. Mon propre profil est donc @lioneldavoust et je serais ravi de vous y rerouver. Quasiment tous les grands sites d'info, éditeurs dynamiques, écrivains créatifs, blogs motivés ont des comptes Twitter. Je n'ose proposer de liste par peur d'oublier quelqu'un, mais n'hésitez pas à faire votre propre marché dans mes abonnements, qui constituent un point de départ probablement pas plus mauvais qu'un autre pour qui s'intéresse à l'imaginaire et aux trucs improbables.

Lifting: v2.1e

17 octobre 2009
2 réactions

Voilà, la petite rénovation que j'envisageais ici a été effectuée. Après six mois d'existence et d'usage, il m'a peu à peu semblé que le site était encore un peu fouillis, lourd à charger et que sa lisibilité pouvait être améliorée. J'espère que ce petit lifting vous conviendra ; n'hésitez surtout pas à me signaler en commentaires ce qui vous plaît, vous déplaît, vous gêne encore, etc. et ce que vous aimeriez voir !

Nouvelle page d'accueil

Le plus gros changement concerne la fusion (enfin) des pages actu et blog sur cette seule et même page d'accueil ("En direct", ça fait très numéro gratuit pour un devis de cuisine intégrée, mais je ne pouvais me résoudre à employer l'omniprésent et gravement anglais "News" dans le menu). Les actus les plus importantes restent agrafées en haut de la page. Le pavé "Catégories" à droite devrait aussi permettre de mieux faire le tri (surtout quand j'aurais mis un peu d'ordre...).

Les adresses des flux RSS ne changent pas :

  • Pour le blog et l'actu ensemble : ici
  • Pour l'actu seule :

J'ai encore envie de faire encore beaucoup de petites améliorations, de proposer encore plus de contenu, mais ce sera progressif. Stay tuned.

EDIT lundi 19 octobre : Il est maintenant possible d'être prévenu par courriel des nouveaux commentaires laissés sur les articles de son choix (simple case à cocher lors du dépôt d'un commentaire).

Ça l’île close dans le poste

28 janvier 2009
3 réactions

Non, je ne me suis point lassé des joies bloguesques en cette époque où tout le monde, alors que le blog était le next big thing, s'en lasse, ferme le sien et part pour Facebook échanger des graines virtuelles et vendre ses amis contre de faux dollars (encore plus factices que le linden dollar, dont la valeur d'échange virtuelle doit osciller entre cinq signes de com' élogieux et 1 po 50).

N'empêche, Facebook, c'est encore plus rapide qu'un blog: une ligne de statut, et voilà l'activité, l'état d'esprit du moment résumés au monde entier. Finies les longues soumissions un peu mal branlées de théories en cours d'élaboration. Plus d'entrées aguicheuses dans le flux RSS comme "La crise financière en temps réel, démonstration inside" qui s'ouvraient sur de longs billets émaillés de GIF animés et d'insupportables musiquettes MIDI. Il suffit d'un "Jean-Claude Kipling a compris la crise financière" sur la home page, point barre. A la fois générateur de mystère et direct comme un uppercut sémantique, le statut Facebook dégraisse le message de tout emballage superflu - la subtilité et le langage - pour le réduire au sens pur qui pénètre alors l'esprit comme une révélation venue du temps du rêve.

utopod_logo

Facebook, c'est le haiku social.

Bref. Intro circonvolutive et sans aucun rapport avec la suite, comme d'habitude, pour annoncer - et je ne suis pas peu fier, j'avoue - que "L'Île close", texte initialement paru dans l'anthologie de Lucie Chenu De Brocéliande en Avalon aux éd. Terre de Brume, a été enregistré et repris par le podcast francophone des littératures de l'imaginaire, Utopod.

La nouvelle a été divisée en deux parties en raison de sa longueur. La première est ici (Utopod 026), la seconde là (Utopod 027). Le texte est écoutable en ligne ou bien téléchargeable sur tout baladeur MP3 pour écouter à pied, à cheval et en fusée (explications ici). Je vous invite vivement à soutenir l'initiative, par exemple en vous abonnant aux flux.

Illus. MZS

Illus. MZS

Pas peu fier, disais-je, parce que, à part des illustrations (comme celle de "Récital pour les hautes sphères" réalisée par MZS, ci-contre, texte lisible ici, hop hop shameless plug), c'est une des premières fois qu'un de mes récits se trouve "adapté". Adapté, dis-je, parce qu'une lecture n'est certainement pas neutre et implique un réel travail d'interprétation (effectué ici par Charlotte Reymondin), même si le texte reste le même. Où placer les effets, que mettre en avant, comme jouer les personnages, tout cela relève en quelque sorte de la "traduction" d'un support à l'autre et c'est un exercice difficile (surtout avec ce texte, qui est infernal à lire!).

Je m'étais posé un moment la question de réaliser moi-même la lecture (que ces années passées sur les patinoires d'improvisation théâtrale servent finalement à quelque chose, bon sang), mais j'avoue que ce qui m'intéressait aussi dans cette aventure, c'était de voir comment la lectrice s'approprierait le texte, peut-être même aux antipodes de mes intentions d'origine. C'était le jeu et je suis profondément ravi de l'avoir joué: c'est extrêmement intéressant - et flatteur, oui - de voir ce qui compte d'une ambiance, d'un personnage aux yeux d'autrui.

Car mon travail consiste seulement à apporter un récit, une trame, un univers, parfois un propos; aussi à divertir, à intéresser le lecteur (si je fais correctement mon boulot). Pas à lui dicter les interprétations, les messages qu'il doit y trouver, les émotions qu'il doit ressentir. En cela, dans sa réception, le lecteur a (quasiment) toujours raison.