Couv. Jef K.

Alors que La Volonté du Dragon commence à se diffuser peu à peu à travers l’avant-première du week-end dernier (et une critique est déjà disponible sur Scifi-universe à cette adresse), d’autres projets mûrissent et j’ai le plaisir de vous annoncer à présent la publication de la nouvelle « La Terre comme témoin » dans l’anthologie Passages de Lucie Chenu aux éditions Oskar Fantasy ! Lucie en a déjà parlé ici et (où elle raconte notamment la genèse de l’anthologie, intéressant article qui montre combien le chemin d’un tel livre peut être complexe).
L’adolescence, ses élans, ses mystères, ses transitions difficiles… Pour cette anthologie, sept écrivains de science-fiction, de fantastique ou de fantasy ont imaginé autant d’histoires de passages d’un âge vers l’autre.
Au sommaire :
  • Jean-Michel Calvez
  • Lionel Davoust
  • Pierre Gévart
  • Christian Grenier
  • Philippe Heurtel
  • Léo Lamarche
  • Antoine Lencou
Ce livre s’adresse d’abord à un public jeunesse mais il est évidemment lisible à tout âge. Il est commandable chez votre libraire préféré ou bien en ligne.

Le texte

Alex fait partie des intellos à lunettes discrets qu’on méprise et même, dans le milieu doré des familles aisées, qu’on rackette. Mais un jour, Alex découvre les mémoires de son grand-père, un livre qui va tout changer à sa vision du monde – et des responsabilités. Cette nouvelle représentait un défi intéressant car c’était ma première tentative d’écrire spécifiquement pour la jeunesse, mais, en fait, je dirais pas que cela n’a pas changé grand-chose à mon approche ni à ma méthode de travail. Alors je n’ai absolument pas l’expérience des grands écrivains jeunesse comme Nathalie Le Gendre ou Fabrice Colin (je n’a même pas leur expérience d’écrivain tout court), donc je peinerais bien à parler de ce secteur, mais je me suis juste efforcé de me rappeler ce que j’aimais lire à quatorze ans, c’est-à-dire des histoires racontées sur un ton adulte et qui ne se voilent pas la face, ce que la littérature jeunesse actuelle, d’ailleurs, fait très bien (n’oublions pas la sinistre affaire de censure du prix des ados de la ville de Rennes). On veut mettre les ados sous cloche et les isoler des questions graves de l’existence car, bien sûr, on souhaite qu’ils s’y confrontent le plus tard possible, hélas, le monde se charge souvent lui-même de les y exposer (ce monde justement créé dans la joie et la bonne humeur par les adultes d’une main, et dont ils cherchent désespérément à protéger leur progéniture de l’autre – y aurait pas comme un problème ?). Mais, si être exposé à la tragédie est toujours regrettable, d’une part nos djeunz sont souvent bien mieux armés qu’on ne le pense pour l’affronter, d’autre part, les en cacher est à la fois stupide et criminel, car c’est un pan – triste – de la réalité.  Ne pas mentir, c’est aussi espérer révolte et changement. En résumé, j’ai juste choisi, par mon éventail de récits possibles, un de ceux où personne ne se faisait trop démembrer dans des geysers de sang trop rouges. J’espère que cela saura convaincre !