… parce que techniquement, moins que deux jours, c’est une seule journée, et on ne peut pas faire une tournée sur un seul lieu, hey ! Ladies and gentlemen, now introducing ze compte-rendu de

La tournée parisienne des éditions Critic !

> APPLAUSE <

I am Hillary Clinton and I kiffe total the photos moisies of Lionel Davoust !!one

Thomas Geha et moi-même, surveil… couvés par Éric Marcelin (directeur de Critic) étions en effet présents aux Futuriales, le nouveau salon d’Aulnay-sous-Bois, en compagnie de David Khara (Les Vestiges de l’Aube) le samedi 12 juin, puis à Saint-Maur en poche, l’événement littéraire organisé à Saint-Maur-des-Fossés par la librairie la Griffe Noire, le dimanche 13.

Les Futuriales

Ce nouvel événement centré sur l’imaginaire a réussi pour sa première édition l’exploit de rassembler par moins d’une quarantaine d’auteurs et illustrateurs, tout en fondant un prix « révélation » appelé à remplir un rôle qui manquait, on s’en rend compte à présent, dans notre paysage : celui de mettre en valeur le travail d’un nouvel auteur et de son éditeur afin de l’aider à être remarqué et trouvé son lectorat. Le vainqueur de cette année est Laurent Poujois pour L’Ange blond (Mnémos) ; bravo ! Votre humble serviteur avait le plaisir de figurer parmi les finalistes, grand honneur qui a, en plus, permis à La Volonté du Dragon de figurer sous les projecteurs pendant toute la durée de l’événement à un point qui m’a beaucoup touché et impressionné. Deux débats ont également été organisés au cours de la journée, un sur l’histoire de la science-fiction française, par Jean-Luc Rivera, et une table ronde sur les vampires, avec Éric Holstein, David Khara, Édouard Brasey, Li-Cam et Alain Pozzuoli. Les enregistrements, réalisés comme toujours par les services galactiques d’archivage d’ActuSF, sont disponibles sur le blog du festival. Les Futuriales ont donc parfaitement réussi leur coup d’envoi, dans une ville où il n’y avait a priori pas encore d’événement de ce genre : on souhaite que la manifestation se pérennise et se développe conformément à ses souhaits ! Et puis l’avantage des salons parisiens, c’est aussi qu’on y retrouve beaucoup de copains qui ne peuvent pas toujours se déplacer en province.

Saint-Maur en poche

Le lendemain, cap sur un salon différent cette fois, car généraliste. Organisé sur le parvis de Saint-Maur, nous avons été ravis de découvrir un petit marché couvert à l’ancienne, où livres et animations auraient pris la place des fruits et légumes de madame la marchande, mais pas sa convivialité ni son sourire ! Une ambiance colorée, chaleureuse, propice aux rencontres et aux découvertes. On ne peut que saluer et remercier l’implication des pouvoirs locaux comme des libraires qui travaillent d’arrache-pied pour traiter les auteurs comme des rois – le terme n’est pas trop fort : quand on m’arrose de café et de bonbons Haribo en continu toute la journée, je me sens beau et important, et il me vient l’envie de prononcer des décrets comme déclarer l’industrie charcutière d’intérêt public et moduler la TVA sur les jupes en fonction de leur longueur. (Votez pour moi.) Nous y avons également retrouvé Mélanie Fazi, avec qui je n’avais pas pu discuter depuis bien longtemps, et qui apportait dans ses bagages la réédition en poche de Serpentine (Folio SF), son premier recueil de nouvelles et lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire. Si ce n’est déjà fait, vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas vous ruer sur ce livre qui mêle noirceur et émotion avec une sensibilité unique dans le paysage français. Le fantastique de Mélanie est délicat, subtil, extrêmement humain, et quand il est cruel, c’est parce qu’il accentue toute la douce amertume de la condition humaine. J’ai pu lire sur un blog que le livre était « morbide » parce qu’il parlait de la mort, mais j’en profite pour exprimer fermement mon désaccord : quelle littérature ne parle pas de nos espoirs, de nos souhaits, de nos douleurs, et par là-même, de notre impermanence et des moyens que nous déployons pour la tromper ou la combattre ? Dans cette entrée de son blog, Fabrice Colin affirme qu’en ce qui le concerne, « écrire pour les adultes ne consiste qu’à réfléchir cinq minutes aux moyens dérisoires de penser la mort. » Sans réduire toute narration à cette équation, on ne saurait nier que Thanathos plane toujours plus ou moins sur toute histoire qui soit : quel plus grand motivateur y a-t-il que celui de tout perdre ? (À part lui rire au nez et le transcender – mais là… ce sont mes propres obsessions.) Bref. Je voudrais remercier les lecteurs de Saint-Maur pour leur ouverture d’esprit et leur gentillesse : au contraire de certains salons généralistes où la seule mention « imaginaire » suffit à faire se froncer les sourcils (quand ce n’est pas le nez), bien des visiteurs n’ont pas eu peur de se montrer aventureux et de tenter un genre qu’ils ne lisent pas forcément. Et la Griffe Noire nous a déjà témoigné l’envie de nous réinviter l’année prochaine (merci !), le rendez-vous est donc pris !

Pour une poignée de poppets en plus

Mélanie joue sur son blog à la mise en scène photographique d’une petite figurine créée par Lisa Snellings-Clark, la poppet, ici et (avec le talent visuel qui la caractérise et qui ne me rend pas du tout jaloux pas du tout pas du tout). Elle l’avait sur elle, prête à réaliser un nouveau cliché si la situation s’y prêtait, et m’a laissé me prêter au jeu : c’est incroyablement ludique à construire. Tout objet devient un élément de décor symbolique ou potentiel, une forêt ou bien un hangar soviétique au toit à demi effondré (mais je m’emporte un peu).

Avec Mélanie

Eric Marcelin souffre d'un bien étrange cas de possession