L'histoire d'un mec marteau.

Autrefois, les géants des glaces de Jotunheim et les immortels d’Asgard, aux pouvoirs divins, se livrèrent une grande guerre autour de la Scandinavie, donnant naissance aux croyances mythiques qui nous sont parvenues sur Odin, Sif, Loki, et surtout Thor.  Sauf qu’en réalité, Jotunheim est une planète gelée, Asgard une cité située à des années-lumière de la terre où la technologie et la magie se mêlent, le bifrost1 un trou de ver, et Thor un jeune abruti. Prenant l’infiltration de géants des glaces en Asgard comme prétexte pour rompre la trêve qui unit les deux peuples, Thor embarque ses copains dans une expédition punitive sur Jotunheim, laquelle tourne mal, ce qui lui vaut d’être banni sur Midgard – notre Terre, bien sûr – pour y vivre en humain. Là, il tombe sur Nathalie Portman et trouve aussitôt que Midgard est un endroit pas si naze – on le comprend – enfin, plus exactement, il tombe sur Jane, geek de l’astrophysique qui lui prête main-forte dans sa quête de ses pouvoirs perdus et le renversement de son traître de frère, Loki. Ça semble classique ? Ça l’est. Rien de ce Thor n’est empreint de la moindre surprise. Le scénario a été vu mille fois – la cité mise en danger par le traître ; la jolie fille pas très douée socialement qui lorgne le bellâtre qui lui est tombé (littéralement) du ciel ; le super-héros super-déchu en quête de ses super-pouvoirs pour retourner super-marave la tronche au super-méchant. Les images sont jolies, mais toutes très lisses ; images de synthèse formule vernis brillant sans grande inspiration, des scènes d’action sans trouvailles notables. Seuls détails intéressants, on pourra éventuellement retenir le bifrost qui mérite véritablement son appellation de pont arc-en-ciel, quelques scènes un peu décalées qui tirent quelques sourires et la présence d’un Thor très impulsif à qui le séjour sur Terre mettra du plomb dans la tête, montrant un héros divin néanmoins capable d’apprendre. Mais ça ne pèse pas bien lourd. Ce Thor est si calibré sur les canons hollywoodiens du blockbuster qu’il manque remarquablement d’âme. On espérait notamment bien mieux de J. Michael Straczynski, co-auteur du scénario, l’homme derrière la génialissime Babylon 5. Il reste donc un film d’action dépourvu de toute profondeur, qui peut vaguement amuser, mais qui ne vaudra pas davantage qu’un regard distrait lors d’un passage à la télévision.
  1. Dans la mythologie, le pont reliant les mondes.