Séoul compte quatre anciens palais vieux de plusieurs siècles, dont je vous épargerai l’écriture des noms. Incendiés, reconstruits, occupés, ils témoignent du temps où la Corée était un royaume, Ils offrent un spectacle surréaliste, à l’image de la Corée moderne : anciens, majestueux, immenses, ils déploient leurs ailes silencieuses où l’histoire résonne encore au sein d’une capitale moderne où vrombit une circulation urbaine incessante et où la 4G est même desservie dans le métro.
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Le Changdeokgung

Le Changdeokgung recèle même, à l’arrière de son complexe, un jardin secret qui tient plutôt de la forêt privée, où pavillons et plans d’eau se faufilent discrètement au sein de collines boisées. La rupture entre les gratte-ciels et la nature est aussi brutale que surprenante : imaginez vous remonter les Champs-Elysées, puis, à la place de l’Arc de Triomphe, tomber sur Chambord et, derrière, la forêt de Fontainebleau, qui s’interromprait à un simple petit muret derrière lequel s’étendrait le parvis de la Défense.
Le jardin secret du Changdeokgung

Le jardin secret du Changdeokgung

Nombre d’histoires tristes, gaies ou démonstrations de morale flottent dans ces lieux séculaires. On peut en retenir une associée à la photo ci-dessus : au milieu de la pièce d’eau se trouve une île exiguë, d’à peine un mètre carré, où pousse un vieil arbre. Le roi avait coutume de lancer de façon inattendue des concours de poésie à ses courtisans. Celui qui se trouvait incapable de produire se retrouvait exilé pour une certaine durée sur la petite île… Afin de réfléchir à la nature et de s’inspirer, peut-être ? (Hé, auguste lectorat, ça te dirait qu’on essaie cette méthode de motivation aux prochains ateliers d’écriture, niark ?)