Monthly Archives: janvier 2019

//janvier

Quels projets en 2019 ? [entretien court chez ActuSF]

Tu es déjà pas mal au courant, auguste lectorat, car j’ai parlé ici de la nouvelle en détail, cependant, à l’occasion de la nouvelle année, ActuSF m’a proposé de passer en revue mes projets de l’année 2019, donc : ici, un petit récapitulatif des douze prochains mois. (Spoiler : « Les Dieux sauvages ». « Les Dieux sauvages ». « Les Dieux sauvages ».)

Rappelons qu’ActuSF propose cet entretien à un large échantillon de la profession, et que l’on peut donc retrouver ce qu’ont dans leurs cartons beaucoup des consœurs et frères : comme Thomas Geha, Laurent Genefort, Sylvie Laîné et tout plein d’autres → ActuSF.com

2019-01-23T12:04:07+02:00jeudi 31 janvier 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Quels projets en 2019 ? [entretien court chez ActuSF]

Le Verrou du Fleuve dans le top 10 2018 de la rédaction d’Elbakin.net !

Couv. Alain Brion

Alors vous savez, quand vous avez 13 ans, genre, vous vous dites, un jour je serai écrivain, vous rêvez de toutes ces histoires que vous avez envie de raconter et qui seront TROP COOL OUAIS sauf que vous n’avez pas la moindre idée de comment on organise une histoire plante un décor gère le rythme installe un personnage ménage des révélations établit une déclaration AGESSA (… car ça a son importance) et les gens vous lancent des tomates en vous disant : tu ferais mieux de faire un vrai métier, genre sous-traitant de déclarations AGESSA. (Je déconne, ça n’existe pas.) (Non, hein ?)

27 ans plus tard, vous n’avez pas l’impression de savoir mieux, ou plus exactement, comme le dit l’adage, vous avez mesuré combien vous ne saviez rien, mais vous avez quand même commencé à apprendre une chose importante : faire la paix avec ça, laisser aller, intégrer un maximum de choses de l’art, de la vie, du monde MEC, pour que ça percole en-dedans et que, telle une machine à café rutilante qui fait pschiii, vous mettez en relation A avec Z et T et N et oh tiens dis-donc ça pourrait être intéressant ça et OMG cette direction-là mais ça ne serait-il pas donc… Ah oui, c’est ça.

C’est TROP COOL OUAIS.

Tout ça pour dire : l’enthousiasme que génèrent tant Les Questions dangereuses que « Les Dieux sauvages » en ce moment me comble de joie, et ce n’est pas une formule. Il y a toujours en moi le gosse de 13 ans qui n’avait pas la moindre idée de la manière dont on construit un histoire qui dépasse la page huit (je, heu, me suis rattrapé depuis, je commence à avoir du mal à faire des histoires qui tiennent en un tome) et qui reste sans cesse émerveillé de ce qui lui arrive et que, waouh, il arrive à toucher des gens avec tout ça.

Le Verrou du Fleuve (« Les Dieux sauvages » II) figure dans le top 10 de la rédaction d’Elbakin.net en fantasy, et c’est simplement fantastique. 

Merci. 

2019-02-07T08:46:26+02:00mardi 29 janvier 2019|À ne pas manquer|6 Comments

Mon mois de l’imaginaire (je sais, on est bientôt fin janvier)

En octobre dernier, et à l’approche des fêtes, comme souvent, ActuSF a proposé à quelques auteurs (Estelle Faye, Thomas Geha, Fabien Cerutti, Stefan Platteau…) leurs livres-phare, coup de cœur ou recommandations spéciales pour les fêtes. Si vous traînez un peu par ici depuis quelque temps, mes propres réponses ne devraient pas vous surprendre, mais il est toujours agréable qu’on vous demande votre avis sur un tel sujet.

Merci, donc, à ActuSF : c’est à lire là (avec des liens sur la page vers toutes les réponses de mes estimés camarades).

2019-01-16T11:38:36+02:00mercredi 23 janvier 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Mon mois de l’imaginaire (je sais, on est bientôt fin janvier)

« Les Dieux sauvages » comptera cinq volumes : pourquoi et comment

Couv. Alain Brion

Simon Pinel, directeur éditorial de Critic, l’a dévoilé en présentant le programme de publication de 2019 (dont La Fureur de la Terre, « Les Dieux sauvages » vol. III, fait partie) – donc je peux annoncer publiquement ce qui s’est profilé de plus en plus clairement en fin d’année dernière :

« Les Dieux sauvages » comptera cinq volumes et non pas quatre.

Bon, les premières réactions sur les réseaux sociaux ont été déjà très enthousiastes, donc c’est en tremblant moins qu’à la même époque il y a un an que je fais cette annonce (quand je disais qu’au lieu de trois, il y aurait quatre volumes). Sincèrement, ça me touche énormément de lire vos réactions à peu près toutes en mode « Bah c’est cool ! Ça en fera plus à lire ! ». Merci ! Vous êtes juste incroyables !

Mais bon, parce que j’aime bien lever le voile un peu sur ce qui se passe, je pensais expliquer / développer un peu pourquoi comment se fait-ce (tival).

Comment on passe de trois à cinq volumes au fil des ans

Très simplement : en sous-estimant l’envergure et l’ambition de son projet. Je n’en suis pas à mon coup d’essai, remarquez : « Léviathan », trilogie de thriller de fantasy urbaine, était parti pour être un roman seul. C’est donc devenu, hein, une trilogie (de bouquins assez épais, en plus).

« Les Dieux sauvages » est simplement une fresque immense, avec de six à huit points de vue différents dans chaque tome, qui évoluent, changent parfois, relatent tous les événements d’une transformation profonde du monde de cette époque, et avec tout ce que j’ai mis en mouvement, je ne peux tout simplement pas clore avec le même soin du détail cette histoire en trois ou même quatre tomes. Il m’en faut un cinquième. Ce qui m’assurera de conserver le même élan, de traiter toutes les promesses que j’ai faites dans les volumes précédents, de boucler chaque fil narratif comme il se doit ou, du moins, au mieux de ma compétence.

Je tiens à dire tout spécialement, à nouveau, un immense merci aux éditions Critic qui m’accompagnent et me soutiennent dans tous mes projets, y croient avec enthousiasme et les défendent bec et ongles. Pas un instant ils n’ont ne serait-ce que suggéré de boucler prématurément la série ou de la caviarder de quelque manière que ce soit – leur réaction a toujours été, fidèlement et résolument : « Écoute, ça fera le volume que ça fera. Tout ce qui compte, c’est que tu nous fasses de bons bouquins dont tu sois content. »

Et ça, auguste lectorat, ça n’a pas de prix. Parce que si je suis content, il y a une chance que vous aussi.

Non, ce ne seront pas des livres coupés en deux

Là, c’est ma faute. Quand j’ai annoncé l’année dernière qu’il y aurait un volume de plus, j’étais tellement terrorisé à l’idée de prendre une volée de bois vert (« Tu as rompu le contrat de confiance qui nous unissait ! Tu es pire que Darty ! ») que j’ai tenu (contre le conseil de Simon, d’ailleurs) à expliquer que, hé, en fait, le tome 2 (Le Verrou du Fleuve) sera coupé en deux, ne m’en voulez pas, en vrai, je ne rajoute pas un bouquin.

J’ai tellement bien insisté dessus que cela s’est retrouvé dans des chroniques. Et celles qui le mentionnaient se déclaraient souvent un peu déçues par ce qu’elles percevaient comme, en effet, une première moitié de quelque chose, alors que celles à qui l’info avait échappé prenaient le livre avec un enthousiasme sans préjugé, au même titre que La Messagère du Ciel – soit simplement comme un volet d’une saga plus vaste.

Tu veux savoir l’ironie, auguste lectorat ? Au bout du compte, Le Verrou du Fleuve n’a pas été la première moitié d’un livre plus vaste. Effectivement, quand j’ai fait l’annonce (en septembre 2017), cela se présentait ainsi. Mais en bouclant le livre, cet aspect, justement, m’a sauté au visage. Une chose était claire : je n’en voulais pas.

Couv. Alain Brion

Et j’ai énormément bossé, ensuite, pour justement éviter cet écueil. J’ai complètement repensé le troisième acte du Verrou pour que ce volume ait sa propre unité et tienne debout par lui-même. Toute la fin publiée de ce livre n’a rien, mais alors plus rien à voir avec mes projets d’origine. Dans le grand ordre des choses, on s’est retrouvé à peu près au même endroit, mais je suis passé par des détours et des actions entièrement différentes, pour viser à plus d’efficacité dans le contexte d’un roman contenu (et, oserais-je dire, c’est devenu vachement mieux, en plus).

Encore une fois, c’est ma faute d’avoir répandu cette idée : qui peut-on croire si ce n’est l’auteur lui-même ? Je comprends donc évidemment que cela ait été repris et que cela ait teinté les attentes. Quand Le Verrou du Fleuve a pris sa forme finale, très différente, je n’ai pas pris soin de me corriger moi-même – à quoi bon, hein ? Qui lit ce que je raconte sur mes bouquins, de toute façon ?

Eh bien… il se trouve que pas mal de monde, en fait !

Donc, je le dis ici : la série ne se compose pas de livres coupés en deux parce qu’ils seraient trop longs. Chaque tome, chaque acte de la saga, est pensé comme une étape avec sa propre unité. Ce nouveau plan en cinq tomes, comme l’était le plan en quatre, correspond à une architecture différente de l’histoire que je voulais raconter, qui n’est pas l’histoire envisagée, mais l’histoire telle qu’il va falloir la raconter, dans les faits. Elle suit ses propres lignes de force, qui m’apparaissent peu à peu une fois que je fais le chemin avec tous ces personnages. De loin, je vois le parcours, je sais quelle est ma destination ; de près, je constate qu’on doit faire un détour par ici, par là, qu’il y a un ravin dans lequel il faut descendre, etc. Tout cela pour faire servir tous les événements qui se sont déroulés jusque-là dans l’histoire.

Donc, je sais toujours où je vais. Je suis juste agréablement surpris par le trajet que je prends pour y aller, et une chose est sûre, quand les personnages commandent… il faut les suivre. (C’est peut-être un des rares commandements cardinaux de ce métier.)

Découvrez le titre du cinquième tome

Bah vi, hé. Parce que bon, faisons-nous plaisir. Je l’avais dans un coin de ma tête, ce titre, mais je ne pensais pas m’en servir. Il se trouve que c’est une bonne chose qu’il tournait dans ma tête, au bout du compte.

Ce qui est amusant avec la manière dont l’écriture, cet espèce de dérapage incontrôlé livré à la conduite cinglée de son inconscient, se déroule, c’est que tous les titres de la série collent encore mieux que je ne l’avais prévu au déroulé réel de l’action. Ce qui sera le tome 4 – L’Héritage de l’Empire – correspondra encore mieux à cet intitulé que je ne l’avais imaginé. Ce qui est quand même super chouette et fait partie des moments presque mystiques de ce métier.

Bon, bref, j’arrête de causer.

Le volume 5 de « Les Dieux sauvages » s’intitulera La Succession des Âges.

Ce qui donne le plan final de la série :

  1. La Messagère du Ciel
  2. Le Verrou du Fleuve
  3. La Fureur de la Terre (printemps 2019)
  4. L’Héritage de l’Empire (automne 2020)
  5. La Succession des Âges (printemps 2022)

Merci

Merci encore pour votre suivi à toutes et à tous, et votre joie pour ainsi dire unanime en annonçant que la série se rallonge. J’ai un éditeur génial, mais j’ai aussi les meilleurs lecteurs du monde – c’en est la preuve. C’est une prodigieuse preuve de confiance et de joie que vous me faites, et je vais faire de mon mieux pour que « Les Dieux sauvages » vous emportent.

Au sens figuré, hein.

2019-04-23T18:01:06+02:00lundi 21 janvier 2019|À ne pas manquer|18 Comments

Découvrir l’édition d’imaginaire en France : les chiffres 2018 de l’Observatoire

Peut-être avez-vous suivi que l’année dernière s’est tenue la première édition des états généraux de l’imaginaire, un mouvement informel (mais fédérant une grande partie de la profession) visant à évaluer et comprendre la place de nos littératures en France1. Je résume l’argumentation, mais elle était, en gros : nous avons l’impression que nos genres sont tenus à l’écart des grands médias par rapport au poids culturel (et économique) qu’ils représentent. Avant de déclencher des actions, commençons par rassembler des faits objectifs (des chiffres) pour voir exactement où en est la situation.

Cette initiative s’est pérennisée sous le nom plus clair, indiquant sa mission, d’Observatoire de l’Imaginaire. L’information est passée en fin d’année dernière et elle a peut-être échappé, donc ça vaut le coup de la rappeler : l’Observatoire a rendu ses chiffres et conclusions pour l’année 2018. On peut les consulter librement ici.

Parmi les chiffres saillants, on peut retenir qu’une bonne moitié de l’édition en France est francophone en nombre de titres (mais cela entraîne nécessairement la question du volume) ; un cinquième des livres de littérature blanche sont en réalité des romans d’imaginaire. Et nous avons encore pas mal d’efforts à faire en termes de parité.

Consulter le résumé des conclusions et lire la présentation de l’Observatoire (chaudement recommandé, ce n’est pas long).

 

 

 

2019-01-12T06:49:29+02:00jeudi 17 janvier 2019|Le monde du livre|1 Comment