Procrastination podcast s04e09 – Narrer la non-fiction

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s04e09 – Narrer la non-fiction« .

Un épisode un peu différent cette quinzaine, pour sortir des sentiers de la fiction et aborder le domaine de la non-fiction, de l’essai, occasion fournie par le livre de Mélanie (Nous qui n’existons pas, éd. Dystopia Workshop). Mélanie, justement, partage son expérience d’écriture en commençant par cerner davantage la notion de témoignage, où le réel rencontre le métier d’écrivain. Lionel déplore le cloisonnement qui existe dans les genres, entre plusieurs séries d’un même auteur : le fossé n’en est que plus grand quand il s’agit de sortir de la fiction pour aborder la non-fiction. Estelle met en avant la réaction alchimique qui peut s’opérer en France entre écriture de soi et écriture des genres, notamment en fantasy.

Références citées
– Truman Capote, De sang froid
– Nancy Huston
– Mathieu Gaborit, Les Chroniques des Crépusculaires
– Francis Berthelot, Le Cycle du Démiurge
– Stephen King, Écriture
– Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit
– Orson Scott Card
– Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée
– Annie Ernaux, La Place
– Jack London, Martin Eden

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-02-13T00:39:23+01:00lundi 17 février 2020|Procrastination podcast|0 commentaire

La Fureur de la Terre dans le top de la rédaction d’Elbakin.net !

Après La Messagère du Ciel lauréat du prix Elbakin.net, Le Verrou du Fleuve qui apparaissait dans le top 10 de l’année dernière, je suis vraiment enchanté de voir La Fureur de la Terre apparaître à nouveau dans le classement du site de référence français sur la fantasy, aux côtés de Steven Erickson, de mon camarade Christian Léourier ou encore – même – de la série Netflix The Witcher !

C’est un honneur et une grande joie, bien sûr, et j’aime à y voir tout spécialement le signe que la qualité de la série se maintient d’un tome à l’autre, ce qui est un objectif capital pour moi. Bien sûr, selon l’évolution de l’histoire, les volumes parleront plus ou moins aux différentes sensibilités, mais m’assurer de servir la saga au mieux, qu’elle tienne globalement ses promesses, me tient à cœur. (C’est aussi pour cela que je suis passé de trois à cinq tomes, pour m’assurer de boucler au mieux tous les fils en suspens.)

Merci, Elbakin.net, pour votre suivi et votre enthousiasme !

Le top 10 de la rédaction

Couv. Alain Brion
2020-02-13T01:14:14+01:00jeudi 13 février 2020|À ne pas manquer|0 commentaire

Bulletin de santé digital et numérique (10 février)

(Si au moins ma mésaventure permet d’illustrer la différence entre les deux termes…)

Merci. Merci infiniment pour votre déluge de commentaires, courriels, tweets, messages concernant ma blessure signalée la semaine dernière. C’est fou ! Merci pour vos bons vœux, vos idées, suggestions. Je suis toujours « empeiné » comme on dit en Charente-Maritime, donc toujours incapable de faire plus que m’efforcer de tenir les engagements minimaux pris, mais l’urgence du moment étant passée, voici un message global pour expliquer ce dont il est question de manière plus détaillée (je récapitule aussi par rapport à la semaine dernière).

Il y a dix jours, donc, nous étions partis pour acheter, entre autre choses, des boîtes alimentaires en verre dans une grande surface (communément appelées Tupperwares dans la langue de Boris Johnson). Les dites boîtes étaient rangées hors de vue dans le rayonnage, et l’une d’elle était, sans que je puisse le voir, brisée en deux.

[Attention, explication légèrement graphique à suivre – mais toujours moins grave que ce que pouvez lire dans La Messagère du Ciel…]

Au moment où je l’ai prise, l’étiquette apposée sur le fond a agi comme un levier et la partie brisée est venue frapper de tout son poids mon annulaire gauche, suscitant a) douleur b) terreur c) repeignant au passage le rayonnage en couleurs chaudes à tous les sens du terme.

Bon, alors, vous savez les jets d’hémoglobine qu’on voit parfois dans les films, genre la scène du chevalier noir dans Sacré Graal ? Ils existent, j’en ai rencontré un, quand l’opératrice radio a enlevé le bandage de compression pour s’assurer que je n’avais pas de bouts de verre coincés dans la plaie (occasionnant de ma part le plus gros « OH FUCK » que j’aie jamais gueulé de ma vie, parce que, eh bien, ça vous fait un truc quand même). Verdict :

Bonne nouvelle : les tendons ne sont pas touchés. Je peux toujours (théoriquement, parce qu’en ce moment c’est pas mon activité favorite favorite) plier le doigt, au moins un peu.

Mauvaise nouvelle : le nerf a donc été coupé net. Il a fallu une opération de microchirurgie pour le recoudre (j’ai maintenant une découpe qui fait tout le côté du doigt de la forme de la cicatrice d’Harry Potter). Le saviez-vous ? Nous avons deux nerfs le long de chaque côté responsables de la sensibilité de nos doigts. Je n’en ai plus qu’un et demi – en gros – puisque celui qui a été coupé risque de ne jamais retrouver sa pleine sensibilité, et encore, sous 6 à 12 mois maximum. Je vous avoue que c’est pas trop le fun neuronal dans mon annulaire qui ne comprend actuellement rien à ce qui lui arrive : le moindre contact sur la partie lésée est à la fois insupportable et étouffé, comme si toute la zone avait été brûlée vive. Je découvre chaque jour des mouvements à éviter parce que sinon c’est comme quand tu te cognes le coude dans le rebord de ta table mais puissance cent – il s’avère qu’un nerf recousu n’aime pas trop qu’on le dérange. Fun times. Retrouver une part fondamentale de cette sensibilité est cependant indispensable, notamment pour chaud et froid, histoire que, si je me brûle précisément à cet endroit, je m’en rende compte avant de me demander pourquoi ça sent le cochon grillé en plein hiver. Avouez que ça serait ballot.

Suite des événements

Déjà, ma participation aux événements et salons n’est pas, pour l’heure, remise en cause ; ne comptez juste pas sur moi pour faire un Jungle Speed. Mais comme je le disais plus haut, mon temps de frappe est donc grandement réduit (parce que tout prend au quotidien des plombes à faire, et notamment qu’écrire avec une seule main est beaucoup plus long). Cela implique de faire des choix : le blog est donc suspendu pour un à deux mois à l’exception des actualités, le temps de réévaluer ma situation, tout comme les publications et participations sur les réseaux commerciaux (qui se résumeront au mieux à des likes et des RT, désolé). Je m’efforcerai quand même de donner des nouvelles ici de l’avancée des choses. Ma correspondance devra se limiter aux engagements professionnels, ce n’est pas que je vous snobe, encore une fois, c’est que le clavier est littéralement mon mode d’expression principal à longueur de journée et que je n’ai qu’un nombre de mots de fini (et réduit) à ma disposition par jour, et que je vais devoir les réserver en priorité aux bouquins (en espérant arriver à tenir les délais). Et en plus il se trouve, curieusement, que réfléchir clairement avec un nerf en court-circuit est vachement plus difficile qu’il n’y paraît, dites-donc.

Vous avez été très nombreux.ses à me suggérer la dictée et je vous en remercie, mais je dois insister sur le fait que ce n’est pas applicable dans mon cas (j’avais hélas dû un peu faire l’expérience il y a cinq ans). Je ne peux pas écrire comme je parle et inversement. Mon écriture (surtout romanesque) s’apparente davantage à de la sculpture qu’à une formulation finale de la moindre idée : j’écris un bout de phrase, un autre, comprends comment le paragraphe va peut-être s’orchestrer, m’aperçois qu’il faut une information à mettre avant, je mets des mots en ordre de marche jusqu’à trouver le bon, etc. Je réfléchis autant que je rédige quand je tape, jusqu’à parvenir à ce qui sera le premier jet. (D’aucun.es disent que je parle aussi comme ça. C’est vrai. Bref, à moins qu’il existe Dragon Unnaturally Speaking In Riddles, le clavier et ce bon vieux TextExpander restent mes meilleurs alliés.)

Vous avez aussi été plusieurs à remarquer que la responsabilité du magasin était engagée. Un peu, mon neveu, à 200% (on récapitule : j’ai mal, peur, un doigt en mousse qui restera probablement en éponge, je suis handicapé dans mon activité professionnelle et ma vie quotidienne). Les contacts ont été pris, les preuves sont irréfutables, les diagnostics en noir sur blanc, mais on va d’abord commencer par discuter de manière civile, parce que je trouve qu’il faut toujours commencer par discuter de manière civile et on va essayer de s’arranger entre grandes personnes.

Quelques mots pour conclure :

  • Si vous avez la chance d’être entièrement valide, prenez un instant pour le savourer. Même si on le sait intellectuellement, on ne comprend pas viscéralement le nombre de petits privilèges dont on bénéficie à chaque instant quand tout va bien, ni à quel point le monde est conçu pour des gens avec deux mains en ordre de marche (je prends mon cas) avant de les perdre. L’accessibilité, c’est bien, et ça concerne tout le monde.
  • Mon respect renouvelé à tou.tes ceux et celles qui luttent contre des affections chroniques, quelle qu’en soit la nature. Je suis amoché, c’est hyper chiant au quotidien et il est possible que j’en garde des traces indélébiles, mais ça aurait pu être bien pire et j’en ai tout à fait conscience : j’aurais pu perdre un pouce entier. Compassion, chaleur et, je le répète, mon immense respect à vous toutes et tous qui gérez avec bien plus compliqué : vous êtes des gachte de héros et d’héroïnes.
  • Le prochain jeune (ou moins jeune) auteur qui me dit la gueule enfarinée qu’il ou elle ne peut pas trouver du temps pour écrire risque peut-être bien de se prendre, avec bienveillance et amitié, une gifle. Si vous voulez écrire, vous le faites. Parmi les héros et héroïnes sus-citées, il y en a beaucoup dans le monde de l’imaginaire, qui construisent leur œuvre malgré les embûches du corps et de l’esprit1. Si vous avez la chance d’être en parfaite santé, faites le choix de faire les choses qui comptent. Et cela peut commencer par : reconnaître la peur au lieu de la fuir, pour chercher à l’apprivoiser, pour l’empêcher de vous retenir dans l’accomplissement de vos rêves. Mais faites-le aujourd’hui, pas demain. Car tant qu’on n’aura pas vendu notre âme à Google X, tous nos jours restent comptés.
  1. Et à ce sujet, j’ai aussi une embûche de l’esprit – je n’en ai jamais parlé parce que c’est mon problème et que je le gère avec moi-même, mais je débats de plus en plus de la possibilité d’en parler, non pas pour moi, mais parce que ça peut peut-être aider du monde. Et au cas où ça ne serait pas clair, je ne me considère nullement comme les héros sus-citées – je suis juste un mec qui fait son truc dans son coin.
2020-02-10T09:43:30+01:00lundi 10 février 2020|Journal|12 Commentaires

Réduction des activités à l’essentiel pour cause de blessure

Auguste lectorat, ce message ira droit à l’essentiel car je le tape d’une seule main (mes excuses). Je suis blessé à la main gauche à la suite d’un accident aussi débile que sérieux (entaille profonde à cause d’un Tupperware en verre qui était déjà cassé sur les rayonnages d’un grand magasin, ce que je ne pouvais pas voir), nécessitant entre autres chirurgie orthopédique et plastique (le nerf digital ayant été sectionné sur le coup, et nécessitant d’être reconnecté – ce qui impliquera une perte définitive de sensation). Je vous épargne la photo du bandage, métaphore :

Lymantria [CC BY-SA]

Je suis donc fondamentalement limité dans mon moyen d’expression principal (le clavier). Ce que cela signifie :

  • Ma priorité va aux engagements pris, en tête de liste : les livres prévus. Je vais tout faire pour tenir les délais promis et faire en sorte que cela ne recule rien dans les calendriers.
  • Si je vous dois des infos pro ou un entretien, je vais m’efforcer d’y répondre, en vous proposant le cas échéant un rendez-vous téléphonique en remplacement (désolé).
  • La production de Procrastination continuera (je peux le faire à la souris, plus lentement, mais je peux).
  • En revanche, tout ce qui est correspondance, blog et échanges sur les réseaux commerciaux sera suspendu jusqu’à ce que je retrouve un semblant de mobilité main gauche. Je ne vous snobe évidemment pas, mais tout me prend deux fois plus de temps, et dans ces conditions il me faut me replier sur mes engagements fondamentaux.

On m’a suggéré la dictée : c’est une bonne idée sur le principe mais il est très difficile de « penser écrit », spécialement pour la narration romanesque (et quand on est habitué à formuler ses pensées avec ses mains depuis vingt ans). Je vais quand même plus vite à taper, même d’une main (merci TextExpander).

Là, je vous avoue que je prends quand même quelques jours pour me recentrer et me remettre de mes émotions (ça fait quand même quelque chose de voir un geyser de sang jaillir de vous-même quand on a enlevé le bandage de compression).

More news as they come.

2020-02-13T00:10:54+01:00mardi 4 février 2020|À ne pas manquer|14 Commentaires

Procrastination podcast s04e08 – Ce qui se passe en festival

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s04e08 – Ce qui se passe en festival« .

Cette semaine, lever de rideau sur les coulisses des événements littéraires : que se passe-t-il de l’autre côté de la table, et quels en sont les atouts professionnels (… mais pas seulement) ?
Mélanie invite d’abord à réfléchir sur la distinction salon / festival, puis parle des publics des salons spécialisés et généralistes. Lionel insiste sur le rôle de découverte joués par les festivals auprès du grand public, surtout pour les genres de l’imaginaire au sens large. Estelle insiste sur la curiosité très forte dans ces milieux, ainsi que sur la passion et l’ouverture qui y sont sensibles, qu’il s’agisse des auteurs, éditeurs, blogueurs, et surtout lecteurs.

Références citées
– Convention française de science-fiction (site de l’édition 2020 : https://orleonautes-47-sf.blogspot.com (https://orleonautes-47-sf.blogspot.com))
– Festival Imaginales : http://www.imaginales.fr (et n’oublions pas les Utopiales, http://www.utopiales.org)
– Game of Thrones
– Roland C. Wagner

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-02-15T23:54:42+01:00lundi 3 février 2020|Procrastination podcast|0 commentaire

À venir : « L’Impassible armada » en version Redux chez 1115

Doooonc si les éditions 1115 (Contes hybrides) présentent leurs vœux avec une carte des voyages littéraires à venir pour cette année (une splendide carte !)…

… je peux vous dire qu’il y a mon nom dedans, hein ?

Un nouveau petit livre sortira effectivement en juin chez la chouette maison d’édition lyonnaise, parce que travailler sur Contes hybrides était une grande joie (d’ailleurs, pour mémoire, le livre a été retenu dans la sélection trimestrielle du prix Bob Morane !). Et c’est officiel avec le programme 2020 des éditions 1115 dévoilé sur Just A Word :

Pour ce qui est du reste de l’année, nous pouvons déjà vous annoncer la réédition en juin de L’Impassible armada de Lionel Davoust, une novella qui se déroule dans les eaux gelées du Pôle, à bord d’un bateau prisonnier des glaces. Un texte à la frontière du réel, qui mêle humour et montées d’angoisse à la perfection. À tel point que nous travaillons à l’enrichir d’une manière pour le moins inédite, parce qu’une aventure pareille demandait un écrin ad hoc, qui mette en valeur ses zones d’ombre et son étourdissante richesse. Quitte à plonger dans cet étrange Flux qui circule entre la coque des bateaux, autant aller voir ce qui se cache sous la surface.

Couv. Julien Delval

« L’Impassible armada » était à l’origine une nouvelle publiée dans la toute première anthologie des Imaginales dirigée par Stéphanie Nicot, Rois et Capitaines, en 2009. Nous allons reprendre le texte… et donc, y ajouter un petit, mettons, contrepoint. Contrechant. Contrerécit ? Bref, d’où l’appellation de travail « Redux » ici ces lieux.

Cela restera un petit livre, facile à emporter, à dévorer – où se noyer :

Le jour où Jacke a sauté par-dessus bord, j’ai compris qu’il était temps d’agir.

Il ne l’a pas fait sans me dire mes quatre vérités, ça, non. Tout ce temps, je croyais qu’on était frères de bord, partageant les dangers de la bataille et le réconfort des camarades. Eh bien, il est sorti en uniforme d’apparat sous la lune perpétuelle qui dirige maintenant nos chiennes de vies. J’ai tout de suite vu que ça n’allait pas ; aucun de nous ne fait plus très attention à la discipline vestimentaire. Il est venu vers moi de ce pas raide et décidé qu’on a appris à reconnaître, les yeux dans le vide, fixés un peu au-dessus de ma tête, comme si j’avais un oiseau perché sur le crâne. Et puis il m’a dit avec cette voix monocorde, glacée, mécanique :

« Davenport, tu as une tête de rat, le caractère d’une fouine, je sais que tu triches aux cartes et je ne supporte plus d’entendre ton rire de hyène. »

Et puis il m’a salué, il a marché vers le bastingage, l’a enjambé et il a sauté.

Premières lignes de « L’Impassible armada ».

Plus d’infos au fur et à mesure !

2020-01-30T00:39:12+01:00jeudi 30 janvier 2020|À ne pas manquer|2 Commentaires