La fin des livres ?

(Merci à celle qui a lancé la discussion qui m’a conduit à cette prise de conscience.)

(Merci à celle qui a lancé la discussion qui m’a conduit à cette prise de conscience.)
L’écriture ressemble à la prostitution. D’abord on écrit pour l’amour de la chose, puis pour quelques amis, et à la fin, pour de l’argent. – Molière
… mais est-ce mal, et cela signifie-t-il qu’on ne fasse pas ça bien, ou et même avec plaisir ?
Si c’est la vérité, alors je m’emploierai à être une geisha (et là, des images mentales d’horreur vous assaillent, qui vous accompagneront toute la journée. De rien).
Après 2000 ans et quelques de littérature, je me demande qui je suis pour écrire des livres et penser que ça va intéresser quelqu’un un jour. Il faut arriver à ce mélange bizarre d’égocentrisme et d’humilité ; on le fait parce qu’on en a envie, et si ça touche quelqu’un, tant mieux, c’est quand même le but du jeu. Mais tout cela n’est que littérature, qui est à la fois la chose la plus importante du monde, et la moins importante du monde. C’est presque secondaire par rapport à tout ce qui se passe de tragique dans le monde, mais, à côté de ça, c’est ce qui fait de l’humanité ce qu’elle est.
Autre entretien réalisé au cours des Utopiales, cette fois par les Chemins de Traverse, très sympathique association rennaise d’écriture (qui propose des ateliers sérieux et de qualité : j’ai participé à quelques séances et j’en garde un très bon souvenir). Nous discutons beaucoup d’écriture, donc, du numéro de funambule requis par le roman, entre contrôle et lâcher-prise, mais cela ne nous empêche pas d’évoquer en détail également les origines des Voies de la Main Gauche et la Main Droite dans la tradition initiatique, ainsi que du rôle de la littérature en général.
C’est sur cette page, sachant que vous y trouverez également des entretiens avec Laurent Queyssi, Jérôme Noirez et une compte-rendu d’une rencontre avec Javier Negrete.
L’Autre Monde Radio s’est déplacée avec ses micros, ses caméras et ses appareils photos pour un reportage sur l’un des festivals majeurs de l’imaginaire en France, les Utopiales.
L’équipe en a tiré un long reportage audio – vidéo – textuel très fourni, où j’ai le plaisir d’apparaître pour un entretien sur le futur de Léviathan, son écriture et la musique. C’est ici.
Mais en fait, Léviathan, ça parle de quoi ?
Léviathan, c’est une quête initiatique avec des flingues.
Lelf a réalisé un long entretien autour de la série Léviathan, principalement axé sur le premier volume, Léviathan : La Chute. Nous y parlons de la genèse de la série, de son discours et du choix de la forme du thriller. À découvrir sur son blog, Imaginelf.
Après une chronique qui m’a beaucoup touché, Paco, du blog Passions Romans, a eu la gentillesse de me proposer un entretien. Comme il le dit lui-même, cela a été l’occasion de déborder un peu sur les questions philosophiques qui sous-tendent Léviathan : La Chute. Nous y parlons des différences entre Voie de la Main Gauche et Voie de la Main Droite, de psychologie des personnages et de discipline d’écriture, et aussi de l’influence des littératures de l’imaginaire dans le mainstream et sur notre réalité. Merci à lui pour toutes ses questions très pertinentes ! C’est lisible ici.
D’autre part, deux nouvelles chroniques à vous signaler chez des blogueurs de l’imaginaire bien connus et très actifs sur les réseaux sociaux:
Merci à tous les deux !
Un petit billet rapide pour rappeler que le vote pour le prix Rosny Aîné se clôt dans dix jours ; pensez à mettre en avant vos oeuvres préférées de l’année passée ! C’est ici.
D’autre part, je pense altérer légèrement dans les jours à venir le rythme de publication du blog, privilégiant la fin de journée au matin. N’ayez donc crainte si vous ne recevez pas votre bêtise avant midi… Mais je vais essayer de changer l’organisation de ma journée, suivant moi-même le (bon) conseil que je donne partout en atelier mais auquel je ne suis jamais fichu d’obéir : commencer la journée par écrire.

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’initiative lancée au festival Imaginales de l’année précédente, l’atelier d’écriture qui, semble-t-il, avait bien plu, est rééditée cette année ! Pour cette dixième édition de l’événement, la même équipe – le capitaine Elisabeth Vonarburg aux commandes, épaulée par Jean-Claude Dunyach à la salle des machines et votre humble serviteur à l’artillerie – reprend du service pour discuter de rythme, de construction de scénario, de personnages, de discipline et d’inspiration, d’envies et de canalisation de celle-ci.
Les informations sont présentes sur le site du festival ici et là, mais comme, tel le biscuit chocolaté, je suis bon prince, les revoici :
Il est très vivement recommandé de lire les présentations de l’année dernière, téléchargeables ici : ce qui s’y trouve ne sera probablement pas revu cette année. Notre but est de faire évoluer la formule et nous aimerions proposer davantage de pratique cette fois. Cependant, bien sûr, il n’est nullement nécessaire d’avoir assisté à l’édition 2010 pour s’inscrire cette année, et tous les auteurs en herbe ou même moins en herbe, du plus débutant au plus éclairé, sont les bienvenus.
Remisez votre angoisse dans votre tiroir à la place des manuscrits qui s’y trouvent et venez. L’ambiance est conviviale, sympathique, on boit du café (normal), mais on bosse aussi, beaucoup – c’est le but.

Couv. Eric Scala
Rien de très original : je suis très, très loin d’être le seul à écrire parfois en musique, voire à trouver au détour de réflexions sur certains morceaux la base d’une histoire, que des accords, une voix, amènent des images. Il m’arrive de tourner en boucle sur un ou deux lors de l’écriture d’une nouvelle, parce que c’est la chanson ou le passage qui m’obsède à ce moment-là ; cela m’aide parfois à asseoir une atmosphère ou une ambiance, parce qu’elle m’évoque quelque chose que seule une psychanalyse poussée et quelques révélations induites par des hallucinogènes pourrait expliciter, dans une grammaire faite d’arcs-en-ciel et de petits insectes multicolores. À la manière d’une bande originale de film, le lien est caché ; c’est une question de ressenti, de synesthésie, comme si une glace à la framboise vous évoquait une feuille d’impôts, parce que vous avez longtemps aimé une femme reconvertie dans l’administration après un échec tragique dans le commerce des sucreries.
Quand il y a lieu (et un rapport direct), je cite donc souvent le texte en exergue, en hommage à cette inspiration involontaire, avec le passage qui est, personnellement du moins, le plus évocateur. Le problème, c’est que ça ne dit jamais rien à personne ou presque parce que j’écoute des trucs, heu, obscurs pour le commun des mortels, dont les noms contiennent souvent du grec, du latin ou du vieil anglais (classe, le vieil anglais).
Ô auguste lectorat, hélas, je suis très accaparé en ce moment et dispose d’un peu moins de temps pour de longs articles à haute teneur en lolz ou en grr, aussi te proposé-je, si tu l’acceptes, de découvrir dans les jours qui viennent les quelques morceaux qui auraient pu, si l’on veut, servir donc ainsi de bande originale à quelques textes. Au programme :
Aujourd’hui, donc, concernant « Le Sang du large » : Scars, de Elegeion, groupe australien parfaitement inconnu du grand public mais dont le second opus, The Last Moment, comporte de très belles compositions. C’est un groupe de doom – black atmosphérique mais qui n’excelle jamais autant, à mon humble avis, que dans des compositions semi-acoustiques et magnifiques telles que Scars, dont il est question (ci-dessous), ou Taste, leur musique plus agressive étant largement plus anecdotique.
Le texte, cité en exergue de la nouvelle (« Ma douleur ne suffit-elle pas à avoir foi en toi ? ») est lisible en entier ici (en anglais bien sûr).
Sinon, ouais, je sais, c’est à se pendre. Mais, sérieux, c’est pas trop beau ?
Il se passe pas mal de choses et je me disais qu’il pourrait être temps de faire un petit point sur les projets en cours. J’étais parti là-dessus, sauf que cette entrée, de caveat en précautions oratoires, a complètement dérivé sur la raison d’être et l’optique du blogging, du moins pour mon petit cas à moi, qui m’intéresse plus que celui de mon prochain, même si j’aime beaucoup mon prochain, pas forcément comme moi-même, mais il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas un peu sympa aussi. Peut-être aime-t-il Mario Kart ou la Kriek cerise, et même en plus ce serait une fille.
Depuis le lancement de ce blog il y a un peu plus de trois ans sur MySpace, je suis toujours à la recherche d’un subtil équilibre : ton intérêt, ô auguste lectorat (sinon ça n’a pas grand intérêt de parler publiquement) et le mien (beh ouais). Or, ce blog s’appelle depuis le début Expériences en temps réel pour une raison : une seule constante, tenter des trucs, du plus débile au plus sérieux. Ce qui constitue le projet le plus amusant qui soit, surtout pour un espace comme celui-ci, mais ne construit pas exactement une ligne éditoriale claire. Et, avec le temps, je me suis rendu compte qu’il faut quand même un minimum de ligne éditoriale quand on tient un blog, d’une part pour cerner et approfondir ses sujets, d’autre part pour te satisfaire, ô auguste lectorat, non pas que je doute de ton goût pour l’aventure, mais enfin, tu as bien le droit de savoir un minimum où tu mets les pieds, quoi.
Genre pas comme
Kong Lanta
envoyé par mozinor. – Films courts et animations.
Or, si je regarde depuis trois ans ce dont il est question, à part le fait que je m’efforce de m’amuser autant que possible (sinon, à quoi bon ?), cette collection de bizarre a deux points communs : (suite…)