Se présenter par un dialogue (exercice)

Un petit exercice de la masterclass des Imaginales de cette année, proposé par Jean-Claude Dunyach, et pas évident : se présenter soi-même par un dialogue strict. Temps d’écriture : dix minutes.

Comme la moindre des choses, c’est de jouer aussi quand on anime un stage, voici mon humble tentative réalisée sur le moment, juste pour rire.

« Ben alors, hé. Le pauvre. Ça lui arrive souvent ? 

— Normalement non. À ce qu’il m’a dit, c’est même la première fois. Pourtant, il est censé en avoir fait, des voyages de whale-watching. Même que ça a été son métier, à une époque. Quand il était petit, il voulait être le commandant Cousteau. 

— Ben c’est peut-être pas plus mal qu’il ait changé de carrière, parce que là, il est tout gris. Vous savez, à un moment, il va falloir qu’il boive un truc. Ou qu’il mange. Ah, il m’a entendu. Ah, il bouge. Ah, manger, visiblement, ça va pas encore être possible. 

— Hé, chéri ! T’as vu, les orques sont là… ! Hmm. Bravo chéri, tu contribues à l’écosystème. Nourrir les poissons, c’est bien aussi. »

2019-06-17T08:27:51+02:00mercredi 19 juin 2019|Expériences en temps réel|Commentaires fermés sur Se présenter par un dialogue (exercice)

« Créer un monde imaginaire » : atelier à distance avec Les Mots

J’ai eu le plaisir de proposer plusieurs conférences et des stages (intensifs) d’écriture à l’école parisienne Les Mots, principalement autour de la création de monde imaginaire et ma marotte personnelle, le conflit. Mais, dites-moi, comment on fait si on n’habite pas à Paris ? Ou que c’est loin ? Ou que c’est pas les bonnes dates ?

Ma foi, tu as amplement raison, internaute fictif rhétoriquement commode. C’est ainsi que Les Mots pensa à toi, et inventa les ateliers d’écriture à distance.

J’ai ainsi le plaisir de vous proposer un atelier d’écriture à distance fondé sur la création de monde imaginaire.

De la Terre du Milieu du Seigneur des Anneaux à la luxuriance de la planète Pandora dans le film Avatar, la création de nouveaux espaces géographiques, de nouvelles règles du monde, constitue depuis toujours une des caractéristiques définissant les littératures de l’imaginaire (fantasy, science-fiction, fantastique).

À la fois terrain de jeu sans bornes et exercice intellectuel où la rigueur doit organiser et cadrer ce foisonnement, la création de mondes imaginaires constitue peut-être la forme suprême de créativité littéraire, où toutes les libertés sont accessibles, et dont l’héritage remonte aux grandes mythologies. Ces mondes différents entraînent le lecteur dans une évasion sans précédent, tout en l’invitant à s’interroger sur sa propre humanité, sa vision du monde. Véritables paraboles modernes, ils permettent de s’affranchir des a priori culturels et historiques pour aborder d’un œil neuf des problématiques potentiellement graves comme la guerre, l’écologie, le pouvoir, tout en préservant la dimension épique d’une aventure romanesque.

Créer de nouvelles règles du monde selon ses envies profondes ; en dérouler les conséquences naturelles, sociales, technologiques ; ménager l’équilibre entre cohérence et étonnement ; introduire ce contexte puis, enfin, le mettre au service d’une bonne histoire, tels sont les outils auxquels cet atelier se propose de sensibiliser ses stagiaires.
Car, comme le dit G. R. R. Martin, l’auteur célèbre de Game of Thrones : « ce qui m’intéresse dans l’Histoire, ce sont les histoires » ; si le monde représente l’outil central de l’imaginaire, il ne saurait être le seul, et surtout, il ne saurait prendre l’ascendant sur l’impératif de narration indispensable à une lecture agréable.

Les participants de cet atelier seront invités à approcher ces problématiques par une conjonction d’éclairages et de techniques afin de construire les premières briques d’un canevas narratif unique qu’ils pourront par la suite explorer à l’envi, que ce soit en approfondissant ses mécanismes, ou bien en y situant une, ou plusieurs histoires originales. Et, même s’ils choisissent de ne pas poursuivre ce voyage, ils se confronteront à une technique fondamentale de l’écriture : la maîtrise et la mise en scène du temps et de l’espace fictionnels.

Comment cela fonctionne :

Chaque vendredi, vous recevez dans votre boite email un exercice d’écriture autour du thème. L’exercice est à faire de son côté ; il s’agit donc d’un atelier où l’on écrit quand on veut, dans le train, tard la nuit, tôt le matin… mais en solitaire.

Le vendredi suivant, vous envoyez votre texte et je vous propose un retour personnalisé sur les points forts et les points faibles du texte, en vous donnant des conseils pour la suite.

Par ailleurs, à travers une adresse dédiée, vous pourrez partager vos textes avec les autres participants de cet atelier à distance, et lire les leurs, rejoignant ainsi une petite communauté qui se formera autour de l’atelier. (Astuce : c’est un excellent moyen de rencontrer des bêta-lecteurs.)

L’atelier débutera le 23 août et durera deux mois (fin le 25 octobre). Le tarif est fixé à 450 € (payable en trois fois ; réduction de 10% pour les étudiants et personnes au chômage).

Toutes les infos et inscriptions sont disponibles via le site de Les Mots : à voir sur cette page.

2019-07-10T07:38:36+02:00jeudi 30 mai 2019|Technique d'écriture|1 Comment

La photo de la semaine : cadenassé

Padlocked Une de mes toutes premières vraies sorties photo il y a déjà (gloups) sept ans alors que je venais de m’y mettre sérieusement. Une sorte d’exercice, peut-être, mais j’aime bien l’équilibre de la composition et des couleurs.  
2018-12-04T21:02:03+02:00vendredi 7 décembre 2018|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : cadenassé

Exercice, inconscient et Rihil

Petit exercice proposé par Jean-Claude Dunyach au cours de la Masterclass des Imaginales que nous avons donnée la semaine dernière (temps imposé : dix minutes) :
Le Rihil inclina sa tête communicante, invitant Jethra à franchir le palier de laminaires tressées. Peu rassurée, mais peu disposée à contrarier un individu qui la dépassait d’un bon demi-mètre et aux pseudopodes terminés de lourdes massues osseuses, elle s’exécuta avec un sourire embarrassé – en espérant tout à coup que montrer les dents ne serait pas perçu comme un signe d’agression. L’intérieur de l’habitat dégageait une puissante odeur de jasmin inexplicable sur une planète gazeuse. Jethra maudit une nouvelle fois ses préjugés ataviques de primate évolué en contemplant l’austère sérénité de la sphère. Le fond était rempli d’un sable noir ultra-fin qui épousa la semelle de ses bottes avec le moelleux d’un épais tapis. Les parois courbes arboraient d’étranges images géométriques monochromes réalisées sur un papier brun – mais, pour autant que la jeune femme le sache, il aurait tout aussi bien pu s’agit de calligraphies exquises, des diplômes du Rihil ou de la variante locale du test de Rorschach. Une lanterne à huile de baleine-ciel pendait à la voûte – probablement la source de l’odeur de jasmin. Le Rihil la dépassa de son étrange démarche chaloupée pour s’asseoir en tailleur sur le sable devant elle ; un exercice fascinant pour une espèce munie de quatre membres inférieurs dotés d’articulations à 360°. D’un pseudopode à massue, il invita Jethra à l’imiter. Celle-ci réfréna un raclement de gorge gêné. Portant le traducteur universel à sa tête communicante, le Rihil démarra la séance : « Pour commencer notre travail ensemble, préférez-vous me parler de votre enfance, ou bien de votre mère ? »
C’est amusant de constater comment l’inconscient fonctionne : j’avais besoin d’un nom immédiatement pour mon personnage (en dix minutes, on n’a pas le temps de finasser) et c’est « Jethra » qui s’est imposé à mon esprit, comme étant à la fois compréhensible, féminin et exotique. Je me suis évidemment rappelé aussitôt que c’est le nom d’une des îles de l’Archipel du Rêve, de Christopher Priest ; or, j’avais le plaisir d’être son interprète pendant les Imaginales proprement dites, qui commençaient le lendemain, et je venais de me replonger pas mal dans son œuvre pour faire sa traduction correctement. Visiblement, mon inconscient était resté « connecté » en sous-main à ses histoires.
2018-05-28T10:31:52+02:00lundi 28 mai 2018|Journal|1 Comment

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2017 (3) : du talent !

Les règles sont ici, mais je les rappelle rapidement : un pomodoro d’écriture non stop sur le ou les déclencheurs qui t’inspirent, t’intriguent, ou même te font partir sur une tangente sans rapport – peu importe, il faut juste écrire. Cette semaine, nous allons parler de talent : d’une qualité, d’une compétence hors du commun. Il est possible de l’attribuer au personnage dont nous avons parlé ces deux dernières semaines, mais ce n’est nullement nécessaire – il s’agit de s’amuser avec un talent étrange, peut-être même à double tranchant, qui peut poser quelques problèmes inattendus, ou simplement se lâcher sur son application. Si tu fantasmes, auguste lectorat, vas-y – tant que tu écris.

Un talent

  • Mémoire éidétique
  • Combattant hors pair
  • Meneur d’hommes
  • Une volonté indémontable
  • Peut commander aux éléments
  • Intelligence suprême
  • Charme suprême
  • Voit l’avenir
  • Lit autrui comme un livre (grande perception)
  • Force physique hors du commun
2017-08-15T21:53:22+02:00lundi 31 juillet 2017|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Lundi, c’est déclencheurs, édition 2017 (3) : du talent !

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (7) : un moment de répit

dory_writingC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici. Maintenant que nous avons mis notre protagoniste en danger, que nous avons envisagé un retournement de situation, nous allons laisser notre personnage souffler un peu. C’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît : un moment de répit peut vite se trouver dénué de tension narrative, d’intérêt de long terme. Il faut donc trouver un juste milieu entre le calme et la préoccupation du problème en cours ; entre le ressenti et la volonté d’avancer. Ce sera l’objectif de cet exercice. En attendant, voici dix déclencheurs de possibles moments de répit, ou le personnage pourra souffler, évaluer les cartes qu’il a en main, avant de prendre une décision pour la suite. Comme d’habitude, ne vous arrêtez pas avant vingt minutes d’écriture.

Un moment de répit

  1. Rentrer chez ses parents
  2. Trouver un abri provisoire dans la tourmente
  3. Se saouler
  4. Partager un moment de camaraderie
  5. Vivre un moment d’amour
  6. S’entraîner avec acharnement
  7. Harmonie avec la nature
  8. Appliquer sa puissance de déduction
  9. Fuir très loin (en vain)
  10. Se rouler en boule et se lamenter
2015-08-17T15:56:27+02:00lundi 24 août 2015|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (7) : un moment de répit

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (6) : un retournement de situation

Motivation-ed209C’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici. Nous avons placé notre protagoniste dans le feu de l’action en fonction de son enjeu et de son problème. Peut-être s’en est-il tiré ; peut-être a-t-il terminé dans une pire situation qu’au départ. C’est fonction du cheminement de votre plume. (Notons que, sur un récit long, la situation du protagoniste a plutôt tendance à empirer au fur et à mesure ; car si tout est résolu d’un coup, il n’y a plus rien à raconter !) Aujourd’hui, nous allons ajouter à la situation de notre protagoniste un retournement de situation. Positif ou négatif, en lien ou non en rapport avec l’action précédente, à vous de voir ; il peut s’agir d’un nouveau problème immédiat à traiter ou bien d’un élément de long terme. À vous de voir. Prenez garde, toutefois, à ne pas faire de deus ex machina (un secours non annoncé qui vient à point nommé sauver la situation d’un coup de baguette magique).

Un retournement de situation

  1. Une arme improvisée et inattendue
  2. Un talent du protagoniste s’emploie de façon inattendue
  3. Exploitation créative d’une faiblesse de l’adversaire
  4. Retournement d’un désavantage de la situation actuelle
  5. Les conditions empirent de façon extérieure et inattendue (météo, un allié meurt ou se retire, etc.)
  6. Des renforts arrivent (mais trop tard)
  7. Découverte d’un objet / compétence
  8. Un élément surgi du passé vient à la rescousse
  9. Une révélation sur le protagoniste lui donne un sursaut de vigueur (« J’ai promis à mon vieux maître de gagner, je ne peux pas perdre! »)
  10. Une révélation sur l’adversaire donne au protagoniste un sursaut de vigueur (« C’est moi qui ai tué ta soeur! »)
2015-08-17T15:59:17+02:00lundi 17 août 2015|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (6) : un retournement de situation

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