L’histoire des technologies, oubliée à l’école ?

Quand j’étais lycéen, j’ai étudié, comme tout le monde, les deux grandes révolutions industrielles en cours d’histoire : leur avènement, leurs conséquences économiques et sociales. Et en me réveillant l’autre jour, entre mon whisky et mon saucisson matinaux, d’un coup, je suis frappé : à ce qu’il semble, l’histoire de la révolution industrielle que nous traversons est totalement oubliée dans l’enseignement actuel1. Je veux dire, enseigner l’usage de cette technologie paraît déjà difficile, alors son histoire… Pourtant, si le but est de comprendre le monde où nous vivons, connaître la naissance d’Internet, l’histoire de l’informatique et son développement, l’avènement du smartphone, le poids de la Silicon Valley et de ses présupposés culturels (la censure opérée par Facebook, par exemple) me paraît aussi important que la chute du mur de Berlin ou la Guerre froide. J’ai passé le bac en 1995 (ouille), la chute de l’URSS (1991) était au programme. Comme me le disait ma prof de Terminale, « le programme du bac s’arrête la veille de l’épreuve ». L’histoire de l’informatique est plus ancienne. Sans remonter à ses balbutiements, on peut placer sa démocratisation progressive vers la fin des années 1970 – bientôt quarante ans (j’ai l’âge de la « démocratisation progressive de l’informatique », ça aurait fait un bel intitulé de poste en URSS, tiens). De son entrée dans les foyers à l’installation d’Internet en passant par l’économie du big data et l’industrie du jeu vidéo qui pèse économiquement plus lourd que le cinéma, il y aurait bien des choses à dire, mais surtout, il y aurait bien des clés à fournir pour comprendre notre époque. Et ça commence à dater un peu (plus que la chute du mur). Comment des entreprises comme Uber centralisent et morcèlent le tissu économique, dessinant un paysage où chacun devient presque un freelance (on en a parlé ici). Comment, dans une économie de libre diffusion, la communication prend l’ascendant sur toute autre considération, au point de pousser la notion même de qualité vers la porte (voir là). « Si c’est gratuit, c’est vous le produit. » Les enjeux sur la vie privée, comme le fichage récent des données biométriques de la population. Etc. Un mythe absolument grotesque circule sur le fait que les jeunes nés avec Internet, les fameux « millenials« , savent intuitivement se servir de ces technologies qui déroutent toujours un peu leurs parents et grand-parents. Pour en avoir en cours, des millenials, je peux te le dire, auguste lectorat : ils ne savent pas s’en servir, et non, aller sur Facebook et utiliser Snapchat à longueur de temps n’est pas « se servir d’un ordinateur » – c’est ce qu’imaginent leurs parents, encore plus perdus qu’eux. (Pour une longue diatribe au vitriol sur le sujet, voir ici.) Et connaître une technologie ne signifie pas en comprendre l’histoire, les présupposés, les biais d’usage – surtout quand on y baigne à longueur de temps ; l’interface façonne l’utilisateur et son mode de pensée. Je ne suis pas d’accord avec mon estimé confrère Alain Damasio qui disait en conférence aux Utopiales l’année dernière que ces technologies nous confisquent notre puissance (je résume, hein). Je pense résolument que leur juste usage, comme pour tout outil, augmente notre puissance, au contraire – toute la clé étant dans le « juste » usage. Quand il me suffit de m’installer dans ma voiture et de dire à Siri de me conduire où je veux aller avec le GPS sans me préoccuper d’une carte, j’ai gagné du temps en préparation, je gagne de la disponibilité d’esprit au volant, je gagne en sérénité, tout cela pour libérer mon mental et l’occuper à des tâches plus dignes de lui, comme, par exemple, avoir des idées, réfléchir à une histoire ou encore penser à ce que pense Alain Damasio. J’ai augmenté ma puissance. Mais cela suppose un usage réfléchi de la technologie, une forme d’éducation à celle-ci (un manque ahurissant dans le système scolaire actuel), et la compréhension de son contexte. Ce que devrait faire le système scolaire, bon dieu. Utiliser la technique n’est pas suffisant. Comprendre d’où elle vient, et ce qu’elle vise à nous faire faire, est presque plus important pour former des citoyens maîtres d’eux-mêmes. Mais ce n’est pas ce qu’on veut en haut lieu, n’est-ce pas ? 
  1.  Ainsi que me l’a confirmé une brève recherche Google, mais si je me trompe, corrigez-moi.
2017-01-25T10:46:49+02:00mercredi 25 janvier 2017|Humeurs aqueuses|6 Commentaires

Pourquoi faut-il voter pour le prix Rosny Aîné ?

rosnybgC’est à nouveau la période de l’année : les listes d’oeuvres éligibles au prix Rosny Aîné ont été publiées. Pour mémoire, c’est un prix récompensant les meilleures oeuvres francophones dans les catégories roman et nouvelle, plutôt dans le genre science-fiction, et il a la particularité d’être décerné par le public. Tout-e lecteur-rice peut voter pour ses favoris de l’année passée, et ce même sans avoir tout lu (c’est même fort probable). Et justement, pour que ce prix du public gagne toujours en force et fonctionne statistiquement, il faut un maximum de participants. Surtout alors qu’une campagne visant à biaiser délibérément les prix Hugo (dont le fonctionnement est voisin) en faveur d’auteurs conservateurs, voire réactionnaires, se déroule actuellement aux États-Unis. Montrons la bonne santé de notre communauté en votant en masse sur la base de nos coups de coeur littéraires – surtout que, dans le cas présent, tout le monde peut participer. (Rien de nouveau pour les vieux lecteurs, c’est le discours que je tiens tous les ans, re-précisant très explicitement, tous les ans, qu’il ne s’agit pas d’une invitation à voter pour moi, mais pour ceux qui ont véritablement emporté votre adhésion en 2014). Pour voter, c’est très simple, il suffit de jeter un oeil aux listes d’oeuvres repérées l’année passée (mais si votre poulain n’y est pas, rien ne vous empêche de compléter) et d’envoyer un petit mail. Le site du prix se trouve ici.
2015-04-21T09:44:23+02:00lundi 27 avril 2015|À ne pas manquer|33 Commentaires

Vouloir faire taire et manquer soi-même l’occasion de la fermer

C’était à propos de tout autre chose, mais Lelf a eu sur Facebook un cri du coeur qui résume très bien la situation :
Putain, j’en peux plus de toute cette connerie. C’est moi ou ça s’accélère ce genre de connerie ? Est-ce que j’ai dit que je trouvais que c’était une connerie ?
Le mot-clé étant ici « accélérer ». Les esprit tranquilles affirment que la multiplication des ratés, des scandales, des déclarations patentes d’imbécilité ne sont que la marque de la circulation accrue de l’information, et l’appréhensif souhaite y croire – dormez, braves gens, tout va bien. Sauf que. Sauf que se produisent la même semaine deux bévues d’une bêtise tellement crasse, d’une ignorance tellement invraisemblable venant d’instances dirigeantes, supposément responsables, éclairées et réfléchies, qu’on ne peut s’empêcher d’y voir, au minimum, un signe des temps. Et de nourrir, à tout le moins, des pensées incendiaires. (suite…)
2010-02-01T18:24:13+02:00vendredi 13 novembre 2009|Le monde du livre|9 Commentaires

Bienvenue sur le nouveau site !

Bienvenue sur la version 2 du site !

Je songeais depuis un moment à fusionner site et blog en un seul et même endroit, afin que les infos cessent d’être dispersées aux quatre vents et que l’ensemble soit plus lisible. J’avoue aussi que je commençais à me lasser de certaines idiosyncrasies d’Over-blog. J’espère que le design vous plaira et que l’ensemble s’avérera facile d’utilisation !

Quoi de neuf tout de suite ?

  • Le blog se trouve donc intégré au site (http://lioneldavoust.com/blog) et seule l’actu littéraire figure en page d’accueil. Dorénavant, une seule adresse pour toutes les infos : celle-ci. Veuillez mettre à jour vos liens et signets !
  • Un contenu plus réactif : les commentaires ne sont plus limités au seul blog, mais à (presque) toutes les pages du site (dont les textes).
  • Agenda et infos un peu plus claires. (Ouais, moi non plus, j’arrivais pas à lire les colonnes de l’ancien site.)
  • Suivi plus facile : en plus de la newsletter, deux flux RSS sont disponibles (un pour l’actu, un pour le blog + actu).
  • Des mises à jour plus simples à réaliser pour moi… donc, je l’espère, plus nombreuses.
  • Du web 2.0 en HTML dynamique full CSS compliant qui roxxe du végépâté.

Quoi de neuf plus tard ?

  • Je vais m’atteler à rapatrier un certain nombre de billets de l’ancien blog (hélas, je ne pourrai retrouver les commentaires, et ça me rend bien malheureux).
  • An English website. More brief, but with (let’s hope so) relevant information nonetheless.

Au secours, ça marche pas, c’est moche, je suis perdu !!1one

Je suis encore en train de me familiariser avec WordPress et aucun projet informatique ne marche du premier coup : je suis persuadé que je vais découvrir une foule de bugs, de résidus d’anglais et d’ajustements de mise en page nécessaires dans les jours à venir ! Si vous trouvez un bug durable ou que le site sort bizarrement chez vous, ou si même vous avez des suggestions pour rendre l’ensemble plus wizzz, je vous saurai profondément gré de m’en faire part ! (Plutôt par mail que par commentaire, si cela ne vous ennuie pas.) Merci à tous les beta-testeurs qui ont déjà jeté un oeil aux premières moutures de l’engin !
2010-02-01T15:50:11+02:00samedi 30 mai 2009|Actu|3 Commentaires

Restons en contact !

Recevez par courriel actualités et articles
DEUX ENVOIS / MOIS MAXIMUM
OK
Désinscription facile à tout moment
close-link
Cliquez-moi