OneNote et Evernote retirés de la boîte à outils de l’écrivain

angry-computer-freezingQuand j’ai lancé la boîte à outils de l’écrivain, avec des liens d’affiliation, j’avais fait une promesse très précise : je ne ferais la promotion que des outils dont je me sers réellement au quotidien et que je recommande donc sans hésitation. Il est donc temps de retirer deux produits de la boîte à outils, avec l’irritation de les voir prendre un trajet regrettable, et de voir deux excellents outils s’être sabotés de manière absurde : OneNote et Evernote. Je retire OneNote car la politique de Microsoft en terme de cloud est, au mieux, discutable. La vie privée des utilisateurs n’est pas respectée, ce qui serait un moindre mal s’il était possible sous Mac d’avoir les données au chaud sur son disque, mais Office 365 ne propose pas d’enregistrement des données en local. Dealbreaker. Pour récupérer ses données, il existe l’application Outline qui est compatible avec OneNote (versions Mac et iOS disponibles). Je retire Evernote car, pour le dire simplement, les dirigeants ont craqué leur slip : les prix ont augmenté de 40%, ce qui est, à mon humble avis, de la folie pure quand OneNote, Google Keep, Apple Notes sont gratuits en face, et qu’Evernote n’est pas nécessairement le meilleur des quatre. Après avoir fermé un certain nombre de projets dérivés (Evernote Hello, Evernote Food), une telle augmentation dans un marché fortement concurrentiel appelle à la prudence ; l’entreprise a montré à plusieurs reprises une direction hésitante et un manque de vision à long terme. Le rat que je suis quitte peut-être le navire, mais il est temps d’aller chercher des cieux plus clairs et surtout plus respectueux de mes données. Pour l’heure, je suis en train de trouver mon bonheur avec DEVONthink (Mac seulement, navré), mais ce n’est pas encore une recommandation ferme – j’en parlerai, le cas échéant, après davantage de tests.
2016-09-24T15:43:17+02:00mardi 27 septembre 2016|Technique d'écriture|10 Commentaires

OneNote sur la sellette

mistakesdemotivatorOneNote fait partie pour l’instant de la boîte à outils de l’écrivain, aux côtés d’Evernote et Scrivener, correspondant chacun à une phase du travail de création et d’écriture. Cependant, en passant sous Mac, je me suis aperçu d’un travers fortement désagréable de la part de Microsoft : OneNote Mac ne propose pas de sauvegarder des bloc-notes en local, uniquement sur le service de nuage OneDrive. C’est déjà agaçant en soi, mais cela pose aussi un réel problème d’éthique et d’usage, car Microsoft spécifie bien que ses robots parcourent le contenu stocké sur OneDrive en quête d’une violation de leurs conditions d’utilisation. Ce qui ouvre bien entendu la porte à toutes sortes d’abus et d’erreurs (exemple). Alors OK, pour un compte d’écriture, on n’est pas forcé de stocker des photos de nus (ou davantage…) mais rappelez-vous l’hypersensibilité actuelle à certains sujets, comme la guerre et le terrorisme (pour mémoire, mon éditorial tout à fait bénin sur l’usage du motif de la guerre en littérature avait été banni par Facebook sans raison valable et sans appel possible). Imaginez que vous travailliez pour votre roman de fantasy ou de science-fiction sur des sujets tendus, justement, comme le terrorisme. Les robots de Microsoft sauront-ils faire la différence ? Surtout dans le cas d’une anticipation de court terme, mettons dans la veine d’Oussama, de Norman Spinrad ? Je ne prendrais pas le risque. Microsoft promet qu’un être humain évalue la nature des données sensibles, mais ai-je vraiment envie qu’un humain vienne fourrer le nez dans mes données dès qu’un truc ne semble pas revenir à des robots ? Je commence à considérer qu’il n’est plus possible d’utiliser OneNote, aussi puissant et intéressant que soit l’outil. Pour les utilisateurs Apple, en tout cas, cela me semble hors de question (d’autant plus qu’accéder à OneNote sur un terminal mobile est un cauchemar d’absurdité dans la gestion de la synchronisation). Il reste pour l’instant dans la boîte à outils de l’écrivain parce que je n’ai rien de mieux à proposer, mais je recherche d’autres outils. Et j’en ai trouvé quatre sous Mac :
  • Curio, mon favori pour l’instant, sorte de OneNote davantage orienté sur le visuel et la cartographie mentale, bourré de bonnes idées ;
  • Outline clone littéralement OneNote et permet de sortir ses données (mais je l’ai trouvé un peu instable) ;
  • DevonTHINK, sorte d’Evernote sous stéroïdes, très prisé dans les milieux universitaires mais difficile d’accès ;
  • Tinderbox, un OneNote beaucoup plus austère mais aussi plus puissant sur la gestion de l’information, mais à conseiller surtout à ceux qui aiment programmer leurs outils.
Qu’en penses-tu, auguste lectorat ? As-tu d’autres propositions de ton côté ?
2016-06-06T12:07:26+02:00mardi 7 juin 2016|Technique d'écriture|6 Commentaires

Evernote contre OneNote : le grand duel

Par Kupo707 (source)

Par Kupo707 (source)

Dans la boîte à outils de l’écrivain, nous avons mentionné Evernote et OneNote séparément, avec leurs forces et leurs faiblesses. Le test d’Evernote le recommandait davantage comme un outil de capture, celui de OneNote comme un outil d’organisation. Maintenant, il peut être inutilement complexe de conserver deux outils différents quand tant de points les rapprochent. Mais sur quoi fonder son choix en fonction de ses besoins ? Mettons-les donc face à face, comme dans un bon vieux match de Street Fighter, et voyons qui est le plus fort.

Ergonomie

Sur ordinateur, Evernote conserve depuis des années la même interface qui a, il faut le dire, un peu vieilli, quand OneNote se rafraîchit à chaque nouvelle version de Windows, suivant les paradigmes des langages graphiques. L’attrait des formes représente un aspect probablement un peu secondaire, mais Evernote paraît plutôt rigide, surtout avec le format de ses notes qui se rapproche du traitement de texte ou de l’HTML – on a parfois l’impression de manipuler un bloc-notes évolué. En revanche, OneNote offre une toile sans limite où organiser ses idées, et c’est un net avantage quand on réfléchit et qu’on cherche à structurer sa pensée (comme votre futur roman lauréat du Goncourt).
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C’est choupinet.

C'est un peu soviétique.

C’est un peu soviétique.

Vainqueur : OneNote, de loin. 

Organisation des idées

Evernote et OneNote proposent sur ce plan des paradigmes à la limite du diamétralement opposé : OneNote veut émuler le comportement d’un classeur à anneaux, Evernote est une machine à capturer où l’on peut ensuite effectuer des recherches. Du coup, les forces et les faiblesses sont mutuellement exclusives (c’est pourquoi on peut recommander leur usage conjoint). Là encore, OneNote mise sur la structure et l’émulation d’un paradigme tiré du réel, avec des feuilles que l’on manipule et ordonne. Evernote n’est pas vraiment fait pour organiser, mais pour chercher. Donc, la réponse est un peu contenue dans la question. Vainqueur : OneNote. 

Capture (dont web)

Ces outils visent également, avec la généralisation des terminaux mobiles, à remplacer le petit carnet de notes en veau de Kobe que l’auteur (et toute personne soucieuse de ses idées) transporte en permanence afin de s’assurer qu’aucune idée géniale ne lui échappe. Là, c’est clairement Evernote qui prend l’avantage, en raison de sa conception nettement tournée vers la capture constante et quasi-instantanée. Envoyer une idée, une citation, une vidéo à Evernote se fait en quelques clics sans même nécessiter de réflexion de classement poussée (dès lors qu’on a bien pensé son système). OneNote impose de classer le contenu et n’offre pas de fonctions immédiatement intuitives pour étendre les possibilités de rangement (comme créer un nouveau bloc-notes, quand Evernote crée des tags à la volée). Oui, on peut stocker les notes dans une zone « non classée » mais il faudra y revenir, ce qui est un peu contreproductif. Pour la capture de sites web, nul ne rivalise avec Evernote, qui sait conserver, de manière éditable, une page web avec sa mise en page. OneNote fera, au mieux, une capture d’écran ou une capture du texte sans la mise en page. À fins d’archivage, c’est vraiment mal fichu. Vainqueur : Evernote. 

Mobilité

Sacré bon dieu, que fume Microsoft avec ses applications mobiles, notamment Android, mais aussi Windows ? Pourquoi l’appli desktop de OneNote n’autorise-t-elle pas l’emploi de l’appareil photo d’une tablette Surface – imposant pour ce faire  de passer par la version ModernUI qui est, comme toutes les applis ModernUI, moche à crever et évidemment limitée en fonctionnalités ? Pourquoi les applis Android ne proposent-elles qu’un support tellement basique du copier-coller qu’on se croirait revenu à Windows 3.1 ? Et je ne parle même pas de sélectionner et déplacer des annotations faites au stylet – c’est un peu la base, mais non, OneNote ne le permet pas, malgré toutes ses gargarisations sur le support de l’écriture manuscrite. Manque flagrant de cohérence et de vision de la part de la compagnie, qui propose bien toutes les fonctionnalités attendues, mais saupoudrées sur plusieurs systèmes, voire plusieurs applis sur le même système. Avec Evernote, c’est simple : les applications mobiles offrent les mêmes fonctionnalités que les versions de bureau, quel que soit le système (à l’exception de la version ModernUI – mais, franchement, y a-t-il des gens qui emploient ModernUI) ? Vainqueur : Evernote, de tellement loin que OneNote ne semble pas avoir compris que la course avait commencé. 

Synchronisation et cloud

Là aussi, on se demande ce que Microsoft a bu. À l’époque où OneDrive s’appelait SkyDrive, c’était encore pire, mais même à l’heure actuelle, cela reste guère utilisable. Capturer une note est quasiment impossible sans accès Internet mobile – la faute au paradigme d’organisation des notes cité plus haut. Pour placer une note dans un carnet, il faut que ce carnet soit ouvert sur le terminal en question depuis le cloud (ce qui prend des plombes dès qu’il est un peu lourd, sans parler de la mémoire du terminal qui se retrouve occupée) – vous avez trouvé une recette de cuisine mais, par malheur, vous n’avez pas synchronisé votre carnet « recettes » sur votre mobile ? Impossible de l’y mettre. Evernote, en revanche, agit avec une grâce parfaite même hors-ligne. Il connaît vos carnets et vos tags sans avoir besoin de les ouvrir, il conserve vos nouvelles données gentiment en local et les synchronise en silence dès qu’il en a l’occasion – ce qui devrait être la base de toute application mobile en 2016. Le modèle de OneNote est absolument archaïque et d’une lourdeur horripilante. Vainqueur : Evernote, qui tire la langue à Microsoft, qui réplique d’un air abruti : « s’est passé quoi, là ? »

En conclusion

Utiliser une appli particulièrement puissante quant à ses fonctionnalités de mise en page et d’organisation mais tellement mal organisée et si peu harmonisée qu’elle n’est quasiment pas utilisable en mobilité et que des fonctionnalités critiques risquent de se révéler manquantes au moment crucial ? => OneNote. Ou bien une appli pensée dès le début pour la mobilité et aux fonctionnalités identiques sur toutes les plate-formes, mais dont l’usage se révèle peu adapté à l’organisation des idées ? => Evernote. Personnellement… j’emploie les deux, dans leurs forces respectives. Mais qu’Evernote prenne garde : si Microsoft se met en devoir de corriger les biais absurdes de ses applications, OneNote a le potentiel pour devenir la nouvelle référence… … mais comme c’est Microsoft, je ne retiendrais pas mon souffle avec trop d’angoisse non plus. D’ici à ce qu’ils réagissent…
2016-03-16T16:58:30+02:00mardi 22 mars 2016|Technique d'écriture|19 Commentaires

La boîte à outils de l’écrivain : OneNote, l’idéal pour organiser ses idées

onenote-logoEDIT du 27 septembre 2016 : OneNote est retiré de la boîte à outils de l’écrivain en raison d’une politique de vie privée inacceptable de la part de Microsoft. L’outil n’est pas mauvais en soi, mais il ne fait plus partie de la trousse à outils que je recommande sans hésitation. Après avoir mentionné Evernote, pour la capture des idées, et Scrivener, pour l’organisation du plan d’un récit et son écriture, il est grand temps de parler du potentiel chaînon manquant entre ces deux étapes, Microsoft OneNote.

Qu’est-ce que OneNote ?

OneNote se veut un carnet numérique, facile d’emploi et destiné à servir d’assistant personnel autant que de remplacement du petit bloc qu’on a dans la poche pour noter les idées au vol. Fourni dans la suite Microsoft Office, OneNote est récemment devenu entièrement gratuit et se trouve disponible sur toutes les grandes plate-formes (avec un succès inégal, on y reviendra).

Les forces de OneNote

ON (de son petit nom) propose à l’utilisateur de mélanger sur chacune de ses pages tous les contenus qu’il souhaite avec une aisance proprement inégalée. Images, son, tableaux, texte, entrées au stylet pour peu qu’on dispose du matériel compatible, et ce n’importe où sur la page : il suffit de cliquer. C’est assurément la grande force du logiciel, qui approche de très près l’analogie d’une feuille où l’on griffonne à loisir.
Trois images collées à loisir un coup de stylet sur une page OneNote

Trois images collées à loisir un coup de stylet sur une page OneNote

D’autre part, ON structure ses pages de manière hiérarchique en sections, sous-pages, etc. avec un degré de profondeur bien suffisant pour la plupart des usages, ce qui est l’exact inverse d’Evernote qui ne propose que des mots-clés. OneNote est donc idéal pour conserver une base de connaissances structurée sur un sujet donné (comme un univers fictif) ou pour réfléchir en plusieurs étapes à un problème vaste (comme un roman). Là où Scrivener conserve parfaitement les données relatives à un livre, OneNote organise le savoir à l’échelon supérieur (idées, construction d’univers).
on-pages

On construit très facilement un plan d’ouvrage avec OneNote

Bien sûr, OneNote se synchronise dans le cloud via un service type Dropbox, ou même via le service de synchronisation de Microsoft, OneDrive (celui-ci étant à préférer dans le cas présent pour ses performances avec les classeurs OneNote).

Une application bien pensée mais avec des limitations agaçantes

on-iphoneAvant que Scrivener ne propose dans un seul environnement atelier d’écriture et consignation des notes, OneNote remplissait plus ou moins le rôle de l’agencement des idées et de la construction, mais la question de son utilité peut se poser aujourd’hui. Le logiciel de Microsoft sera surtout utile bien avant l’écriture, comme dit précédemment, surtout que quantité de limitations aberrantes et de biais de conception agaçants viennent en limiter bêtement l’efficacité et l’empêchent de détrôner Evernote (en amont) et Scrivener (en aval) :
  • OneNote ne sait pas capturer le texte d’un site web. Il en fait une copie d’écran sous forme d’image ; on peut y rechercher du texte grâce à la reconnaissance de caractères, mais impossible de faire un copier-coller ultérieur.
  • Les applications OneNote Android sont stupidement limitées. Impossible, par exemple, de déplacer des éléments après collage, ou de déplacer du texte manuscrit – un standard, pourtant, à l’heure actuelle.
  • OneNote ne sait pas tirer profit de l’appareil photo d’une tablette Windows. Enfin, si, mais uniquement la version Metro ; la version complète desktop, elle, n’offre pas cette fonctionnalité. C’est pourtant fondamental pour capturer un tableau effaçable, une note papier, une carte de visite… Du coup, sur les appareils mobiles Windows (dont les Surface), il faut faire cohabiter deux versions de l’application… Du grand Microsoft.
  • La synchronisation cloud est d’une lourdeur invraisemblable. Pour capturer une information dans un carnet de notes cloud, il faut qu’il soit ouvert – ce qui signifie, sur un téléphone ou une tablette, qu’on doit se limiter à des carnets légers ET que la connexion Internet doit être de qualité. C’est antinomique avec la notion de capture en toute situation.

Pour quoi faire, alors ?

Après tout ça, pourquoi parler de OneNote ? Parce que ce qu’il fait, il le fait avec grâce et génie : mélanger texte et entrée manuscrite, réfléchir librement au fil d’une recherche web, structurer des sections d’un glisser-déposer. Pour l’auteur bien armé technologiquement, qui capture ses idées avec Evernote et qui structure ses manuscrits avec Scrivener, OneNote fournit l’étape intermédiaire pour se constituer un wiki hiérarchique qui mêle réflexion au fil de la plume et référence ultérieure. En revanche, sa lourdeur dans la capture des données et la puissance de Scrivener dans la construction d’un manuscrit le rendront globalement inutile pour un roman indépendant. En gros, OneNote servira surtout dans un cas de figure précis : garder la trace des éléments d’un univers fictif dans le cas d’une série ou même d’un univers partagé. Néanmoins, un comparatif plus précis entre Evernote et OneNote va s’imposer, pour passer en revue les forces et faiblesses de chacun – et proposer un aiguillage plus précis en fonction des besoins. Télécharger OneNote gratuitement
2016-09-24T15:45:58+02:00lundi 15 février 2016|Technique d'écriture|7 Commentaires

Entre deux eaux

fishy_hold_breathPassage rapide, auguste lectorat, car encore beaucoup de choses à faire. Sur quoi, dis-moi ? Eh bien…
  • La Route de la Conquête, bien sûr. Ça prend forme. Et j’ai vu la couverture. Elle déchire.
  • Sur l’anthologie des Imaginales 2014, avec Sylvie Miller. En finalisation. Et j’ai vu la couverture aussi. Elle déchire aussi. J’ai vu le thème filtrer quelque part dans un support officiel, moi, je n’en dirai rien encore, mais si vous avez envie d’aller à la pêche, l’information est , quelque part. *sifflote*
  • Après dix bonnes années à fonctionner sur le couple OneNote – Word, je change d’outils d’écriture. Je crois avoir trouvé un nouveau Graal. J’en parlerai après l’avoir testé plus en profondeur, mais je l’adopte à une telle vitesse que ça ne va pas tarder, je pense.
2014-03-11T11:25:04+02:00mardi 11 mars 2014|Journal|4 Commentaires

Productivété (8) : Gestionnaires de tâches et outils de productivité, l’inventaire à la Prévert

todopanther(Retrouvez tous les articles de l’été sur organisation et productivité ici.)  (Annonce de service : En raison de l’incompétence de Nerim, je vais migrer le serveur sous peu. Évitez de m’envoyer des courriels ce week-end, car leur réception ne sera pas garantie.) Bien ! Nous sommes bardés de nouveaux principes de productivité, nous avons les outils qui vont bien, il est temps de faire converger tout ça avec les applications qui soutiendront le système, afin de hurler :

Les principes de base

Il y a une foule d »applications de productivité, de prise de notes, de gestion de listes et, si j’en ai testé une bonne quantité, il est impossible de les essayer convenablement toutes. D’autre part, certaines nécessitent d’être écartées de prime abord parce qu’elles ne remplissent pas un certain cahier des charges minimal, que l’on définira comme suit :
  • Flexibilité (pour s’adapter à divers usages et répondre à des scénarios inhabituels)
  • Réactivité (on refusera d’attendre une seconde entière que chaque action soit prise en compte)
  • Compatibilité avec les grands principes de GTD (utilisation de contextes, rassemblement en projets…)
  • Présence d’une appli mobile digne de ce nom
  • … qu’on peut utiliser hors connexion
Quand il s’agit d’organiser ses projets, on rencontre principalement deux écoles :
  • Les tenants des grosses applications à tout faire. En général, ces utilisateurs s’organisent déjà bien naturellement et n’ont pas besoin d’une structure très rigide pour mettre leurs idées en ordre, il leur faut juste un outil polyvalent qui serve de point d’eau.
  • Les tenants des applications spécialisées. Soit par goût technologique ou parce que, laissés à eux-mêmes, ces utilisateurs détiennent un don entropique qui transforme rapidement toute organisation en bazar aussi créatif que dantesque, il s’agit là d’utiliser des outils conçus spécifiquement pour gérer les choses à faire, les listes de courses, les idées de projets. (Je crains d’appartenir à cette population – surtout pour le don entropique.)

Les outils spécialisés

Il y a autant d’applications étiquetées « GTD » que de grains de sable sur la plage de Solenzara, et la concurrence est donc rude. Finalement, il n’est pas tant question d’avoir une application qui se réclame de GTD qu’un programme qui soit assez puissant et flexible pour pouvoir, moyennant un peu d’organisation, recréer le type d’organisation que son utilisateur souhaite. Mon palmarès personnel est donc :

3. Nozbe

Nozbe est la rolls du gestionnaire de projet à la GTD : suivant scrupuleusement ses principes, sans les imposer et sachant rester flexible, avec un blog véritablement pédagogique montrant pas à pas comment appliquer la méthode d’Allen à l’application. Nozbe s’interface aussi avec Dropbox et Evernote, permet de sauvegarder des notes, communique avec les grandes applications du marché. En fait, son seul défaut est son prix : le plan gratuit ne permet de suivre que 5 projets, ce qui est largement trop peu, et le premier plan payant est à 10 € par mois, ce qui représente une sacrée somme. Néanmoins, pour les indépendants, la dépense peut se justifier.

 nozbe

 2. Remember the Milk

RTM, pour les intimes, est une des meilleures applications visant à garder la trace de listes de choses à faire. Elle n’a pas de lien avec GTD, mais dispose d’options (contextes et mots-clés) qui permettront à l’utilisateur d’émuler le système. Son interface est intuitive est réactive, et cache quantité de fonctionnalités pour les utilisteurs pointus : on appréciera en particulier la recherche dans les tâches à l’aide d’une syntaxe puissante, qui permet de constituer des listes « custom » (Que puis-je faire en moins de 15 minutes à la maison ?) et leur saisie rapide sur smartphone ou le web à l’aide de raccourcis permettant d’affecter à une tâche sa durée, son contexte, etc. en une seule saisie.

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1. GQueues

Peu connu du public mais mon préféré, GQueues organise les tâches en « files d’attente » qui mélange le meilleur de GTD et du Kanban. Les files (qui peuvent désigner des projets, par exemple) sont aisément regroupables en groupes, pour désigner les projets actifs ou non, ou bien les tâches « Ready » et « Doing » d’un Kanban. Un système de mots-clés permet d’attribuer des contextes à chaque tâche, et l’application fournit des « files intelligentes » extrayant par exemple la première action de chaque file pour se constituer une liste de prochaines actions. L’application mobile est minimale mais fonctionne sans accroc, et s’interface même avec la reconnaissance vocale de Google.

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Les outils génériques

Rien n’empêche de garder la trace de ses travaux avec une version mobile d’un traitement de texte ; là, c’est à chacun de trouver le système et l’outil avec lequel il se sent à l’aise. Toutefois, deux applications bien particulières, dédiées à la prise de notes, s’avèrent particulièrement intéressantes dans ce contexte.

OneNote

Mon chouchou pour écrire, organiser le plan d’un livre et conserver toutes les informations relatives à un univers grâce à son interface claire et son organisation de données qui s’apparente réellement à la construction d’un wiki personnel. Et s’il peut conserver ce genre de données, alors il peut aussi garder la trace d’un système de productivité personnel type GTD. Néanmoins, quelques obstacles rendent pour moi cette solution maladroite : l’application mobile est lente, l’interface lourde (on sent que OneNote a été conçu pour les ordinateurs et non les terminaux mobiles), et il est impossible d’attacher un rappel à une note. Pour mémoire, OneNote est intégré aux suites Microsoft Office depuis la version 2003. pouvoir_onenote

Evernote

Evernote, on l’aime ou on le quitte. Fondé sur le concept très puissant de la prise de notes en toute circonstance, Evernote a pour but de construire une base de données personnelle de toutes les informations de l’existence, en provenance de quelque média que ce soit : une photo d’une carte de visite prise par le smartphone ; un courriel d’importance ; une page web ou une citation sauvée d’un clic de bouton : tout cela se retrouve au chaud dans Evernote, prêt à être ressorti à l’aide d’un module de recherche rapide et puissant. Evernote propose un véritable écosystème d’applications qui en font un des outils les plus puissants et les mieux conçus du marché. Problème, son modèle d’organisation des données (fondé principalement sur des mots-clés et des recherches, et non en une présentation synthétique) rend l’apprivoisement de la bête difficile pour ceux qui ont tendance à penser encore comme avec du papier (chaque élément dans un dossier). Bien des utilisateurs (dont votre serviteur) avouent ne pas arriver à se faire à ce modèle d’organisation. Pourtant, l’idée est séduisante : tout capturer au vol et tout stocker au même endroit sans y accorder davantage d’attention que la rapide attribution d’un mot-clé. Evernote vaut vraiment le coup d’être essayé sérieusement, et j’y reviens moi-même une fois tous les ans en essayant de comprendre comment en tirer parti.

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Le fourre-tout des softs utiles

Chacun a quantité de petits outils ou d’astuces qu’il a découvert et dont il ne peut plus se passer ; sans rêver faire un tour d’horizon de ces petits hacks, il semble que cet inventaire peut être complété par quelques applications reposant sur de bonnes idées.

Pocket (autrefois Read Me Later)

Marre de ces 150 onglets de navigateur ouverts à la fois ? De tous ces articles qui vous semblent intéressants mais que vous n’avez jamais le temps de lire ? Pocket est la solution, fondée sur une idée aussi simple que puissante. On installe l’application sur le terminal mobile et dans le navigateur. Dès qu’un article semble intéressant dans le navigateur, un clic sur l’extension sauve la page dans une liste de lecture qu’on peut ensuite retrouver sur le terminal mobile, prêt à être lue lors des minutes perdues dans le métro, dans les files d’attente, etc. Particulièrement efficace pour réduire la procrastination, puisqu’on n’a plus de raison de lire tous ces articles intéressants sur l’ordinateur au lieu de bosser. pocket-app-for-iphone

Sauvegarde automatique des photos

C’est une astuce présente depuis longtemps sur les smartphones mais rarement connue : il est possible de configurer Dropbox, ou Google+, pour sauvegarder automatiquement toutes les photos prises par le téléphone. Envie de conserver une page entière d’un livre vu à la bibliothèque ? Dégainez le téléphone, prenez la page en photo, activez la 3G et la page vous attendra bien au chaud sur votre Dropbox chez vous à votre retour. rss

Flux RSS

Google Reader est moooort. Google ne croit plus au RSS, ce protocole qui permet de recevoir automatiquement une notification à chaque fois qu’un nouveau contenu est publié sur un site donné, car, selon la firme de Mountain View (comme on dit quand on est journaliste et qu’on ne sait pas comment éviter une répétition), le public reçoit aujourd’hui ses informations principalement par les réseaux sociaux. Et c’est bien dommage, car le RSS est un protocole ouvert ; d’autre part, nous avons très longuement disserté du caractère fragmentaire de cette « information » dans le cas de Facebook. Toutefois, de nombreuses applications de lecture ont pris la suite, trop pour être citées. Je suis pour ma part passé chez Feedly, qui propose un service adéquat et une application mobile convenable.

Les logiciels d’écriture spécialisés

Ce n’est pas dans le coeur du sujet mais puisqu’on parle d’applications, c’est le bon moment pour rappeler ce petit inventaire des logiciels d’écriture réalisé il y a deux ans mais qui reste globalement d’actualité.

En conclusion

Inventaire à la Prévert, nous disions, hein ? Eh bah voilà. C’est toujours la même chose : ces éléments ne sont que de premières pistes, la construction d’un système efficace et taillé à vos besoins doit se faire par l’expérimentation, le test des applications, la réflexion sur votre façon de travailler, ce qui ne peut être qu’intéressant à long terme… tant que cela ne devient pas une forme raffinée de procrastination. Cet article est probablement le plus incomplet de la série (un vrai tour d’horizon représenterait l’écriture de plusieurs manuels). Aussi, auguste lectorat, c’est le moment de t’aider toi-même : si tu as un programme chouchou à faire découvrir à la communauté, un hack trop puissant dont tu es suprêmement fier, fais-en part pour qu’on en profite tous.  La semaine prochaine concluera cette série d’été par une étude de cas fonctionnelle : nous disséquerons ensemble le système d’un utilisateur lambda… à savoir, ô auguste lectorat, ton humble serviteur.
2018-07-17T14:18:21+02:00jeudi 22 août 2013|Technique d'écriture|8 Commentaires

Question : comment construire ma méthode d’écriture ? (2/2)

Comme promis, voici la deuxième partie de la question entamée la semaine dernière sur la méthode d’écriture. Cette fois, nous partons dans des considérations plus générales, autour de la constitution d’une méthode, si tant est qu’il existe… une méthode pour construire une méthode.
Pour ma part, je ne sais toujours pas qu’elle est la bonne méthode pour moi, car je n’ai toujours pas sauté le pas : un cahier, un ordinateur ; rédiger sans plus attendre après une vague idée jetée sur le papier/l’écran ? Je crois que ce qui est fascinant dans l’écriture, comme dans l’art en général, c’est outre raconter quelque chose à quelqu’un, se raconter à soi-même, se découvrir, s’apprendre, s’apprivoiser. Faut-il se poser la question du « comment dois-je travailler ? » ou bien travailler pour découvrir qu’elle est la méthode qui me correspond ?
Je répète sans cesse en atelier quelque chose de proche : pour apprendre à écrire, il faut apprendre avant tout à se connaître. Les techniques d’écriture ont, je pense, surtout valeur d’exercice, et aucun écrivain n’a le même processus que son voisin ; néanmoins, je crois qu’il existe quand même une approche profitable à tous. Tout d’abord, il convient de définir ce qu’est « apprendre l’écriture de fiction » : Le premier volet, le plus technique et par conséquent le plus facile à apprendre, concerne l’acquisition des principes narratifs de base. Cela recouvre tout ce qui fera d’un récit quelque chose de « professionnel », c’est-à-dire écrit en prenant le lecteur en compte. Non pas seulement pour lui, mais pas exclusivement pour soi non plus. Il s’agit simplement d’accessibilité : cela concerne par exemple la clarté du style en fonction du récit visé, construire un dialogue dynamique, gérer les attentes du lecteur (même si c’est pour les trahir à dessein). On pourrait considérer qu’il s’agit d’une forme de proactivité1 vis-à-vis de la narration, un recul que l’on acquiert principalement par deux vecteurs ; en lisant, encore et toujours, et en réfléchissant à ce qu’on a lu ; et par la pratique, l’expérimentation, prélude à la prise d’expérience. Ce n’est cependant pas exactement de cela dont il est question ici. Apprendre l’écriture de fiction, c’est aussi (et c’est surtout ce qui m’intéresse) le comment-faire. La réponse (complexe) à une interrogation (simple) : j’ai ces idées, ces images en tête, et surtout cette envie de transmettre ces émotions brutes que je ressens, ces concepts, comme j’ai pu les éprouver en lisant ceux qui m’ont précédé. Comment, foutrediable, donné-je de l’ordre au chaos ?  L’ordre que l’on donne est à l’image de l’ordonnateur. C’est en cela qu’il convient d’apprendre à se connaître, pour réfléchir sur sa propre façon de travailler, de fonctionner, afin d’adopter et concevoir, pour soi, les outils qui captureront au mieux les envies, et les approfondiront au mieux. Pour s’y aider, une lecture critique des ressources sur les techniques d’écriture (livres ou blogs comme, humblement, celui-ci), puis un test poussé de celles-ci, suivi d’un raffinement constant en fonction du retour d’expérience, me semble le plus productif. Un guitariste professionnel va affiner peu à peu ses préférences en matière d’instrument, de cordes, de son ; il n’en est pas autrement pour l’écrivain, qui, à mesure qu’il accumule de l’expérience, va opter pour une rédaction à l’intuition, ou bien travailler sur plan, mais aussi employer telle atmosphère quand il travaille, tel outil. Certains aiment le contact de beaux carnets (voir chez Samantha Bailly par exemple), quand votre serviteur fonctionne sur des feuilles volantes, des post-its, des bouts de papier dans tous les sens, des notes parfaitement anarchiques ensuite triées et reconstruites en un seul endroit dans OneNote. Un auteur a besoin de l’ambiance bruyante d’un café, quand je préfère le silence (ou un fond musical tellement bas qu’il est indiscernable). Il faut trouver l’outil qui plaît, qui donne intuitivement envie de s’y mettre. Peu importe si ce n’est pas le plus optimal ; l’envie de travailler vaut toutes les optimisations du monde. Il vaut mieux bâtir un système sur une approche qui séduit – tout informatique ou imposants cahiers reliés de cuir ou encore dictaphone – et s’accommoder de ses contraintes plutôt que de s’entêter à fonctionner avec un outil théoriquement parfait mais qui ne conviendra pas à l’intellect qui le manie. Rien n’empêchent les outils d’être complémentaires par ailleurs ; j’aime le contact organique et la liberté du papier comme la rigueur et la pérennité de l’informatique, j’utilise les deux dans des contextes différents. Donc, tester, essayer les recommandations des autres, mener sincèrement un projet au bout (ou du moins, aussi loin que possible) avec une méthode, puis se demander : « comment c’était ? ». De là, retirer les parties qui ne conviennent pas, trouver ce qui a fonctionné, et creuser dans cette direction. Les ateliers ont particulièrement de valeur à mon sens dans ce contexte, car ils servent de laboratoire court pour l’expérimentation et l’exercice. Comme l’art, la pratique de l’art se raffine sans cesse, et on retombe sans cesse sur la première règle d’écriture de Heinlein : you must write.  Pour information, j’arrive (enfin) au terme de mon stock de questions en souffrance sur le métier de l’écriture. Si vous vous interrogez sur la technique, la pratique, ou tout autre aspect, n’hésitez pas à les envoyer via cette page et si je pense avoir quelque chose de constructif à contribuer sur le sujet, j’en ferai un article comme celui-ci pour le partager avec tous. 
  1. Désolé pour les gros mots, mais j’écris cet article à 7h30 du matin, conséquence d’un tomber de lit aux aurores et d’une journée entamée à finir le mode quête de Bejeweled 3.
2014-08-05T15:18:28+02:00mardi 23 avril 2013|Best Of, Technique d'écriture|5 Commentaires