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Réseaux à fragmentation

Pas encore de digital garden sur ce site, d’une part parce que pour être honnête, mon hébergeur rencontre depuis quelques semaines des soucis (ça ne vient pas de vous), et d’autre part, avant de me lancer dans ce bricolage d’envergure, je continue à m’interroger (I am a thoughtful guy, I think about a lot of things), comme tous les mardis à peu près, sur la place des plateformes en tant que relais vis-à-vis de nos îles sur Internet – nos sites, nos blogs à grand-papa. La tension est toujours : maîtriser son contenu chez soi (encore qu’à l’ère des LLM, on se demande ce qui nous appartient encore vraiment) Vs. aller échanger avec les gens là où ils se trouvent (dire coucou sur les plate-formes dont ils ont l’usage et l’habitude).

La solution, c’est le POSSE : Publish Once on your Site, Syndicate Everywhere – publier une fois sur son site, partager partout. Un article, une page, deviennent des liens qui sont partagés sur les plate-formes ; une mise à jour brève – un statut, une photo rigolote – s’insère dans le flux du blog et devient une brève sur les réseaux. Si les audiences et donc les conversations sont fragmentées, le site devient une archive vivante et, à terme – parce que c’est quand même ce qu’on préfère –, c’est là que les conversations peuvent venir se fédérer. Un truc, en gros, qui ressemblerait à ça, et oui, je sais, je dessine comme Wambus :

C’est-à-dire : un flux d’activité unifié, un peu comme les réseaux le proposent, mais chez soi, et permettant surtout d’entremêler élégamment le léger et le consistant. Eh bien, figurez-vous que c’est étonnamment difficile à faire – et pas tellement de la faute des plate-formes : automatiser et poster dessus est un problème globalement réglé (même s’il existe des tas d’idiosyncrasies, comme X qui rend ça payant une fortune – stupidité – ou Instagram qui exige une image, ce qui n’est pas aberrant). Les solutions de gestion de contenu comme WordPress ne prévoient pas tellement cette présentation unifiée – Micro.blog est à peu près ce qui s’en approche le plus. Les solutions d’hébergement sont curieusement mal fichues pour apprivoiser cette différence dans la pertinence variable d’un élément, selon qu’on parle d’un article argumenté sur un problème de fond, ou bien un simple partage de joie éphémère. C’est ce qui pousse à créer des digital gardens plus pérennes et séparés de la mise à jour limitée dans le temps annonçant « je signerai ce weekend à la Fête de la Crêpe ma nouvelle tragédie gastronomique, La Pâtissière du Fiel« . WordPress explore les Social Notes, mais la fonctionnalité est à moitié finie et ça n’a pas l’air d’être une priorité.

Pourtant, réfléchir à ces différentes « vies » inscrites dans le temps (tweet < statut < article < fiche evergreen, contenu de digital garden) et les unifier dans le même flux est peut-être la vraie solution. Cela me fait penser à l’approche adoptée par le lecteur de flux Current Reader, avec différentes « vitesses » et durées de vie pour différentes sources d’information – une actualité brève n’a peut-être besoin de vivre que quelques jours dans le flux avant de devenir obsolète, quand certains articles sourcés sont valides plusieurs mois. Je réfléchis à cette approche, parce que ce site est chouette, il y a plein de choses intéressantes dessus construites au fil des ans, mais il a besoin d’une réflexion de fond pour l’amener dans les années 2030.

2026-09-23T11:15:59+02:00jeudi 24 septembre 2026|Geekeries|1 Commentaire

Dieu a grandi

On a tous besoin d’un gros Maine Coon orange polydactyle dans sa vie. Si, si, même si vous êtes allergique aux chats.

Il a tellement grandi depuis qu’il était tout piti. (Vraiment piti.) Mais il est toujours aussi adorable, en tout cas ça en a l’air. C’est juste bizarre de voir un lion gros comme une table basse miauler comme un tout petit chat.

Ce post est parfaitement inutile, mais allez, c’est aussi pour ça que vous venez, hein. Gloire à Wambus pour les siècles des siècles.

2026-09-23T10:18:50+02:00mercredi 23 septembre 2026|Juste parce que c'est cool|0 commentaire

Changer sa police de caractères pour changer de contexte mental

Nous restons fondamentalement des animaux – cela changera peut-être avec la poursuite de notre évolution, si nous réchappons du Grand Plan d’Optimisation par le Vide décrété par ChatGPT 12 en 2032, conduisant à la réduction de notre population mondiale à un cinquième via l’application méthodique d’un virus mental envoyé par TikTok VR. Mais, pour l’heure, nos organismes sont encore adaptés à l’analogique – manipulation spatiale de choses : réflexion à l’écrit, tableaux de liège, représentation physique de nos idées pour les organiser avec nos mains. Ce qui n’est pas toujours possible, ni même toujours pertinent quand le virtuel offre des avantages décisifs sur le réel (comme Obsidian et la méthode Zettelkasten). Ça vaut alors la peine de trouver des manières de personnaliser l’environnement de travail en fonction du contexte : par exemple, iOS et macOS le proposent avec les modes de concentration, qui offrent des fonds d’écran et des dispositions d’application différentes de manière à réduire les distractions et guider l’esprit vers l’activité choisie.

Une autre façon toute simple de parvenir à ce résultat consiste à personnaliser ses polices de caractères en fonction du mode de travail où l’on se trouve. Oui, tout à fait, c’est aussi une manière de laisser parler son nerd intérieur et de procrastiner de manière créative. Néanmoins, un environnement de travail lisible et méticuleusement choisi peut soutenir la création, puisqu’on a plaisir à en faire usage. De la même façon qu’on aime les jolis carnets et les jolis stylos. Oh et puis ça va, hein, laissez-moi mes prétextes.

Avec amusement, et faisant une recherche dans les archives du présent lieu de perdition, je découvre que j’ai déjà touché le sujet en 2023, avec une sélection toutefois légèrement différente. La preuve que je radote, ou bien qu’il me faut définitivement passer sur un Digital Garden, le jury doit encore se prononcer.

L’environnement de capture

Mon Drafts emploie iA Writer Duospace (mentionnée ici). Ses serifs guident subtilement l’œil sans le parasiter, et son aspect « code » ou machine à écrire transmet clairement à mes yeux que je travaille sur du provisoire, ce qui me libère quand il s’agit de noter, pour ainsi dire, une idée sur un coin de table.

L’environnement de notes

Mon Obsidian (car je suis de retour sur Obsidian pour toujours1) emploie la police Bear Sans, soit l’excellente police propriétaire de l’application Bear, de manière à mimer au maximum l’élégance dépouillée de celle-ci. Techniquement, mon Obsidian emploie le thème Minimal (puissant mais toujours à jour, car réalisé par le CEO d’Obsidian) et j’y ai patiemment répliqué la palette du thème Duotone Snow de Bear (car bleu, c’est mieux), avec quelques touches personnelles comme les filets de titres. Cela m’a demandé un certain boulot (et de la pêche aux extraits CSS personnalisés) mais cela en valait la peine : je n’ai plus aucun désir de toucher quoi que ce soit2. Mon DEVONthink emploie aussi Bear Sans pour l’affichage de ses fichiers Markdown. Le message est clair : je réfléchis, prends des notes, affine une réflexion.

L’environnement d’écriture

Enfin, j’écris dans Scrivener et parfois Ulysses avec Valkyrie, une police réalisée par l’excellent Matthew Butterick et dans laquelle vous lisez le présent blog.

Est-ce que ça compte ? Ça me fait plaisir, et l’ordinateur est l’outil qu’on utilise à longueur de journée – le personnaliser à son goût ne me semble pas perdu. On choisit bien la couleur de sa voiture.

  1. Enfin. Si DEVONthink continue à améliorer l’édition de ses fichiers Markdown, faudra peut-être réfléchir… ↩
  2. Sauf quand je lorgne sur Primary – qui n’est toutefois pas assez neutre pour pouvoir garantir une réflexion non biaisée, et c’est pourquoi je m’en écarte toujours. Car : peut-on planifier de la dark fantasy dans un thème Obsidian cozy qui fleure bon le thé et le chocolat ? Nos outils façonnent notre pensée. ↩
2026-09-09T08:39:18+02:00jeudi 17 septembre 2026|Best Of, Geekeries|0 commentaire

Procrastination podcast – s11e01 Écriture et réseaux sociaux, avec Fran Basil

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Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, fait sa rentrée ! La saison 11 démarre avec le premier volet de notre conversation au long cours sur cette année : « s11e01 Écriture et réseaux sociaux, avec Fran Basil« .

Fran Basil est rôliste, autrice d’imaginaire (colauréate du prix Imaginales de la nouvelle) et spécialiste réseaux sociaux – sa longue observation de ces médias nourrissent ses réflexions et formations professionnelles sur le sujet. Elle sera notre invitée tout au long de cette saison 11 pour parler de communication en ligne pour les artistes, en particulier les auteur·ices. Mille mercis à elle ! Vous pouvez retrouver Fran sur Instagram (https://www.instagram.com/fran__basil/). 

Dans cet épisode, nous faisons connaissance avec son parcours et notamment son expérience personnelle des réseaux, de son besoin passé de tout documenter jusqu’à un usage plus raisonné et contrôlé des outils. Elle répond à la question fatidique : – les réseaux sont-ils indispensables pour se faire connaître ? et parle du rôle des maisons d’édition dans ce métier (car c’est un métier) qu’est la communication. 

Références citées

  • Habbo hotel
  • Pauline Sidre

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2026-09-09T09:11:16+02:00mardi 15 septembre 2026|Procrastination podcast|0 commentaire

Star Trek a 60 ans

La Sovereign-class, ou Enterprise-E, la variation la plus aboutie du concept soucoupe + nacelles. Également un design qui sent bon les années 90, quand on n’avait pas peur de montrer des machines qui ont la tronche de machines.

Star Trek a 60 ans. Trois ères plus tard (série originale, puis Next Generation / Deep Space 9 / Voyager, et l’époque actuelle démarrée par Discovery), la licence se trouve dans une situation ambigüe. En poursuivant les modes actuelles – une SF télévisée sombre, « réaliste » –, elle a perdu une grande part de l’idéalisme qui faisait son identité et sa force. Trek a toujours porté l’utopie d’une humanité qui a dépassé ses sombres instincts, ce qui rendait la Section 31 introduite dans DS9 d’autant plus choquante. Le Trek actuel, où les officiers de Starfleet jurent comme des charretiers, où les valeurs de la Fédération ne sont que des idéaux inapplicables face à la realpolitik, est un triste reflet de notre temps. Il y a une place pour The Expanse comme pour Star Trek – et peut-être avons-nous grand besoin d’un miroir encourageant en 2026.

Trek, Star Wars et Doctor Who se trouvent à une croisée de chemins : des licences avec un noble passé à honorer (et rentabiliser à coups de fan service pour satisfaire le vieux briscard qui a tout vu) mais dont il faut arriver à s’extraire pour proposer quelque chose de nouveau. Or, les financiers sont frileux, on le sait ; il est hélas révélateur que la série Trek la plus réussie de l’ère actuelle soit Lower Decks (dont j’avais parlé ici), qui relève de l’autoparodie assumée, soit le seul terrain relativement dépourvu de danger quand l’autoréférence prend le pas sur le risque créatif.

Est-ce que ce sont des vœux d’anniversaire pourris ? Absolument, et si Trek était une personne, il serait tout à fait justifié qu’elle me retire de ses conversations de groupe. Ma déception et mon inquiétude s’enracine dans un amour sincère : dans le début des années 2000, Trek a été pour moi une passion, donnant la plus grande campagne de jeu de rôle sur table que j’aie jamais dirigée (une demie-douzaine d’années, cent scénarios), avec un fourre-tout merveilleux d’histoires et d’arcs narratifs piqués à tout ce que la SF comptait de space opera (plus une grande dose de Polaris). Ça a aussi été le support d’une association bidon que j’avais fondé en tant qu’étudiant pour exiger de mon école le financement d’un projet réellement ambitieux, la construction d’un Ambassador-class en orbite de Rennes. J’ai passé un temps déraisonnable à essayer de transformer mon Windows des années 2000 en LCARS.

Alors, les licences sont-elles condamnées à mal vieillir quand le temps les dépasse et que les fans eux-mêmes perdent leur regard d’enfant ? Je ne pense pas que la question soit là. Next Generation comporte des épisodes intemporels (Inner Light, The Offspring, Measure of a Man…) qui restent d’excellentes histoires de science-fiction, même avec (ou peut-être grâce à ?) les budgets limités de l’époque. La question, comme avec tout le cinéma et la télévision des années 2020, concerne l’emploi des moyens techniques au réel service d’une écriture, au lieu d’un cache-misère pour série paralysée dans une esthétique en outre mal comprise par les showrunners actuels. Severance prouve qu’on peut servir un concept incroyable, bien écrit, avec pour décor un plateau de bureaux.

2026-09-09T11:20:47+02:00mercredi 9 septembre 2026|Fiction|2 Commentaires

Le Zettel de la quinzaine : Écrire, c’est choisir (202202171637)

Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.

Le processus d’écriture (et de création au sens large) consiste à abandonner des possibilités pour choisir celles qui seront réalisées. Un projet ne peut avoir qu’une seule forme finale : il est impossible (et il n’est pas souhaitable) de tout y faire – surtout quand des éléments s’excluent mutuellement.

Retarder cette décision est une cause fréquente de paralysie en raison de la charge mentale qu’elle occasionne (conserver à l’esprit de nombreux modèles potentiellement contradictoires). Il est fréquent qu’en cours d’élaboration, on explore ces chemins parallèles pour déterminer lequel est le plus fructueux, mais vient un moment où il faut choisir pour avancer – fermer des chemins pour progresser sur ceux qu’on conserve.

Pour y parvenir, on aura intérêt à [[« Se jeter en-travers du camion »]] (refuser de se laisser gouverner par la peur) plutôt qu’espérer que les questions bloquantes (❓) s’en aillent d’elles-mêmes. C’est malaxer la matière, « ruminer »1]) et réfléchir activement qui permet de faire émerger les réponses (que ce soit en planifiant comme moi, ou en élucidant par l’écriture comme un scriptural le ferait). De manière analogue, [[Créer, c’est clarifier]].

Plutôt que regretter ce choix et faire son deuil, prendre conscience que cela donne l’occasion d’écrire les meilleures possibilités : [[Je ne suis pas d’accord que choisir, c’est renoncer]]. 

CC-By-SA par Kai Schreiber
  1. [[Elements of Fiction, John Gardner ↩
2026-09-07T08:18:03+02:00lundi 7 septembre 2026|Technique d'écriture|2 Commentaires

La saison 11 de Procrastination démarre le 15 septembre – découvrez les premiers thèmes

Dix ans – une éternité, et pourtant, j’ai l’impression qu’on a commencé hier. Bon, OK, l’année dernière. Et nous continuons : Procrastination entamera sa onzième saison le 15 septembre, ayant ainsi dépassé en longévité Santa Barbara (je vous assure). Pour mémoire, Fran Basil est notre invitée au long cours pour nous parler de communication en ligne et de réseaux. Et autour, voici ce qui vous attend :

Premiers épisodes de la saison 11 de Procrastination

  • 11.01 (15 septembre) : Conversation avec Fran Basil
  • 11.02 (1e octobre) : L’imaginaire peut-il être apolitique ?
  • 11.03 (15 octobre) : Constructions langagières imaginaires
  • 11.04 (1e novembre) : Conversation avec Fran Basil (suite)
  • 11.05 (15 novembre) : Un elfe peut-il dire « peuchère » ?
  • 11.06 (1e décembre) : Garder le plaisir d’écrire
  • 11.07 (15 décembre) : Les enjeux humains dans l’imaginaire
  • 11.08 (2 janvier) : Conversation avec Fran Basil (suite)
  • 11.09 (15 janvier) : Les bons écrivains empruntent, les grands écrivains volent
  • 11.10 (1e février) : Le perfectionnisme
  • 11.11 (15 février) : Comment écrire davantage
  • 11.12 (1e mars) : Conversation avec Fran Basil (suite)

Merci de votre fidélité au long cours. Comme toujours, si vous aimez le podcast, faites-le monter dans le classement de votre agrégateur de choix avec un commentaire ou une note positive : cela aide à le faire découvrir.

Et si vous ne l’aimez pas, envoyez-le à votre pire ennemi, ça lui fera les pieds.

2026-08-26T10:21:48+02:00mercredi 2 septembre 2026|À ne pas manquer|0 commentaire
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