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Changer sa police de caractères pour changer de contexte mental

Nous restons fondamentalement des animaux – cela changera peut-être avec la poursuite de notre évolution, si nous réchappons du Grand Plan d’Optimisation par le Vide décrété par ChatGPT 12 en 2032, conduisant à la réduction de notre population mondiale à un cinquième via l’application méthodique d’un virus mental envoyé par TikTok VR. Mais, pour l’heure, nos organismes sont encore adaptés à l’analogique – manipulation spatiale de choses : réflexion à l’écrit, tableaux de liège, représentation physique de nos idées pour les organiser avec nos mains. Ce qui n’est pas toujours possible, ni même toujours pertinent quand le virtuel offre des avantages décisifs sur le réel (comme Obsidian et la méthode Zettelkasten). Ça vaut alors la peine de trouver des manières de personnaliser l’environnement de travail en fonction du contexte : par exemple, iOS et macOS le proposent avec les modes de concentration, qui offrent des fonds d’écran et des dispositions d’application différentes de manière à réduire les distractions et guider l’esprit vers l’activité choisie.

Une autre façon toute simple de parvenir à ce résultat consiste à personnaliser ses polices de caractères en fonction du mode de travail où l’on se trouve. Oui, tout à fait, c’est aussi une manière de laisser parler son nerd intérieur et de procrastiner de manière créative. Néanmoins, un environnement de travail lisible et méticuleusement choisi peut soutenir la création, puisqu’on a plaisir à en faire usage. De la même façon qu’on aime les jolis carnets et les jolis stylos. Oh et puis ça va, hein, laissez-moi mes prétextes.

Avec amusement, et faisant une recherche dans les archives du présent lieu de perdition, je découvre que j’ai déjà touché le sujet en 2023, avec une sélection toutefois légèrement différente. La preuve que je radote, ou bien qu’il me faut définitivement passer sur un Digital Garden, le jury doit encore se prononcer.

L’environnement de capture

Mon Drafts emploie iA Writer Duospace (mentionnée ici). Ses serifs guident subtilement l’œil sans le parasiter, et son aspect « code » ou machine à écrire transmet clairement à mes yeux que je travaille sur du provisoire, ce qui me libère quand il s’agit de noter, pour ainsi dire, une idée sur un coin de table.

L’environnement de notes

Mon Obsidian (car je suis de retour sur Obsidian pour toujours1) emploie la police Bear Sans, soit l’excellente police propriétaire de l’application Bear, de manière à mimer au maximum l’élégance dépouillée de celle-ci. Techniquement, mon Obsidian emploie le thème Minimal (puissant mais toujours à jour, car réalisé par le CEO d’Obsidian) et j’y ai patiemment répliqué la palette du thème Duotone Snow de Bear (car bleu, c’est mieux), avec quelques touches personnelles comme les filets de titres. Cela m’a demandé un certain boulot (et de la pêche aux extraits CSS personnalisés) mais cela en valait la peine : je n’ai plus aucun désir de toucher quoi que ce soit2. Mon DEVONthink emploie aussi Bear Sans pour l’affichage de ses fichiers Markdown. Le message est clair : je réfléchis, prends des notes, affine une réflexion.

L’environnement d’écriture

Enfin, j’écris dans Scrivener et parfois Ulysses avec Valkyrie, une police réalisée par l’excellent Matthew Butterick et dans laquelle vous lisez le présent blog.

Est-ce que ça compte ? Ça me fait plaisir, et l’ordinateur est l’outil qu’on utilise à longueur de journée – le personnaliser à son goût ne me semble pas perdu. On choisit bien la couleur de sa voiture.

  1. Enfin. Si DEVONthink continue à améliorer l’édition de ses fichiers Markdown, faudra peut-être réfléchir…
  2. Sauf quand je lorgne sur Primary – qui n’est toutefois pas assez neutre pour pouvoir garantir une réflexion non biaisée, et c’est pourquoi je m’en écarte toujours. Car : peut-on planifier de la dark fantasy dans un thème Obsidian cozy qui fleure bon le thé et le chocolat ? Nos outils façonnent notre pensée.
2026-09-09T08:39:18+02:00jeudi 17 septembre 2026|Best Of, Geekeries|0 commentaire

Procrastination podcast – s11e01 Écriture et réseaux sociaux, avec Fran Basil

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Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, fait sa rentrée ! La saison 11 démarre avec le premier volet de notre conversation au long cours sur cette année : « s11e01 Écriture et réseaux sociaux, avec Fran Basil« .

Fran Basil est rôliste, autrice d’imaginaire (colauréate du prix Imaginales de la nouvelle) et spécialiste réseaux sociaux – sa longue observation de ces médias nourrissent ses réflexions et formations professionnelles sur le sujet. Elle sera notre invitée tout au long de cette saison 11 pour parler de communication en ligne pour les artistes, en particulier les auteur·ices. Mille mercis à elle ! Vous pouvez retrouver Fran sur Instagram (https://www.instagram.com/fran__basil/). 

Dans cet épisode, nous faisons connaissance avec son parcours et notamment son expérience personnelle des réseaux, de son besoin passé de tout documenter jusqu’à un usage plus raisonné et contrôlé des outils. Elle répond à la question fatidique : – les réseaux sont-ils indispensables pour se faire connaître ? et parle du rôle des maisons d’édition dans ce métier (car c’est un métier) qu’est la communication. 

Références citées

  • Habbo hotel
  • Pauline Sidre

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2026-09-09T09:11:16+02:00mardi 15 septembre 2026|Procrastination podcast|0 commentaire

Star Trek a 60 ans

La Sovereign-class, ou Enterprise-E, la variation la plus aboutie du concept soucoupe + nacelles. Également un design qui sent bon les années 90, quand on n’avait pas peur de montrer des machines qui ont la tronche de machines.

Star Trek a 60 ans. Trois ères plus tard (série originale, puis Next Generation / Deep Space 9 / Voyager, et l’époque actuelle démarrée par Discovery), la licence se trouve dans une situation ambigüe. En poursuivant les modes actuelles – une SF télévisée sombre, « réaliste » –, elle a perdu une grande part de l’idéalisme qui faisait son identité et sa force. Trek a toujours porté l’utopie d’une humanité qui a dépassé ses sombres instincts, ce qui rendait la Section 31 introduite dans DS9 d’autant plus choquante. Le Trek actuel, où les officiers de Starfleet jurent comme des charretiers, où les valeurs de la Fédération ne sont que des idéaux inapplicables face à la realpolitik, est un triste reflet de notre temps. Il y a une place pour The Expanse comme pour Star Trek – et peut-être avons-nous grand besoin d’un miroir encourageant en 2026.

Trek, Star Wars et Doctor Who se trouvent à une croisée de chemins : des licences avec un noble passé à honorer (et rentabiliser à coups de fan service pour satisfaire le vieux briscard qui a tout vu) mais dont il faut arriver à s’extraire pour proposer quelque chose de nouveau. Or, les financiers sont frileux, on le sait ; il est hélas révélateur que la série Trek la plus réussie de l’ère actuelle soit Lower Decks (dont j’avais parlé ici), qui relève de l’autoparodie assumée, soit le seul terrain relativement dépourvu de danger quand l’autoréférence prend le pas sur le risque créatif.

Est-ce que ce sont des vœux d’anniversaire pourris ? Absolument, et si Trek était une personne, il serait tout à fait justifié qu’elle me retire de ses conversations de groupe. Ma déception et mon inquiétude s’enracine dans un amour sincère : dans le début des années 2000, Trek a été pour moi une passion, donnant la plus grande campagne de jeu de rôle sur table que j’aie jamais dirigée (une demie-douzaine d’années, cent scénarios), avec un fourre-tout merveilleux d’histoires et d’arcs narratifs piqués à tout ce que la SF comptait de space opera (plus une grande dose de Polaris). Ça a aussi été le support d’une association bidon que j’avais fondé en tant qu’étudiant pour exiger de mon école le financement d’un projet réellement ambitieux, la construction d’un Ambassador-class en orbite de Rennes. J’ai passé un temps déraisonnable à essayer de transformer mon Windows des années 2000 en LCARS.

Alors, les licences sont-elles condamnées à mal vieillir quand le temps les dépasse et que les fans eux-mêmes perdent leur regard d’enfant ? Je ne pense pas que la question soit là. Next Generation comporte des épisodes intemporels (Inner Light, The Offspring, Measure of a Man…) qui restent d’excellentes histoires de science-fiction, même avec (ou peut-être grâce à ?) les budgets limités de l’époque. La question, comme avec tout le cinéma et la télévision des années 2020, concerne l’emploi des moyens techniques au réel service d’une écriture, au lieu d’un cache-misère pour série paralysée dans une esthétique en outre mal comprise par les showrunners actuels. Severance prouve qu’on peut servir un concept incroyable, bien écrit, avec pour décor un plateau de bureaux.

2026-09-09T11:20:47+02:00mercredi 9 septembre 2026|Fiction|2 Commentaires

Le Zettel de la quinzaine : Écrire, c’est choisir (202202171637)

Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.

Le processus d’écriture (et de création au sens large) consiste à abandonner des possibilités pour choisir celles qui seront réalisées. Un projet ne peut avoir qu’une seule forme finale : il est impossible (et il n’est pas souhaitable) de tout y faire – surtout quand des éléments s’excluent mutuellement.

Retarder cette décision est une cause fréquente de paralysie en raison de la charge mentale qu’elle occasionne (conserver à l’esprit de nombreux modèles potentiellement contradictoires). Il est fréquent qu’en cours d’élaboration, on explore ces chemins parallèles pour déterminer lequel est le plus fructueux, mais vient un moment où il faut choisir pour avancer – fermer des chemins pour progresser sur ceux qu’on conserve.

Pour y parvenir, on aura intérêt à [[« Se jeter en-travers du camion »]] (refuser de se laisser gouverner par la peur) plutôt qu’espérer que les questions bloquantes (❓) s’en aillent d’elles-mêmes. C’est malaxer la matière, « ruminer »1]) et réfléchir activement qui permet de faire émerger les réponses (que ce soit en planifiant comme moi, ou en élucidant par l’écriture comme un scriptural le ferait). De manière analogue, [[Créer, c’est clarifier]].

Plutôt que regretter ce choix et faire son deuil, prendre conscience que cela donne l’occasion d’écrire les meilleures possibilités : [[Je ne suis pas d’accord que choisir, c’est renoncer]]. 

CC-By-SA par Kai Schreiber
  1. [[Elements of Fiction, John Gardner
2026-09-07T08:18:03+02:00lundi 7 septembre 2026|Technique d'écriture|2 Commentaires

La saison 11 de Procrastination démarre le 15 septembre – découvrez les premiers thèmes

Dix ans – une éternité, et pourtant, j’ai l’impression qu’on a commencé hier. Bon, OK, l’année dernière. Et nous continuons : Procrastination entamera sa onzième saison le 15 septembre, ayant ainsi dépassé en longévité Santa Barbara (je vous assure). Pour mémoire, Fran Basil est notre invitée au long cours pour nous parler de communication en ligne et de réseaux. Et autour, voici ce qui vous attend :

Premiers épisodes de la saison 11 de Procrastination

  • 11.01 (15 septembre) : Conversation avec Fran Basil
  • 11.02 (1e octobre) : L’imaginaire peut-il être apolitique ?
  • 11.03 (15 octobre) : Constructions langagières imaginaires
  • 11.04 (1e novembre) : Conversation avec Fran Basil (suite)
  • 11.05 (15 novembre) : Un elfe peut-il dire « peuchère » ?
  • 11.06 (1e décembre) : Garder le plaisir d’écrire
  • 11.07 (15 décembre) : Les enjeux humains dans l’imaginaire
  • 11.08 (2 janvier) : Conversation avec Fran Basil (suite)
  • 11.09 (15 janvier) : Les bons écrivains empruntent, les grands écrivains volent
  • 11.10 (1e février) : Le perfectionnisme
  • 11.11 (15 février) : Comment écrire davantage
  • 11.12 (1e mars) : Conversation avec Fran Basil (suite)

Merci de votre fidélité au long cours. Comme toujours, si vous aimez le podcast, faites-le monter dans le classement de votre agrégateur de choix avec un commentaire ou une note positive : cela aide à le faire découvrir.

Et si vous ne l’aimez pas, envoyez-le à votre pire ennemi, ça lui fera les pieds.

2026-08-26T10:21:48+02:00mercredi 2 septembre 2026|À ne pas manquer|0 commentaire

Un petit plugin pour conserver les liens aux en-têtes dans Obsidian

Obsidian est fantastique parce qu’on peut relier à peu près tout à n’importe quoi :

  • Bien entendu, relier ses notes entre elles avec des [[liens wiki]],
  • Cibler un lien vers un paragraphe spécifique grâce à un lien vers un [[^bloc]],
  • Et aussi cibler un titre ou en-tête de niveau inférieur dans une note [[#comme suit]].

Voir la doc officielle (très bien fichue) pour en savoir plus.

Or, une base de connaissances est appelée à évoluer constamment. Les notions se raffinent, les documents vivent, des sections deviennent des notes à part entière – pour vous faciliter la vie, prenez soin d’avoir activé le compositeur de note (plugin principal fourni avec l’application). Mais que deviennent alors ces liens, notamment si l’on renomme ses fichiers, modifie son texte, ses titres ?

  • Si l’on change le nom d’un fichier dans Obsidian, les liens entre notes y sont renommés à la volée tant qu’on a pris soin d’activer l’option correspondante dans les préférences (section Fichiers & Liens). Pas de risque de perdre de l’information.
  • Puisque les liens aux paragraphes ciblent un code alphanumérique type ^e5gh8ç, on peut altérer le texte autour tant qu’on veut, rien ne cassera non plus tant que le code reste intact. Et si, mesure drastique, on souhaite supprimer le paragraphe, la présence même de ce petit code montre que l’on risque de casser des liens : à nous de visiter les références pour décider si cette information vaut la peine d’être conservée.

Les liens aux en-têtes, en revanche, cassent toujours. Supposons que j’ai une fiche Observations culinaires diverses avec un en-tête ### Le saucisson n'existe pas en Australie, vers lequel j’aurais créé un lien depuis une autre fiche intitulée Parcours personnel de deuil (Chut. Chacun ses priorités).

À présent, imaginons (tout ceci est bien entendu absolument fictif) que j’aie eu vent d’un moyen de me procurer la Nourriture des dieux dans le pays de Bluey. Très logiquement, mon en-tête dans Observations culinaires diverses se trouve renommé ### Comment me procurer du saucisson en Australie. Que devient le lien vers celui-ci dans Parcours personnel de deuil ? Il casse, car un lien vers un en-tête utilise le texte de cet en-tête. Si ce texte change, le lien perd son point d’atterrissage dans le fichier. En effet, l’application ne surveille pas ces opérations de renommage : elles nuiraient fortement à sa performance. Si l’on souhaite renommer un en-tête, il faut passer explicitement par le menu contextuel de celui-ci (clic-droit > Renommer cet en-tête), ce qu’on ne manquera pas… d’oublier de faire.

Du coup, comment éviter de voir ses liens casser ? Doit-on s’astreindre à renommer manuellement ses en-têtes avec l’option de menu, ce qui est drôlement fastidieux ? Ou bien s’abstenir à jamais de les utiliser comme cible de ses liens ?

Un petit plugin tout simple et parfaitement méconnu résout ce problème : Header backlinks. Si un lien pointe vers un en-tête, celui-ci présente alors une ancre bien visible dans la marge :

Offrant un rappel tangible de sélectionner manuellement l’option de menu Renommer cet en-tête avant de, eh bien, renommer cet en tête. Ailleurs, pas de risque.

2026-08-26T10:21:13+02:00lundi 31 août 2026|Geekeries|0 commentaire

Les beats sont mystérieux et importants (écrire en musique avec Severance, remix lo-fi)

Je croyais en avoir parlé ici, mais non, alors réparons ça de suite : voici est de la joie à l’état pur. Plusieurs entreprises l’ont fait (comme Blizzard avec la BO de Diablo), ici c’est Apple qui a confié à ODESZA le soin de réaliser un remix lo-fi de la BO de la génialissime série Severance pour accompagner une journée de travail (8h de montage sur YouTube…).

L’album est disponible sur Apple Music (évidemment – lien affilié ici). Si on en fait quand même un peu plus vite le tour que certaines versions lo-fi de bandes-son célèbres, il reste un outil sûr et raffiné pour une session de travail focalisée.

2026-08-21T10:04:52+02:00mercredi 26 août 2026|Décibels|0 commentaire
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