Découvrez le programme de la fin de la saison 10 de Procrastination
Procrastination, le podcast qui porte mal son nom, car il est toujours à l’heure, et enregistre à l’avance ! La fin de la saison 10 est dans la boîte, et nous pouvons vous dévoiler à quelle sauce vous serez mangé·es.

Nous terminerons notre conversation au long cours avec Karima Amarouche, qui continue à nous donner de fantastiques conseils d’ergonomie pour organiser son environnement de travail, et selon le nombre d’épisodes que cela donnera au final, voici tous les sujets en attente (certains déborderont peut-être sur la saison 11) :
- (Fin de la conversation au long cours sur l’ergonomie avec Karima Amarouche, donc)
- Les personnages de contraste (« foils« )
- Faut-il être connu pour publier ?
- Les scènes de respiration et de répit
- Négocier ses contrats
- Pousser plus loin son style
Nous avons aussi une fantastique invitée prévue pour la saison 11. On est très heureux de la recevoir, et je suis incroyablement impatient de discuter de ce dont on a prévu de discuter. Que de mystère, mais c’est plus drôle ainsi. On en reparlera une fois l’enregistrement fait, lequel est prévu début juin.
Procrastination podcast s10e13 – La structure en trois actes

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e13 – La structure en trois actes« .
La structure en trois actes est la plus classique des architectures narratives, mais comme tout modèle, il convient d’en étudier les atouts et d’en délimiter les faiblesses.
Estelle l’expose en détail, avant de bien rappeler que c’est un outil mieux adapté à certains types de récits plutôt que d’autres – ce qui lui donne une utilité secrète : importer les forces de certains types de récits dans d’autres.
Lionel trouve que pour un outil fondamental, la structure n’aide en réalité pas vraiment à architecturer une histoire, mais qu’elle apporte la conscience fondamentale du rythme et de la cohérence d’une histoire et ce à tous les échelons.
Mélanie ne l’applique pas consciemment, et rappelle qu’on peut tout à fait absorber une conscience intuitive de ce genre de structure par l’exposition répétée à des histoires sous toutes leurs formes.Références citées
Pretty Woman, film de Garry Marshall
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !
La photo de la semaine : Eaux cuivrées
Typinator passe en v10, avec une app iOS et un abonnement encore évitable
Vite fait : Typinator est mon app de choix pour l’expansion de texte, et à présent, l’app offre un compagnon iOS qui donne accès à ses abréviations sur iPhone et iPad. Ça n’est hélas pas aussi élégant que le vieux kit propriétaire de TextExpander qui permettait d’associer dans les apps qui le supportaient la correction automatique du clavier système à l’expansion de texte (mais aucune solution, y compris celles de TextExpander elles-mêmes, n’arrivent encore à rivaliser avec cette implémentation hélas abandonnée depuis).

L’app de Typinator permet cependant d’accéder à ses macros sur son iPhone, ce qui peut être très pratique pour les messages-type, les macros basées sur des dates (genre Zettelkasten UID), les titres décidément trop longs (n’est-ce pas, « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse »). À l’occasion, Typinator propose une formule à l’abonnement et y pousse gentiment ses clients (l’app iOS n’est ainsi pas disponible à l’achat unique). Cependant, l’achat unique reste disponible sur Mac, là où c’est quand même le principal.
Et s’il vous prend l’envie d’essayer la concurrence, j’ai vite fait testé Rocket Typist disponible via Setapp, mais immédiatement, des bugs ou des imperfections dans l’expansion de texte me sont apparues. Typinator reste la solution la plus fiable et rapide sous Mac que j’ai testée, et j’ai donc accepté le coût de la mise à jour à la v10, pour un outil qui est absolument vital à mon usage d’un ordinateur aujourd’hui, sans même parler de l’écriture.
De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! (Comme toujours, liens affiliés.)
La Succession des Âges, deadline et santé mentale
Bon.
Comme le titre l’annonce, on va parler de trucs hyper fun dans la légèreté et la détente la plus totale.
Rappelons clairement les faits : L’Héritage de l’Empire est sorti fin 2020 (en plein Covid). La Succession des Âges n’est toujours par là. Dans l’intervalle, j’ai réussi à sortir Rêver, construire terminer ses histoires (2021) et 65 Maladresses des jeunes manuscrits sort cette année (2026).
Et, tel Macavity le Napoléon du crime, La Succession des Âges n’est toujours pas là. Je connais votre patience et votre gentillesse, dont je vous remercie profondément, mais je me doute aussi que, bon, à force, Davoust il est bien sympa, mais il va falloir qu’il sorte son livre un jour. Et c’est normal.
Voici ce qui se passe : si vous avez suivi les épisodes précédents, j’ai écrit l’équivalent de 1500 pages sur le roman, j’en ai tronçonné 600, reconstruit une grande partie, ajouté des scènes et à l’heure actuelle, j’en ai rajouté environ 300 de plus. J’ai échafaudé la dernière ligne droite (considérable à l’échelle de ce projet), mais je me rends compte que, sur un roman de cette longueur, il me faut reprendre un fil narratif en particulier pour le rendre suffisamment solide et lui permettre de porter la fin envisagée. Tout ça est long, difficile et, pour être très clair, profondément démoralisant, parce que ça donne l’impression de repasser sur des parties qui semblaient solides et finalisées, tout ça pour toujours repousser la date de livraison.
J’ai eu besoin de me changer un peu les idées mentalement, notamment avec 65 Maladresses des jeunes manuscrits, et figurez-vous qu’il s’est passé quelque chose de très intéressant avec ce projet. Je l’ai rendu à l’heure, en un temps record, exactement dans le calibrage alloué. Ce fut une leçon fort intéressante. Laquelle peut sembler ridicule, mais est honnêtement la suivante :
Ce n’est pas que je ne sais plus écrire avec La Succession des Âges, le métier est clairement là, plus que jamais. C’est juste que ce projet est invraisemblablement difficile.
J’ai une relation complexe avec cette histoire à ce stade des choses. Peiner à ce point à le construire de la manière qui corresponde à ma vision est, clairement, une épreuve de foi et de confiance en soi. Vous savez que je ne raconte pas ma vie mais, pour lever un peu le voile, j’ai traversé sur le plan mental une période difficile (mon ambition quant à ce livre n’y étant pas étrangère) et, à présent, je fais face à une autre période s’ouvrant sur un inconnu assez vertigineux.

En un mot comme en cent, l’animal derrière le clavier a besoin de prendre un peu soin de lui et des priorités dans la vie réelle dont il doit s’occuper. C’est, paradoxalement, ce qui permettra le mieux à ce livre d’exister, parce que l’animal derrière le clavier sera en mesure de lui donner vie, plutôt que de le moudre en petits grains façon machine à café (j’ai clairement atteint l’extrémité extrême de cette logique. C’était bon quand j’avais 25 ans, j’en ai 47, je sais où je suis et je sais que je ne peux pas me botter les fesses davantage. Je n’ai juste pas la marge de manœuvre).
Je dois clairement établir de nouvelles règles de fonctionnement pour que ce projet puisse se terminer de la façon qu’il mérite. Je dois arrêter de promettre « l’année prochaine », même si j’y crois dur comme fer. Je dois arrêter de m’imposer des cadences infernales, des rythmes, me mettre 150 bars de pression pour avancer quitte à haïr ma vie. Celle-ci étant trop courte, j’arrête ça merci bien bisous.
J’ai besoin de bosser sur ce projet en respectant mes rythmes, ma constitution, ma neurodivergence (qui s’avère plus complexe que je ne l’avais cru, merci la sensibilité australienne à la mental health – disons simplement que mon énorme capacité d’hyperfocus, mes intérêts spécifiques et mon hérissement à toute entrée non consentie dans mon espace personnel composent un tableau à la fois plus vaste que prévu et au final très cohérent) et aussi mon équilibre mental qui a besoin d’un peu de repos. J’ai besoin de retrouver la possibilité de faire un jour de worldbuilding si nécessaire pour ancrer une scène correctement et l’écrire dans la détente et le contrôle qu’il me faut. Je ne peux pas faire ça si j’ai l’impression d’écrire sur une chaise en feu qui va s’effondrer sous mon charmant postérieur parce que je n’ai pas écrit mon quota.
Donc. Pour que ce livre existe sans que j’y laisse ma santé mentale qui a besoin de soin en ce moment, mon estime de moi-même et ma joie de vivre, voici ce qui va se passer.
- Je ne parle plus de date, je n’estime plus de délai. Dans les célèbres mots du Blizzard d’autrefois : ça sortira quand ce sera fini. Ça n’est pas de la lâcheté, c’est un hack : j’ai pu voir, curieusement, que quand cette pression disparaît, je suis bien plus productif dans le même laps de temps que quand j’ai la trouille au ventre de ne pas y arriver. S’il est libre, mon cerveau est ravi de jouer.
- Cela ne signifie pas que je pars en vacances ou que je vais me mettre à écrire autre chose par lassitude. La Succession des Âges est mon seul et unique projet romanesque et le restera tant qu’il ne sera pas fini. (Je ne m’interdis pas un texte court de temps en temps, mais c’est tout.)
- Pour donner un peu de variété à ma créativité, je ne m’interdis pas des projets relevant d’autres formes ou médias (surtout s’il s’agit de manger un peu), mais je répète : La Succession des Âges est le seul roman sur lequel je travaille.
- En contrepartie, puisque je ne donne pas de date ou d’estimation, je m’engage à communiquer clairement et ouvertement de loin en loin sur ce qui se passe, comme je le fais maintenant. Histoire que vous sachiez où j’en suis (même si c’est pour dire : les deux derniers mois ont été accaparés par telle autre chose).
Croyez-moi, j’aimerais pouvoir vous dire « youpi, le bouquin est fini, il sort dans deux semaines » – ça fait des années que j’aimerais pouvoir dire ça. Ne pas pouvoir lâcher la charge mentale colossale que représente ce projet est une épreuve psychologique comme physique. Mais : cette saga mérite la fin qui est prévue, à la hauteur de tout le travail investi depuis les premières notes et architectures en 2016. C’est l’intention, on va y arriver, mais, plus que vous demander votre patience, j’ai besoin, finalement, de me demander la mienne.
La photo de la semaine : Roche ouverte
Sortie le 7 mai : Comment écrire de la fiction ? 65 Maladresses des jeunes manuscrits
La première maladresse, et c’est dans le livre, c’est : « Ne pas travailler comme on en a besoin » – et j’avais besoin, au cours du projet interminable qu’est La Succession des Âges (un point de situation détaillé la semaine prochaine), d’une pause de respiration. N’ayez crainte, je ne me la joue pas évasion ou remise aux calendes grecques : Comment écrire de la fiction ? 65 Maladresses des jeunes manuscrits est un essai, requérant donc un muscle d’écriture totalement différent de la fiction elle-même. Je suis en train de faire de l’aviron depuis des années sur La Succession des Âges, j’avais besoin de faire une petite pause de vélo pour laisser reposer mes bras, et revenir, de fait, ragaillardi et avec un œil neuf (et des bras reposés) sur le tome 5 de « Les Dieux sauvages ».
Qu’est donc 65 Maladresses des jeunes manuscrits (le précédemment codé « Projet 65 ») ? Un ouvrage de quasi pure technique narrative se métamorphosant au fil des pages en cours d’auto-direction d’ouvrage / réécriture. 65 Maladresses des jeunes manuscrits compile 65 maladresses (duh) de narration que j’ai vues revenir régulièrement en sélectionnant des histoires en édition, en ateliers d’écriture et en masterclasses. Elles vont du niveau même du texte (le premier, le plus accessible, celui avec lequel on se débat immédiatement quand on essaie de faire rentrer de nobles idées dans le vecteur malaisé du langage) jusqu’à la construction dramatique de haut niveau en passant par la mise en scène et les personnages, mais en montant du texte vers les concepts, au contraire de l’approche classique qui vous fait manipuler de la notion de haute volée et vous demande de convertir ça en mots (ce qui est quasiment impossible de prime abord). Là où Rêver, construire, terminer ses histoires se voulait une approche panoramique de la nature même de la fiction (laissant l’implémentation technique au choix du lecteur·ice), 65 Maladresses des jeunes manuscrits parle de boulons et de cambouis.
Dans ces 300 pages, vous ne trouverez pas des évidences qu’on trouve facilement ailleurs (nous vivons à l’heure d’Internet, donc faisons-en l’économie) mais des techniques et des défauts courants, parfois portant des noms clairement identifiés, souvent mal exposés (à mon goût) et mal compris, et aussi d’autres propositions nées de mon humble voyage dans les tranchées (et même informées par la réalisation au long cours de La Succession des Âges).

L’ouvrage comporte quatre « niveaux » qui s’appuient les uns sur les autres :
- 0. Les maladresses de métier
- 1. Les maladresses de style
- 2. Les maladresses dramatiques
- 3. Les maladresses de personnage
- 4. Les maladresses scénaristiques
Et à l’issue d’une longue introduction posant les fondamentaux de l’approche proposée, les 65 maladresses proposent à chaque fois :
- Un exemple prodigieusement stupide, exposant et développant le Jean-Eudes-et-Ultrogothe Cinematic Universe introduit dans le premier tome (et respectant le lore à la lettre. oui, c’était parfaitement inutile)
- L’explication de : pourquoi c’est une maladresse (comprendre le problème, c’est déjà avoir des idées pour le résoudre)
- Des techniques de résolution (nullement exhaustives, mais couvrant une grande majorité de situations, et aidant à approfondir la compréhension dudit problème)
- Une section sur le retournement de la maladresse en technique, car il n’existe pas d’erreur en art, seulement des techniques mal maîtrisées. Parfois, le « problème » est exactement l’effet à atteindre. Quand et comment ?
Quatrième de couverture
En art, l’erreur n’existe pas. Il n’y a que des techniques mal maîtrisées, des maladresses dues à des usages inadaptés.
Les 65 difficultés abordées ici ont été observées dans les manuscrits de jeunes auteurices au fil d’une vingtaine d’années consacrées aux travaux d’écriture, lors de collaborations éditoriales, d’échanges en ligne, de conférences ou d’ateliers.
L’expérience démontre que les mêmes typologies de problèmes se reproduisent chez la grande majorité des écrivain·es, quand bien même chacun·e ont des forces et des faiblesses différentes.
C’est à l’aune de ce constat que s’est construit cet ouvrage, conçu pour vous permettre de comprendre ces maladresses, les analyser et vous donner des outils susceptibles de vous aider dans votre pratique de l’écriture.
Le livre sera disponible le 7 mai prochain, juste alors que je passe en France (comme ça tombe bien), et notamment en avant-première le 30 avril à la librairie l’Astrolabe à Rennes, pour une dédicace spéciale. Et bien sûr, il est d’ores et déjà disponible en précommande partout, et en particulier (et toujours) chez votre libraire préféré !

Procrastination podcast s10e12 – Les contraintes de taille

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e12 – Les contraintes de taille« .
Du haiku à la trilogie en cinq volumes, comment aborder la question gérer les envergurs de différents récts ? Peut-on changer la taille d’un projet pour la faire rentrer dans une autre catégorie, de la nouvelle au roman – ou inversement ?
Mélanie a une approche intuitive, mais son format de prédilection étant la nouvelle, elle sent quand une histoire déborde du cadre. Il lui est toujours assez facile de couper, mais pas rallonger.
Lionel est l’inverse : il écrit toujours au plus court, ce qui démontre la gravité de son cas, et trouve toujours des couches de profondeur additionnelles à une histoire (ce qui cause la gravité de son cas).
Estelle avance que les jeunes auteur·ices tendent souvent à sous-estimer la longueur de ses récits ; elle donne quelques pistes pour apprendre sa propre approche, et encourage l’expérimentation riche d’enseignements.Reférences citées
- Les éditions Critic
- Josef Capek, Un Gâteau 100 fois bon
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !









