
Couv. Manchu
La technique a peut-être évolué en deux cents ans, mais on a beau être en 2073, notre métier est toujours aussi dangereux dans les moments difficiles. Il y a un siècle, on serait tout simplement pas sortis par un temps pareil.
Je lutte pour rester debout. J’y arrive, mais j’ai pas vraiment le temps de me demander comment. Un éclair parcourt le ciel, et éclaire l’espace d’un instant une mer démontée. Y a des vagues d’une huitaine de mètres, on dirait des immeubles – surmontées par des crêtes d’écume qui brillent, même dans l’obscurité. J’ai beau être sous l’auvent du pont supérieur, en ciré de la tête aux pieds, en bottes, en chapeau, avec trois pulls, je suis trempé jusqu’aux os, et je suis gelé. Il pleut des cordes, et je prends des embruns à travers la gueule à chaque embardée que fait ce foutu navire. Je prie le ciel pour que les stabilisateurs ne lâchent pas.
Environ 10 500 signes.
Publications
- In L’Importance de ton regard, éd. Rivière Blanche, 2010. ISBN-13: 978-1-935558-20-0. Pages 225-230.
- In Est-ce F ? n°7, mai 2003. Pages 39-42.
La technique a peut-être évolué en deux cents ans, mais on a beau être en 2073, notre métier est toujours aussi dangereux dans les moments difficiles. Il y a un siècle, on serait tout simplement pas sortis par un temps pareil.
Je lutte pour rester debout. J’y arrive, mais j’ai pas vraiment le temps de me demander comment. Un éclair parcourt le ciel, et éclaire l’espace d’un instant une mer démontée. Y a des vagues d’une huitaine de mètres, on dirait des immeubles – surmontées par des crêtes d’écume qui brillent, même dans l’obscurité. J’ai beau être sous l’auvent du pont supérieur, en ciré de la tête aux pieds, en bottes, en chapeau, avec trois pulls, je suis trempé jusqu’aux os, et je suis gelé. Il pleut des cordes, et je prends des embruns à travers la gueule à chaque embardée que fait ce foutu navire. Je prie le ciel pour que les stabilisateurs ne lâchent pas.






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