Sundial Aeon, le bijou d’electro progressive que vous ne connaissez sans doute pas (Écrire en musique ?)
En electronica progressive, on est un peu embêté dans les années 2020. L’électro verse soit dans l’ambient texturale (SpacewaveCR, Stellardrone, Void Stasis…) soit dans la musique résolument destinée à des espaces qu’on appellera globalement sociaux (house, chillout, trance, techno etc.). J’aime ça, hein, notez, mais l’électro progressive, ou l’électro qui parvient à sortir des rôles précédents pour de l’écouter pure, veine Jean-Michel Jarrre ou Tangerine Dream de la grande époque, est comparativement rare à trouver (Carbon Based Lifeforms, Donbor ?)
Sundial Aeon est la mine que vous vouliez trouver sans le savoir, un « supergroupe » composé de plusieurs personnalités de l’ambient, avec des accointances avec la demoscene et des remixes par une moitié de Future Sound of London, si ça n’est pas du pedigree, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Une quinzaine d’albums surtout dans l’esprit direct de Tangerine Dream de la glorieuse période glorieuse Virgin (en particulier Stratosfear et Tangram), mais avec une prodction évidemment contemporaine, lorgnant parfois vers la trance (je ne m’en plaindrai pas), c’est une véritable mine à explorer. Tous les titres d’albums finissant par « is », je vous enverrais notamment pour commencer sur Analysis et Hypnosis, mais les atmosphères varient assez notablement d’un album à l’autre, même s’ils gardent cette claire ascendance progressive qui fera la joie de l’amateur·ice. C’est le morceau suivant qui, un jour que j’avais Di.fm en fond, m’a fait lever le nez et dire: « minute, c’est quoi ça ? »
Wambus
Le monde est vraiment pas mal moche en ce moment (même si l’Europe semble avoir réussi à gifler le Fléau Orange sur la question groenlandaise) alors je me dis que je dois partager avec vous mon nouvel objet de religion pour un moment de répit et de merveille.
WAMBUS
GLOIRE À WAMBUS
PRENDS NOUS DANS TES GROSSES PETITES PAPATTES, WAMBUS, ET DÉLIVRE-NOUS DU MAL, AMEN
La photo de la semaine : Aurore australe
Incroyable occasion par une nuit sans lune et parfaitement dégagée, depuis le cap Woolamai, sur Philip Island, à 1h de Melbourne même. Quand même, on en fait des trucs avec un iPhone de nos jours.
Les clics du site sont réparés
Merci de me l’avoir signalé (je pensais que ça n’était que moi) : vous pouvez à nouveau cliquer sur les liens de ce site normalement comme si nous étions en plein milieu des années 1990, c’est réparé. Le coupable : la solution anti-IA présentée ici casse les balises HTML a (liens),, ce qui est bien triste. Donc, ne le faites pas (plus). Je vais chercher autre chose. Par contre, cliquez sur les liens, je vous en prie.
Mais : est-ce que casser le site, c’est pas la solution anti-IA ultime ? Y en a, là-dedans.

Une Worldcon à Nantes en 2032 ?
La convention mondiale de science-fiction (Worldcon) est l’un des événements professionnels et semi-professionnels les plus importants du milieu dans l’année : elle rassemble toute la profession du monde entier, à travers tous les médias, et voit la remise des prix parmi les plus prestigieux du milieu à l’échelle mondiale.
Depuis la première Worldcon en 1939, aucune ne s’est jamais tenue en France. Elles oscillent habituellement entre les grands pays anglophones (US, UK, Australie) avec quelques exceptions comme la Chine en 2023 ou la Finlande en 2017, sachant que ce sont les participants à la Worldcon de l’année n qui votent pour le lieu de l’année n+2, parmi un éventail de candidatures possibles. Ce qui revient principalement à s’efforcer de séduire le fandom américain, qui reste majoritaire dans les Worldcons. l a brièvement été question il y a quelques années d’en tenir une à Nice, et aujourd’hui, la ville de Nantes affirme son intérêt pour 2032, avec une équipe emmenée par Axelle Rozr, François Gabory et Anouk Arnal. L’expérience construite autour des Utopiales formera assurément un atout : meilleurs voeux et toute l’énergie du monde pour ce grand projet !
Au passage, trois candidatures sont en lice actuellement pour l’année 2028 : Nuremberg, Brisbane (Australie) et Kigali (Rwanda). Même s’il serait fantastique d’avoir pour la première fois une Worldcon en Afrique, ma fierté-bientôt-binationale fait que je suis forcé de pencher pour Brisbane, qui se situe seulement à 1800 km de chez moi tout en restant dans le même pays.

La photo de la semaine : Défense d’entrer
Procrastination podcast s10e09 – Les alpha-lecteurs

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e09 – Les alpha-lecteurs« .
Pour reprendre la terminologie informatique, les alpha-lecteurs s’opposent aux beta-lecteurs en ce qu’ils viennent avant la finalisation du texte ; au lieu de traquer maladresses et chercher à élever une œuvre finalisée par l’auteur·ice, leur intervention arrive tôt, au cours même de l’élaboration de la forme du récit.
Estelle pratique cette approche depuis toujours : elle expose en détail les bénéfices qu’elle retire d’un travail avec un cercle d’écriture et comment cela a toujours fait partie de son processus. Lionel ne pratique pas, mais avance l’importance de la communauté et de l’échange dans la création, tout en présentant l’état d’esprit qui doit, en principe, tenir éloigné·e de l’alpha lecture. Enfin, Mélanie explique en quoi cette approche ne lui convient pas : pour elle, l’histoire est indissociable de sa forme finale, ce qui exige de fixer le travail avant de le soumettre aux regards extérieurs.
Références citées
- Stephen King, Écriture
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !
Pierre Bordage
Je hais écrire ces articles qui portent un nom comme titre. Le temps qui passe les multiplie et les rends plus proches. C’est la marche de l’existence, et une occasion, dans le grand schéma de l’existence, de remercier les circonstances d’avoir pu rendre ces noms justement plus proches.
Mais merde.
Je devais avoir 14-15 ans quand mon plus proche pote, CSN, avec qui on lisait de la SF (les maîtres anglophones, principalement) et s’échangeait des bouquins en pillant les bibliothèques respectives de nos pères, me montre un jour un livre moyen format qu’il a déniché justement dans celle du sien. « Regarde, me dit-il, c’est un Français. Parce que les Français aussi écrivent de la SF, en fait. Apparemment, c’est vachement bien, mais aussi assez vachement différent de ce qu’on lit. J’ai commencé, effectivement, c’est pas pareil, mais c’est cool. Je te dirai. »
Le bouquin était évidemment Les Guerriers du Silence.
Ce n’est que notre histoire à CSN et moi, mais ça dit, à notre humble échelle, toute l’envergure de Pierre.
J’ai eu la chance, bien plus tard, de rencontrer Pierre, de travailler avec lui dans le cadre des anthologies des Imaginales, de partager des tables de festivals. Chaque fois, à chaque rencontre, il y avait le gars de 14 ans en moi dans la chambre de CSN : « c’est incroyable ce qui se passe, c’est trop génial, j’ai tellement de chance », et je faisais tout mon possible pour planquer mon masque de fanboy. Parce que vous devez savoir qu’en plus d’être un incroyable écrivain, un conteur dont le souci, le respect et, oserai-je, l’amour réel et fraternel, humain, du public qui fait partie de mes modèles et mes aspirations, Pierre était un homme d’une gentillesse profonde et extrêmement drôle. Vous connaissez l’envergure de son œuvre, mais j’oserais dire, sans l’avoir vraiment connu personnellement, que ça n’était pas par hasard, étant donnée la curiosité, la réflexion, l’humilité qui rayonnaient au cours de ces fortunées rencontres.
Je ne crois pas avoir grand-chose d’intelligent ou d’important à vous dire de plus. CSN et moi sommes des adultes chauves à présent, la marche de l’existence avance inexorablement, j’ai la gorge serrée, et c’est injuste que des gens avec un aussi grand cœur que Pierre finissent par s’en aller.

Procrastination podcast s10e08 – Sortir de son genre

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e08 – Sortir de son genre« .
L’imaginaire est identifié par ses genres, et attire ceux et celles qui les aiment et veulent les explorer. Ce qui peut conduire, avec le temps, à s’y trouver identifié·e. Mais: si l’on veut sortir de ce cadre ? Peut-on le faire, comment, est-ce même une bonne idée ?
Lionel décrit succinctement le monde anglophone où ces explorations doivent correspondre à autant de noms de plume différents, et avance que la francophonie accepte beaucoup plus les expérimentations. Il donne aussi l’exemple de sa propre stratégie avec Évanégyre pour se donner sa propre liberté d’écriture.
Estelle explique que, quand on travaille dans plusieurs courants, on se retrouve classé·e dans celui qui est le moins considéré. Mais elle se préoccupe avant tout du genre qui appelle l’histoire qu’elle veut raconter ; lesquels forment autant des boîtes à outils que des cultures. Elle rappelle aussi que ces classifications sont de toute façon toujours mouvantes.
Mélanie parle de son parcours en changeant de format, et son observation du monde du livre l’amène à formuler que changer de genre est davantage un problème de milieu éditorial que de public.Références citées
- Les éd. Aux Forges de Vulcain
- Iain (M.) Banks
- Les éd. Goater
- Floriane Soulas
- Francis Berthelot, « Le Rêve du démiurge », Bibliothèque de l’entre-mondes
- Les éd. Dystopia
- Emily St. John Mandell, Station Eleven
- Les éd. Gallimard et leur collection blanche
- Tristan Garcia, 7
- Jean-Baptiste Del Amo, La Nuit ravagée
- Ken Grimwood, Replay
- Les éd. La Volte
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