Il y a environ deux ans, je recevais à peu près ce coup de fil de mon copain Pierre, partenaire d’improvisation théâtrale avec qui nous partageons certaines aires cérébrales et concentrons tout ce que le monde compte d’absurde et d’improbable quand nous sommes réunis à moins de cinq mètres :
« Ouais, Lionel, c’est Pierre. Écoute, je suis un peu en galère. Tu fais un truc ce week-end ? — Non, rien de spécial. Qu’est-ce qui t’arrive ? — Ben, pour un projet amateur, je dois faire un film d’une minute et j’ai que ce week-end pour ça. Le truc, c’est que j’ai pas trop d’idée, là. En plus, on m’avait demandé un thème, j’ai sorti la première connerie qui me passait par la tête en pensant qu’on me rirait au nez, seulement les responsables du truc ont dit: « OK » et du coup je me trouve coincé comme un crétin. — Ah. C’est quoi, le thème ? — Le Conte de la salle de bains. — Hahaha ! Ah… ouais. — Ouais. Et j’ai très exactement deux jours pour faire une minute là-dessus. Bah, on devrait bien trouver des trucs à raconter, tu crois pas ? Ça te branche ? — Trop bien ! Je réserve mon week-end. »
S’y était joint l’ami Aanor, improvisateur frappadingue lui aussi, et il en était sorti un très court-métrage à la fois profondément débile et névrotique, que j’avais partagé sur MySpace à l’époque. Les contraintes, donc : le thème, et fournir la séquence montée et sonorisée le dimanche soir. Samedi midi, nous n’avions pas une idée. En deux jours, nous avons donc brainstormé, rédigé le storyboard, acheté le matos manquant, tourné les plans, effectué le montage, réalisé les effets sonores et le montage son. Ceci explique les nombreux défauts du machin, mais bon, en seulement 48 h, c’était difficile de faire plus propre. C’était sans prétention aucune ; cela avait pour seule vocation de nous amuser – et peut-être d’amuser notre entourage (lequel, après coup, nous a plutôt considérés d’un oeil vaguement craintif). Si j’en reparle maintenant, ce n’est parce que le film a davantage de prétention, c’est qu’il se trouve enfin débarrassé de ses bugs d’encodage, doté d’un petit générique et surtout que nous le libérons sous licence Creative Commons (CC-By)1, ce qui le rend achevé (défauts inclus, bien sûr). Il est visible chez Dailymotion et en streaming ci-dessous :

Deux fichiers sont disponibles au téléchargement (clic-droit > Enregistrer sous…) :

N’hésitez pas à nous laisser vos impressions – Pierre et Aanor les liront aussi !
  1. Attribution à Pierre Blavy, Lionel Davoust, Aanor Enguerrand.