Bravo à Présences d’Esprits pour le numéro 100 de sa revue

Le club Présences d’Esprits est une institution, et l’une des (si ce n’est la) plus anciennes associations de l’imaginaire français : fondé en 1992, il se forme d’abord autour des lecteurs de la regrettée collection Présence du Futur chez Denoël, mais prend son indépendance trois ans plus tard. Depuis 25 ans, le club regroupe les amateurs d’imaginaire de tous horizons, sur tous médias, organise diverses activités (comme les matches d’écriture aux Imaginales et autres festivals) et publie deux revues : AOC et Présences d’Esprits.

Couv. Pascal Quidault

Félicitations à toute l’équipe pour ce jalon majeur qui permet de revenir sur l’histoire du club, propose deux nouvelles inédites, l’une de Camille Leboulanger et l’autre d’Élodie Serrano, un dossier sur Cyrano de Bergerac ainsi que quantité d’entretiens avec des auteurs ayant côtoyé le club au fil des ans comme Mélanie Fazi, Estelle Faye, Laurent Genefort, Elisabeth Vonarburg, Aurélie Wellenstein, Jeanne-A Debats, Kriss Vila, Jean-Pierre Fontana et votre humble serviteur (j’espère n’avoir oublié personne).

Pour commander le numéro, c’est ici !

2020-06-28T20:47:24+02:00jeudi 2 juillet 2020|Entretiens, Le monde du livre|0 commentaire

Pourquoi je quitte Facebook

Si vous suivez cet endroit de perdition depuis quelque temps, vous savez que j’ai un problème de longue date avec les réseaux commerciaux. De manière générale, les réactions instinctives qu’ils suscitent, leur métrique fondée non pas sur la qualité des interactions mais sur leur nombre (ce fichu « engagement ») fonde un système voué à favoriser la colère, la peur et la désinformation. Je ne nie pas qu’il peut en sortir de belles choses – j’en ai vécu aussi – mais je pense de longue date que ce n’est pas grâce à la plate-forme, c’est parce qu’il y a des gens formidables.

J’ai donc décidé de quitter Facebook. En plus du rôle nocif des réseaux sur le monde, ils interagissent mal avec ma santé mentale. Autant j’ai à peu près réussi à apprivoiser Twitter, autant, de toutes les entreprises du domaine, je ne peux plus supporter l’impact de Facebook sur le monde, et continuer à me regarder en face en conservant une présence souriante sur la plate-forme

Facebook a montré à répétition son mépris complet pour la vie privée de ses utilisateurs et son attitude destructrice envers la démocratie (dont le scandale Cambridge Analytica ne forme que le sommet visible d’un énorme iceberg). Malgré les vœux pieux de Mark Zuckerberg, Facebook continue à donner une voix à la haine et à la désinformation, au point que la NAACP et d’autres associations de défense des droits de l’homme américaines ont appelé les entreprises à y suspendre leurs campagnes publicitaires. Facebook tolère les négationnistes du réchauffement climatique et combien, combien d’autres messages destructeurs, tout cela au nom de bénéfices publicitaires alimentés par la peur, la colère et la bêtise. 

Facebook est une entreprise criminelle et je refuse de continuer à alimenter son système. 

Mon compte personnel et ma page auteur seront désactivés sous quinzaine. Dans l’intervalle, je reste présent sur Twitter et évidemment ici. Pour mémoire, le site est entièrement accessible par flux RSS (et si vous ignorez ce que c’est, je vous encourage vivement à reprendre en main le flux de votre information) et évidemment il y a toujours la lettre d’information

Pour le contact personnel, je reste disponible par mail (mes initiales @ mon nom de domaine point com ou bien le formulaire du site). Hélas, pour raisons professionnelles, je ne peux pas entièrement quitter Facebook Messenger pour l’instant, mais pour tout échange, je vous invite fortement à privilégier n’importe quel autre moyen de contact. 

Merci de m’avoir suivi sur cet espace pendant plus de dix ans, 
Et on reste ici, et n’importe où ailleurs !

2020-06-28T18:14:34+02:00lundi 29 juin 2020|À ne pas manquer|10 Commentaires

La conscience de l’ambiguïté

Je continue à rattraper vos questions… encore mes excuses pour la lenteur de réponse (… mais si vous m’avez envoyé un jour un mail, vous savez que… enfin… bref. J’essaie de faire mieux, cependant !)

Je viens de réécouter l’épisode 4 de la saison de Procrastination en cours et une de tes phrases m’a interpellé.
Tu dis à un moment que tu cherches toujours à faire véhiculer des choses qui fassent progresser le monde dans un sens positif.

Je trouve pourtant que ton Empire d’Asreth véhicule quelque chose de beaucoup moins consensuel que ça. La façon dont il croît permet des évaluations multiples en positif et négatif, comme l’empire romain qui, je le vois sur Babelio, continue à générer des commentaires parfois admiratifs et parfois dédaigneux et critiques. Et je trouve que cela participe à la richesse et à la vraisemblance de ton univers.

Comment considères-tu cet Empire d’un point de vue « portage de valeurs »?

Déjà, merci beaucoup pour ces compliments sur la richesse d’Évanégyre !

L’histoire est un sujet complexe et rares sont les questions qui connaissent des réponses uniques. Il y en a, bien sûr ; il existe certains cas où le jugement des siècles est (heureusement) sans appel. Mais l’humanité échappe dans nombre de cas à des jugements binaires ; bien ou mal ; positif ou négatif. Dans les faits, bien de longues périodes ont amené les deux (à mesure que les forces de l’histoire prenaient leur propre vie).

Tu parles d’Asreth, qui renvoie aux impérialismes de l’histoire (à commencer effectivement par Rome). Est-ce que Rome est positif ou négatif ? En Europe, nous héritons, au sens large, de Rome ; nous utilisons son alphabet ; la Renaissance, sur laquelle se fonde notre modernité, remonte directement aux classiques. Pour Rome, il fait bon être romain, et en plus, on t’installe des aqueducs.

Alors, Rome, positif ou négatif ?

Pose maintenant la question à Vercingétorix.

De mémoire, je ne crois pas avoir dit dans Procrastination qu’il fallait « toujours » être « positif », ou si je l’ai exprimé en ces termes, je m’y suis mal pris. Je pense cependant résolument que, quand on a la chance de disposer d’une parole publique (y compris dans le cadre de la fiction), il convient d’en faire un usage responsable ; c’est-à-dire qu’il faut avoir conscience des valeurs qu’on véhicule, et qu’il faut s’efforcer de faire progresser la conversation littéraire de manière constructive.

Pour moi, cela commence par prendre garde à toute forme de complaisance envers ce que l’univers relate. Il ne s’agit pas de se censurer ; il ne s’agit pas non plus de nier l’aspect potentiellement fantasmatique, pour reprendre l’exemple dans le cas d’Asreth d’un soldat mécanisé disposant d’une puissance considérable – après tout, la fiction est aussi le domaine de l’exploration du fantasme, et le fantasme, par définition, est un jeu qui n’est pas destiné à la concrétisation.

En revanche, il s’agit de prendre spécialement garde à ce que la narration, derrière cela, cautionne. Tu dis qu’Asreth entraîne des conséquences à la fois positives et négatives : c’est donc que mon but est atteint. Tu ne verras pas de jugement de valeur de ma part t’expliquant ce que tu dois penser parce que ce serait trop simple et l’humanité ne fonctionne pas de la sorte (… et que cela ne m’intéresse pas à écrire. Même à mes propres idées, j’aime trouver des contradictions.). Ce qui est fondamental, c’est que tu ne peux pas adhérer à Asreth sans réserve. Ce sont pour moi ces réserves qui, justement, font qu’Asreth est, d’une part une force historique crédible (merci encore !), d’autre part une invitation à s’interroger sur les faillibilités humaines dans le cadre relativement inoffensif de la fiction (et on peut le faire avec des dragons et des robots géants, au passage).

Pour aller plus loin, voir Compassion, mais prison et Pourquoi la fantasy est un genre moderne.

2020-06-21T22:48:25+02:00lundi 22 juin 2020|Best Of, Entretiens|0 commentaire

Port d’Âmes à -50% en numérique jusqu’à la fin du mois

Bon, pour être très exact, c’est -44%, des histoires de décimales à bien placer, mais : tout est dans le titre. Jusqu’au 30 juin, Port d’Âmes est à 4,99 € au lieu de 8,99 € en numérique sur toutes les plate-formes. Roman d’aventures mais aussi réflexion sur la mémoire, l’identité et (gasp) l’amour, ce récit s’insère dans l’univers d’Évanégyre tout en étant totalement indépendant de tous les autres textes publiés.

Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.

Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques.  Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville,  le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.

Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Finaliste du prix Imaginales du roman

Finaliste du prix Imaginales des lycéens

Finaliste du prix Elbakin

Couv. François Baranger

À noter également que Tattoo Blues de Julien Heylbroeck et Le Phare au corbeau de Rozenn Illiano sont eux aussi à -50% jusqu’à la fin du mois ! (Enfin, eux, en vrai, c’est -55 et -58%. Damned.)

2020-06-06T20:53:22+02:00mercredi 10 juin 2020|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Port d’Âmes à -50% en numérique jusqu’à la fin du mois

Màj de la charte de commentaires : prévenez-moi si problème, svp

J’ai mis à jour la charte de commentaires du site et des réseaux – https://shrtm.nu/GYB1

En résumé: si vous voyez un comportement répréhensible sur mes espaces et que je n’agis pas, signalez-le moi, svp. Je n’arrive plus à tout voir, et j’ai besoin de votre aide. Merci!

2020-05-29T21:34:26+02:00lundi 8 juin 2020|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Màj de la charte de commentaires : prévenez-moi si problème, svp

Assistez à la table ronde virtuelle « Game of Thrones, modèle ou inspiration ? » [Colloque virtuel Imaginales]

Table ronde is coming :

Dans le cadre du colloque universitaire « Game of Thrones : nouveau modèle pour la fantasy ? », organisé par les Imaginales, une table ronde se déroulera sous forme d’une session Zoom, le jeudi 11 juin à 18h30, et sera animée par Stéphanie Nicot, avec Emmanuel Chastellière, Silène Edgar, Estelle Faye, Aurélie Wellenstein et moi-même, sur le sujet de l’influence que la célèbre saga peut avoir sur le genre, notamment en France. Très honoré (et hâte) d’y participer en direct de mes rideaux Twin Peaks !

Il est possible d’y assister en direct, jusqu’à concurrence de 100 personnes : suivez ce lien pour vous inscrire !

2020-06-10T18:54:28+02:00jeudi 4 juin 2020|À ne pas manquer, Entretiens|Commentaires fermés sur Assistez à la table ronde virtuelle « Game of Thrones, modèle ou inspiration ? » [Colloque virtuel Imaginales]