La photo de la semaine : Dingo dans le bush
Non, pas ce Dingo-là.
Non, pas ce Dingo-là.
Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.
Le « Mickey Mousing » désigne une bande musicale dont chaque effet, chaque son vient exactement souligner l’action, ce qui donne un côté cartoon et très enfantin (Jean Cocteau : « la technique la plus vulgaire »).
Non seulement il n’est pas nécessaire de le faire, c’est donc contre-indiqué. Une bande son plus mûre et évoluée n’aura pas peur de marquer l’évolution globale de l’émotion sans craindre de décaler sa rythmique avec l’enchaînement strict des plans et des actions de l’image, créant un sous-texte d’émotion plutôt qu’un marquage mécanique de l’action.

Ce qui est rigolo avec les groupes de post-métal/post-rock ou de métal progressif instrumental, c’est qu’ils ont tous des noms extrêmement bizarres (God is an Astronaut, Collapse under the Empire, If these Trees could Talk, The Evpatoria Report, Lost in Kiev…). Et donc pg.lost – minuscules de rigueur, une URL retournant un éternel 404 ? On ne sait pas vraiment.
Le post-métal, c’est l’autre extrémité du spectre pour écrire : quand l’ambient se dissipe dans le fond de l’esprit, le post-métal fournit suffisamment de progression et de rythmique pour conserver juste un peu de tension et d’éveil, dépendant de l’exigence du moment. Le paysage des découvertes à faire semble infini, mais l’une des écoutes quasiment inépuisables à mon goût est donc pg.lost avec notamment l’album Versus :
Tout n’est pas forcément égal dans la discographie, en revanche. Versus est probablement le sommet, suivi de près par In Never Out. It’s not Me, it’s You! comporte quelques morceaux de bravoure comme le fantastique Pascal’s Law. Le reste suscite à mon sens moins d’unanimité, mais pg.lost reste un repère indémodable du paysage et les longues plages évolutives sont idéales pour des séances de rédaction difficile.
Procrastination, le podcast qui porte mal son nom, car il est toujours à l’heure, et enregistre à l’avance ! La fin de la saison 10 est dans la boîte, et nous pouvons vous dévoiler à quelle sauce vous serez mangé·es.

Nous terminerons notre conversation au long cours avec Karima Amarouche, qui continue à nous donner de fantastiques conseils d’ergonomie pour organiser son environnement de travail, et selon le nombre d’épisodes que cela donnera au final, voici tous les sujets en attente (certains déborderont peut-être sur la saison 11) :
Nous avons aussi une fantastique invitée prévue pour la saison 11. On est très heureux de la recevoir, et je suis incroyablement impatient de discuter de ce dont on a prévu de discuter. Que de mystère, mais c’est plus drôle ainsi. On en reparlera une fois l’enregistrement fait, lequel est prévu début juin.

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e13 – La structure en trois actes« .
La structure en trois actes est la plus classique des architectures narratives, mais comme tout modèle, il convient d’en étudier les atouts et d’en délimiter les faiblesses.
Estelle l’expose en détail, avant de bien rappeler que c’est un outil mieux adapté à certains types de récits plutôt que d’autres – ce qui lui donne une utilité secrète : importer les forces de certains types de récits dans d’autres.
Lionel trouve que pour un outil fondamental, la structure n’aide en réalité pas vraiment à architecturer une histoire, mais qu’elle apporte la conscience fondamentale du rythme et de la cohérence d’une histoire et ce à tous les échelons.
Mélanie ne l’applique pas consciemment, et rappelle qu’on peut tout à fait absorber une conscience intuitive de ce genre de structure par l’exposition répétée à des histoires sous toutes leurs formes.Références citées
Pretty Woman, film de Garry Marshall
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !
Vite fait : Typinator est mon app de choix pour l’expansion de texte, et à présent, l’app offre un compagnon iOS qui donne accès à ses abréviations sur iPhone et iPad. Ça n’est hélas pas aussi élégant que le vieux kit propriétaire de TextExpander qui permettait d’associer dans les apps qui le supportaient la correction automatique du clavier système à l’expansion de texte (mais aucune solution, y compris celles de TextExpander elles-mêmes, n’arrivent encore à rivaliser avec cette implémentation hélas abandonnée depuis).

L’app de Typinator permet cependant d’accéder à ses macros sur son iPhone, ce qui peut être très pratique pour les messages-type, les macros basées sur des dates (genre Zettelkasten UID), les titres décidément trop longs (n’est-ce pas, « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse »). À l’occasion, Typinator propose une formule à l’abonnement et y pousse gentiment ses clients (l’app iOS n’est ainsi pas disponible à l’achat unique). Cependant, l’achat unique reste disponible sur Mac, là où c’est quand même le principal.
Et s’il vous prend l’envie d’essayer la concurrence, j’ai vite fait testé Rocket Typist disponible via Setapp, mais immédiatement, des bugs ou des imperfections dans l’expansion de texte me sont apparues. Typinator reste la solution la plus fiable et rapide sous Mac que j’ai testée, et j’ai donc accepté le coût de la mise à jour à la v10, pour un outil qui est absolument vital à mon usage d’un ordinateur aujourd’hui, sans même parler de l’écriture.
De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! (Comme toujours, liens affiliés.)
Bon.
Comme le titre l’annonce, on va parler de trucs hyper fun dans la légèreté et la détente la plus totale.
Rappelons clairement les faits : L’Héritage de l’Empire est sorti fin 2020 (en plein Covid). La Succession des Âges n’est toujours par là. Dans l’intervalle, j’ai réussi à sortir Rêver, construire terminer ses histoires (2021) et 65 Maladresses des jeunes manuscrits sort cette année (2026).
Et, tel Macavity le Napoléon du crime, La Succession des Âges n’est toujours pas là. Je connais votre patience et votre gentillesse, dont je vous remercie profondément, mais je me doute aussi que, bon, à force, Davoust il est bien sympa, mais il va falloir qu’il sorte son livre un jour. Et c’est normal.
Voici ce qui se passe : si vous avez suivi les épisodes précédents, j’ai écrit l’équivalent de 1500 pages sur le roman, j’en ai tronçonné 600, reconstruit une grande partie, ajouté des scènes et à l’heure actuelle, j’en ai rajouté environ 300 de plus. J’ai échafaudé la dernière ligne droite (considérable à l’échelle de ce projet), mais je me rends compte que, sur un roman de cette longueur, il me faut reprendre un fil narratif en particulier pour le rendre suffisamment solide et lui permettre de porter la fin envisagée. Tout ça est long, difficile et, pour être très clair, profondément démoralisant, parce que ça donne l’impression de repasser sur des parties qui semblaient solides et finalisées, tout ça pour toujours repousser la date de livraison.
J’ai eu besoin de me changer un peu les idées mentalement, notamment avec 65 Maladresses des jeunes manuscrits, et figurez-vous qu’il s’est passé quelque chose de très intéressant avec ce projet. Je l’ai rendu à l’heure, en un temps record, exactement dans le calibrage alloué. Ce fut une leçon fort intéressante. Laquelle peut sembler ridicule, mais est honnêtement la suivante :
Ce n’est pas que je ne sais plus écrire avec La Succession des Âges, le métier est clairement là, plus que jamais. C’est juste que ce projet est invraisemblablement difficile.
J’ai une relation complexe avec cette histoire à ce stade des choses. Peiner à ce point à le construire de la manière qui corresponde à ma vision est, clairement, une épreuve de foi et de confiance en soi. Vous savez que je ne raconte pas ma vie mais, pour lever un peu le voile, j’ai traversé sur le plan mental une période difficile (mon ambition quant à ce livre n’y étant pas étrangère) et, à présent, je fais face à une autre période s’ouvrant sur un inconnu assez vertigineux.

En un mot comme en cent, l’animal derrière le clavier a besoin de prendre un peu soin de lui et des priorités dans la vie réelle dont il doit s’occuper. C’est, paradoxalement, ce qui permettra le mieux à ce livre d’exister, parce que l’animal derrière le clavier sera en mesure de lui donner vie, plutôt que de le moudre en petits grains façon machine à café (j’ai clairement atteint l’extrémité extrême de cette logique. C’était bon quand j’avais 25 ans, j’en ai 47, je sais où je suis et je sais que je ne peux pas me botter les fesses davantage. Je n’ai juste pas la marge de manœuvre).
Je dois clairement établir de nouvelles règles de fonctionnement pour que ce projet puisse se terminer de la façon qu’il mérite. Je dois arrêter de promettre « l’année prochaine », même si j’y crois dur comme fer. Je dois arrêter de m’imposer des cadences infernales, des rythmes, me mettre 150 bars de pression pour avancer quitte à haïr ma vie. Celle-ci étant trop courte, j’arrête ça merci bien bisous.
J’ai besoin de bosser sur ce projet en respectant mes rythmes, ma constitution, ma neurodivergence (qui s’avère plus complexe que je ne l’avais cru, merci la sensibilité australienne à la mental health – disons simplement que mon énorme capacité d’hyperfocus, mes intérêts spécifiques et mon hérissement à toute entrée non consentie dans mon espace personnel composent un tableau à la fois plus vaste que prévu et au final très cohérent) et aussi mon équilibre mental qui a besoin d’un peu de repos. J’ai besoin de retrouver la possibilité de faire un jour de worldbuilding si nécessaire pour ancrer une scène correctement et l’écrire dans la détente et le contrôle qu’il me faut. Je ne peux pas faire ça si j’ai l’impression d’écrire sur une chaise en feu qui va s’effondrer sous mon charmant postérieur parce que je n’ai pas écrit mon quota.
Donc. Pour que ce livre existe sans que j’y laisse ma santé mentale qui a besoin de soin en ce moment, mon estime de moi-même et ma joie de vivre, voici ce qui va se passer.
Croyez-moi, j’aimerais pouvoir vous dire « youpi, le bouquin est fini, il sort dans deux semaines » – ça fait des années que j’aimerais pouvoir dire ça. Ne pas pouvoir lâcher la charge mentale colossale que représente ce projet est une épreuve psychologique comme physique. Mais : cette saga mérite la fin qui est prévue, à la hauteur de tout le travail investi depuis les premières notes et architectures en 2016. C’est l’intention, on va y arriver, mais, plus que vous demander votre patience, j’ai besoin, finalement, de me demander la mienne.