Après 2000 ans et quelques de littérature, je me demande qui je suis pour écrire des livres et penser que ça va intéresser quelqu’un un jour. Il faut arriver à ce mélange bizarre d’égocentrisme et d’humilité ; on le fait parce qu’on en a envie, et si ça touche quelqu’un, tant mieux, c’est quand même le but du jeu. Mais tout cela n’est que littérature, qui est à la fois la chose la plus importante du monde, et la moins importante du monde. C’est presque secondaire par rapport à tout ce qui se passe de tragique dans le monde, mais, à côté de ça, c’est ce qui fait de l’humanité ce qu’elle est.
Autre entretien réalisé au cours des Utopiales, cette fois par les Chemins de Traverse, très sympathique association rennaise d’écriture (qui propose des ateliers sérieux et de qualité : j’ai participé à quelques séances et j’en garde un très bon souvenir). Nous discutons beaucoup d’écriture, donc, du numéro de funambule requis par le roman, entre contrôle et lâcher-prise, mais cela ne nous empêche pas d’évoquer en détail également les origines des Voies de la Main Gauche et la Main Droite dans la tradition initiatique, ainsi que du rôle de la littérature en général. C’est sur cette page, sachant que vous y trouverez également des entretiens avec Laurent Queyssi, Jérôme Noirez et une compte-rendu d’une rencontre avec Javier Negrete.