Je crois qu’il existe un adage, dans une langue ou une autre, qui dit en substance : plutôt que d’en être victime, assumez-le. Donc : j’assume ma danse rigolote entre Obsidian et Bear, et plutôt que garder ça honteusement pour moi, autant t’en faire profiter, auguste lectorat. Le choix de l’un ou l’autre des outils se fait selon le profil de l’utilisateur·ice : simplicité absolue pour Bear, personnalisation sans fin pour Obsidian. Or, il existe un point sur ce spectre où la puissance offerte par Obsidian peut s’équilibrer avec la friction inévitable qui l’accompagne. Et il se trouve que l’équipe, ou de nouveaux plugins, ont réglé un certain nombre desdits points de friction. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

La gestion des médias a été grandement améliorée. Un des gros agacements d’Obsidian pour moi est la gestion des médias complémentaires, notamment les images. Ce point a été grandement amélioré, au point de rapprocher l’expérience de Bear.

  • Les images masquent à présent le code qui les affiche en mode Aperçu en direct (la balise ![[fichier.jpg]]). On les coup, copie, colle, efface d’un coup de Delete comme dans un traitement de texte riche classique.
  • Effacer une note qui pointe vers des médias efface ces médias à leur tour s’ils sont orphelins (enfin ! merci).

Ça ne nettoie pas entièrement une vault, mais ça aide beaucoup. Pour disposer d’une commande directe « effacer le lien et le fichier lié », installer le plugin Image Converter, qui offre en plus la possibilité d’habiller le texte autour des images.

La géolocalisation des notes. MapView propose cela depuis très longtemps, mais c’était laborieux (accéder à un site externe pour récupérer ses coordonnées GPS). Le plugin offre maintenant cela automatiquement sur mobile à condition d’insérer une propriété location.

Pourquoi faire un truc pareil ? me demande-t-on souvent. Effectivement, c’est un besoin très niche (Evernote le faisait jadis, et a supprimé la fonctionnalité qui n’intéressait personne). Je trouve un intérêt notable à intégrer son journal personnel dans sa base de connaissances : on ne sait jamais ce qui peut émerger d’une réflexion aléatoire libre, ni de la prise de conscience d’une évolution régulière dans sa vie, dans la création ou le personnel.

Or, pendant longtemps, ma vie a été dissociée entre deux extrémités du monde, et je conserve deux modes très différents de fonctionnement entre Melbourne (le quotidien) et la France (festivals, vie sociale, conférences). Sans parler des volontariats et voyages qu’il m’arrive de faire ; je suis curieux de voir ça sur une carte, et de voir quelle idée a émergé où. Mais c’est clairement une coquetterie.

Pourquoi utiliser Obsidian plutôt que Bear ? Obsidian est un outil clairement plus puissant pour la gestion d’une base de connaissances, que Bear ne proposera sans doute jamais :

  • Aliases (ex. Orcinus orca comme alias pour épaulard). Notoirement utile pour les personnages possédant des surnoms ou des identités secrètes, ou pour une base de connaissances plurilingue (anglais / français pour ma part) : une fiche possède plusieurs noms.
  • Bases. La grande addition récente d’Obsidian est cette fonctionnalité qui utilise les notes d’une vault comme données pour une présentation synthétique.
  • Requêtes dynamiques. La possibilité d’intégrer dans une note un bloc ou un base proposant une requête dynamique sur ses notes offre des possibilités d’automatisation fantastiques, comme une liste de choses à faire ou de recherches à effectuer sur son roman.
  • Liens aux blocs. Obsidian offre davantage de flexibilité pour lier du contenu dans une note : la possibilité de référencer un paragraphe au lieu d’un titre.
  • Meilleur espace de travail. Les « onglets empilés » ou panneaux glissants d’Obsidian forment la meilleure interface que j’aie vue pour réfléchir en parallèle sur plusieurs problématiques.

Pourquoi utiliser Bear plutôt qu’Obsidian ? L’écart se réduit avec le naturel qu’offre une application native comme Bear. Cependant, celle-ci offre encore une expérience supérieure dans les domaines suivants :

  • Notes manuscrites. Obsidian a les plugins Ink et Excalidraw, mais ça n’a rien à voir pour l’instant avec l’expérience des outils système. C’est dommage, car il est fantastique de pouvoir combiner une réflexion à la main avec des conclusions tapées en mode texte.
  • Intégration profonde au système. Sur macOS, Obsidian demeure une application Electron, soit un navigateur Chrome fortement déguisé. Cela induit un certain nombre d’agacements, notamment l’absence d’intégrations aux outils habituels du système pour la correction automatique du texte, par exemple.
  • Simplicité. Évidemment, l’avantage de Bear, c’est son écran d’options réduit à la portion congrue.

Pour l’instant, je continue à travailler dans Bear pour tout ce qui se rapporte à La Succession des Âges, mais j’admets que je bricole Obsidian pour tout le reste… ce qui est la pire situation possible. Ne faites pas ça.