Alors, ça y est ? La dinde est dans le four, tonton Alphonse est installé avec un verre de rouge et raconte des blagues graveleuses, mamie Gertrude ponctue la conversation de vibrants « oh là là » ?
Oh là là.
La fin de l’année, c’est toujours la tradition des bilans, et ce lieu de perdition bizarre ne fait pas exception, relatif à ce lieu de perdition bizarre.
Question littérature…
Ce fut une année plutôt bien active. En résumé, si vous avez raté une info (j’ai entendu dire « Quoi, le troisième Léviathan est sorti ? Mais quand ? Comment ça se fait que je l’aie raté ? » Eh bien, je ne sais pas, mais du coup, peut-être un récapitulatif s’impose-t-il – au fait, la newsletter reste le moyen le plus sûr de se tenir au courant), voici un rapide tour d’horizon :
En mai, publication du troisième et dernier volume de la trilogie Léviathan, Le Pouvoir.
En même temps, republication du premier volume, La Chute, en poche chez Points Thriller.
Sylvie Miller et moi avons codirigé pour la deuxième fois l’anthologie annuelle des Imaginales, intitulée cette année Elfes et Assassins.
Trois nouvelles, dont une qui marque le retour à l’univers d’Evanégyre (« La fin de l’histoire« ) ; une dans l’anthologie Contrepoints et l’univers de Léviathan (« Nuit de visitation« ) et une indépendante dans l’anthologie Les coups de coeur des Imaginales, « Derrière les barreaux« . Deux d’entre elles sont disponibles à l’achat à l’unité.
Premier (et deuxième, et troisième) concert des Deep Ones !
… et pour 2014 :
Cela s’annonce comme une année de nouvelles. Je participe à de chouettes anthologies à paraître dont je parlerai le moment venu, mais aussi, je travaille sur La Route de la Conquête, le nouvel opus d’Evanégyre, à paraître en août chez Critic.
Sylvie Miller et moi codirigeons à nouveau l’anthologie des Imaginales. Non, on ne peut pas encore vous dire le thème. Mais ça va être awesome, hé hé.
Il y a d’autres trucs en préparation. Il y a toujours d’autres trucs en préparation. Mais c’est trop tôt pour en parler.
Question site et blog…
Au total : environ 70 000 lectures uniques sur l’année, soit 5800 par mois en moyenne. C’est en progression et surtout plus stable qu’en 2012, ce qui était mon but : m’efforcer d’être plus cohérent, tout en continuant à me faire plaisir (ce qui est, je le rappelle, la raison d’être première de cet endroit bizarre).
J’ai réussi toute l’année à proposer quelque chose de nouveau tous les jours ouvrables (chronique, photo, etc.) Une fois l’habitude prise d’alterner mises à jour courtes et articles plus substantiels, ça se passe assez bien. Donc je continue.
Le site a changé d’hébergeur en milieu d’année pour aller chez Mistic. Après quelques permiers hoquets, ça marche cent fois mieux ; que Marcel, chef d’orchestre, soit remercié pour ses efforts et sa disponibilité. Si vous cherchez un endroit où héberger votre site, n’hésitez pas à faire vivre une petite boîte familiale plutôt qu’une grosse machine !
Je suis de retour sur Google+, sans vraie conviction je dois avouer, mais c’est ici.
Le profil Flickr commence à se nourrir doucement. C’est là.
J’ai timidement commencé à remplir les pages univers, depuis le temps que je le promets. Mais je rame. Je réfléchis encore à ce que doit proposer un tel portail, tout en évitant de me coincer en donnant des infos sur lesquelles je voudrais revenir par la suite. (Je considère que tout ce qui est publié dans un récit devient « canonique » et ne peut être corrigé par la suite. Mais tout ce qui l’entoure est toujours sujet à ajustement potentiel ; si je me mets à dévoiler ça aussi, j’ai peur de me coincer.)
Best-of 2013
Okay, auguste lectorat, qu’est-ce qui t’a le plus plu cette année question articles de blog ?
Bon, OK, j’en retiens, comme tous les ans, que tu viens ici pour lire des articles sur de la littérature et le monde du livre. Message reçu – ce serait bien que j’en fasse davantage, même si je continuerai à poster du lol. Parce que.
Sauvetage au rattrapage
Qu’est-ce qui me semble être passé un peu inaperçu et que je pourrais t’inviter à rééxaminer, auguste lectorat ?
Principalement la série Productivété, sur l’organisation du travail, de cet été, qui était peut-être un peu trop dense pour un sujet estival (après tout, c’étaient les vacances pour la plupart des gens normalement constitués).
Le diptyque sur l’objectivité dans la critique de fiction (part ouane, part deux)
Bon, c’est déjà pas mal.
Allez, on débranche pour la journée. Bon réveillon ! Joyeuses fêtes ! Ho ho ho ! Oh là là ! Alors c’est l’histoire d’une gonzesse qui…
Et voici le dernier épisode de cette série d’été sur organisation et productivité (retrouvez tous les épisodes dans l’ordre ici). Tout cela n’était qu’un tour d’horizon très sommaire ; s’il vous a sensibilisé(e) à cette problématique d’organisation et de lifehacking, il vous revient d’explorer plus avant et de tester les techniques jusqu’à trouver votre propre système.
Après avoir passé en revue outils et logiciels, je propose pour terminer une mise en situation avec une étude de cas : le, heu, mien. Désolé si cette entrée semble un peu égocentrée ; il s’agit seulement de montrer une façon parmi tant d’autres de faire fonctionner tout ça. Évidemment parce que je la connais bien, cela m’a aussi été demandé, mais surtout parce que je sais d’où viennent les procrastinateurs : j’en ai fait partie autrefois, et j’ai dû me tenir la dragée haute dans mes premières années de travailleur indépendant pour arriver à atteindre mes buts, auxquels je tenais fermement, dans un délai raisonnable.
Je raffine constamment ma méthode de travail et d’approche, ce qui la fait changer d’un semestre à l’autre, à mesure que les outils eux aussi se raffinent, que je comprends d’autres choses sur moi-même, que mes besoins évoluent. Par ailleurs, cette entrée n’est pas contractuelle. L’auteur se réserve le droit d’être occasionellement vidé, malade, crevé, déprimé et de dire « aaaah, fuck it » et d’aller boire une bière au bar du coin en attendent qu’une journée pourrie se termine pour redémarrer du bon pied le lendemain (ou surlendemain).
Quelques principes de base
Une date-butoir, c’est sacré. Il y a des gens qui m’attendent, qui comptent sur moi, qui ont des délais de fabrication et des intermédiaires qu’ils font travailler. Je suis en retard, je mets tout le monde dans la panade. Pas cool.
Writing > work. Mon travail consiste à écrire, ou à traduire, ou à anthologiser – en fonction du contrat signé en ce moment. Le reste doit s’accommoder des intervalles libres ménagés autour de ces blocs-là. Ils sont prévus, mais ne sont pas extensibles.
Life > writing. Écrire est ma vie, mais ma vie n’est pas écrire. Si cette vocation réclame un dévouement certain, elle ne doit pas prendre l’habitude d’envahir tous les aspects de mon existence au point de la réduire à une unique et interminable discussion avec Word à longueur d’année. De toute façon, tout art se nourrit de vie. Un créateur qui ne vit pas s’assèche jusqu’à devenir un petit vieux racorni qui n’a plus rien à donner que de l’aigreur, des regrets et des récriminations sur ses à-valoir trop bas. Cela n’exclut pas les coups de feu occasionnels, mais ils ne doivent pas devenir la règle.
Le travail, c’est 8h par jour. Je crois qu’un piège majeur qui guette le travailleur indépendant, qui passe ses journées chez soi consiste à brouiller la différence entre travail et repos. Certes, l’écrivain travaille en un sens en permanence (ses histoires mijotent dans le fond de ses pensées, des scènes se construisent sous ses yeux aux moments les plus incongrus), mais il y a un moment pour bosser et un autre pour débrancher le cerveau, passer du temps avec ses proches, partir dans la nature ou jouer à Dishonored. Si mon activité éconpmique est saine, je ne devrais pas avoir à bosser plus de 40h par semaine en moyenne dans une année. (Je souligne : je ne devrais pas. Les réalités du monde artistique sont très souvent différentes, mais cela n’empêche pas l’objectif à long terme d’être sensé.)
On n’arrive à rien sans se botter les fesses. Corollaire de la règle précédente. Il me semble que brouiller les limites entre travail et repos entraîne un étirement élastique du temps qui nuit à la productivité : d’une part le cerveau ne sait plus s’il doit cravacher ou glander, d’autre part, ainsi qu’on en a parlé avec la méthode Pomodoro, si l’existence devient un long tunnel de boulot flou, toute perspective de repos devient floue aussi et une résistance psychologique à la production s’installe. Me fixer un quota (tenable) de production par jour en sachant quelle est la durée de ce « jour » m’oblige à trouver les moyens d’être productif et intensément actif au lieu de me laisser aller sans me concentrer vraiment. Au final, je fais davantage, et mieux, dans un temps plus court.
Évidemment, viennent se greffer les principes de GTD et de PK, mais qui sont là plus opérationnels que des règles de vie personnelles. Par exemple, je ne travaille que sur une histoire à la fois (nouvelle ou roman). Ça me permet de rester immergé dedans et de le voir avancer.
Ce qu’on n’ose appeler un système
Vu qu’il évolue tous les six mois, je ne prétendrais pas que j’ai un vrai système, mais disons qu’à force de lectures et d’humilité, j’ai fini par faire entrer quelques bases de méthodologie dans mon mode de pensée chaotique. (Attention, je ne blâme en rien la pensée chaotique. Je la considère au contraire comme une richesse : elle permet de réaliser des associations entre éléments qu’on croirait sans rapport, nourrit la mémoire symbolique, attaque un problème simultanément par une quantité d’aspects. Je crois que si je ne pensais pas chaotiquement, je ne pourrais pas écrire, mais si je n’avais que ce mode de fonctionnement, je serais probablement juste cinglé et inapte – et je n’écrirais pas davantage ; le chaos fournit l’énergie vitale, la méthode la façonne et la canalise.)
Mes journées sont divisées simplement. Le matin, pour reprendre les paroles de Fiona McIntosh aux Imaginales (il me semble que c’était elle) je « fais l’écrivain » – je réponds aux mails, je fais coucou sur les réseaux sociaux, je poste un lolcat sur le blog, je corrige des épreuves si elles sont courtes, je passe des coups de fil s’il y a lieu, bref, je m’occupe de toutes les affaires courantes qui gravitent autour du métier mais qui ne sont pas le coeur du métier lui-même, c’est-à-dire écrire. L’après-midi est exclusivement dévouée au gros projet du moment. L’écriture, mais aussi, quand c’est le cas, traduction, anthologies, etc. Je m’organise ainsi parce que d’une part, je suis intensément monotâche, d’autre part, le matin est pour moi un lieu hostile et violent d’où je n’émerge qu’à tâtons et sans trop savoir comment. Discuter donc avec des gens, raconter des bêtises ou des préoccupations ou faire avancer tout un tas de petits trucs nécessaires est donc un excellent moyen de passer une bonne matinée (ce qui, dans ma conception de la langue française, est un parfait oxymore) en n’ayant pas besoin d’avoir la conscience aiguisée comme un Laguiole. L’après-midi, je sais que j’ai déjà fait plein de choses le matin, je suis pleinement réveillé, j’ai donc l’esprit libre pour m’isoler mentalement et faire avancer le gros projet du moment en donnant un gros coup de collier.
Mon système est un hybride entre GTD et PK. Je ne prétendrai pas être impeccablement ordonné, néanmoins je m’efforce d’appliquer les préceptes de GTD : quand quelque chose entre dans mon univers, je détermine ce que c’est – faut-il agir dessus, classer, ou bien incuber pour y revenir plus tard ? (Cette dernière catégorie occupant près de 75% de mon espace sur mon bureau, le sol de mon bureau, le haut des étagères de mon bureau. Je suis un accumulateur compulsif de « hé, ça a l’air vachement intéressant »). Je limite le nombre de projets concomitants : j’ai plein de petits slots pour des choses ponctuelles le matin, mais un seul gros slot pour un gros projet d’après-midi. Un livre, une nouvelle, une relecture à la fois. Le reste est affecté à des catégories « Upcoming » (pour les projets à venir, ou temporairement arrêtés parce qu’il ne me revient pas de les faire avancer) et « Someday / Maybe » (pour ce que j’aimerais bien faire un jour). Et tous les vendredis, ma revue hebdomadaire (qui dure parfois quelques minutes seulement) me permet de recentrer les tâches en cours pour la semaine à venir et voir si je n’ai rien raté.
Les outils
Mobiles
La base : smartphone avec forfait 3G velu et carnet Moleskine. Complétée éventuellement par une liseuse, mais surtout par une tablette également en 3G avec un clavier Bluetooth associé pour lire et travailler dans un train ou une chambre d’hôtel. Et, en cas de long déplacement (pour un volontariat à l’étranger, par exemple), un petit ordinateur portable, bien sûr, mais assez puissant pour répondre à tous les besoins d’un tel déplacement (notamment la photo).
Applications
Je m’organise principalement autour de GQueues. Je peux prendre des notes en vocal à partir du téléphone, et surtout, l’application réalise pour moi un compromis entre PK et GTD. Chaque projet est une « file » et celles-ci sont organisées en fonction de projets inactifs ou non (revenant aux catégories Ready et Doing de PK), mais aussi selon les contextes et outils particuliers recommandés par Allen (Tickler, Waiting for, etc.)
Ma file « Next Actions » va piocher uniquement dans les projets actifs (« En cours ») même si j’en ai peu l’usage étant donné que ma journée est découpée de façon assez claire. Les mots-clés me servent de contextes (ce qui est toujours en cours de construction, mais je n’en ai finalement pas trop l’usage en ce moment). J’ai introduit un mot-clé spécifique, « Starred » qui est un pis-aller : cela désigne les tâches vraiment urgentes, une sorte de drapeau rouge concernant ce qui doit être fait toutes affaires cessantes. Je n’en ai pas l’usage d’habitude (et ne devrais pas) mais, quand tout prend feu d’un coup, « Starred » me permet d’avoir une vue d’ensemble sur ce qui doit être fait là, dans les deux jours à venir, sans quoi le ciel me tombera sur la tête.
Un mot sur « Checklists et process » : une recommandation faite en passant dans GTD, mais au demeurant fort utile. Des situations semblables se reproduisent fréquemment (pour ma part, par exemple, aller en salon littéraire, en volontariat, en mer, etc.). J’ai donc des « checklists » génériques correspondant à ces situations, ce qui m’évite de repenser à chaque fois à tout ce que je dois prévoir et d’en oublier régulièrement la moitié.
Bien sûr, les tâches associées à une date-butoir m’envoient un rappel dans mon courriel, dont l’infrastructure est gérée par GMail, avec un ActiveInbox configuré d’une façon similaire à mon GQueues. (Je ne peux plus imaginer le courriel sans AIB.) Ces deux outils suffisent à conserver la trace « maîtresse » de tous mes projets en cours. Par contre, toutes les réflexions, mises à plat, décisions se font à l’écrit, avec un bon vieux papier et un crayon. Enfin, le stockage des idées ou des documents de référence sur les univers, livres etc. se fait sous OneNote, dont j’ai déjà dit tout le bien que je pense.
Évidemment, encore une fois, tout cela évolue régulièrement. Je suis dans une phase de redécouverte d’Evernote dont la capacité à tout capturer me séduit beaucoup, notamment pour les idées d’écriture. Mon problème consiste à retrouver dedans ce que j’y ai mis, ce qui revient à trouver un mode de classement intelligent, et c’est un chantier à part entière.
C’est la rentrée
Ainsi s’achève cette série estivale d’articles sur les systèmes modernes de productivité personnelle. Peut-être, honnêtement, un sujet un peu trop vaste pour neuf pauvres articles, même longs. Je veux dire, des gens gagnent leur vie en écrivant des livres et en donnant des séminaires sur le sujet : résumer la question en une vingtaine de pages tenait probablement de la gageure. Néanmoins, cette découverte (qui se poursuit toujours) m’a tant apporté au fil des ans au niveau de l’efficacité, de la réalisation et du choix des projets que je tenais à partager ces quelques pistes à ceux et celles que la démarche pourrait intéresser. Les deux regrets que j’entends le plus de la part des jeunes auteurs sont le manque de temps et d’organisation. Ce genre de système et d’inventaire aide à effectuer le tri de ce qui est vraiment important et, à partir de là, donne les armes pour atteindre les buts qu’on se fixe. Il est nécessaire d’avoir l’énergie et la volonté, mais ce sont des denrées précieuses et parfois rares ; du coup, disposer d’une organisation simple et efficace permet justement de les économiser… et de les consacrer à des fins réellement utiles : créer, et agir.
Et toi, auguste lectorat, comment travailles-tu, et avec quoi ?
La question qui revient le plus en entretiens ces temps-ci, c’est : « Et après Léviathan ? Que fais-tu ? »
J’ai une crainte chronique à parler de ce qui n’est pas signé, mais j’aime pouvoir quand même partager mes intentions et mes envies avec toi, auguste lectorat, histoire que tu saches ce qui se trame et où je compte aller… Bon, tant que nous sommes d’accord que tout cela est du travail en cours, que les priorités, les objectifs, les contrats peuvent évoluer entre l’intention d’un projet et sa réalisation finale, cela ne peut pas faire de mal de lever un peu le voile, hein ?
Je reviens à Évanégyre.
Avec Léviathan : Le Pouvoir, l’histoire de Michael Petersen s’est conclue. Mais l’univers de Léviathan et de la Voie de la Main Gauche dépasse cette trilogie, et je conçois mes univers de façon bien plus vaste que l’histoire principale qui s’y déroule. Je compte retourner à celui-là : il y a une grande histoire autour de la petite, et j’espère avoir l’occasion de la raconter. Mais le moment n’est pas encore venu ; j’ai besoin de prendre du recul sur la série et les impacts profonds qu’elle aura sur le Jeu Supérieur, de recharger mes batteries et de réfléchir à la direction que prend la narration à la conclusion du tome 3. Je sais ce que j’ai envie de faire, mais je veux laisser reposer la pâte pour prévoir les prochains ensembles narratifs. Mais Alukar, Elssa, Eldred, Puck et tous les autres ont erré sur la planète depuis des siècles, pour certains d’entre eux. Leur errance est loin d’être terminée ; leur ardence brûle de s’imposer au monde par l’intermédiaire de leur volonté inébranlable et de leur épée rituelle. Il y a d’autres mystères, d’autres enjeux, d’autres trajets.
(Après, le jeu des dates de publication et d’écriture fait que les projets sortiront peut-être dans l’ordre inverse d’écriture. Je parle simplement de l’endroit où, question création, je me trouve actuellement. S’il y a une règle importante dans ce métier, c’est d’être patient.)
C’est donc le moment pour revenir à Évanégyre, que j’ai toujours eu l’intention de continuer à développer aussi. Il y a là aussi une vaste, une très vaste histoire autour des récits ponctuels que vous avez pu découvrir, notamment La Volonté du Dragon. La bonne nouvelle, c’est qu’au stade où en sont les publications, je peux commencer à envisager de plus en plus sereinement le développement sur le long terme de cet univers-là.
« La fin de l’histoire »
Je peux annoncer qu’un premier texte court paraîtra en octobre ou novembre pour le n°1 de la revue Mythologica (dont les visiteurs de plusieurs festivals ont pu découvrir le très beau n°0), avec un long entretien avec Lucie Chenu sur cet univers, ses liens avec la fantasy au sens large, et le monde du jeu. Car ce premier numéro est consacré aux liens entre jeu de rôle et fantasy, avec un dossier dirigé par Romain d’Huissier (auteur entre autres de La Brigade Chimérique, le jeu de rôle et de Qin).
La nouvelle dont il est question sera, comme toujours, indépendante de tous les autres récits. L’Empire d’Asreth, mécaniste et technologique, s’enfonce dans la forêt vierge afin de soumettre un mystérieux peuple isolationniste, les Isendrais. Mais ceux-ci sont insaisissables et leur culture violente choque et effraie Soval Veithar, conservateur culturel, dont la mission consiste à diriger l’assimilation dans le calme. Une course contre la montre s’engage : l’Empire peut-il – et doit-il – sauver ce peuple incompréhensible de lui-même ?
Pour les aficionados de la continuité de l’univers, « La fin de l’histoire » – c’est son titre – se déroule assez tôt dans le plan de conquête impérial (bien avant La Volonté du Dragon). Elle développe également le corps de la Conservation culturelle, auquel il est fait allusion dans d’autres récits, et qui est chargé d’une mission moralement très ambiguë. Enfin, elle lève davantage le voile sur la raison pour laquelle l’Empire du Dragon s’est engagé dans ce plan de conquête mondiale…
J’en reparlerai évidemment à l’approche de la publication.
2014
Couv. Cyrielle Alaphilippe
2014 verra la publication d’un nouveau livre situé sur Évanégyre1. Il s’agira d’un épais recueil concentré sur l’ère impériale asrienne, avec au moins un court roman et plus de la moitié d’inédits. Mais mon intention n’est pas d’en faire une collection de récits de bataille, même si l’éthique de la guerre se trouve souvent au centre des récits ayant trait à Asreth. J’aimerais en profiter pour développer d’autres aspects du monde, la vie de citoyens ordinaires dans ce monde dominé par un plan de conquête, et aussi révéler des tas de surprises sur le monde qui n’ont pas encore été mentionnées où que ce soit !
Si j’ai l’énergie, mon but consisterait à terme à développer ces deux mondes en parallèle : Évanégyre et La Voie de la Main Gauche. Un projet sur lequel il me faut commencer à m’activer, c’est réaliser sur le site ces pages sur les univers ainsi que je souhaite le faire de longue date. Les deux commencent à devenir suffisamment complexes pour pouvoir bénéficier d’une petite présentation visant à satisfaire ceux qui veulent en savoir plus, comme pour les introduire auprès des nouveaux venus. Dans un premier temps, auguste lectorat, sache que, par deux adresses cachées, on peut toujours accéder :
À l’intégralité des textes relevant d’Évanégyre : http://lioneldavoust.com/ensemble/evanegyre/
À l’intégralité des textes relevant de Léviathan (La Voie de la Main Gauche) : http://lioneldavoust.com/ensemble/la-voie-de-la-main-gauche/
Et voilà. Il restera à vous parler de l’édition numérique de L’Importance de ton regard, qui se prépare aussi pour la rentrée, et de la suite de l’édition poche chez Points du Mystère Léviathan !
Comme d’habitude, sous réserve de tremblements de terre, de peste noire, de guerre mondiale ou autre cas de force majeure. ↩
Voilà. 2013 est tout neuf, on l’étrenne, on se plante encore en écrivant les dates et on doit tous changer des 2 en 3, mais on s’ y met. Après le bilan blog, celui, un peu plus sérieux, de ce qui se passe au niveau projets.
2012 a été une excellente année à ce titre ; la sortie de Léviathan : La Nuit, qui a été très favorablement accueilli et a transformé l’essai de La Chute ; la sortie de l’anthologie Reines et Dragons, co-dirigée avec ma camarade Sylvie Miller ; j’ai eu l’honneur d’être nommé coup de coeur des Imaginales ; j’ai eu le grand plaisir de participer à un certain nombre d’événements un peu différents des salons habituels, comme le colloque sur l’Antiquité à la Sorbonne ou Econo’mer à Brest. Et puis, lors de mon volontariat à Mull, j’ai vu des orques, et ça vous fait une année. (Ce serait bien que je retrouve et poste mon journal d’expédition avant l’été prochain…)
Ce que je vais faire en 2013 :
Publier Léviathan : Le Pouvoiret attendre avec angoisse et impatience les réactions sur les conclusions de la série.
Bosser sur un projet cool dont je ne peux pas encore dire ce que c’est, mais l’accord est donné et ça se fera.
Je bosse déjà sur un autre projet cool dont je peux pas dire non plus ce que c’est, mais ça sera bientôt rendu public.
Vous êtes bien avancés avec les deux lignes qui précèdent.
Re-tâter un peu de la traduction. Après le mammouth qu’aura été Léviathan, me replonger dans les mots des autres me permettra de faire un petit break.
On m’a commandé une nouvelle, qui est rendue et acceptée : ce sera de la fantasy urbaine avec des dauphins.
Le reste… se décidera au fur et à mesure ; si je disais tout ce que j’ai envie de faire, cet article ferait dix pages.
Je compte également, pour la première fois depuis une petite dizaine d’années, réarchitecturer ma routine de travail. J’ai tendance à trop me laisser accaparer par le Monde Réel (TM), tout particulièrement si je pars en débat enflammé sur un réseau social quelconque. Or, mon travail consiste à écrire des livres. (Ou traduire, ou anthologiser, etc.) Pas à me laisser accaparer par le Monde Réel (enfin, toutes proportions gardées, il vient en second). Auparavant, je laissais le Monde Réel m’accaparer le matin pour satisfaire ma tendance obsessionnelle-compulsive et j’écrivais l’après-midi ; dorénavant, afin de bien remettre au coeur de mon système ce qui, à terme, est ma seule véritable obligation (au sens d’avoir un contrat signé avec un chèque derrière et des lecteurs qui – gloire leur soit rendue – m’attendent avec des barres à mines si je ne rends pas les livres à temps) je commencerai par écrire, puis, si mon quota est rempli, alors je m’occuperai du Monde Réel – seulement en second lieu. Le raisonnement étant : si je rate un jour de blog, si je mets une semaine à répondre à un mail, ça n’est pas très grave. En revanche, si je ne remplis pas mon quota d’écriture, ça l’est – et en premier lieu pour moi, parce que ça me déprime totalement.
Mais cela ne devrait pas changer beaucoup de choses ici ni sur les réseaux, puisque je prépare de plus en plus mes articles avec un peu d’avance pour éviter la panique du dernier moment ; et ça me permet de fournir plus régulièrement aussi.
« Les temps comme les oeufs sont durs », professait ce philosophe de l’exrême qu’est Ken le Survivant (dans son immortelle version française). Cependant, pour faire ses premières armes dans le domaine de la création, il est de plus en plus courant de prendre contact avec d’éventuels professionels via Internet et les blogs.
Je suis honoré et surpris de recevoir de plus en plus de démarches en ce sens, mais j’en reçois aussi un nombre certain qui sont tournées n’importe comment.
Or, les gens publiés sont méchants, c’est connu, ils font partie d’un complot visant à étouffer la véritable création indépendante, puisqu’ils n’aident personne.
Sauf que.
Si je peux aider quelqu’un, je suis ravi de le faire, car « you can never pay back, only pay forward » dans ce métier. Mais faut quand même y mettre un minimum d’efforts. Cela ne vaut pas que pour moi – je suis plutôt cool, en fait, à part mes 10 ans de retard sur mon mail, ce qui constitue une raison parfaitement suffisante pour me vouer à une éternité en enfer -, mais pour toute démarche visant à demander un truc à un type. Et comme le bon sens n’est pas – contrairement à ce qu’affirme ce gros prétentieux de Descartes – la chose la mieux partagée au monde, enfonçons les points sur les i avec des portes ouvertes.
1. Renseignez-vous sur la personne à qui vous parlez
Je suis toujours interloqué quand je reçois des mails m’assurant d’un profond désir de travailler avec ma maison d’édition et, si je ne suis pas la bonne personne, pourrait-on parler au responsable marketing s’il vous plaît ?
Allô ?
J’ai vraiment l’air d’une multinationale ? Est-ce que j’ai seulement l’air de bosser à deux ? Il m’arrive d’avoir des stagiaires une fois par syzygie, certes, mais je n’ai guère les moyens que de les payer en nature, telle est la dure loi du monde de la création. (Je parle de livres, allons. Qu’est-ce que vous imaginez ?)
La moindre des politesses consiste à savoir à qui l’on parle. Solliciter un écrivain pour travailler pour son département artistique est un moyen assez sûr de passer pour un abruti. Pour qu’on vous réponde, assurez-vous de ne pas donner l’impression d’avoir fait un faux numéro.
2. Si vous n’êtes pas personnel, faites au moins correctement semblant
Les temps comme les oeufs sont durs, oui, alors envoyer une brouette de mails tous azimuts permet d’augmenter ses chances, non ?
Ben non. Enfin, pas forcément.
Le milieu de la création est grandement fondé sur des relations de personne à personne, non pas parce qu’on se paie en nature (quoi que fantasment les étudiants en lettres) (c’est pendant les études en lettres qu’il faut en profiter les gens, pas après) (enfin, c’est ce que j’ai entendu dire, j’ai pas fait lettres) (hein) mais parce qu’il s’agit constamment de rencontres d’univers personnels : créateurs, éditeurs avec un discours et une vision, distributeurs amoureux de la culture. Recevoir un mail standard envoyé à 10, 100, 1000 destinataires n’a guère de chances de provoquer l’intérêt.. « Salut, je veux bosser pour / avec vous. » Pourquoi ? « Parce que je suis désespéré. »
Pourquoi vous ? Pourquoi moi ? Démarcher quelqu’un, c’est certes lui demander un service, mais c’est aussi potentiellement lui apporter quelque chose. Bossons ensemble ? Yeah. Mais t’es qui, toi ?
Il ne s’agit pas de réécrire 15 pages à chaque envoi. Mais au moins, s’assurer que ce soit bien ciblé sur la personne, avec un paragraphe changeant en fonction du destinataire, histoire de montrer que vous n’êtes pas aux abois, prêt(e) à tout pour percer), peu importe avec qui. Même s’il faut se faire payer en nature.
Sachez à qui vous parlez. Ça retient l’attention. Ça peut donner envie de lancer la discussion et de s’intéresser, en retour, à vous.
3. Valorisez-vous
Vous êtes chaud(e) patate, motivé(e) à balle, remonté(e) comme un coucou suisse, prêt(e) à conquérir le monde. Vous savez ce que vous voulez. Oui ? Alors dites-le. Il y a, d’après le dernier recensement INSEE, 14,7 pétamilliards de personnes désireuses de bosser dans la création. Avec vous au milieu. Qu’est-ce que vous avez de plus ? Vous êtes vous-même. Vous avez vos idées, votre perspective, votre approche, votre personnalité. Au bout du compte, dans ce domaine, c’est ce qui compte le plus : votre vérité. Alors dites-la, for fuck’s sake. Les diplômes n’ont qu’un poids très relatif dans ce milieu, navré. Des vrais futés, débrouillards, inventifs, en revanche, je peux vous le dire : on en cherche.
N’allez pas jusqu’à exposer clairement que vous allez conquérir le monde, hein, ça fait un peu prétentieux en général et l’histoire a prouvé que ça se termine plutôt mal en général. Mais si vous avez des compétences à apporter, si vous voulez monter un projet avec quelqu’un, mettez-le – mettez-vous – en avant. Vous rêvez de bosser avec Edgar Allan Poe et vous faites du webdesign ? Écrivez-lui en lui proposant un coup de main sur ce front. Parce que, franchement, Edgar, même pas un blog et un Twitter, je te le dis, t’abuses.
4. Sachez ce que vous voulez
Vous ne savez pas ?
Arrêtez tout.
Commencez par là. Qu’est-ce qui vous différencie ? Qu’est-ce que vous apportez ? Il y a forcément quelque chose.
Il y a une constante dans le milieu artistique, du créateur au distributeur : tout le monde ici sait ce qu’il veut et pourquoi il est là. On n’arrive pas là par hasard, et surtout, on n’y survit pas par hasard : c’est une route qui nécessite de la ténacité, de la persévérance au quotidien, au nez et à la barbe de tous ceux qui vous assurent que « personne ne réussit là-dedans, voyons ». Il y a une tolérance assez mince dans ce milieu pour les personnalités poussives ou molles. Soyez proactif, démerdard. Sachez ce que vous voulez – en restant humble. Mais choisissez un cap, un rêve, un objectif. Ayez la niaque. La volonté. Agir. Si vous ne savez pas ce que vous voulez, personne ne le saura à votre place.
Permettez-vous de changer, bien sûr. C’est indispensable.
5. Répondez, même si c’est non
Corollaire de la relation de personne à personne. Les gens ne sont pas des outils, encore moins quand vous leur demandez un coup de patte. La réponse est négative ? Vous avez eu une réponse, déjà, parmi les 14,6999 pétamilliards de mails reçus par la personne. (Cela vaut aussi pour les lettres de refus personnalisées quand vous soumettez un manuscrit.) Plus encore : on vous a posé quelques questions, donné des conseils ?
Répondez, sacré bon dieu.
Le temps d’un créateur, c’est son argent. Si le type vous répond, même pour dire non, il est sympa. Rien ne l’y oblige. Remerciez-le – en deux lignes, juste pour marquer le coup. Ça montre que vous savez vivre, tout simplement. Ce n’est pas de l’obséquiosité. C’est juste se rappeler que c’est comme ça que les relations humaines fonctionnent : en se parlant.
Par contre, une chose est sûre, si vous ne savez pas vivre, ça dispose mal. Et les milieux artistiques sont très, très petits. Une incorrection ou du j’m’en-foutisme peut vous retomber sur le dos sans que vous ne compreniez d’où ça vient. À l’inverse, aux gens sympathiques et motivés, les portes, curieusement, s’ouvrent.
Comportez-vous donc comme si vous aviez votre mère perchée sur l’épaule. Ne jouez pas un rôle. Mais c’est quand même le moment de vous rappeler les leçons de savoir-vivre de votre vieille grand-tante quand elle vous rabâchait de dire « bonjour madame, bonjour monsieur ». On n’est pas des bêtes, bordel, même si on dit bordel.
Pour finir
Tout ça ne fera évidemment pas votre carrière. Mais, par tous les diables, ça peut sacrément aider à vous rendre sympathique. Et ça ne fait pas de mal, à vous, à votre entourage, à votre karma, d’être cool.
En d’autres termes plus agressfis, il faut être sacrément talentueux pour s’octroyer le droit de se comporter comme un connard. Or, comme il est toujours prudent pour un créateur d’éviter de se considérer génial, ça l’oblige à être fréquentable, et ce n’est pas plus mal. La planète ne s’en porte que mieux. Les gens sourient. Tout le monde travaille en bonne entente. Les chats se prélassent au soleil. Signature de la paix dans le monde. Clôture du trou de la couche d’ozone. First contact avec les Vulcains.
Le prochain on est d’accord c’est le dernier ? Et après ?
On est d’accord, Léviathan : Le Pouvoir conclut la trilogie et l’histoire de Michael Petersen. Toutes les questions quant au plan du Comité, l’Ombre, Léviathan, le passé de Michael et la tragédie du Queen of Alberta trouveront leur réponse. Son histoire, ainsi que celles de Masha et d’Andrew seront définitivement achevées.
Après ? Je ne sais pas encore. J’ai beaucoup d’envies et de projets.
Un entretien (long !) à vous signaler sur le site de référence Elbakin.net, réalisé par Linaka pendant les Utopiales : c’est ici. On y parle principalement de la trilogie Léviathan, de son postionnement par rapport à la littérature générale et au thriller, mais aussi de fantasy et d’évolution du genre. C’est également l’occasion de mentionner l’univers d’Évanégyre (La Volonté du Dragon) et de son avenir : pour alléger certaines craintes que j’ai pu voir en ligne, je répète que je non, je n’ai pas abandonné « Éva » (de son petit nom dans mes notes personnelles) et que j’ai le projet d’y revenir. Une nouvelle relative à l’univers devrait voir le jour l’année prochaine, afin de continuer à faire vivre ce monde.
N’hésitez pas à rejoindre la conversation sur La Chute ou cet entretien sur le fil correspondant du forum, à cette adresse.
D’autre part, une nouvelle chronique à vous signaler sur Léviathan : La Chute : c’est sur Lelitteraire.com, réalisée par Serge Perraud – chroniqueur connu des milieux de l’imaginaire – et c’est ici.
Enfin, je serai aujourd’hui en direct sur France Bleu Picardie aux alentours de 16h40 dans l’émission de Chrytel Rouchon, France Bleu vous rapproche, et vous pourrez gagner tous les jours un exemplaire du livre dans l’émission Cette Année-là de Béatrice Aptekier sur la même radio (diffusion entre 14h00 et 16h30). Voir le site de France Bleu Picardie.
J’ai toujours un peu de mal à définir l’objet « blog » (et peu importe que ça fasse peu ou prou quatre ans que l’objet existe dans mon cas). L’envie de fournir du contenu associée à ma prudence maladive quand il s’agit de parler de projets en cours n’aide pas à faire de cet endroit un véritable journal, mais je sens bien que, dans les moments actuels où beaucoup de choses s’alignent, comme des étoiles avant la remontée de R’lyeh, il pourrait être intéressant de lever le voile telle une danseuse orientale aux yeux de biche. Histoire que tu ne croies pas, ô auguste lectorat, que je suis en train de dilapider mes droits pharaoniques sur l’adaptation ciné de La Volonté du Dragon avec Peter Graves dans le rôle du généralissime Vasteth en buvant des margaritas à Ibiza (et c’est là que ma tendre moitié s’est chargée de me réveiller avec un seau d’eau sur la tronche parce qu’elle en avait marre de m’entendre parler asrien dans mon sommeil).
Faudrait-il faire une catégorie « Journal » ? Eli, eli lama sabaktani.
Alors, que se passe-t-il en ce moment sur la passerelle du navire ?
J’ai rendu le manuscrit final de « Au-delà des murs » hier ; j’ai rendu il y a une semaine celui de « Les Questions dangereuses », à paraître dans Dimensions de Capes et d’Esprits II , un gros morceau (90 000 signes) qui fut assez joussif à écrire une fois que je me suis glissé dans la voix voulue (et où je tue plein de figures historiques que j’aime pas). Deux nouveaux textes demandés ; j’ai achevé la version subdéfinitive hier de l’un et j’attaque l’autre aujourd’hui.
Ce sera juste à temps pour enchaîner sur les corrections du gros morceau, le « thriller », bien sûr – je mets thriller entre guillemets car je ne suis plus très sûr de ce qu’est ce livre. C’est contemporain, il y a des éléments du roman à suspense, il y a de l’ésotérisme, ce devrait donc être un thriller ésotérique, mais… Je ne sais pas. C’est tout ça à la fois et autre chose en même temps. C’est un projet auquel je réfléchis depuis des années et dans lequel se trouve une multiplicité de thèmes et de parcours de personnages. C’est une fresque, c’est en même temps ramassé dans le temps, c’est de l’aventure, c’est parfois violent, parfois contemplatif. Il me reste à amener ce livre au meilleur niveau possible et à espérer qu’il sache toucher ses lecteurs.
Je suis toujours extrêmement prudent quand il s’agit de parler de projets futurs ou de publications à venir, pour une foule de raisons. Tout d’abord, la plus prudente : ce n’est pas parce que vous êtes un auteur publié que vous devenez subitement génial du jour au lendemain et que tous vos textes, tous vos projets, toutes vos idées (même ce comics à l’Américaine où une super-plinthe télépathe combat le crime en observant incognito des interrogatoires de police) se trouvent magiquement retenus quelque part. Donc, ce n’est pas parce que je travaille sur un truc qu’il verra forcément le jour, et je trouve qu’il vaut mieux parler de ce qui est susceptible de voir le jour, parce que, hé, sinon, on s’en fout un peu.
Mais aussi, le milieu de l’édition – surtout petite – est sujet à bien des changements : aléas économiques bien sûr, mais aussi fatigue des volontés (les structures reposent souvent sur une ou deux personnes, mal payées, qui font un peu acte de foi), soucis personnels, etc. Pour la petite histoire, il m’est arrivé d’avoir vendu une nouvelle, d’avoir signé le contrat, reçu le chèque… et le livre n’est jamais paru (chez cet éditeur en tout cas), alors qu’il est difficile de faire plus imminent, comme publication. J’ai aussi placé des textes dans des anthologies qui ont mis plus de six ans à voir le jour, d’autres qui n’ont jamais été publiées…
Bref, je préfère annoncer trop tard que trop tôt.
Cependant, il y a maintenant un certain nombre de choses qui se profilent à l’horizon et dont je crois pouvoir parler sans trop de risques en cette fin d’année !
Évanégyre
Je compte évidemment retourner à l’univers d’Évanégyre, ce n’est pas comme si j’avais plusieurs millénaires d’histoire à raconter et dont je crève d’envie de révéler les secrets ! Sans compter que je m’engage fermement à ne pas laisser personne en plan, ni ce monde, ni vous, lecteurs qui avez apprécié La Volonté du Dragon et les nouvelles.
Une nouvelle inédite située dans ce monde devrait donc sortir en 2011 (j’en dirai plus dès que possible). Elle sera entièrement indépendante, comme tous les récits de l’univers. Cependant, ceux qui le connaissent bien retrouveront un événement qu’ils ont déjà approché, mais avec une perspective très, très différente.
J’ai envie de proposer des récits plus longs, évidemment, mais il me faut jongler avec tout le reste. Cela fait néanmoins partie de mes priorités.
Couv. Anthony Geoffroy
Dimension de Capes et d’Esprits
Rivière Blanche (l’éditeur de L’Importance de ton regard) lance sous la direction d’Éric Boissau une série d’anthologies de fantasy historique appelée Dimension de capes et d’esprits ; il y est question d’hommages à la littérature populaire, au roman historique, le tout bien évidemment mâtiné d’imaginaire. Le premier volume sort ce mois-ci (avec au sommaire Lucie Chenu, Jess Kaan, David S. Khara…), et j’aurai le plaisir de figurer au sommaire du deuxième, avec une petite novella complètement barrée où des mousquetaires un peu spéciaux s’échinent à prouver que la plume (ou le boulier) est définitivement plus forte que l’épée, et révèlent un funeste secret que l’homme ne devrait pas connaître…
Côté roman
Je travaille toujours sur le premier volume d’une série de thrillers ésotériques pour les éditions Don Quichotte : il s’y mêlera aventure, initiation et guerre secrète à notre époque. C’est un projet que je mijote depuis très longtemps, j’espère que j’arriverai à lui donner la tournure que je souhaite – et qu’il saura vous plaire à son tour ! J’espère pouvoir en dire plus très bientôt.
Côté web
Subtiles modifications et évolutions à prévoir de ce côté-là, grâce au talent de Victor, mon escl… euh, stagiaire, qui vient d’arriver, commettant la folie irréparable de voir à quoi le travail pouvait bien ressembler chez un indé. Petite présentation un peu plus digne de ce nom à venir, car il n’y a pas de raison qu’il n’ait pas un peu sa part des projecteurs, surtout vue l’aide qu’il va m’apporter dans les mois à venir !
Et sinon…
… il y a encore d’autres choses, mais je ne peux rien en dire pour l’instant, haha.