La revue Chimères s’arrête

Très triste nouvelle annoncée la semaine dernière : malheureusement, et malgré son indéniable qualité, la revue Chimères « n’a pas trouvé son modèle économique » et doit s’arrêter.

Tenir et faire vivre une revue dans le contexte économique français est extrêmement difficile (j’en sais quelque chose, à une époque pourtant plus clémente). Or, un domaine culturel a besoin d’organes de presse, d’analyse et d’information pour vivre et même offrir une porte d’entrée à de nouveaux publics. Les revues qui tiennent dans le paysage (Bifrost, Galaxies) sont historiques, et s’appuient sans aucun doute sur une solide base d’abonnements. Car c’est ce qui fait vivre et pérennise une revue, non la vente au numéro, laquelle est incroyablement ardue de nos jours en raison de la baisse des points de vente et de la féroce compétition pour les mises en place en librairie.

Chimères avait tout pour réussir avec un contenu de haute volée (Anne Besson et Victor Battagion aux commandes) et un financement participatif couronné de succès. Hélas, cet arrêt n’est pas le premier : trop souvent, des formules créatives (on se souvient de Mythologica ou, bien avant, d’Emblèmes) se heurtent à l’extrême aridité du marché. C’est un véritable gâchis, et un mauvais indicateur pour la santé de l’imaginaire en France.