Joyeux vingt ans, Elbakin.net !

Il y a vingt ans, alors que j’étais un étudiant chevelu dans sa chambre en stage qui jetait les bases d’un univers de fantasy qui allait devenir Évanégyre au lieu de boucler son mémoire pour le rendre à temps (alors, je l’ai rendu à temps, le matin même, en personne, à Rennes, faisant le trajet depuis La Rochelle de nuit avec ma voiture en pleine pénurie de carburant, me maintenant réveillé à travers le marais poitevin avec du Rhapsody of Fire à fond les ballons), je me documentais sur le genre et je me souviens vivement m’être baladé sur un site déjà pas mal orange qui avait l’idée rigolote de refléter la note des bouquins avec une petite épée plus ou longue (peut-être un peu freudien, tout ça).

Elbakin.net en 2006 d’après Wayback Machine

Vingt ans plus tard, Elbakin.net est devenu une référence incontournable du genre, La Messagère du Ciel a reçu son prix du roman francophone, et je coanime un podcast avec deux amies diffusé par son réseau.

Vraiment, je n’aurais jamais imaginé ça à l’époque où je gueulais for the king for the land for the mouuuuuntaiiiins avec un fake accent italien dans ma petite Honda en sifflant tous les cafés que je trouvais. La vie réserve de merveilleux voyages.

Merci et joyeux anniversaire, Elbakin.net ! Et aux vingt prochaines années !

2020-08-29T20:31:51+02:00mardi 1 septembre 2020|Le monde du livre|6 Commentaires

L’exposition virtuelle de la fantasy de la BnF traduite en anglais

La Bibliothèque nationale de France avait proposé l’année dernière une exposition virtuelle splendide, à la fois accessible et fouillée, sur la fantasy : avec un historique, un parcours ludique et un panorama allant jusqu’au paysage français contemporain (j’avais eu l’immense honneur de faire partie des auteurs soumis à la question).

Et maintenant :

Le site est traduit en anglais, ce qui représente un jalon d’envergure pour le travail sur nos genres à l’étranger. Merci, donc, à toute l’équipe de la BnF, d’œuvrer pour la recherche, et la littérature !

➡️ https://fantasy.bnf.fr/en/

2020-08-07T21:17:29+02:00mardi 11 août 2020|Le monde du livre|Commentaires fermés sur L’exposition virtuelle de la fantasy de la BnF traduite en anglais

Bravo à Présences d’Esprits pour le numéro 100 de sa revue

Le club Présences d’Esprits est une institution, et l’une des (si ce n’est la) plus anciennes associations de l’imaginaire français : fondé en 1992, il se forme d’abord autour des lecteurs de la regrettée collection Présence du Futur chez Denoël, mais prend son indépendance trois ans plus tard. Depuis 25 ans, le club regroupe les amateurs d’imaginaire de tous horizons, sur tous médias, organise diverses activités (comme les matches d’écriture aux Imaginales et autres festivals) et publie deux revues : AOC et Présences d’Esprits.

Couv. Pascal Quidault

Félicitations à toute l’équipe pour ce jalon majeur qui permet de revenir sur l’histoire du club, propose deux nouvelles inédites, l’une de Camille Leboulanger et l’autre d’Élodie Serrano, un dossier sur Cyrano de Bergerac ainsi que quantité d’entretiens avec des auteurs ayant côtoyé le club au fil des ans comme Mélanie Fazi, Estelle Faye, Laurent Genefort, Elisabeth Vonarburg, Aurélie Wellenstein, Jeanne-A Debats, Kriss Vila, Jean-Pierre Fontana et votre humble serviteur (j’espère n’avoir oublié personne).

Pour commander le numéro, c’est ici !

2020-07-09T11:00:16+02:00jeudi 2 juillet 2020|Entretiens, Le monde du livre|Commentaires fermés sur Bravo à Présences d’Esprits pour le numéro 100 de sa revue

Je rends ma carte de membre de la Société Des Gens de Lettres

Charles Deluvio

Rappel rapide des épisodes précédents :

  • Dans le contexte de crise actuel, l’État a débloqué des fonds d’aide d’urgence pour les artistes auteurs, et la SGDL a été mandatée pour faire l’intermédiaire.
  • La Ligue des Auteurs Professionnels a vertement critiqué la gestion de la SGDL. À tort ou à raison, ce n’est même pas le problème en l’occurence, car :
  • La SGDL n’a rien trouvé de plus intelligent que d’attaquer Joann Sfar, président de la Ligue, en diffamation pour ses critiques.

En ce qui me concerne, j’avais déjà très saumâtre le soutien de la SGDL au scandaleux projet ReLIRE, et quand j’ai fini – avec un peu de réticence – à y demander mon adhésion plus tard, j’ai découvert avec stupéfaction qu’on me demandait d’envoyer copie de mes contrats d’auteur pour valider mon adhésion.

Les contrats, c’est confidentiel. Spoiler : ils ne les ont pas eus, mon adhésion a été validée.

Aujourd’hui, je quitte donc la SGDL et ça m’économisera cinquante balles par an. Voici le message envoyé à la direction et au responsable des adhésions :

Messieurs, 

Dans le climat difficile qui secoue la profession en ce moment, vous avez décidé d’attaquer Joann Sfar en diffamation pour des propos tenus à l’encontre de votre gestion de la distribution des fonds d’urgence de l’État aux auteurs. 

Indépendamment du fait que vous entendiez dans les propos de M. Sfar des attaques qu’il n’a pas dites ; indépendamment du fait que vous trouviez, ou non, ses propos tolérables : 

Qu’il ait pu venir à la direction de la Société l’idée qu’une telle démarche, quelles que soient les circonstances, était une idée judicieuse témoigne d’une déconnexion et d’un aveuglement colossaux. 

Pour le dire sans ambages : c’est une décision obtuse à une prodigieuse diversité de niveaux de lecture, et je le dis avec d’autant plus de liberté que je ne suis pas membre de la Ligue des Auteurs Professionnels. 

Vous comprendrez que je ne saurais rester adhérent d’une Société qui entend me représenter avec des décisions obtuses. 

Je vous remercie donc dès réception de ce message, conformément à la législation en vigueur, de : 

– Radier mon nom de vos listes de membres. 

– Supprimer mon et nom et coordonnées des bases de données des membres de la SGDL. 

– Supprimer mon espace adhérent. 

– Résilier tout mandat de prélèvement correspondant aux frais d’adhésion à la Société. 

Je comprends que par cette action, je me prive de tous les services ouverts par la Société, sans contrepartie et malgré l’adhésion déjà payée pour l’année en cours. 

Lionel Davoust

2020-05-27T21:23:55+02:00jeudi 28 mai 2020|Humeurs aqueuses, Le monde du livre|2 Commentaires

Où l’auteur gagne-t-il le plus en numérique ?

Une question toute simple qui a été posée sur Twitter, mais qui mérite bien qu’on s’y attarde juste un peu. En ces temps étranges et pénétrants, beaucoup de lecteurs et lectrices commandent en numérique, et plusieurs désirent réserver la meilleure marge à l’auteur – joie et salutation, merci à vous.

Du coup : où l’auteur gagne-t-il le mieux sa vie en numérique ?

Par ordre décroissant, et en règle générale :

  • Via les liens directs que l’auteur peut éventuellement proposer sur son site, qui sont fréquemment des liens d’affiliation (psst heyyyy psst) (fonctionne aussi pour le papier, d’ailleurs) ;
  • Via l’éditeur directement s’il possède une boutique en ligne (la distribution directe, que ce soit en numérique ou papier, réserve toujours une meilleur marge à l’éditeur, souvent répercutée vers l’auteur en numérique) ;
  • Partout ailleurs (directement sur les plate-formes, donc).

2020-04-18T18:23:19+02:00mercredi 22 avril 2020|Best Of, Le monde du livre|Commentaires fermés sur Où l’auteur gagne-t-il le plus en numérique ?

Le rapport Racine est disponible

On l’attendait tel Godot, et on commençait en effet à se demander s’il arriverait, mais le voici : le rapport sur la condition des artistes et auteurs, liés aux mutations des secteurs économiques, est en ligne.

Comme toujours, il va falloir attendre qu’il soit examiné par les spécialistes, et que s’ouvrent les débats qu’il est censé générer, mais je trouve qu’un optimisme prudent est permis. Dans le récapitulatif des conclusions, je relève par exemple, dès la deuxième phrase, en gras dans le texte (toutes les emphases sont ici de mon fait) :

La mission relève ainsi un phénomène déjà ancien de fragilisation des conditions de vie et de création des artistes-auteurs, aggravé récemment par des facteurs conjoncturels, tandis que les artistes-auteurs demeurent insuffisamment organisés pour faire entendre leur voix et que les pouvoirs publics ne les prennent qu’imparfaitement en considération dans leurs politiques.

Y a un peu tout, là.

J’avoue que ça me fait plaisir aussi de discerner dans un rapport officiel, pour une fois, une approche des mutations technologiques qui ne soit pas à côté de la plaque, au contraire :

De même, la désintermédiation et la diffusion à grande portée des œuvres grâce aux plateformes font courir un risque de surproduction et de destruction de valeur, sans résoudre le lien de dépendance des artistes-auteurs envers les acteurs de l’aval.

Cette expression « les acteurs de l’aval » revient plusieurs fois et décrit bien la situation des auteurs, à la fois à l’origine de la chaîne, et dans des relations de dépendance complexes (et bien souvent précaires) vis-à-vis à d’elle. Pour ce qui est de la destruction de valeur, oui, mille fois oui : cet article sur la course vers le bas de la perception de la valeur, et sa relation au marketing, va fêter ses dix ans et je reste 100% convaincu de ce que j’y dis (beaucoup moins du ton employé, mais hé, faut bien mûrir à force). Voir ici pour un parallèle plus récent avec le jeu vidéo.

Le rapport met en avant quelques mesures à prendre avant tout autre travail, je retiens pour ma part :

  • l’organisation rapide d’élections professionnelles qui permettront de donner corps et légitimité au Conseil national des artistes-auteurs à créer […]

  • conforter l’artiste-auteur au niveau individuel, en mettant à l’étude sans délai la définition d’un contrat de commande prenant en compte le travail de création […]

Si je suis un peu dubitatif par la constitution d’encore un corps professionnel (un remède très français : y a un problème ? Commençons par ajouter une commission en espérant que toutes les autres accepteront de s’y fondre), d’autant plus que le rapport signale l’illisibilité générale des structures du domaine, je lève les oreilles avec intérêt à l’idée de refondre la structure des contrats.

Samantha Bailly :

Donc, maintenant, les infos sont là, les recommandations aussi, les chantiers nécessiteront forcément du temps et des débats entre tous les représentants, mais si cela se concrétise, cela pourrait représenter une grande rénovation du métier.

2020-01-23T01:42:47+01:00jeudi 23 janvier 2020|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Le rapport Racine est disponible

La fantasy : un site événement chez la Bibliothèque nationale de France

Attention, énorme travail : la Bibliothèque nationale de France vient de mettre en ligne un site splendide, à la fois jeu, exposition virtuelle et essai sur le genre de la fantasy, depuis ses sources jusqu’à son essor contemporain. Avec une immense équipe où l’on retrouve bien sûr Anne Besson (autorité en France, directrice du Dictionnaire de la Fantasy), un splendide habillage graphique et un contenu à la fois fouillé et accessible, c’est une magnifique célébration du genre (et l’idéal pour une entrée en matière, et expliquer à ta grand-mère en quoi, oui « Harry Potter » c’est de la vraie littérature).

Et notons également une belle place réservée à la fantasy française (qui des choses à faire valoir !), un retour sur son historique et des entretiens brefs avec des auteurs, traducteurs, membres du milieu associatif (comme Elbakin.net) (dont j’ai eu l’honneur de faire partie).

Merci à la BnF pour cette splendide réalisation et à toute l’équipe, et pour le focus effectué sur notre genre depuis plusieurs mois (rappelons le dossier de la revue, l’année dernière, portant sur la construction de mondes imaginaires). Une saison entière réservée à la fantasy est en cours, avec expositions et conférences.

2020-02-10T01:09:11+01:00mardi 21 janvier 2020|Entretiens, Le monde du livre|1 Comment