Octobre est à nouveau le mois de l’imaginaire

Petite piqûre de rappel (c’est de saison…) : à présent que nous pouvons recommencer à sortir, octobre est à nouveau le mois de l’imaginaire. N’hésitez pas à vous rapprocher de vos acteurs locaux (notamment les librairies) : il y a probablement des tas d’événements, dédicaces, publications attendues grandes et petites qui se déroulent dans votre région. Et évidemment, cette année, les Imaginales se déroulent du 14 au 17 octobre.

Quel retour faire sur cette initiative quatre ans après son lancement (2017) ? Je n’ai évidemment pas de chiffres et je ne vois les choses que de mon petit bout de lorgnette (même pas par le petit bout, c’est dire) mais le mois de l’imaginaire me semble bien implanté à présent dans le rythme de l’année. Est-ce que c’est le miracle qui a d’un coup rendu les genres visibles sur l’intégralité des cartes intellectuelles, jusqu’aux plus hautes instances des plateaux télé ? Évidemment que non, mais cette attente était un brin déraisonnable. La visibilité et la reconnaissance d’un courant se construisent sur la durée et sur une constellation d’initiatives de ce type (même si l’imaginaire représente par ailleurs la première culture mondiale, une réalité qui n’a pas attendu qu’on la constate). Le mois de l’imaginaire célèbre les genres pour tout notre public – ce qui en fait déjà une belle fête – et il donne un rendez-vous clairement identifié aux médias généralistes (qui n’en connaissent pas toujours les spécificités) ainsi qu’aux grandes institutions. Et tous les ans, il remet le couvert. C’est un effort de fond, comme celui qu’accomplissent les festivals, les libraires, les associations, les blogs, les passionné·es. C’est tout le but, et ce sont les efforts de fond qui font progresser les choses.

2021-09-26T11:30:08+02:00mercredi 29 septembre 2021|Le monde du livre|0 commentaire

L’Ouest Hurlant, nouveau festival d’imaginaire rennais au printemps 2022

Du 28 avril au 1e mai, pour être exact, et c’est vraiment très chouette qu’une nouvelle manifestation d’envergure se monte autour de l’imaginaire, et tout particulièrement à Rennes, où la communauté est particulièrement active. Je suis tout spécialement honoré de parrainer le festival aux côtés d’Estelle Faye, sous la direction artistique de Xavier Dollo pour qui le poste est idéalement taillé car il connaît à peu près tout, tant sur l’imaginaire lui-même que ses métiers, puisqu’il a tout fait et fait tout, de l’écriture à la direction d’ouvrage en passant par l’édition et la librairie. Sa passion et la totalité de son expérience en font absolument l’une des personnes les mieux placées en France pour une telle mission, et à titre purement personnel, je suis juste enchanté qu’elle lui soit confiée, tant pour lui qu’égoïstement pour nous toutes et tous, parce que ça va juste être trop bien.

L’une des nombreuses qualités amenées par Xavier dans cette manifestation est un accent super enthousiasmant sur la transdisciplinarité : tant au niveau des rencontres entre le public, le milieu professionnel et la recherche universitaire, que de la pluralité des médias, fiction, jeu, illustration, essais… On parle pas mal en ce moment de s’efforcer de faire tomber les murailles et les frontières qui isolent les cultures de l’imaginaire, et avec une grande et belle manifestation comme celle-ci qui s’annonce, c’est sûr qu’on va pouvoir se rencontrer et converser, et que ça va être hyper cool.

Vous l’aurez compris, je suis très, très sérieusement hypé, et ravi de me trouver associé à cette initiative, parce que ça ne pourra être que super convivial et extrêmement riche. Ce long article récapitule l’approche et la profession de foi du festival, et donc, rendez-vous au printemps prochain en Bretagne, ce sera the place to be !

➡️ Lire l’article annonçant l’Ouest Hurlant

2021-07-28T16:21:48+02:00jeudi 5 août 2021|Le monde du livre|4 Commentaires

Camille Leboulanger sur Alain Damasio et le privilège de la création

J’avais raté cet article de Camille Leboulanger et c’est bien dommage car il est à la fois d’une concision et d’une pertinence parfaites :

Dans une interview parue 02 avril dernier dans la revue Livres Hebdo, Alain Damasio, questionné à propos de ses relations aux « difficultés rencontrées par des auteurs », donnait la réponse suivante :

« Je ne me sens pas touché en raison du corporatisme que cela représente. D’abord, il y a tellement d’autres secteurs dans la merde et qu’il faut mieux aider. En second, je pense que nous produisons trop. Certains écrivent sans avoir la nécessité vitale de le faire. À un moment donné, même si on est très brillant, on ne se renouvelle pas assez. Je n’ai pas envie de défendre tout ça, ce n’est pas prioritaire. Pouvoir créer est un privilège. » […]

Alain Damasio, dans cette intervention, paraît donc considérer son travail comme essentiellement différent de celui de la majorité des autres auteurs, comme de tous les autres travailleurs. Ce faisant, il personnalise, incarne (involontairement, on le souhaite, à défaut de l’espérer vraiment) le mythe libéral du créateur mystique, hors des choses matérielles de ce monde, rentier que pousse une inspiration mystique.

Alors, pouvoir créer est-il un privilège ? Les auteurs légitimes sont-ils des êtres essentiellement différents des autres êtres humains ? Cette position, en tout cas, semble bien peu compatible avec les valeurs humanistes qu’Alain Damasio se targue de représenter.

Graissage de mon fait, car c’est exactement ce qui, pour le dire poliment, me fait fumer les narines dans les interventions récentes d’Alain Damasio1.

Tout l’article vaut votre lecture (encore une fois, il est rapide) ; la démonstration est brillante et limpide. Et elle est calme et civile, ce dont, en toute honnêteté, je n’aurais pas forcément été capable.

  1. En fait, pas si récentes, puisque je râlais déjà il y a trois ans.
2021-06-21T09:14:29+02:00jeudi 17 juin 2021|Juste parce que c'est cool, Le monde du livre|2 Commentaires

Les Aventuriales lauréates du prix de l’action culturelle de la SOFIA

Et ça me fait un énorme plaisir pour cet événement et pour toute l’équipe, qui porte depuis des années un festival chaleureux et accueillant dans un cadre mignon comme tout (le village de Ménétrol, à deux pas de Clermont-Ferrand) ! Et voir un festival d’imaginaire distingué par une structure publique comme la SOFIA, ça fait spécialement chaud au cœur pour les genres.

Un immense merci, aux Aventuriales de promouvoir si haut les plaisirs de l’imaginaire, et un grand bravo !

Source | Site des Aventuriales

2021-06-11T11:14:16+02:00mercredi 16 juin 2021|Le monde du livre|3 Commentaires

Plus d’un mois après la mise en cause de l’éditeur Stéphane Marsan par Médiapart, des autrices de Bragelonne ont pris leur décision : si aucune enquête sérieuse n’est menée, elles partent

Plus d’un mois après la mise en cause de l’éditeur Stéphane Marsan par Médiapart, des autrices de Bragelonne ont pris leur décision : si aucune enquête sérieuse n’est menée, elles partent.

Depuis la publication de l’article Médiapart le 21 avril 2021, aucune enquête interne n’a été menée sur les accusations de harcèlement sexuel visant Stéphane Marsan, laissant à penser que la société Bragelonne n’entend pas respecter son obligation légale de sécurité prévue par l’article L-1153-5 du Code du travail.

Dans une action commune inédite au sein du monde de l’édition française, huit autrices de la maison d’édition rappellent la société à ses obligations.

Lire la suite.

Ce communiqué de presse est important. Il est à lire ici.

Actualitté et 20 Minutes s’en sont fait l’écho.

2021-05-29T11:05:42+02:00lundi 31 mai 2021|Le monde du livre|3 Commentaires

Quelques notes sur l’affaire Stéphane M.

J’interromps le rythme plan-plan d’une publication par jour à 10h30 pour parler de quelque chose de beaucoup trop grave.

Quand on est un mec évoluant dans un milieu professionnel donné depuis un certain nombre d’années (plus de vingt, maintenant) et qu’éclatent sur ledit milieu des révélations comme celles de Mediapart, il me semble, même quand on a choisi d’observer l’équivalent d’une retraite numérique loin des tumultes du monde, que l’on est tenu de dire un mot, parce que le silence, autrement, frise de manière extrêmement dangereuse la complaisance.

D’abord, piqûre de rappel exhaustive (je ne ferai pas de récapitulatif – allez aux sources) :

Pour être honnête, en première approche, je ne voyais pas quoi ajouter d’intelligent, si ce n’était que, comme dit plus haut, le silence s’apparente pour moi à de la complaisance. Mais de quelle position réagir ? Je n’ai jamais travaillé avec Bragelonne que pour une poignée de traductions de nouvelles avec un directeur d’ouvrage extérieur il y a des années.

D’autre part, tout comme je m’en remets au processus scientifique dans la quête de la vérité, j’ai tendance à m’en remettre aux processus judiciaires et, donc, à rester en général dans la réserve.

Que diable fous-je ici, alors ?

Parce que justement, il faut sortir de la réserve.

Dans son droit de réponse, Stéphane M. en appelle à la présomption d’innocence et rappelle que « la propagation publique de rumeurs […] a des conséquences irréversibles telles que le suicide, à l’instar d’une affaire récente » (pas forcément le meilleur parallèle à employer si l’on veut clamer son innocence, franchement, mais bon). Je ne souhaite nullement la mort ni le déshonneur à qui que ce soit ; c’est mon vernis bouddhiste, même si je crois puissamment aux principes d’ordre et de rétribution dans une société qui cherche à maintenir l’harmonie (voir Compassion, mais prison).

Mais, comme le rappelle Stéphanie, la presse est entièrement légitime à enquêter et recueillir des témoignages, et ce n’est pas incompatible avec la présomption d’innocence. Et dans un monde parfait, on laisserait la justice (et les processus scientifiques) décider sur des bases purement factuelles avec une confiance absolue en leur objectivité ; tout cela serait fort bel et bon si les recours légaux et les innombrables biais défavorables envers tout ce qui n’est pas mec cis blanc hétéro n’existaient pas, or, au risque de clamer une énorme évidence, ben non. Et c’est toute la racine du problème. Le monde n’est pas un idéal platonicien ; on peut y aspirer, mais dans l’intervalle, la vie (et les victimes) se préoccupent de l’ici et maintenant, et l’ici et maintenant, c’est que quantité d’hommes en position de pouvoir se permettent des comportements intolérables en croyant à leur impunité, et que le système, bien trop souvent, la leur accorde encore.

News flash : la balance demeure énormément en la défaveur des victimes. Ben voui. Cela a été dit quantité de fois mais cela vaut la peine d’être répété (si vous avez besoin d’un exemple récent, rappelez-vous le GamerGate) : oser parler d’une agression nécessite un courage énorme et les victimes ont la plupart du temps beaucoup plus à perdre qu’à gagner quoi que ce soit. S’offusquer de #MeToo et des dénonciations qui agitent la parole publique, c’est bien sympa, c’est très joli théoriquement, et dans un monde parfait, on règlerait toutes nos affaires dans un système équilibré (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas travailler d’arrache-pied à cet objectif de civilisation). Mais c’est du raisonnement de privilégié qui ne voit pas le problème puisqu’il n’y est pas sujet : c’est s’offusquer contre son nerf sciatique enflammé alors qu’en fait on a toujours eu les pieds en-dedans. Le problème n’est pas la réaction, bordel, c’est la cause !

S’offusquer de #MeToo et de tous les mouvements dénonciateurs sur les réseaux ou des articles comme celui de Mediapart au titre de « quand même, rendez-vous compte la présomption d’innocence » n’est valide que si la dynamique sociale offre de réels recours officiels et sans risque contre les harcèlements et agressions.

Offusquez-vous donc de la société qui ne laisse pas le choix d’employer de tels moyens parce que le silence est trop lourd face aux dynamiques de pouvoir et qu’il n’y a, littéralement, pas d’autre manière d’être entendu·e que de frapper un grand coup de poing sur la table.

Très franchement, le droit de réponse de Stéphane M. m’a glacé. Alors que les femmes ayant témoigné quant aux comportements dont elles ont été victimes l’ont souvent fait sous couvert de l’anonymat, il identifie en retour très clairement chacune d’entre elles, laissant un horrible goût de « t’as vu, je sais où t’habites ». En le lisant, j’ai eu l’impression de lire l’exacte preuve des dynamiques prédatrices dénoncées.

Reprenons. Que diable fous-je ici, donc ? Déjà pour exprimer tout ça. Parce que, comme le dit Stéphanie Nicot, je crois résolument qu’on ne peut avancer qu’ensemble. Et, là aussi, ce sont des évidences (mais le fait qu’on doive les dire montre qu’en fait non) : d’une, pour partager toute ma révolte ; de deux, pour dire toute ma compassion et ma solidarité aux personnes qui se trouvent, ici ou ailleurs, à subir et à devoir naviguer à travers des dynamiques de pouvoir et de domination sexuelle là où d’autres ont le merveilleux luxe d’en être ignorants et de ne pouvoir se préoccuper que de leur boulot – et donc, « de ne pas voir où est le problème ».

Et du coup, pour déclarer très clairement que si vous ne voyez pas le problème, ce n’est pas qu’il n’y en a pas, hein. C’est que vous devez, de toute urgence, apprendre à voir en quoi ces dynamiques puent la charogne. Et si vous avez du mal, parce que houlà, ça vous secoue un peu les préjugés quand même, eh bien, restons dans des domaines de fiction : commencez par regarder The Morning Show, que, humblement, j’ai trouvé renversant d’intelligence et d’écriture (et aussi de tragique humanité).

Une pétition a été mise en ligne pour exprimer clairement le désir de voir les choses changer. C’est ici.

Note de service : je laisse pour l’instant les commentaires ouverts, mais je les surveille avec une claymore à la main, et je modérerai avec tout l’énervement d’un Highlander face aux Anglais ; je les fermerai sans préavis si je juge que ça part en sucette. Merci de toujours rester excellent·es envers les unes et les autres.

2021-05-02T19:14:26+02:00vendredi 30 avril 2021|Le monde du livre|28 Commentaires

Les Imaginales sont repoussées à l’automne

C’est triste (phrase qu’on emploie vraiment trop en ce moment), mais essayons de prendre le peu de bon côté qui nous rste, nous pouvons nous préparer bien à l’avance : les Imaginales ne se tiendront pas cette année au printemps, mais du 14 au 17 octobre, pendant le mois de l’Imaginaire. Espérons que d’ici là, les vaccins auront suffisamment circulé, que nous puissions retrouver une forme de normalité et qu’on puisse toutes et tous se retrouver sous la bulle du livre !

Notez la date !

2021-02-13T12:23:08+01:00mardi 16 février 2021|Le monde du livre|4 Commentaires

Pour la première fois, une catégorie Jeu Vidéo dans les prix Hugo (mais temporaire pour l’instant)

C’est chouette, mais j’ai quand même envie de dire qu’il était temps (à vrai dire, je pensais naïvement que c’était déjà le cas) :

Pour mémoire, les prix Hugo font partie des prix les plus prestigieux de l’imaginaire mondial, décernés par vote des membres de la World Science Fiction Society (même si, comme ce sont les participants aux Worldcon qui votent, cela concerne dans l’écrasante majorité des cas des œuvres en langue anglaise, donc cela concerne surtout l’imaginaire étasunien…). DisCon III est la convention mondiale de cette année.

En revanche :

C’est donc temporaire pour cette année car :

Les prix Hugo étant pluridisciplinaires (on y trouve des catégories podcast, cinéma, télé), il me paraît incompréhensible que la catégorie jeu vidéo, en 2020, n’existe pas encore. C’est le média où l’imaginaire domine littéralement l’ensemble de la production (de Mario à Silent Hill en passant par WarCraft, EVE Online et Monkey Island), la porte d’entrée principale vers ces univers pour toutes les jeunes générations ; reconnaître cette forme comme faisant partie de la famille me semble non seulement indispensable, il y a urgence. Le jeu vidéo ne parle pas que d’imaginaire en 2020 l’année mondiale des confinements (et il le fait souvent brillamment – Gris, Journey, Hellblade: Senua’s Sacrifice…), c’est l’un de ses vecteurs majeurs depuis littéralement toujours. (Le jeu vidéo se démocratise dans les années 1980… soit il y a près de quarante ans.)

Si cette catégorie ne devient pas permanente après une délibération et un vote qui tiennent de la formalité, je ne comprends pas.

2020-12-07T18:34:58+01:00mercredi 2 décembre 2020|Le monde du livre|4 Commentaires

L’exposition fantasy de la BnF en ligne s’enrichit pour Halloween

On ne dirai jamais assez de bien (et on ne répercutera jamais assez) le travail titanesque accompli par la Bibliothèque nationale de France autour de la fantasy – 

Cliquez pour y aller !

– exposition virtuelle qui est maintenant disponible en anglais, pour mémoire.

À l’occasion d’Halloween, l’exposition enrichit son contenu autour des sorcières, des monstres, des sorciers : tous les albums sont disponibles ici, et pour tout visiter, une seule adresse :

➡️ https://fantasy.bnf.fr/

2020-10-25T10:38:24+01:00mardi 27 octobre 2020|Le monde du livre|Commentaires fermés sur L’exposition fantasy de la BnF en ligne s’enrichit pour Halloween

Joyeux vingt ans, Elbakin.net !

Il y a vingt ans, alors que j’étais un étudiant chevelu dans sa chambre en stage qui jetait les bases d’un univers de fantasy qui allait devenir Évanégyre au lieu de boucler son mémoire pour le rendre à temps (alors, je l’ai rendu à temps, le matin même, en personne, à Rennes, faisant le trajet depuis La Rochelle de nuit avec ma voiture en pleine pénurie de carburant, me maintenant réveillé à travers le marais poitevin avec du Rhapsody of Fire à fond les ballons), je me documentais sur le genre et je me souviens vivement m’être baladé sur un site déjà pas mal orange qui avait l’idée rigolote de refléter la note des bouquins avec une petite épée plus ou longue (peut-être un peu freudien, tout ça).

Elbakin.net en 2006 d’après Wayback Machine

Vingt ans plus tard, Elbakin.net est devenu une référence incontournable du genre, La Messagère du Ciel a reçu son prix du roman francophone, et je coanime un podcast avec deux amies diffusé par son réseau.

Vraiment, je n’aurais jamais imaginé ça à l’époque où je gueulais for the king for the land for the mouuuuuntaiiiins avec un fake accent italien dans ma petite Honda en sifflant tous les cafés que je trouvais. La vie réserve de merveilleux voyages.

Merci et joyeux anniversaire, Elbakin.net ! Et aux vingt prochaines années !

2020-08-29T20:31:51+02:00mardi 1 septembre 2020|Le monde du livre|6 Commentaires

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