Elbakin.net a besoin de votre aide

Elbakin.net, site de référence de la fantasy mais également association bénévole, diffusant un certain nombre de podcasts – dont Procrastination – traverse quelques difficultés financières.

Comme beaucoup de structures bénévoles, Elbakin.net traverse une période un peu plus compliquée que d’habitude, notamment sur le plan financier. Vous avez pu remarquer notamment l’absence de publicités sur le site depuis de longs mois. Dans l’absolu, c’est bien, mais… nous avons un serveur à payer, entre autres (hébergement des podcasts, etc…) Rien d’alarmant pour autant : nous n’avons pas de besoins colossaux ni d’objectif irréaliste à atteindre. Mais pour continuer à faire vivre le site dans de bonnes conditions (et sans trop de stress), assurer l’hébergement, les outils techniques, et plus largement la pérennité de nos activités, votre soutien peut faire la différence.

C’est un monument du paysage de l’imaginaire français qui fait énormément pour le genre, et qui diffuse également ses podcasts gratuitement pour la production comme le poditoire. Vous profitez de Procrastination sans payer ni publicités, et nous ne payons rien de notre côté pour le service de diffusion : tout ça, c’est grâce à l’association.

Si vous pouvez leur donner un petit coup de pouce, c’est le moment. Vous pouvez :

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2026-02-24T09:14:52+01:00mardi 24 février 2026|Le monde du livre|0 commentaire

La revue Chimères s’arrête

Très triste nouvelle annoncée la semaine dernière : malheureusement, et malgré son indéniable qualité, la revue Chimères « n’a pas trouvé son modèle économique » et doit s’arrêter.

Tenir et faire vivre une revue dans le contexte économique français est extrêmement difficile (j’en sais quelque chose, à une époque pourtant plus clémente). Or, un domaine culturel a besoin d’organes de presse, d’analyse et d’information pour vivre et même offrir une porte d’entrée à de nouveaux publics. Les revues qui tiennent dans le paysage (Bifrost, Galaxies) sont historiques, et s’appuient sans aucun doute sur une solide base d’abonnements. Car c’est ce qui fait vivre et pérennise une revue, non la vente au numéro, laquelle est incroyablement ardue de nos jours en raison de la baisse des points de vente et de la féroce compétition pour les mises en place en librairie.

Chimères avait tout pour réussir avec un contenu de haute volée (Anne Besson et Victor Battagion aux commandes) et un financement participatif couronné de succès. Hélas, cet arrêt n’est pas le premier : trop souvent, des formules créatives (on se souvient de Mythologica ou, bien avant, d’Emblèmes) se heurtent à l’extrême aridité du marché. C’est un véritable gâchis, et un mauvais indicateur pour la santé de l’imaginaire en France.

2026-02-09T05:21:29+01:00lundi 9 février 2026|Le monde du livre|0 commentaire

Une Worldcon à Nantes en 2032 ?

La convention mondiale de science-fiction (Worldcon) est l’un des événements professionnels et semi-professionnels les plus importants du milieu dans l’année : elle rassemble toute la profession du monde entier, à travers tous les médias, et voit la remise des prix parmi les plus prestigieux du milieu à l’échelle mondiale.

Depuis la première Worldcon en 1939, aucune ne s’est jamais tenue en France. Elles oscillent habituellement entre les grands pays anglophones (US, UK, Australie) avec quelques exceptions comme la Chine en 2023 ou la Finlande en 2017, sachant que ce sont les participants à la Worldcon de l’année n qui votent pour le lieu de l’année n+2, parmi un éventail de candidatures possibles. Ce qui revient principalement à s’efforcer de séduire le fandom américain, qui reste majoritaire dans les Worldcons. l a brièvement été question il y a quelques années d’en tenir une à Nice, et aujourd’hui, la ville de Nantes affirme son intérêt pour 2032, avec une équipe emmenée par Axelle Rozr, François Gabory et Anouk Arnal. L’expérience construite autour des Utopiales formera assurément un atout : meilleurs voeux et toute l’énergie du monde pour ce grand projet !

Au passage, trois candidatures sont en lice actuellement pour l’année 2028 : Nuremberg, Brisbane (Australie) et Kigali (Rwanda). Même s’il serait fantastique d’avoir pour la première fois une Worldcon en Afrique, ma fierté-bientôt-binationale fait que je suis forcé de pencher pour Brisbane, qui se situe seulement à 1800 km de chez moi tout en restant dans le même pays.

2026-01-12T04:40:59+01:00lundi 19 janvier 2026|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Une Worldcon à Nantes en 2032 ?

Pierre Bordage

Je hais écrire ces articles qui portent un nom comme titre. Le temps qui passe les multiplie et les rends plus proches. C’est la marche de l’existence, et une occasion, dans le grand schéma de l’existence, de remercier les circonstances d’avoir pu rendre ces noms justement plus proches.

Mais merde.

Je devais avoir 14-15 ans quand mon plus proche pote, CSN, avec qui on lisait de la SF (les maîtres anglophones, principalement) et s’échangeait des bouquins en pillant les bibliothèques respectives de nos pères, me montre un jour un livre moyen format qu’il a déniché justement dans celle du sien. « Regarde, me dit-il, c’est un Français. Parce que les Français aussi écrivent de la SF, en fait. Apparemment, c’est vachement bien, mais aussi assez vachement différent de ce qu’on lit. J’ai commencé, effectivement, c’est pas pareil, mais c’est cool. Je te dirai. »

Le bouquin était évidemment Les Guerriers du Silence.

Ce n’est que notre histoire à CSN et moi, mais ça dit, à notre humble échelle, toute l’envergure de Pierre.

J’ai eu la chance, bien plus tard, de rencontrer Pierre, de travailler avec lui dans le cadre des anthologies des Imaginales, de partager des tables de festivals. Chaque fois, à chaque rencontre, il y avait le gars de 14 ans en moi dans la chambre de CSN : « c’est incroyable ce qui se passe, c’est trop génial, j’ai tellement de chance », et je faisais tout mon possible pour planquer mon masque de fanboy. Parce que vous devez savoir qu’en plus d’être un incroyable écrivain, un conteur dont le souci, le respect et, oserai-je, l’amour réel et fraternel, humain, du public qui fait partie de mes modèles et mes aspirations, Pierre était un homme d’une gentillesse profonde et extrêmement drôle. Vous connaissez l’envergure de son œuvre, mais j’oserais dire, sans l’avoir vraiment connu personnellement, que ça n’était pas par hasard, étant donnée la curiosité, la réflexion, l’humilité qui rayonnaient au cours de ces fortunées rencontres.

Je ne crois pas avoir grand-chose d’intelligent ou d’important à vous dire de plus. CSN et moi sommes des adultes chauves à présent, la marche de l’existence avance inexorablement, j’ai la gorge serrée, et c’est injuste que des gens avec un aussi grand cœur que Pierre finissent par s’en aller.

Touam (Hervé Agnoux), CC BY-SA 4.0
2026-01-12T05:41:55+01:00mercredi 14 janvier 2026|Le monde du livre|5 Commentaires

Une clause anti IA pour les contrats d’édition

Le 30 septembre dernier, journée internationale de la traduction, vous avez peut-être vu passer des appels de la profession à se mobiliser contre les modèles de langage dits IA pour tous les dangers qu’ils représentent en termes de biais, de diversité culturelle, de pérennité des professions littéraires et d’impacts environnementaux et sociaux.

Un premier exemple de clause interdisant, de la part des auteurs, tout recours à ces technologies en rapport avec leur travail, nous vient du monde anglophone. Je n’en propose pas de traduction parce que je préfère qu’un·e juriste s’y colle plutôt que risquer une version non bétonnée qui pourrait être reprise, cependant il me semble que nous devrions tous inclure ce genre de paragraphe dans nos contrats. Et vu combien cette clause est raisonnable, je trouve que cela ne devrait pas susciter de débat.

The Publisher may not use artificial intelligence in any manner in relation to this Work, including to reproduce, translate, narrate and/or produce art for the Work without the Proprietor’s express permission, nor does the Publisher have the right to sublicense others to use artificial intelligence in any manner to reproduce, translate, narrate, and/or produce art for the Work without the Proprietor’s express permission. Furthermore, the Publisher will not use cover or interior artwork generated by artificial intelligence. In addition, the Proprietor expressly prohibits the Publisher from using the Work in any manner for purposes of training artificial intelligence technologies to generate text, including without limitation, technologies that are capable of generating works in the same style or genre as the Work. The Proprietor reserves all rights to license uses of the Work for generative artificial intelligence training and development of machine learning language models. The Publisher will use best efforts to include a limitation in any sublicense of the Work prohibiting the use of the Work for training and developing generative artificial intelligence technologies.

2025-10-07T08:32:06+02:00mercredi 8 octobre 2025|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Une clause anti IA pour les contrats d’édition

Philippe Ward

Certains noms ont bâti des pans entiers de l’imaginaire français. Comme beaucoup, beaucoup d’autres, il m’avait donné ma chance, avec conseils avisés et encouragements sans complaisance, et, comme beaucoup, beaucoup d’autres, je lui dois une part importante du démarrage de ma carrière. Un pilier du milieu, qui nous a quittés le 11 septembre dernier, laissant le métier entier en deuil.

Rappelez-vous donc Philippe Ward. Un grand homme, par la taille et l’œuvre, au merveilleux accent ariégeois connu de tout le fandom et d’une gentillesse absolue, nouvelliste et romancier d’importance (multilauréat du prix Masterton, lauréat des prix Ozone, Ayerdhal, du prix ActuSF de l’uchronie pour la saga Lasser coécrite avec Sylvie Miller, et d’autres encore). Également le cofondateur des éditions Rivière Blanche en 2004, qui ont à la fois ressuscité l’esprit d’une littérature d’aventure disparu avec le Fleuve Noir de l’époque, et fait confiance à des ouvrages parfois audacieux, avec un profond souci de recherche des nouvelles voix du domaine. Entre autres, « Rivière » a longtemps porté des recueils de nouvelles qu’il aurait été impossible de placer ailleurs (qui d’autre aurait accepté le recueil d’un auteur tel que moi, qui n’avait à l’époque qu’un roman en préparation ?). Philippe et Rivière Blanche ont offert pendant de longues années à la nouvelle d’imaginaire et au roman d’aventure populaire des places qu’il était extrêmement difficile de trouver ailleurs, et ces formes ont survécu, puis se sont épanouies grâce à lui et cette maison.

Merci, Philippe. Jeunes générations qui passez par ici, si son œuvre tant littéraire qu’éditoriale et patrimoniale ne vous est pas encore familière, partez à la découverte de son univers, et sachez combien l’imaginaire français lui doit beaucoup !

2025-09-20T10:05:17+02:00lundi 22 septembre 2025|Le monde du livre|2 Commentaires

Elbakin.net fête ses 25 ans, avec une toute nouvelle version du site

Quand j’avais une vingtaine d’années et qu’au lieu de travailler sur mon mémoire d’ingénieur, je procrastinais en créant les premières briques d’un monde de fantasy appelé Évanégyre, je me baladais beaucoup sur un site déjà très touffu pour approfondir mon éducation sur le genre. Vingt-ans plus tard, c’est assez fou de me dire que je produis un podcast qui entre déjà dans sa dixième année diffusé par ledit site, qu’il m’a fait l’immense honneur de sa distinction, et que BON DIEU VINGT-CINQ ANS –

Ce site, c’est évidemment Elbakin.net, qui s’est pour l’occasion totalement rajeuni avec une toute nouvelle version (notamment adaptée aux terminaux mobiles !).

La navigation a été également revue et optimisée pour l’occasion (avec des sections récapitulatives pour les podcasts – vous trouverez toutes les archives de Procrastination ici), et profitons-en pour glisser au passage que les finalistes des prix de l’année viennent d’être annoncés.

Joyeux anniversaire, Elbakin.net, merci pour tout votre travail autour du genre ! On pourra lire ici l’article d’Emmanuel Chastellière récapitulant ce quart de siècle.

2025-09-09T23:28:14+02:00lundi 8 septembre 2025|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Elbakin.net fête ses 25 ans, avec une toute nouvelle version du site

Fileas, une plate-forme gratuite pour suivre ses ventes de livres

Gratuite pour les auteur·ices, en tout cas, à condition de justifier de son identité1 :

Quelques camarades signalent avoir eu du mal à se faire vérifier, mais rien à signaler pour ma part : l’outil est rapide et fonctionne.

… par contre, « bien », quand on est auteur·ice d’imaginaire, c’est une autre histoire. Les données de Fileas sont basées sur celles de GfK, qui sont extrêmement peu fiables dans notre cas, en raison de l’importance des points de vente indépendants et de leur absence fréquente dans les statistiques. Dans mon cas, les chiffres signalés sont colossalement sous-estimés (un tiers de la réalité dans le meilleur des cas), au point qu’ils ne veulent pas dire grand-chose, même en tant qu’ordres de grandeur. Fileas annonce cependant viser l’intégration d’autres sources de données l’année prochaine.

Tant que ces nouvelles données ne seront pas incluses, je n’en aurai guère l’usage (et j’imagine que ce sera le cas d’une grande part de l’imaginaire français), mais : l’outil a le mérite d’exister, il est gratuit, et surtout, il vient tout juste de sortir. Espérons qu’il se développe…

… ou que l’on puisse un avoir un jour un accès direct et automatisé à nos chiffres de vente. Toutes mes maisons d’édition actuelles me les fournissent sur simple demande en cours d’année, et gloire à elles – mais cela ne va hélas pas forcément de soi partout.

➡️ Fileas

  1. Avec un processus un peu hasardeux à base d’envoi de scan de pièce d’identité, mais bon, ça n’est pas comme si la France avec un système unifié de vérification fondé sur les services publics, hein ?
2025-04-29T15:43:30+02:00mercredi 7 mai 2025|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Fileas, une plate-forme gratuite pour suivre ses ventes de livres

Après le compte d’auteur, le compte d’auteur augmenté par l’IA, car c’est 2025 et plus rien n’a de sens, j’imagine

Nouvel arrivant sur le marché des vampires dévorant les rêves et les aspirations des jeunes auteur·ices pour leur promettre monts et merveilles à condition de payer : Spines aspire à sortir 8000 livres en 2025, relus, maquettés et illustrés par l’IA, à condition bien sûr que l’aspirant·e auteur·ice accepte de cracher jusqu’à 5000$ pour le privilège.

Dans les mots des fondateurs :

It’s a self-branding process. Let’s say you want to leave a mark, or a legacy… most people publish a book, not because they want to make a living from that. It’s their hobby. (C’est une question d’identité de marque personnelle. Imaginons que vous vouliez laisser votre empreinte, ou un témoignage… la plupart des gens ne publient pas un livre parce qu’ils veulent gagner leur vie avec. C’est leur loisir.)

Et prétendent avoir obtenu sept best-sellers, dont six sur les sept ont moins de trente avis Amazon – OK, ça n’est pas forcément un indicateur sûr, mais mes amis, plusieurs de mes bouquins dépassent ce nombre et, au risque de briser totalement vos rêves et vos illusions, il se trouve que je ne suis pas un best-seller ultraplanétaire. Je sais, c’est un choc.

Rappel simple :

  • Vous pouvez vous autoéditer, vous diffuser presque aussi simplement sur les plate-formes, et rester en possession de l’intégralité de la gestion de vos droits sans débourser un rond. Vous pouvez en faire un métier ou un loisir selon votre degré d’engagement, publier ce que vous voulez, laisser votre empreinte si c’est votre but, sans passer par des techbros qui se prétendent disrupteurs de l’eau tiède
  • Il existe des packs de correction grammaticale et syntaxique type Antidote qui font un excellent taf sans employer les outils du technofascisme émergent
  • On ne paie pas pour se faire éditer
  • Payer les gens, comme les illustrateur·ces ou des correcteur·ices, pour leur travail, c’est la base de la décence et la fondation d’un cercle vertueux dès qu’on se pique de création

Ils ont levé 16 millions. Au doigt mouillé, je prédis que les auteurs ne verront pas de lecteurs, et que les investisseurs ne verront pas de dividendes, parce qu’il faut être en phase terminale de capitalisme pour imaginer que cracher à la chaîne 8000 bouquins est une idée empreinte du moindre putain de sens.

2025-04-21T16:31:18+02:00mercredi 23 avril 2025|Le monde du livre|2 Commentaires

Les Utopiales perdent un financement historique, la région Pays de la Loire coupe trois quarts du budget culturel : signez la pétition

J’ai attrapé une crève qui me prend le cerveau à tous les sens du terme, donc je vais être un peu léger en éloquence et en subtilité (pour être honnête, je ne suis pas dans un état capable d’imaginer plus modéré que des images de guillotine), mais : la culture, c’est la civilisation.

La région Pays de la Loire annonce TROIS QUARTS de coupe de son budget culturel (73%), soit 100 millions d’euros, quand la politique d’austérité du gouvernement n’en exige que 40. C’est un coup proprement criminel contre l’avenir, une honte sans nom, une vision court-termiste stupide alors que la présidente de la région, Christelle Morançais se gargarisait encore dans le programme des Utopiales d’une « ambition de rendre la culture accessible à tous ».

Dans ce contexte, les Utopiales perdent leur financement historique, à hauteur de 15% de leur budget.

Une pétition contre cette décision inique circule, avec déjà plus de 100 000 signataires : je ne peux que vous inviter à faire entendre votre voix.

➡️ Signer la pétition « mobilisation des artistes et professionnels de la culture contre les sévères coupes budgétaires envisagées par la Région »

2024-12-13T05:38:43+01:00mercredi 11 décembre 2024|À ne pas manquer, Le monde du livre|Commentaires fermés sur Les Utopiales perdent un financement historique, la région Pays de la Loire coupe trois quarts du budget culturel : signez la pétition
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