De retour à Melbourne, après mes 35h de métro aérien. Un immense merci à vous pour tous les échanges, votre gentillesse, votre passion pour 65 Maladresses des jeunes manuscrits (il s’en serait vendu près d’une centaine rien que sur les Imaginales), votre compréhension samedi du festival avec le coup de chaud. Je suis maintenant en hiver, sous la pluie, avec la floraison imminente des wattles (sorte de mimosa).
En début d’année, j’avais annoncé que je ne donnais plus de date pour la sortie de La Succession des Âges (« Les Dieux sauvages » V) entre autres pour ma santé mentale. N’ayez crainte, tout va bien, mais je sors d’un gros trou. En retour, j’avais pris deux engagements :
- Je ne travaille que sur ce roman en forme longue. Je peux, pour m’aérer l’esprit, faire un essai (65 Maladresses des jeunes manuscrits) ou des projets courts (nouvelles, bande originale de court-métrage), mais la forme romanesque longue est La Succession des Âges, rien d’autre.
- Vous donner des nouvelles d’où en sont les choses.
C’est ce qu’on va faire maintenant. Où en est le bouquin ?
Le premier jet est achevé aux 4/5 (il reste quand même une longueur considérable à couvrir, vu l’ampleur du bidule), tout est planifié, et j’ai fait mes passes de corrections sur environ 3/5, conduisant à dégraisser 600 000 signes (soit la moitié de La Messagère du Ciel…) rien qu’en concision, efficacité, impact narratifs. J’ai continué sur cette lancée, mais je suis à présent confronté à des difficultés d’écriture que je n’ai jamais eu sur un bouquin de taille « normale » (1-1,5 millions de signes) : le souffle de certaines trames narratives.
J’en ai notamment identifié une qui était calibrée pour fonctionner sur un bouquin « normal » mais qui, sur 3 millions de signes probables à terme (environ 1600 pages), nécessite une nouvelle passe narrative. Il faut entre autres y insuffler davantage de complexité et d’humanité pour y trouver le contraste central à l’exercice du roman, ce qui me donnera l’élan indispensable pour amener ce pan de l’histoire jusqu’à la ligne d’arrivée.
Cependant, comme cela va altérer la dynamique de cette trame, c’est un travail de reprise que je dois faire maintenant pour savoir « où » écrire sa fin, et comment elle interagira avec les autres trames, ce qui se produit énormément sur le dernier cinquième du roman. C’est donc le travail du moment, puis reprendra la rédaction du dernier cinquième.

Deux fous excellentes volontés, attentives et connaissant bien la saga, se sont porté volontaires pour rejoindre l’équipe de bêta-lecture (les fous volontés habituelles étant déjà passées sur l’ancienne version). Je les remercie déjà profondément, parce qu’elles ne savent pas dans quoi elles mettent les pieds…
Il y a une autre trame qui nécessitera le même travail pour la muscler un peu, mais cela concerne uniquement son univers intérieur, et elle est pour ainsi dire écrite. Cela attendra la phase de corrections finales, avant remise aux bêta-lecteur·ices et à Florence Bury, ma courageuse, fantastique, exigeante directrice d’ouvrage sur Évanégyre.
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