Rendez-vous à Livre Paris !

Exactement ! Ce week-end, c’est le salon du livre de Paris, renommé en livre Paris, et j’y serai pour le week-end sur le stand de la librairie Critic.
Les horaires de présence :

Exactement ! Ce week-end, c’est le salon du livre de Paris, renommé en livre Paris, et j’y serai pour le week-end sur le stand de la librairie Critic.
Les horaires de présence :
Oh, une chronique de film, ça faisait longtemps1.
Or doncques, la nouvelle ait gentiment fait frémir le monde du film de sabre : la suite du succès planétaire Tigre et Dragon allait être produite par Netflix et sortir exclusivement sur la plate-forme de diffusion en ligne de l’Américain. C’est chose faite depuis vendredi, et alors : ça vaut le coup ?
Longtemps après les événements du premier film, Shu Lien (jouée par Michelle Yeoh, l’héroïne du premier volet) se rend à la maison Té pour les funérailles de son patriarche. Or, la maison est dépositaire de la légendaire épée Destinée, que veut s’approprier le maître maléfique de clan du Lotus de l’Ouest, Hades Dai. La défense s’organise…
… et je peux m’arrêter là pour le pitch, en fait. Méchant très méchant (il s’appelle Hades, c’est donc écrit dessus, et en plus il est chauve) veut l’Arme Ultime, et faut pas. Wala. Même si ce qui prime dans le film de sabre moderne, c’est l’esthétique, les chorégraphies, on peut regretter un peu la minceur de l’argument ; néanmoins, on joue rapidement le jeu, car ce second volet assure un quasi sans faute sur le plan graphique. Si le premier Tigre et Dragon avait pour ainsi dire apporté l’esthétique du film de sabre au grand public occidental, ce second volet la pousse plus loin (mais c’est nécessaire, car 16 ans ont passé) et offre de très jolies trouvailles, comme un affrontement au milieu de porcelaines qui doit se dérouler dans le silence au risque de réveiller la maisonnée ou un superbe duel nocturne sur un lac gelé. On se situe dans l’excellente moyenne de ce qu’on est en droit d’attendre en 2016 au niveau de la créativité et des moyens.
Viennent même se greffer par-dessus un personnage aux allégeances ambiguës, le retour d’un autre qui incarne un passé révolu, un quatuor de personnages secondaires avec des personnalités attachantes (presque davantage que leurs styles de combat ; on en vient à regretter qu’ils soient finalement si secondaires) et quelques dilemmes moraux qui cherchent à donner une épaisseur au scénario (sans toutefois y parvenir totalement). Michelle Yeoh et Donnie Yen sont égaux à eux-mêmes – convaincants – et on retrouve avec grand plaisir cette Chine mythique et romancée. Même si l’on voit venir les revirements bien à l’avance, le plaisir est au rendez-vous simplement parce que le film capitalise entièrement sur son action – et avec succès.
Ce Tigre et Dragon 2 sait donc ce qu’il est – un film de sabre – l’assume totalement, reste dans les codes, et remplit le contrat. Bien sûr, il ne provoquera pas le même choc qu’à la sortie de son ancêtre – le film de sabre a été découvert depuis longtemps dans nos contrées, Hollywood en a partiellement assimilé l’esthétique – et son relatif manque d’ambition scénaristique le prive d’un souffle épique qui l’aurait hissé à la hauteur du génie visuel et poétique d’un Hero où la simplicité narrative tenait rôle d’épure. Ce n’est donc pas un chef-d’oeuvre, mais une suite qui ne fait pas honte à son ancêtre, et se montre donc entièrement recommandable.
Il s’organise beaucoup de belles choses à Lyon, grâce à la Faquinade et son Vil Faquin qui, en plus de proposer des analyses et chroniques fouillées, organise en conjonction avec de nombreux partenaires de qualité événements et rencontres. Et là, c’est un colloque universitaire qui se construit sur un week-end entier, autour de la figure du héros :

Une très belle initiative, où conférences alterneront avec des débats ; la publication d’actes est à l’étude. (Pour ma part, je m’interrogerai sur la déconnexion potentielle qui existe entre un outil d’analyse a posteriori tel que le trope « héros » et l’impulsion réelle au fil de la création.)
Organisé les 16 et 17 avril 2016 dans les locaux de la librairie Trollune, à Lyon, le Colloque du Héros a pour but de proposer une réflexion poussée sur la figure du héros dans les littératures populaires et, bien entendu, dans la société qui produit cesdites littératures. Le colloque a pour but d’explorer toutes les facettes de la figure du héros dans les littératures de l’imaginaire mais aussi dans la culture populaire. –> Page Facebook.
Les interventions seront publiques et suivies de débats. Une publication papier des actes du colloque sous forme d’un essai est actuellement en étude et dépendra de la réussite du projet.
Le but est de proposer à des auteurs de venir nous rejoindre et de préparer des interventions autour de thèmes qui nous permettront d’explorer ces deux problématiques : comment le héros s’inscrit-il dans la narration et dans l’environnement du roman ? & Que reflète-t-il de la société qui le produit ?
Cette année les auteurs invités sont :
- Le Samedi : Stefan PLATTEAU – Des héros multiples, ou la place des personnages dans la construction romanesque. / Lionel DAVOUST – Protagonistes et conflits: le héros, un outil de création ou bien une grille de lecture ? / Alex NIKOLAVITCH – Les Héros épiques contemporains : us et abus du voyage initiatique.
- Le Dimanche : Patrice LOUINET – Dans l’ombre de Conan, ou comment un héros a occulté son auteur / Raphaël COLSON – Le héros, l’héroïne et le groupe dans les récits post-apocalyptiques. /SoFee L. GREY – Le genre de l’héroïne dans la littérature populaire.
Mais ce projet, pour se réaliser dans de bonnes conditions, a besoin de soutiens : une campagne de financement participatif a été ouverte sur Ulule, avec de réelles contreparties intéressantes, notamment pour ceux et celles qui ne pourront faire le déplacement (enregistrements audio des interventions, livres dédicacés, exemplaire des actes…). N’hésitez donc pas à soutenir, dès 5€, ce projet sur la page correspondante ! Et à suivre son actualité sur Facebook.
Joie. Oui, joie, car le festival du livre de Rennes, Rue des Livres, se porte fort bien : il se pérennise d’année en année, et conserve son entrée gratuite, ce qui mérite salutations et embrassades. J’y serai à nouveau cette année sur le stand de la glorieuse librairie Critic, avec Port d’Âmes, bien évidemment, mais aussi les livres plus anciens ; j’espère t’y voir en masse, auguste lectorat, et nous deviserons.
D’autre part, dans le même cadre, j’ai l’honneur d’être invité par Arnaud Wassmer sur RCF Alpha pour son excellente émission Regards sur la Culture, avec Anaïs Billaud, directrice de Rue des Livres. Ce sera en direct jeudi 10 mars à 11h, avec rediffusion de l’émission le même jeudi à 20h et le samedi 12 à 18h30. Cela s’écoute évidemment sur les ondes, ou bien en ligne.
Infos pratiques ? Mais oui madame, il y en a un peu plus comme des horaires de présence – je laisse ?
À très vite !
Hop, cela fait un petit moment que c’est passé et j’ai laissé filer l’information : récemment, Ballistic Frogs et moi avons fait un petit cadeau à tous les joueurs de Psycho Starship Rampage – il y a une nouvelle piste dans le jeu, comme ça, parce que pouf. Elle était en fait restée dans les cartons, inachevée au moment de la sortie du jeu, mais cela aurait été dommage d’en rester là, et puis c’est simplement une manière de dire « merci ! » à vous tou-te-s qui avez soutenu le jeu et l’aimez (on en est à « Very Positive » au niveau des avis sur Steam, et ça fait énormément plaisir).
Pour en savoir plus sur cette piste et la suite des événements (notamment la distribution commerciale de la bande-originale), c’est sur cet article du site Wildphinn. Pour un court extrait, c’est dessous :
Tous les ans, le site de référence ActuSF
fait le tour des auteurs et éditeurs pour leur demander au cours d’un mini-entretien leurs projets à venir pour l’année. On en a déjà parlé ici (notamment de la trilogie à venir « Les Dieux sauvages ») mais cela se trouve donc résumé sur la page de l’entretien idoine.

Bon, il a déjà été question plusieurs fois de la méthode Getting Things Done – « S’organiser pour réussir » – en ces lieux de perdition, notamment pour le petit tour d’horizon sur la productivité de l’été 2013 et le court article sur la version 2015 du livre. Comme tous les aficionados des méthodes de productivité sans effort, j’ai tenté plusieurs fois d’installer un système GTD propre, d’observer son fonctionnement, pour tomber du train en marche à l’issue d’une durée plus ou moins variable, mais tenant chaque fois plus longtemps, et apprenant de ces échecs. Avec quantité de casquettes – écriture (plusieurs projets en cours), traduction (plus cours à la fac), conférences et ateliers, musique (ce qui entraîne une certaine maintenance), sans parler des aspects personnels – les chances d’oublier quelque chose augmentent exponentiellement et le besoin de rigueur se fait d’autant plus sentir.
Aujourd’hui, en vérité je te le dis, auguste lectorat, David Allen est descendu de son podcast éthéré pour me parler en vision chamanique, et j’ai vu Sa lumière.
J’ai compris1. J’ai installé un vrai système GTD comme il faut et je commence à en ressentir les effets comme jamais auparavant. Et je vais te parler, auguste lectorat, de ce qu’il faut faire, et ne pas faire, pour que ça marche, et enfin éviter de tomber du train. Si tu demandes de quoi je fichtreparle, l’article d’origine sur GTD se trouve ici. (C’est, en gros, la méthode de travail et d’organisation personnelle la plus universelle et la plus efficace, qui génère une sorte de culte outre-Atlantique.)
L’erreur principale, que tout le monde commet, consiste en général à croire que GTD se personnalise tout de suite. Qu’on peut en enlever ou en altérer des morceaux dès le début parce que certains volets semblent contre-intuitifs (« Quoi ? Une weekly review de deux heures ? J’ai autre chose à faire ! »), stressants (« Mon dieu, inventorier tous mes engagements ? ») ou inutiles (« T’es mignon avec la recommandation d’acheter une étiqueteuse, mais un bic et des vieilles étiquettes jaunies feront l’affaire »).
Sauf que non. Tout, dans GTD, est à la fois nécessaire et suffisant. À la relecture du livre pour la troisième ou quatrième fois depuis quinze ans, pour avoir tenté plusieurs fois d’en tirer les bénéfices, je me rends compte combien David Allen a mûri sa réflexion et n’a rien incorporé dans son livre qui soit superflu. GTD fonctionne comme un tout, c’est ce qui le rend difficile à adopter, mais c’est aussi ce qui le rend particulièrement efficace et cohérent une fois le pas franchi. Mais on ne peut se passer de rien. Voici, auguste lectorat, les erreurs que j’ai testées et désapprouvées :
Ne pas se procurer un panier d’entrants (« in-basket« ). Sous prétexte qu’on est « tout numérique », on s’imagine pouvoir se passer de cette directive. Sauf que nul n’est encore tout numérique – on continue à recevoir du courrier papier, des colis, des tickets de carte bleue et des cartes de visite. Parquer ces informations dans un espace physique réservé à cet effet, où l’on sait qu’elles sont destinées à être traitées, procure une sérénité absolue, et c’est pourtant tout bête.
Ne pas inventorier tous les engagements en cours. En général, on l’évite parce que c’est anxiogène ; nous avons tous quantité d’engagements, dont une bonne partie est informe, ou non reconnue, ou non acceptée. Se forcer à les regarder en face, à décider qu’il faut faire quelque chose à leur sujet (ou laisser tomber) met à jour quantité de stress qu’on refuse d’affronter – la poussière sous le tapis est inoffensive, n’est-ce pas ? Faux. Ces engagements informes pèsent sur la psyché et, en plus, on tend à les ignorer dans l’estimation de la charge de travail, ce qui peut générer davantage de stress encore quand des obligations surgissent. Au minimum dans le domaine professionnel et pour toutes les obligations envers autrui, cet inventaire est capital.
Ne pas consacrer deux heures à sa récapitulation hebdomadaire (« weekly review »). On ne le dira jamais assez, la weekly review est un pilier fondamental de GTD, mais en plus, il faut la faire en profondeur. Deux heures paraissent interminables (« Je n’ai pas deux heures à y consacrer : j’y passerai déjà dix minutes et ce sera bien ») et perdues, mais c’est, absolument, tout le contraire. La weekly review m’a littéralement gonflé à chaque fois que j’ai tenté un processus GTD, jusqu’à tenter de le suivre à la lettre, et c’est là que son importance m’est apparue. Aujourd’hui, franchement, deux heures me semblent presque trop courtes pour le faire bien. Ces deux heures sont un investissement – réfléchir à son fonctionnement et à ses priorités pour la semaine à venir autorise à fonctionner en pilote semi-automatique, même quand on a peu d’énergie. On les récupère au double, voire au triple, par la paix mentale qu’elle procure ensuite.
Ne pas être un ayatollah du processus GTD. « Ouais, GTD c’est cool, mais franchement, c’est rigide. » Sauf qu’Allen le répète, quoique un peu trop discrètement : cette rigueur, cette assurance que les détails du quotidien sont gérés de façon systématique libèrent l’esprit pour une pensée de plus haut vol – générer des idées – et c’est absolument critique dans le cas d’un auteur ou d’un créateur de manière générale. Ce qui conduit à l’écueil suivant :
Croire que GTD vise à gagner du temps. Le mot productivité évoque souvent une vision tayloriste du travail, où il s’agit de produire davantage, plus vite. C’est la face émergée de l’iceberg : oui, GTD clarifie le travail et aide à mieux rentabiliser le temps (en fournissant à l’avance une liste de tâches possibles dans certaines circonstances limitées, par exemple), mais ce n’est pas là que réside son intérêt. Dans un de ses podcasts (car je suis converti au point d’écouter les podcasts, oui, j’en suis à ce stade de la religion), Allen explique que GTD ne vise pas à donner du temps en plus mais de l’espace mental. C’est-à-dire débarrasser l’esprit de toutes les tâches de gestion du quotidien et de rappels qu’il fait de toute façon très mal pour lui confier du mieux possible les tâches qu’il fait bien : réfléchir et créer – qu’il s’agisse d’un plan de roman ou d’une proposition industrielle. GTD ne rend pas tellement plus productif parce qu’il rend plus efficace – il rend plus productif parce qu’il libère l’esprit, et donc rend plus efficace.
Un seul amendement possible à mon sens consiste à collecter d’un seul coup tout ce qui traîne dès l’implémentation. Pour beaucoup – dont moi – c’est trop. Ma vie, mon appartement sont littéralement des in-baskets. Dans ce cas, je crois qu’on peut récupérer tout ce qui est en souffrance, mais n’est pas urgent, au fur et à mesure. Par défaut, tout ce qui a été repoussé sine die peut attendre encore. Là où il faut faire attention, c’est bien collecter ce qui est en cours, urgent ou limité dans le temps. Une fois qu’on a appris à gérer cela, on peut se rajouter de la complexité en ajoutant, en plus, les pièces qu’on a laissé traîner depuis parfois des années.
J’en suis là de mon parcours. Mais, depuis que je l’ai vraiment implémenté, et que je continue à raffiner mon implémentation, je commence à sentir cet « espace mental » promis – il y avait longtemps que je n’avais bouillonné d’idées à ce point, honnêtement – et surtout, je mesure combien il est indispensable de systématiser le travail au quotidien, pour cesser de penser à ce que l’on doit faire, pour penser, simplement à ce que l’on fait.