« Les Dieux sauvages » percés à jour

Enfer et damnation ! La vérité a percé ! Je pensais avoir habilement dissimulé les enjeux de la série à travers des titres hautement symboliques, mais ce ticket de caisse envoyé par un lecteur vend la mèche !

Je n’ai plus le choix. Il ne me reste qu’à révéler les véritables titres de la série. Avant La Verrue du Fleuve, le premier s’appelait en réalité La Boulangère du Réel. Les suites s’intituleront respectivement L’Assureur Délétère et le volume 4, Les Rivages du Peer-to-Peer. 

Je suis pas dans la mouise.

2018-03-27T10:18:33+02:00mardi 27 mars 2018|Expériences en temps réel|6 Commentaires

Considérations lexicales oisives dans le cadre d’Évanégyre

Illus. Fred Navez

Une fois n’est pas coutume, mais cela peut le devenir. Évanégyre prenant de l’essor avec la publication prochaine de La Messagère du Ciel (18 mai, pour mémoire), le portail univers dédié commençant à se préciser un peu et étant invité au congrès Boréal pour parler spécifiquement de construction d’univers de fantasy, je pensais commencer à discourir peut-être un peu plus en profondeur de cet aspect-là du travail.

Dire qu’un auteur se préoccupe du sens des mots et de leur justesse est un truisme (gruiiik), mais pour un auteur d’imaginaire, la difficulté est peut-être double. En effet, non seulement il faut se préoccuper de leur justesse, mais il convient de se soucier de leur adéquation à un contexte fictif pour lequel, par définition, les règles sont celles établies par le récit.

Et, dès lors que l’on cherche à proposer un univers fictif imaginaire cohérent et auto-suffisant, on se heurte à quantité de questions passionnantes, mais qui peuvent rapidement parasiter le travail principal – la narration d’une bonne histoire. Après tout, pourquoi les années devraient-elles être découpées en mois, semaines de sept jours, rythmées par des saisons semblables aux nôtres ? Pourquoi, la réponse est relativement immédiate : pour apporter une forme de familiarité au lecteur dans un contexte caractérisé par la différence, et que si, pour arriver à suivre une chronologie, il faut réapprendre les mois de l’année, les noms des jours, et s’habituer à des heures durant 172 minutes qui ne font pas elles-mêmes 60 secondes, le lecteur risque fortement d’abandonner avant que l’histoire n’ait accompli son premier pas.

Tolkien a immensément défriché le champ de la création lexicale et linguistique dans le contexte de la création d’un univers imaginaire. (Il l’a même tellement défriché qu’il a piqué la moissonneuse-batteuse, l’a conduite jusqu’à l’autre bout de la commune et se prépare à attaquer les champs du département d’à-côté tandis que le reste d’entre nous est encore en train de se demander par quel bout tenir la faux sans se blesser.) Une notion, dans la création de la Terre du Milieu, m’a toujours semblé apporter une élégante solution à ce problème. Le Seigneur des Anneaux est censé être une traduction (par Tolkien lui-même) d’un récit historique, Le Livre rouge de la Marche de l’Ouest, rédigé par Frodo et Bilbo. Cela donne une justification à l’emploi de référents « terrestres » : on ignore peut-être ce qu’étaient unités, noms à l’origine ; mais le « traducteur » aura obligeamment fait tout le travail pour rendre le récit compatible avec le monde du lecteur. D’ailleurs, Tolkien avait fourni des directives à ses traducteurs (en d’autres langues terrestres) expliquant quels noms étaient « signifiants » en anglais et nécessitaient donc une adaptation (Baggins devenant Sacquet ou Bessac par exemple) et lesquels ne l’étaient pas (parce que dérivant typiquement d’une autre toponymie ou étymologie que celle de l’anglais, comme les langues elfiques).

Forcément, étant traducteur par ailleurs, cette approche ne peut que me ravir, et j’avoue l’avoir adoptée dans le for intérieur de moi-même dans la création et la rédaction d’Évanégyre. Certaines langues fictives du monde existent à des niveaux de développements plus ou moins poussées – tout particulièrement celle de l’Empire d’Asreth. (On m’a parfois demandé s’il y avait une erreur ou un repentir avec les deux graphies du nom : Asreth dans La Volonté du Dragon, Asrethia dans Port d’Âmes, changements de l’un à l’autre au fil de La Route de la Conquête. C’est au contraire parfaitement volontaire et cette simple syllabe a une signification énorme, qui sera expliquée un jour, lors d’une visite ultérieure à la période concernée.) Il existe au minimum, pour la plus infime ethnie d’Évanégyre, des syllabaires pour la simple cohérence des noms et sonorités.

La traduction de l’imaginaire offre son lot de défis uniques au domaine (ce sera une histoire pour un autre jour). L’un d’eux, en particulier, concerne le rapport de la langue cible (celle vers laquelle on traduit) à sa propre étymologie. (La traduction – et l’écriture – de romans historiques présente le même défi.) Pour faire simple, si je traduis un nom commun dans un contexte historique, il faut que je m’assure de ne pas employer de termes modernes. Ce qui paraît une évidence. « Je vous recontacte » (en plus d’être un anglicisme moche) fera très bizarre à la cour de Louis XIV. Alors, bien sûr, on ne parlait pas exactement le même français à la cour de Louis XIV qu’au XXIe siècle, et un style romanesque relativement simple aujourd’hui constitue déjà un anachronisme, mais c’est là l’effet de réalité qu’on vise. Et donc, il s’agit, dans l’exercice de la traduction, mais aussi de l’écriture, de ne pas employer de termes trop modernes. Typiquement, de jeter un œil à leur étymologie et de voir si c’est cohérent avec la période dépeinte (ou qui semble dépeinte dans le cas d’une inspiration fantasy).

Le défi se retrouve dans l’écriture, bien évidemment. Dans un cadre de fantasy – plus spécifiquement la société post-apocalyptique revenue à l’époque médiévale de la trilogie « Les Dieux sauvages » – puis-je dire « être au courant » ? Que dire de l’expression « autant / au temps pour moi » ? Quid de la connotation moderne potentiellement malheureuse du verbe « afficher », comme « afficher une expression », qui peut faire penser à nos écrans ?

Auguste lectorat, critique potentiel, sache que les mots et expressions ont été pesés au mieux de ma compétence, et que les éventuels anachronismes n’en sont pas nécessairement.

Que parler de « citoyen » ou de « nation » dans le cadre de la Rhovelle des Âges sombres (des notions qui évoqueraient plutôt chez nous l’après Révolution française et non l’Ancien régime) n’est pas une erreur mais un reflet d’un monde qui fut jadis unifié par un Empire dont il ne reste que des bribes.

Que, oui, j’ai écrit dans La Messagère du Ciel « autant pour moi » et non « au temps » à dessein. La sagesse répandue veut qu’on privilégie « au temps » car ce serait une expression d’origine militaire (pour désigner celui qui ne suit pas le rythme du pas du régiment : on le reprend, « au temps pour lui »). Sauf que les étymologues diffèrent sur ce point et que certains pointent « autant » comme une possibilité viable, surtout en la rapprochant de l’anglais curieusement semblable « so much for ». Le personnage employant cette expression dans La Messagère du Ciel n’ayant aucune expérience militaire, cette histoire de pas n’ayant pas cours en Rhovelle, employer la graphie contestée ne devient pas une erreur, mais un point signifiant.

« Être au courant » date d’avant la généralisation de l’électricité. Ce « courant »-là représente ce qui est en cours ; ce sont les « affaires courantes » – et être au courant, c’est donc avoir la connaissance de ce qui est en cours. « Afficher » est évidemment bien antérieur aux écrans. Cependant, dans ces deux derniers cas, il peut exister malgré l’étymologie un potentiel parasitisme de l’esprit du lecteur moderne qui peut être gênant dans le cadre d’une société qui a perdu sa technologie – je ne les ai pas bannis, mais je les ai maniés avec précaution.

De la même façon, cela fait longtemps que j’ai banni dans la plupart de ma fiction l’emploi du subjonctif passé. Personne (à part les correcteurs – et ils ont raison !) ne m’en a fait la remarque, mais c’est un autre point sur lequel il faudra que je m’explique. Ce sera une histoire pour un autre jour. Dans l’intervalle, bonne nuit, les petits.

2019-06-04T20:31:15+02:00mercredi 12 avril 2017|Best Of, Expériences en temps réel|4 Commentaires

On est prudent à 24 ans

Cliquez pour agrandir. J'insiste.

Autre petit morceau déterré de mes archives de courriel en 2002 (par rapport à celui-ci), pour s’amuser un peu (et parce que je reviens d’Épinal), cette fois plus en rapport avec les sujets actuels. Je m’amuse de la circonspection alors fréquemment d’usage à l’époque : Internet était un bien plus petit village, le réseau n’avait pas encore accéléré drastiquement les rythmes de nos vies, on prenait fréquemment le temps d’écrire des messages d’une page pour exprimer son point de vue, posément, comme dans un salon chic. Vous les voyez, les dorures sous les octets ? Je constate avec amusement (et une pointe d’impatience, quand même) la multiplication des précautions oratoires : qui emploie aujourd’hui « AMHA » (à mon humble avis) ? Qui s’en souvient même ? Internet, c’était mieux avant, quand on était seuls dessus – sérieusement, mettre des gens en contact, c’est quand même mieux quand c’est des gens qui pensent pareil, hein.

JE PLAISANTE. Rhôôôôô. Vous, vous faites partie des gens qui ne pensent pas pareil, hein.

Bref. Le contexte : une réponse – toute mignonnette de prudence – sur une liste de diffusion à un article de China Miéville dont je ne peux deviner la teneur qu’en creux, et dont le lien a disparu. Je constate avec le recul une forme de cohérence dans le discours, mais une rigueur bien moindre (parler de mythe campbellien dans le cas de Gilgamesh, c’est un tout petit peu prendre le truc à l’envers, arghhh).

Mouais.
Je suis assez d’accord sur le fait que l’on a une succession de quêtes tolkienniennes en fantasy.
Mais je ne suis pas d’accord sur le fait que ce soit un problème.
Miéville brosse un portrait un peu moribond de la fantasy, alors que le genre se porte très bien, merci 🙂

Après tout, la quête, le voyage du héros, ça existe depuis Gilgamesh, L’Odyssée etc. Alors, dire qu’il faut faire autre chose aujourd’hui ne me semble pas l’*unique* manière de vitaliser le genre.

Le problème AMA, comme toujours, ce sont les quêtes sans qualité, calquées sans imagination. Prenez Eddings: la quête est archi classique, mais cela fonctionne à mon avis, parce que son univers est riche et amusant.

Mais je suis également d’accord avec lui lorsqu’il dit qu’il est regrettable qu’un genre spéculatif se borne autant à son modèle. En un mot: il y a de la bonne fantasy classique et on peut AMHA continuer à en faire.

Mais il ne faut pas non plus faire que ça, bien sûr. Les nouvelles orientations en urbaine par exemple montrent que la fantasy peut offrir bien d’autres choses, et c’est tant mieux.

Il est vrai qu’une frange du marché a pour règle d’offrir avant tout de l’évasion, et pas de la réflexion. Je serais tenté de répondre: et alors, bon sang? Il y a une place pour tout. En SF, si je veux être diverti, m’évader, je lis un bon gros space opera d’aventures. Si je veux réfléchir, je lis Greg Bear. Y a-t-il un problème à l’un ou à l’autre?

En fantasy, si je veux m’évader, je prends une triologie / décalogie à rallonge. Si je veux réfléchir, je choisis plutôt de courts romans incisifs.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec une vision intellectualiste de la littérature qui postule que tout doit être réflexion. Miéville a un peu trop tendance à oublier que les nouveaux courants de la fantasy (urbaine, etc.) se développent très bien et proposent, eux, davantage de réflexion, mettent en scène des visions qui défient notre conception du monde etc.

Il y a donc de la place pour les deux, comme le prouvent AMA les marchés à l’heure actuelle. Donc j’ai l’impression que l’argumentaire part d’un bon sentiment, mais qu’il est un peu dépassé. Le marché et les lecteurs arrivent à ces nouveaux courants de fantasy.

Tant mieux. Mais ne jetons pas non plus la pierre à la BCF.

Alors, les lecteurs sont-ils bel et bien arrivés depuis presque quinze ans à ces nouveaux courants de fantasy ? Je ne saurais dire, mais, le cas échéant, VOUS L’AUREZ LU ICI EN PREMIER.

2016-05-23T17:32:36+02:00mardi 31 mai 2016|Expériences en temps réel|5 Commentaires

On en sait des trucs à 24 ans

statistics

Oui, vous pouvez cliquer pour agrandir.

Comme je passe progressivement tous mes outils sous matos Apple, je suis amené à plonger un peu dans mes archives, histoire de faire du tri – et mes archives de courriel remontent à 1997, soit – gasp – presque 20 ans d’Internet et de lolcats.

Là, je triais mes brouillons, accumulés au hasard et jamais envoyés, ou bien sauvegardés par erreur à la suite d’un bug de serveur ; une centaine à archiver mais surtout à vider, dont celui-ci rédigé en 2002 :

Hello Cecile,

J’ai reflechi a tes histoires de recensement qui augmentent sur les annees. Je crois avoir saisi pourquoi les reviewers ne sont pas satisfaits du test de Student:
– Les residus ne sont pas distribues normalement
– Les individus statistiques etudies (ici les sites) ne proviennent pas d’echantillons differents: ce sont les memes avec une progression de temps.

Tu pourrais peut-etre essayer plutot le test U de Mann-Whitney ou le test de Wilcoxon, qui sont non-parametriques?

Amities
Lionel

Ça en jette, quand même. Je suis émerveillé d’avoir un jour pu formuler ce genre de théorie. Aujourd’hui, je n’ai qu’une très vague idée de ce que je raconte dans ce brouillon – et je ne sais absolument pas si c’est valide, si ça se trouve, je raconte n’importe quoi (et c’est pour ça que le courrier n’est jamais parti). Je sais que j’ai su ce qu’était un test de Student et je me rappelle vaguement de ce qu’était un test non-paramétrique, mais au-delà du fait que ce ne sont pas les tests qu’on trouve dans Cosmopolitan, j’avoue que j’aurais besoin de me rafraîchir un peu la mémoire avant de piloter de nouveau Statistica comme un petit Mendel en herbe.

Le plus mignon, probablement, c’est qu’à l’époque, je restais focalisé sur la standardisation de mes courriers électroniques qui ne comportaient, à dessein, aucun accent afin d’être lisibles sur le plus grand nombre de terminaux possibles. (À l’Agro, il m’arrivait de lire mes mails sur des terminaux Unix monochromes où tous les accents sortaient comme peu ou prou comme ça : « E=9 »).

Le jour où j’ai accepté d’utiliser les accents comme tout le monde et de perdre un peu d’interopérabilité, je crois que j’ai perdu un peu d’intégrité. Une terrible et tragique pente qui m’a conduit jusqu’à acheter un iPad. Tout a une cause.

Tout.

2016-05-06T14:57:32+02:00mardi 17 mai 2016|Expériences en temps réel|16 Commentaires

Ce à quoi vous avez échappé

De temps en temps, on teste des trucs, par exemple pour répondre à la question : « quelle photo pourrais-je mettre pour illustrer la page du site relative aux projets en cours ? »

Et puis on se dit que c’est rigolo mais que, quand même, ça ne va pas le faire.

Merci F. pour la photo ! ;)

Merci F. pour la photo ! 😉

ALL WORK AND NO PLAY BLAH BLAH

2016-05-04T08:44:10+02:00jeudi 12 mai 2016|Expériences en temps réel|4 Commentaires

Volontariat 2016, au contact des étoiles

roscosmosAuguste lectorat, tu as eu la gentillesse de suivre mes humbles aventures de par le monde, notamment en 2011 chez Sea Watch Foundation et en 2012 au Hebridean Whale and Dolphin Trust, sans parler de quelques carnets de voyage. Depuis quelque temps, grandement pris par le travail, j’ai réduit ce genre de découvertes pures, mais cela restait à l’horizon – et quel horizon, puisque mon volontariat de 2016 se déroulera auprès des cieux !

En effet, j’ai répondu présent à l’appel de Roscosmos, l’agence spatiale de la Fédération Russe, laquelle recherche des volontaires sur la période estivale afin de participer à un projet scientifique spatial de grande envergure, et une première mondiale :

Les relevés de Bryn et al. effectués au télescope d’Arecibo ont révélé pour la première fois des courants périodiques animant la magnétosphère de haute altitude ainsi que des pulses sonores cohérents situés dans les fréquences 15 – 35 kHz (ultrasons). Dans ce contexte, Roscosmos, Ltd. recrute douze volontaires pour le projet звездный прилив, dont l’objet vise l’étude de ces courants et de ces clics pour la majeure partie situés au-delà du spectre audible humain.

Profil académique des candidats recherchés :

  • Master ou équivalent en astrophysique ou bien océanographie,
  • Compétences en traitement du signal sonore,
  • Au moins deux (2) publications, scientifiques ou de grand public, témoignant d’une approche novatrice d’une question de société ou historique, ou bien visant à questionner la place de l’humanité dans le cosmos.

Les candidats devront présenter les qualités suivantes :

  • Fort esprit d’équipe,
  • Bon état physique général,
  • Stabilité psychologique,
  • Forte résilience,
  • Ne pas être soutien de famille.

La mention de l’océanographie peut surprendre, mais elle se comprend dès lors qu’on étudie la publication de Bryn (Periodic stellar movement in high altitudes reminds observers of strong magnitude oceanic tides, in International Review of Natural Sciences). En effet, qui dit « mouvement périodique » sous-entend marées, et c’est à ce titre, en raison de mon passé de biologiste marin, que mon profil a été retenu. Mon travail dans la musique électronique m’a également familiarisé avec le traitement du signal, en tout cas, ainsi que je l’ai présenté au sergent recruteur, argument qui a emporté son adhésion, « j’aime les boutons qui font pouit, donnez-m’en plein ».

Je partirai donc le dimanche 12 juin pour la petite ville de мудак, où Roscosmos a établi ses installations les plus modernes, sur un campus partagé avec l’université locale.

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En effet, la Fédération Russe a développé des technologies innovantes pour pallier le relatifs manque de moyens en comparaison de la NASA ou même de l’Agence Spatiale Européenne ; mais ce sont justement ces innovations, comme l’emploi de personnel volontaire bénévole, l’utilisation de titane de carbone ou encore la réutilisation créative de déchets nucléaires, qui alimentent son dynamisme et lui permettent de conduire des projets d’investigation plus pointus, comme cet étrange phénomène de marée spatiale, accompagné de trains de clics sonores.

Mon lancement se déroulera mardi 14 juin, deux jours après mon arrivée, de sorte que je puisse m’habituer au décalage horaire ainsi qu’à un jeûne prolongé, les moyens modestes du programme interdisant d’emporter des rations de survie ou de l’eau à bord de la sonde spatiale. Celle-ci, baptisée гроб-9, décrira deux orbites complètes durant lesquelles j’ai pour mission de récupérer un maximum de données visuelles et auditives sur ces phénomènes pour l’heure inexpliqués. L’espace y est hélas très exigu, mais mon expérience à bord de navires d’expédition sur des couchettes étroites a convaincu les recruteurs que je correspondais au profil, surtout après qu’ils m’aient fait signé une épaisse liasse de documents en cyrillique en prononçant mon nom avec enthousiasme, quoique de façon un peu approximative – « davaidavai ! »

Voici en effet une photographie extérieure des sondes de classe гроб :

« Nous sommes heureux qu’un écrivain de science-fiction tel que LD ait rejoint les rangs de Roscosmos. Il faut en effet un esprit ouvert, animé pourtant d’une rigueur scientifique certaine, pour s’assurer que les informations recueillies le soient dans le plus pur respect de la méthode empirique, sans se fermer à des hypothèses extroardinaires, a déclaré Piotr Karmannik, sous-directeur attaché aux déploiement opérationnel des ressources projet transversales. J’appelle la presse, comme le public, à ne rien croire des clichés amateur réalisés par le club astronomique du collège de Все-Прут. Ceux- ci sont à l’évidence de grossiers photomontages qui ne sauraient expliquer la présence de trains de clics en haute atmosphère. »

J’irai donc en avoir le coeur net, sachant que je serai repêché dans l’océan Pacifique après mes 48 heures d’expédition, au terme d’une chute atmosphérique atteignant une vitesse de 6700 km/s. Je pourrai compter sur un puissant système d’airbags soviétiques gonflés au méthane d’origine bovine pour amortir ma chute, et, charmante coutume, la sonde est équipée en série d’un rosaire pour les cas où l’astronaute trouverait la foi dans d’éventuels moments de solitude. Mais je suis certain que je n’aurai même pas le temps d’y réfléchir – il n’est prévu nulle période de sommeil afin de rentabiliser au maximum la mission – et que j’aurai mille choses à relater ici-même. Nous nous en reparlerons fin juin !

(Note : pour les lecteurs férus d’astronomie, un des clichés amateurs réalisés par le collège et décriés par le sous-directeur Karmannik peut être visualisé ici.)

2016-04-01T11:07:16+02:00vendredi 1 avril 2016|Expériences en temps réel|12 Commentaires

Livin’ in the fridge

Ça me fait peur, on dirait un envoyé de Morgoth.

gronsaksmix

N’aie crainte, le grönsaksmix à la Bretonne est assaisonné au beurre et t’aidera à apprécier la saveur des légumes. LEUR JUSTE SAVEUR, TU ENTENDS. Il t’aidera aussi à entendre des voix qui te diront qui tuer et quand.

Mais ce sera notre petit secret.

2016-02-17T16:09:46+01:00mercredi 24 février 2016|Expériences en temps réel|5 Commentaires

La routine des petits métiers parisiens

plonk-replonk-c19d-diaporama

Plonk et Replonk, des gens de goût à visiter de toute urgence

Parce que tu es grand, auguste lectorat, et que mon mur Facebook est public, et qu’il est dommage de ne pas en faire profiter davantage le monde :

2016-02-17T11:29:44+01:00jeudi 18 février 2016|Expériences en temps réel|1 Commentaire
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