De retour du Qhmarr

Après un marathon intensif de réécritures personnelles à raison de quinze heures par jour, je viens enfin de rendre le manuscrit de La Volonté du Dragon aux éditions Critic. Il est donc en lecture et nous allons très bientôt entamer la phase de corrections – c’est une période que j’attends toujours avec grand intérêt (premier regard professionnel sur le texte finalisé !) mais aussi une certaine appréhension (et si j’avais complètement loupé mon coup ?). J’aurais déjà beaucoup de choses à raconter sur cette aventure et sur ce que j’en ai appris.

Il faut dire que j’ai pris un peu de retard pour une raison à la fois simple et terrible : arrivé à la rédaction des trois quarts, la direction prise par le récit ne me convenait pas. Les faits étaient là, les personnages aussi, mais, d’une façon ou d’une autre, le livre n’avait pas emprunté le trajet que je voulais lui voir prendre. Que fait-on dans ces cas-là ? (suite…)

2014-08-05T15:25:21+02:00mercredi 9 décembre 2009|Technique d'écriture|5 Commentaires

Vouloir faire taire et manquer soi-même l’occasion de la fermer

C’était à propos de tout autre chose, mais Lelf a eu sur Facebook un cri du coeur qui résume très bien la situation :

Putain, j’en peux plus de toute cette connerie.
C’est moi ou ça s’accélère ce genre de connerie ?
Est-ce que j’ai dit que je trouvais que c’était une connerie ?

Le mot-clé étant ici « accélérer ». Les esprit tranquilles affirment que la multiplication des ratés, des scandales, des déclarations patentes d’imbécilité ne sont que la marque de la circulation accrue de l’information, et l’appréhensif souhaite y croire – dormez, braves gens, tout va bien.

Sauf que. Sauf que se produisent la même semaine deux bévues d’une bêtise tellement crasse, d’une ignorance tellement invraisemblable venant d’instances dirigeantes, supposément responsables, éclairées et réfléchies, qu’on ne peut s’empêcher d’y voir, au minimum, un signe des temps. Et de nourrir, à tout le moins, des pensées incendiaires. (suite…)

2010-02-01T18:24:13+01:00vendredi 13 novembre 2009|Le monde du livre|9 Commentaires

Quelques souvenirs des Utopiales 2009, quand soudain, un Shoggoth

Contrairement à mon habitude, en raison d’impératifs de travail et d’emploi du temps, je n’ai pas pu assister à l’intégralité des Utopiales cette année (mais qui se plaindrait de devoir rester chez soi pour écrire ?). Cependant, j’ai quand même eu le plaisir d’y passer le week-end, et j’y ai trouvé une atmosphère peut-être plus détendue que l’année précédente (constat apparemment partagé par beaucoup, comme Mélanie Fazi) mais aussi bouillonnante de projets en tout genre, notamment avec l’avènement de plus en plus marqué de l’e-book et des nouveaux modes de distribution par le Net. Je me suis aperçu que cela faisait deux ou trois ans que je n’avais pas senti ce genre d’effervescence en festival, cet esprit d’entreprendre. Je ne suis pas en train de dire qu’il ne passait rien depuis trois ans, bien sûr, mais j’ai senti une curiosité studieuse, une certaine envie de prise de risques assez peu conventionnelle.

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2010-02-01T18:24:18+01:00lundi 9 novembre 2009|Le monde du livre|8 Commentaires

Where they write

De retour après la Worldcon et une petite pause estivale au sein du Québec (non, je ne parlerai pas des vacances, parler des vacances, ça ne se fait pas, surtout quand on a fait du toboggan aquatique pendant un samedi entier et qu’on a vu des orignaux) pour une petite mention sur un site de photographe dont j’ai d’abord entendu parler à Montréal et qui intéressera forcément ceux qui se penchent sur les mystères de l’écriture.

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2014-08-05T15:26:53+02:00lundi 24 août 2009|Technique d'écriture|12 Commentaires

Worldcon : jour 4

Service d'ordre au taquet

Dawaaaaaaaaa

Et voilà, c’est fini… Et j’ai donc la sensation frustrante de n’avoir vu qu’un quart de tout ce que la convention avait à offrir. Forcément, mais n’empêche : j’aurais voulu m’initier à la filk, mieux voir les costumes, traîner un peu plus du côté des panels éditoriaux américains… Impossible de tout faire.

La fatigue s’accumulant, j’ai observé un rythme plus réduit ces deux derniers jours, mais encore une fois riche en rencontres ; j’ai eu le plaisir de discuter longuement avec Sheryl Curtis, la brillante et charmante traductrice des nouvelles de Jean-Claude Dunyach, chez qui j’avais eu le plaisir la veille au soir d’assister aux feux d’artifice donnés par la ville de Montréal pendant tout l’été, soirée qui s’était poursuivie en longs échanges sur la technique littéraire avec Laurent Genefort et Lucas Moreno.

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2010-02-01T18:26:48+01:00mardi 11 août 2009|Le monde du livre|1 Commentaire

Worldcon: jour 3

La nuit devait être de courte durée car je tenais absolument à venir au business meeting de la convention. Ces réunions, auxquelles tout participant de la Worldcon peut assister et où il peut voter, décident de l’avenir d’un certain nombre de projets de la science-fiction américaine, dont le lieu des conventions suivantes et la forme des prix Hugo.

None shall pass.

None shall pass.

C’était pour cette raison que je souhaitais particulièrement assister à la réunion du matin. Cheryl Morgan a alerté l’opinion sur le projet de suppression de la catégorie semi prozine, réduisant les revues aux fanzines et aux revues professionnelles, sans moyen terme. Exit donc la reconnaissance de Locus ou de Clarkesworld.

La forme même de la réunion est assez impressionnante, avec une discipline ferme quant au temps de parole, à l’organisation des débats et aux propositions d’amendement, façon parlement, mais avec des geeks pour la plupart quinquagénaires proclamant sur leur T-shirt leur amour de Doctor Who et s’esclaffant à la moindre private joke. De quoi être encore plus consterné par notre Assemblée nationale.

La proposition d’abolition de la catégorie a été rejetée par environ deux voix contre une. Les défenseurs de la motion ont expliqué leurs raisons : mal définie et mal cernée, la catégorie nécessite une refonte entière, et comment mieux procéder qu’en la supprimant ?

Mouais.

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2010-02-01T18:26:53+01:00dimanche 9 août 2009|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Worldcon: jour 3

Worldcon : jour 2

Je suis faible, faillible, corruptible et parjure. Je m’étais promis de blogger tous les soirs sur la journée qui venait de s’écouler mais il n’a fallu qu »une ambiance chaleureuse et une compagnie intéressante pour me faire rester jusqu’à une heure indue aux room parties la veille au soir (donc le soir que je vais chroniquer maintenant – suivez un peu, enfin, quoi).

Mais comme cette introduction risque de suffire à me faire lyncher direct, je vais subrepticement reprendre du début avant qu’il ne soit trop tard. (Mais si, tout cela est très simple.)

Oui oui, l'effet est complètement raté, on est d'accord.

Oui oui, l'effet est complètement raté, on est d'accord.

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2010-02-01T18:26:57+01:00dimanche 9 août 2009|Le monde du livre|1 Commentaire

Worldcon : jour 1

Bon, mon horloge biologique indique 6h du matin mais je m’étais promis de chroniquer l’événement jour par jour, alors banzai.

Cette première journée qui se termine fut un grand moment de plaisir. Passée la première intimidation face à la taille proprement ahurissante de l’événement (la Worldcon occupe tout le palais des congrès de Montréal, propose des dizaines d’animations simultanées et une librairie qui ferait se pâmer tout bibliophile), on découvre un événement qui mêle à la fois interventions pointues sur le genre et atmosphère qui ne se prend pas au sérieux – l’enthousiasme du fandom tel qu’on l’aime. J’imagine bien qu’il ne doit pas être exempt de ses querelles de clocher, mais qu’importe : l’étranger que je suis ne les voit pas et profite.

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2010-02-01T18:27:01+01:00vendredi 7 août 2009|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Worldcon : jour 1

Worldcon : jour 0

… Ben oui, parce que ça commence en réalité que demain.

J’aime les aéroports. Pas seulement parce que ce sont des lieux riches de potentialités mais parce que tout le monde y a l’air factice, en plastique, disposé là, souriant, pour le bénéfice du vrai touriste. Je suis persuadé que c’est comme à Disneyland. De pauvres gars enfilent des peaux de voyageurs gais pour un salaire de misère et déambulent dans l’aérogare en prenant des vols qui n’existeront jamais. Les cravates en duty free sont perpétuellement recyclées. La moitié des gens assis sur les banquettes n’en décollent jamais, et personne ne s’en rend compte.

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2010-02-01T18:27:08+01:00jeudi 6 août 2009|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Worldcon : jour 0
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