Pour écrire virtuellement

Ce titre à goût d’oxymore pour mêler dans le même article des considérations un peu disparates. Mais avant cela, un rappel : n’oubliez pas de changer l’adresse de vos flux RSS si ce n’est pas encore fait pour adopter http://feeds.feedburner.com/lioneldavoust. Le flux « Actu » disparaîtra, donc si c’est avant tout ce qui vous intéresse, n’oubliez pas de vous inscrire à la liste d’informations (trafic réduit).

Je m’active grandement dans les coulisses en ce moment. Principalement sur le roman sur lequel je suis en train de travailler d’arrache-pied, et dont une partie des notes préparatoires (sans parler des fichiers informatiques, plans, diagrammes, digressions sans but sur des feuilles volantes, post-its, bouts de carnets), ressemble à ça :

Cette pile fait dix bons centimètres de haut et ne doit représenter qu’un tiers du matériel total. L’engin est un monstre à organiser et planifier : je n’ai jamais rien construit d’aussi complexe et difficile, sachant que l’objectif, à terme, est que le lecteur ne s’aperçoive évidemment de rien mais profite du récit sans effort. Nous verrons bien si cela fonctionne.

Ce projet a nécessité en amont un important approfondissement de ma méthode de travail et la recherche d’outils nouveaux adaptés à ce récit : alors que je travaillais jusqu’ici uniquement avec OneNote, je tourne en ce moment autour de trois logiciels complémentaires en plus de l’organisation et des réflexions au papier, et je découvre des usages précis à certaines applications que j’avais écartées autrefois.

Cette recherche perpétuelle du Graal – le soft tout-en-un qui me permettrait de conserver à la fois mes bases de données sur les univers et de planifier les histoires qui en découlent – m’a conduit vers deux informations utiles :

  • Scrivener va sortir sous Windows ! Autrefois réservé aux utilisateurs de Mac, Scrivener pourrait être ce Graal ; l’application est sincèrement vénérée par bien des auteurs, dont Michael Marshall Smith qui la qualifie de « plus grand progrès pour l’écrivain depuis l’invention du traitement de texte », rien que ça. La version commerciale sort en début d’année prochaine, mais une beta doit voir le jour d’ici la fin du mois. J’y suis inscrit et je suis impatient de tripatouiller la bête. (Pour information, il existe déjà une application comparable sous Windows, Liquid Story Binder, mais qui ne m’a pas convaincu principalement à cause de partis pris d’interface un peu étranges.)
  • Desienne, du forum CoCyclics, propose dans ce fil sur les logiciels d’aide à l’écriture trois articles très informatifs et didactiques sur l’utilisation et les intérêts de yWriter, logiciel libre qui occupe la même niche que Scrivener. Rendez-vous sur cette page pour le premier message. J’avais essayé yWriter et l’avais trouvé trop rigide, mais c’est là une question de sensibilité, comme pour le choix d’un instrument de musique.

Sinon, en ce moment, mes divertissements se résument à peu près à la révision et la construction de la version 3 du site (je sais, j’ai besoin d’avoir une vie, mais le monstre précité est toute ma vie en ce moment), une heure par-ci, une heure par-là, tard le soir, alors qu’en toute honnêteté, je devrais dormir. Voici un deuxième petit aperçu, cette fois du haut de la page d’accueil :

Cliquez pour agrandir

La grande bannière (calée ici sur Contes de Villes et de Fusées) est un « carousel », c’est-à-dire une animation cyclique donnant les dernières infos et appelée à remplacer les affreux post-its actuels en tête de page. Évidemment, c’est encore assez vide et bien des détails manquent. Comme toujours, n’hésitez pas à donner votre avis !

2014-08-05T15:24:00+02:00mardi 12 octobre 2010|Technique d'écriture|4 Commentaires

Patricia Highsmith, L’Art du suspense, mode d’emploi

Patricia Highsmith, l’auteur acclamée du Talentueux Monsieur Ripley ou de L’Inconnu du Nord-Express, se propose dans ce livre d’analyser en détail les éléments du roman à suspense, passant, comme beaucoup de livres de technique, de la naissance de l’idée aux corrections du manuscrit en passant par la construction de l’intrigue. La brieveté du volume (218 pages en français) laisse espérer une grande densité de leçons glanées pendant une vie d’écriture à succès, abandonnant le délayage au profit de l’efficacité et de la concision.

Hélas, il n’en est rien.

L’Art du suspense, mode d’emploi est tout sauf un mode d’emploi du suspense. Highsmith mêle des anecdotes tirées de sa vie – nullement inintéressantes mais d’une portée forcément limitée, surtout dans le cadre d’un livre aussi court – à, certes, un certain nombre de recommandations techniques, mais extrêmement basiques, et surtout dérivant au gré de ses réflexions sans véritable plan ni fondement théorique. Le livre peine à trouver sa place entre le manuel pour grands débutants, le récit de mémoires et les pensées d’ordre global sur l’écriture ; à un certain nombre de questions revenant régulièrement comme le choix du point de vue, Highsmith répond souvent « tout est possible, ça dépend », ce qui est effectivement la seule vraie réponse qu’on puisse faire, mais n’est pas d’un grand secours pour le jeune auteur, lequel espère plutôt des lignes directrices ou des conseils pour orienter son choix. Le livre ne propose à la place que des exemples, dont la valeur est, en plus, parfois discutable.

Ajoutons que Highsmith ne dit quasiment rien de la construction d’intrigue proprement dite, de son processus, à part qu’il convient d’y prêter une grande attention dans le cadre du suspense, puisque tous les faits doivent concorder et se justifier mutuellement. D’accord, merci, mais on attend de ce genre de livre au minimum une analyse de ce sur quoi le suspense repose de manière à appréhender l’effet, analyse d’une absence criante ici.

Il semble en plus que le livre n’ait jamais été révisé ; l’édition que j’ai eue entre les mains (en anglais, Plotting and Writing Suspense Fiction) date de 1983 et passe un temps non négligeable à parler de la technique sur machine à écrire, entre papier carbone et versions successives du manuscrit. Depuis la généralisation du traitement de texte, ces considérations ont bien sûr disparu et ne sont d’aucun intérêt autre qu’archéologique pour qui s’intéresse à la méthode de travail des auteurs. Je doute également que le marché de la nouvelle soit aussi florissant aujourd’hui qu’elle ne le présente 27 ans plus tôt.

Les deux intérêts principaux du livre résident probablement, d’une part dans la germination des idées, d’autre part dans l’approche du milieu éditorial. Highsmith a quelques considérations d’intérêt à proposer sur la naissances des idées, leur croissance organique et la façon dont elles finissent par prendre vie et susciter l’envie de les écrire. D’autre part, elle montre une approche très pragmatique du texte, entre révisions et corrections éditoriales, coupes et adaptations pour la télévision et le cinéma, ce qui peut s’avérer instructif pour les jeunes auteurs qui ont parfois tendance à considérer leur production comme sacrée et intouchable…

Néanmoins, ces deux aspects ne justifient absolument pas le prix exigé pour le volume français en occasion (40 € sur Amazon). Cela sent le livre de commande rédigé sans véritable plan ni vraie envie de faire partager son savoir-faire. Sur la construction et la naissance des idées, on lira avec bien plus de profit Mes Secrets d’écrivain d’Elizabeth George ; sur la nature même du texte et la mission de la littérature, The Art of Fiction de John Gardner (déjà critiqué ici) ; sur la technique même du texte, Comment écrire des histoires d’Elisabeth Vonarburg, trois volumes qui détaillent bien mieux et de façon bien plus complète ce que ce Mode d’emploi échoue à faire.

À réserver donc, éventuellement, aux fans de Patricia Highsmith qui veulent en savoir plus sur sa méthode de travail ou aux boulimiques comme votre serviteur qui, de toute façon, lisent tout ce qui ressemble de près ou de loin à un livre de technique d’écriture (et qui pourront le lire en anglais à moindre coût).

2014-08-05T15:23:07+02:00mercredi 6 octobre 2010|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires

Après le beau temps, la pluie

Retour violent après un week-end si doux que je me croyais de retour en août : le vrai temps breton, celui dont on dit qu’il forge le caractère ou qu’il vivifie, est arrivé pendant mon absence… Hélas, cette pluie battante ne s’apprécie pas en ville, mais au bord de la mer, ou au milieu de la forêt tandis qu’elle fait murmurer les feuilles et la terre. Ce sera pour les vacances.

Lire en Méditerranée

J’ai donc eu l’immense plaisir de participer jeudi dernier au festival Lire en Méditerranée, notamment à la Maison des Arts de Port-Barcarès, pour un débat et une dédicace. Je suis particulièrement heureux d’avoir eu l’occasion de venir présenter les littératures de l’imaginaire au public, et je voudrais remercier très chaleureusement les organisateurs du festival et en particulier André Bonet, Michel Bolasell pour l’animation de cet échange, Françoise Peltier, adjointe au maire, Annie Foroni, chargée de communication, toute l’équipe de la Maison des Arts pour son accueil d’une extrême gentillesse et sa disponibilité et, bien entendu, le public de Port-Barcarès pour sa chaleur, son intérêt et pour être venu en aussi grand nombre !

Je suis reparti avec sous le bras le « BarcaJOC », le jeu de la ville du Barcarès :

Une sorte de Trivial Pursuit centré sur la ville, qui fêtait récemment ses 80 ans. Heureusement, la Maison des Arts a eu la prévenance de m’offrir avec le numéro spécial présentant l’histoire de la ville, histoire que j’évite de trop me ridiculiser !

Bref, l’hospitalité et la bonne humeur tant vantés du sud ne sont nullement une légende. Je repars sincèrement très touché et complètement enchanté par cette rencontre ; merci encore au public à tous les organisateurs. J’espère vraiment avoir l’occasion de repasser dans la région.

Octogônes

La convention, qui bat son plein. (Magic à gauche, Warhammer à droite)

Direction Lyon, ensuite, pour une immersion en milieu geek : Octogônes, c’était 2500 m² de jeux de rôles, de plateau, de figurines, de tournois de jeux de cartes et de littératures de l’imaginaire dans le très bel espace Tête d’Or situé à deux pas du parc. C’était l’occasion pour David S. Khara de présenter en avant-première son nouveau roman, Le Projet Bleiberg (Critic), un thriller haletant dans lequel j’ai hâte de me plonger (mais il me faudra pour cela terminer le mien d’abord, hélas) ; nous avons rencontré la dynamique équipe de vampirisme.com, Li-Cam et Jean-Emmanuel Aubert, John Lang alias Pen of Chaos, prolifique auteur du Donjon de Naheulbeuk (mais qui l’ignore encore ?) qui maîtrisait même quelques sessions du jeu de rôle tiré de l’univers (quel plus grand plaisir que de jouer avec l’auteur lui-même ?) J’ai également eu la surprise de retrouver un des sympathiques administrateurs du Vade-Mecum du Disque-Monde, le site de référence en français sur l’univers de Pratchett. Et il y a bien sûr les rencontres avec les lecteurs, anciens et nouveaux, que ces événements permettent de rencontrer en chair et en os après des mois passés à échanger virtuellement. Merci à tous d’être venus et pour votre intérêt pour les livres !

En fait, je n’ai qu’un seul regret sur cette convention : ma vieille fibre de joueur, un peu délaissée hors WoW, s’est remise à vibrer frénétiquement en apercevant les stands, les tournois, et j’avais très envie de quitter lâchement mon poste pour m’inscrire à tout et même le reste. 15 ans que je suis clean, que je ne touche plus à Magic, et j’ai un aveu à te faire, ô auguste lectorat : j’ai acheté des protège-cartes ce week-end et dressé un début de deck. Je reconnais les symptômes. Je suis à l’orée d’une pente dangereuse. Il faut que je sois fort. Et puis j’ai vendu mon Black Lotus et mes Mox, jouer n’est plus drôle.

Bref, cette première édition de la convention est une véritable réussite ; elle ne peut que (re)donner envie de jouer à celui qui en franchit le seuil et l’ambiance était assurément au rendez-vous. Merci à Trollune et à toutes les associations – et au public – qui l’ont rendue possible !

Des photos !

Les photos marquées d’une astérisque (*) sont de Jean-Emmanuel Aubert ; son suivi de la convention est visible ici. Celle marquée d’une double astérisque (**) est d’Annie Foroni.

2010-10-25T15:18:39+02:00lundi 4 octobre 2010|Le monde du livre|3 Commentaires

Pourquoi vous continuerez à me voir en dédicaces

Grmbl.

Voilà des choses qui arrivent : j’avais préparé toute une réponse argumentée à l’article controversé de Francis Mizio sur sa proposition de rémunérer les auteurs en dédicaces. (En résumé : je suis contre, en considérant toutefois que les interventions, ateliers etc. doivent absolument être rémunérés, et les déplacements défrayés.) Chrome, ou WordPress, me l’a mangée.

Pas le temps de la retaper, donc si la discussion vous intéresse, rendez-vous sur ce fil d’ActuSF (je cause surtout en page 3).

2010-09-28T12:10:09+02:00mardi 28 septembre 2010|Le monde du livre|23 Commentaires

John Gardner, The Art of Fiction

Ce volume assez mince (200 pages), non traduit à ma connaissance, est cité très régulièrement par les Américains comme référence et lecture quasi-obligatoire ; je me souviens notamment de Terry Brooks le recommandant très chaudement lors de sa venue aux Imaginales il y a quelques années. Son sous-titre (« Notes sur le métier pour les jeunes auteurs ») laisse entendre un contenu relativement simple mais, si l’on n’est jamais au-dessus d’une révision des fondamentaux, son traitement de problèmes élémentaires de la fiction (point de vue, cohérence, rythme) sert surtout de prétexte à une vision globale du métier d’écrivain à la fois sévère et inspirante.

Il existe globalement deux catégories de livres sur la technique d’écriture : ceux qui sont mécanistes, proposant formules et systèmes, qu’il faut aussitôt s’empresser de critiquer de manière constructive afin d’espérer les digérer et se les approprier intelligemment (les travaux de Holly Lisle, par exemple) ; et ceux qui, au contraire, proposent une vision plutôt personnelle de la littérature et du processus d’écriture, en se concentrant plus sur les buts que les moyens (comme Mes Secrets d’écrivain d’Elizabeth George). The Art of Fiction se place résolument dans la seconde catégorie ; Gardner résume de façon très concise son expérience d’auteur et de professeur d’écriture créative, touchant à peu près à tous les domaines de la narration.

Le livre est organisé en deux parties. La première propose des considérations d’ordre général sur la théorie esthétique de la littérature. J’entends déjà grincer les dents de ceux qui, comme moi, ont été déçus par les exégèses littéraires à la française, espérant trouver dans les travaux universitaires des leçons d’écriture plutôt que des études d’oeuvres ; mais cette partie est très nettement orientée vers la fonctionnement et le rôle de la littérature de fiction, Gardner rappelant qu’avant d’écrire, il faut comprendre ce que l’écriture cherche à atteindre. Ce en quoi il a parfaitement raison.

Loin d’être aride, il établit dans cette partie un certain nombre de fondamentaux bien connus de l’auteur un peu expérimenté et même du lecteur critique, mais qu’il n’est jamais mauvais de rappeler, notamment la qualité onirique de la fiction (une histoire est un rêve qui ne doit pas être interrompu), l’évolution de la notion d’illusion de réalité au fil des siècles, ou encore la place de la métafiction par rapport à la fiction classique. Il établit donc parfaitement le lien entre la narratologie (discipline a posteriori par essence, où l’on dissèque le récit achevé) et la pratique créatrice (chaotique, intuitive, plus ou moins domptée par le praticien).

La seconde partie est beaucoup plus technique, tout en restant assez générale. Gardner aborde les facettes élémentaires de la technique littéraire : point de vue, syntaxe, causalité narrative, dialogue, etc. Rien qu’on ne trouve ailleurs (le Comment écrire des histoires d’Elisabeth Vonarburg traite à mon sens plus clairement ces problématiques pour ceux qui en cherchent une synthèse), à part peut-être un rappel enrichissant sur l‘energeia d’Aristote : une intrigue est la réalisation du potentiel contenu dans les personnages. L’ouvrage propose une section sur le rythme et la sonorité de la prose, aspects souvent laissés de côté mais appliqués ici à la langue anglaise et donc sans intérêt pour celui qui lit cet article (normalement).

Il termine par quelques considérations morales sur la pratique artistique et la responsabilité qu’a tout créateur quant à l’impact de son oeuvre ; c’est probablement le discours qui peut le plus prêter au débat, alors que Gardner quitte sa position relativement permissive pour affirmer des principes certes nobles, mais vis-à-vis desquels, à mon sens, tout auteur doit trouver sa position. Une grosse trentaine d’exercices clôt le livre, allant du défi intéressant (« Sans commettre une seule faute de goût, décrivez quelqu’un en train de vomir ») au parfaitement inutile (« Construisez l’intrigue d’un roman », mmkay, mais il faut espérer que le lecteur de ce genre d’ouvrage n’attende pas la permission pour s’y essayer) – à considérer comme du bonus.

Par les domaines abordés, The Art of Fiction constitue donc un parfait manuel introductif à l’écriture, ce qui explique sa réputation de référence, mais, dans une forêt d’ouvrages regorgeant de formules narratives prétendûment miracles, il constitue en plus une petite bouffée d’air frais dont, à mon sens, même l’auteur expérimenté peut tirer profit. Car ce qui fait son intérêt n’est pas tant son contenu que son approche, son ton légèrement provocateur et empli d’un subtil esprit, le tout visant à susciter chez le lecteur (ou son élève) une attitude à la fois humble et ambitieuse vis-à-vis de la pratique artistique. Une attitude qu’il est bon de voir reprécisée et formulée aussi clairement. Comme l’excellent (à mon sens) livre d’Elizabeth George, Gardner trouve un juste équilibre entre la technique et l’ineffable inhérent à toute activité créatrice : il en reconnaît la nature chaotique, la loue et l’encourage même, mais met en avant l’indispensable nécessité de la technique pour apprivoiser et canaliser ce foisonnement. Sur ce point, il est sans pitié : il insiste sur la nécessité de l’amélioration constante, ne montre aucune tolérance pour la paresse ou le sentimentalisme, tout en encourageant l’auteur en devenir à considérer les plus grands écrivains du passé comme sa famille et non des modèles ou, pire, des fantômes penchés sur son épaule.

En art, rien ne vient sans travail ni réflexion, répète-t-il. C’est une évidence, mais on peut lui savoir gré de la formuler aussi clairement, et dans un ouvrage qui se proclame comme adressé au néophyte.

2014-08-05T15:23:07+02:00vendredi 24 septembre 2010|Best Of, Technique d'écriture|3 Commentaires

Question : Comment forcer les personnages ?

Une autre question sur l’écriture m’est arrivée, cette fois sous la forme d’une discussion à bâtons rompus, et la personne semblait si satisfaite des pistes que je lui ai proposées que j’ai pensé les partager, dans l’esprit de ce qui avait été fait ici et là. Pour information, j’ai un nouveau formulaire de contact flambant neuf ; vous pouvez envoyer vos questions par ce biais.

La question, donc, était :

J’ai bien compris qu’il faut trouver des objectifs aux personnages au cours du récit, mais comment forces-tu les personnages à suivre le parcours que tu leur as choisi ? J’ai deux détectives dans un monde en déliquescence et, honnêtement, dans ce monde, il n’y a pas de raison sensée de faire ce boulot pour une paie de misère, ils ne s’en tireraient pas beaucoup plus mal à ne rien faire. Comment je peux faire pour les obliger à suivre l’enquête quand même ?

Tu ne les forces pas. Surtout pas. Forcer un personnage revient à t’obliger à manger le plat que tu détestes le plus pour faire plaisir à ton hôte. Non seulement tu passes un sale moment, mais ça se voit sur ton visage et ton hôte n’est pas dupe.

Les personnages atteignent tous un moment où ils prennent vie, ne serait-ce qu’en raison du principe de causalité narrative (cf Trouver une idée, construire un scénario) ; leurs actes passés finissent par orienter leur comportement. Un personnage qu’on force ne prend jamais vie ; et un personnage qui ne prend pas vie est terriblement difficile à écrire, parce qu’on ne sait pas où il va. Tu te tires donc dans le pied.

Mais, à supposer que tu arrives quand même à raconter son histoire, cette faille logique que tu as repérée toi-même a toutes les chances de sauter au visage de ton lecteur. Il se posera la même question que toi, si tu as dépeint correctement ton monde : « pourquoi ces types se crèvent-ils à faire ce boulot ? » Et tu romps le contrat narratif, parce que tu n’as pas de réponse logique à fournir. Ton lecteur sort du récit, balance ton livre au mur, te voue aux gémonies et t’envoie un tueur du NKVD.

Mais tu n’as pas envie de rencontrer un tueur du NKVD. Comment t’en tirer, donc ?

À mon humble avis, tu prends la question à l’envers : tu te demandes « comment ». La véritable question que je te proposerais, c’est « pourquoi ? »

Pourquoi des types, qui n’ont visiblement pas de raison sensée de faire ce boulot, le font quand même ?

Le font-ils par attachement au devoir ? Parce qu’ils croient véritablement à leur travail, qu’ils voient comme une manière de rendre ce monde meilleur ? Parce qu’ils sont trop bêtes pour se rendre compte qu’on les exploite ? Parce qu’ils ont une raison liée à leur passé de mener cette enquête ? Parce qu’ils ont essayé l’oisiveté et qu’ils ont sombré dans un ennui prodigieux ? Et ainsi de suite.

Tu vois qu’un millier de réponses potentielles surgissent immédiatement, chacune en amenant d’autres. Supposons que tu décides que l’enquête est liée au passé de l’un d’eux. De quel événement s’agit-il ? Retrouver un coupable qui n’a jamais été pris ? Se venger ? Apprendre la vérité sur un incident resté nébuleux ? Etc.

Passer de « comment » à « pourquoi » ouvre l’horizon des possibles et te donne autant de réponses que tu peux en souhaiter. Il te suffit simplement de choisir la direction qui te plaît le plus, la suivre et la raffiner jusqu’à trouver l’idée que tu voudras vraiment écrire, à laquelle tu ne pourras pas résister, qui viendra te hanter même la nuit. « Pourquoi » fournit d’innombrables accroches pour développer les personnages, leur histoire, leurs motivations, et même l’univers.

Imaginons même que tu choisisses un « pourquoi » différent pour tes deux flics… Et tu as le germe d’un conflit entre eux, fondé sur des objectifs différents et peut-être opposés, des visions du monde différentes et peut-être opposées. Tes flics cessent d’être des artifices de narration que tu cherches à faire entrer dans l’histoire au chausse-pied pour devenir des personnes avec une véritable raison d’être là, des aspirations, des cicatrices, et tu sais parfaitement bien pourquoi ils continuent à faire ce boulot que tout le monde aurait abandonné depuis longtemps.

Bon courage, et beaucoup de plaisir à toi !

2014-08-05T15:23:07+02:00vendredi 3 septembre 2010|Best Of, Technique d'écriture|3 Commentaires

Résultats des prix Rosny Aîné et Elbakin.net

Les résultats ont été annoncés à l’occasion de la convention de science-fiction et de fantasy qui s’est déroulée la semaine dernière à Grenoble. Bravo à tous !

Prix Rosny Aîné

Roman : BELLAGAMBA Ugo : Tancrède. Une uchronie (LES MOUTONS ÉLECTRIQUES).

Nouvelle : NOIREZ Jérôme : « Terre de fraye » (in Retour sur l’horizon, DENOËL).

(Voir la liste des finalistes)

Prix Elbakin.net

Roman français : Cytheriae, Charlotte Bousquet, éditions Mnémos.

Roman français jeunesse : Les Éveilleurs, Pauline Alphen, éditions Hachette.

Roman traduit : L’Empire Ultime, Brandon Sanderson, Orbit (traduction : Mélanie Fazi).

Roman traduit jeunesse : Lombres, China Miéville, Au Diable Vauvert (traduction : Christophe Rosson).

(Voir la liste des finalistes)

La Volonté du Dragon n’a donc pas remporté l’ultime faveur du jury, mais je suis déjà très heureux d’avoir été remarqué une troisième fois !

2010-08-30T10:06:16+02:00lundi 30 août 2010|Le monde du livre|1 Commentaire

Ainsi se traduisait Zarathoustra

Dès qu’on parle de philosophie, beaucoup sortent leur revolver. Accusée d’être obscure, compliquée, verbeuse et surtout inutile au quotidien, la pauvre a bien mauvaise réputation dans un monde qui a pourtant grand besoin d’elle – la faute, il est vrai, à certains penseurs odieusement verbeux, éloignés des réalités, et à un enseignement de lycée pas toujours au rendez-vous.

Mais Friedrich Nietzsche, l’un des philosophes les plus importants et instructifs de l’ère moderne (dont se réclame par exemple le célèbre Michel Onfray), sait se faire accessible, et Ainsi parlait Zarathoustra est son livre majeur. Provocateur et lyrique, il résume sa pensée de façon étonnamment claire – même si le symbolisme y abonde – et constitue une lecture indispensable pour toute personne désireuse de la découvrir, ou tout simplement d’élargir ses horizons.

Au carrefour d’un certain nombre de projets, je m’étais mis en tête de le relire depuis un moment. Je crois que tout lecteur a certains classiques personnels, qui l’ont profondément marqué, auxquels il revient au fil de sa vie ; il y projette tant de choses, les découvrant à chaque relecture sous un angle différent, que l’image qu’il s’en construit n’a probablement plus grand-chose à voir avec les intentions premières de l’auteur. Ainsi parlait Zarathoustra ne fait pas à probablement parler de mes classiques pris dans ce sens, mais Nietzsche, par son exaltation du combat, son rejet des illusions et son aspiration à la grandeur, m’avait séduit dès l’adolescence.

Je me suis donc racheté un exemplaire de l’oeuvre une bonne quinzaine d’années après l’avoir découverte, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que… je n’y comprenais plus grand-chose. Formules ampoulées, vocabulaire archaïsant à la limite de l’opaque, inversions de phrases que dénigré n’aurait pas Yoda même… Passe-t-on sur tant de choses à l’adolescence qu’on ne se rend même pas compte de ce qu’on lit ? Bizarre : je me rappelle comment j’étais à cet âge-là ; j’aurais laissé tomber. Aujourd’hui, butant sur une phrase sur trois, serrant les dents, j’ai continué, admettant progressivement que certaines idées m’échapperaient encore et que je les saisirais peut-être à une troisième lecture…

Mais ce week-end, j’étais chez un bouquiniste lyonnais. Je tombe sur une édition différente du livre. Je la feuillette et… miracle ! Tout est clair, immédiat, direct. Que s’est-il passé ? La réponse est simple : un cas d’école de choix de traduction.

Je tiens à préciser tout de suite que je ne lis pas l’allemand (sinon j’aurais lu l’oeuvre dans le texte) et ne peux donc parler du ressenti des traductions qu’en tant que « lecteur final », c’est-à-dire en simple consommateur. Je ne cherche pas à discuter de la fidélité à l’oeuvre, mais à comparer leurs mérites. Enfin, j’ignore tout du statut « officiel » des traductions canoniques de Nietzsche et j’irai jusqu’à dire que la question n’à pas à concerner le lecteur éclairé que je m’efforce d’être, seulement l’exégète.

La première traduction, aux éd. Folio essais, réalisée par Maurice de Gandillac, livre ce parti pris :

[…] nous avons été conduit à reprendre toute l’entreprise sur de nouvelles bases, en essayant de rendre avec plus de rigueur le rythme des versets nietzschéens, et de suggérer par quelques ellipses et inversions la référence au style d’anciens textes sacrés.

Celle sur laquelle je suis tombé en occasion est réalisée par Geneviève Blanquis (éd. Garnier-Flammarion) et les éditeurs signalent se référer à la première.

La différence est flagrante.

Maurice de Gandillac :

in Du blême criminel :

« Mon je est quelque chose qui se doit surmonter ; il est pour moi le grand mépris de l’homme », ainsi parle cet oeil.

Se condamner lui-même fut son instant le plus haut ; en sa petitesse ne laissez retomber le sublime ! […]

Mais une chose est la pensée, une autre le fait, une autre encore l’image du fait. Entre elles ne s’engrène point le rouage de la cause. […]

Or, moi je vous dis : son âme a bien voulu le sang, non la rapine ; c’est de l’heur du coutelas qu’il avait soif !

Geneviève Blanquis :

in Du pâle criminel :

« Mon Moi est ce qu’il faut surmonter, mon Moi m’inspire le profond mépris de l’homme », – voilà ce que dit ce regard.

Le moment où il s’est condamné lui-même a été son apogée ; ne le laissez pas redescendre de cette cime à sa bassesse. […]

Mais autre chose est la pensée, autre chose l’acte, autre chose l’image de l’acte. Il n’y a pas entre eux de lien de causalité. […]

Mais moi je vous dis : « Son âme avait soif de sang, non de rapine : elle avait soif du bonheur du couteau. »

Je crois entrevoir, dans le premier cas, une traduction sourcière, c’est-à-dire cherchant à rester le plus proche possible du texte d’origine, ainsi que le parti-pris l’énonce, et dans le second cas une traduction cibliste, c’est-à-dire prête à sacrifier certaines des nuances d’origine pour préférer la clarté en français. C’est un choix, éminemment défendable dans les deux cas, la philosophie étant un domaine double, où se côtoient d’un côté l’étude de la genèse des idées et leur formulation, de l’autre l’apprentissages de cette philosophie et son application à la vie de l’individu (ce pour quoi, à mon sens, Nietzsche écrivait). Tout comme il y a l’étude universitaire de la littérature, et les bénéfices retirés de cette littérature.

Les seconds m’intéressent bien plus que les premiers – qui sont utiles à la compréhension des idées, certes, mais ne nous apprennent que marginalement à vivre. C’est pourtant bien, je pense, le rôle premier de la philosophie, ainsi que le rappelait, par exemple, Kierkegaard. Tant pis si le rythme de la langue d’origine est écorné, fût-ce dans un poème comme Zarathoustra ; tant pis si certaines notions transparentes dans la langue source nécessitent des précisions dans la langue cible, il me semble en l’occurrence que, pour le lecteur désireux de découvrir la pensée en « honnête homme », il convient de privilégier le fond sur la forme. Je sais en tout cas quelle édition je relirai dorénavant, et je tiens à insister : Nietzsche est un grand penseur, parfaitement accessible. Il faut juste choisir la traduction qui convient le mieux à l’approche qu’on désire en faire.

2014-08-30T18:49:57+02:00jeudi 19 août 2010|Best Of, Le monde du livre|2 Commentaires

Oui ou non, mais surtout comment

Et sinon, ça se passe comment avec le Prince Charmant ?

Si le  blog de Randy Ingermanson revient fréquemment sur les fondamentaux de l’écriture de fiction, on n’est jamais trop expérimenté pour se passer d’y réfléchir. (Le site a des tendances publicitaires un peu trop marquées – « achetez mes cours ! » – mais c’est ainsi qu’on promeut la technique outre-Atlantique ; si le terme est presque un gros mot en France, aux USA, tout le monde est très décomplexé sur la question, au point de tomber peut-être dans l’excès inverse et d’en oublier un peu les notions ineffables d’intuition et d’envie.)

Son récent article sur la motivation et les objectifs des personnages forme un écho amusant à la question à laquelle j’avais répondu le mois dernier : « peut-on avoir des personnages sans but ? » Sa réponse, à laquelle je souscris : une histoire pose une ou des questions au lecteur, et celui-ci avance dans le récit pour connaître la ou les réponses. Si le lecteur ne se soucie pas de ce qui se passe, de ce qui arrive à des personnages à qui il tient, pourquoi continuer ? Le mécanisme le plus fondamental pour y parvenir consiste à soulever des questions : Romeo va-t-il lever Juliette ? Frodon va-t-il réussir à balancer son alliance dans la lave ? Luke Skywalker vise-t-il vraiment très bien ?

Là où je m’éloigne de l’avis d’Ingermanson, c’est dans la forme des questions que pose l’histoire, lesquelles sont toutes fermées dans son article – à l’image ces trois précédentes, posées volontairement de manière provocatrices, elles n’admettent qu’une réponse en oui ou non. Or, je pense que les questions fermées dans une histoire sont relativement peu intéressantes. Nous n’avons jamais autant baigné qu’à l’heure actuelle dans un bouillon de narration, principalement par notre exposition à la culture populaire, et notre cerveau en acquiert les motifs extrêmement rapidement. Ce qui fonctionnait il y a deux siècles sent le réchauffé aujourd’hui, non pas parce que le motif est éculé (sinon, qui écrirait encore sur l’amour et la mort ?), mais parce que nous l’avons vu plus souvent. Il est évidemment plus difficile de surprendre un gros lecteur, un gros cinéphile, qu’un candide.

Or, la fiction est généralement optimiste. Les gentils ont souvent tendance à gagner à la fin. Par conséquent, la question « le héros va-t-il s’en tirer ? » n’est pas vraiment intéressante à mon humble avis. On se doute que, la plupart du temps, c’est « oui » – surtout si le film est américain et que le budget des effets spéciaux dépasse le PIB du Bhoutan.

Non, je pense que les questions les plus intéressantes dans la fiction sont les questions ouvertes. Non pas « Votre couleur préférée est-elle le noir parce que vous aimez la nuit ? » mais « Quelle est votre couleur préférée et pourquoi ? » Les questions ouvertes, comme leur nom l’indique, ouvrent les horizons, suscitent le débat, la démonstration ; elles font du chemin un moment aussi intéressant que la destination, ce qui me semble fondamental en fiction. Elles débouchent ailleurs. Pourquoi m’intéressé-je à savoir si Romeo va serrer Juliette ? Parce qu’ils sont dans une situation compliquée ; parce qu’ils sont amoureux à la déraison ; parce que tout les oppose. La question n’est donc pas vraiment de savoir si Romeo va y arriver, mais comment (attention spoiler : mal).

Les auteurs de La Science du Disque-Monde II l’expriment parfaitement bien : c’est le mécanisme même de la tragédie antique, ou de James Bond, ou de MacGyver. Tout le monde sait que ça va mal tourner (ou que Bond va s’en tirer, ou que MacGyver a un trombone et un bout de ficelle dans sa poche), mais on veut savoir comment, et si ça va se passer de manière intéressante – et donc surprenante.

Les littératures de l’imaginaire se prêtent particulièrement bien au jeu du comment. Qu’y a-t-il vraiment dans le Soleil Vert ? Que sont exactement les monolithes noirs qui ont gouverné l’évolution humaine ? Comment Duncan MacLeod vit-il son immortalité ? Ce sont là, à mon sens, les vraies questions du récit. Elles appellent des réponses complexes, à l’image de la vie elle-même, des réponses qui ne peuvent être, justement, que l’histoire qu’on raconte.

2014-08-30T16:41:39+02:00jeudi 12 août 2010|Best Of, Technique d'écriture|7 Commentaires

L’après-midi des livres (Bécherel, 7 août)

C’est sous une légère pluie que seul un vrai Breton sait apprécier – le soleil, c’est surfait, ça donne chaud et c’est mauvais pour la peau – que nous nous sommes rendus samedi dernier à Bécherel, la Cité du Livre située à 30 km de Rennes. Petit village sympathique, Bécherel compte plus d’une quinzaine de librairies pour 600 habitants ! Beaucoup sont des bouquinistes dont les vieilles collections font rêver ; OPTA, Livre d’Or de la SF, vieux Calmann-Lévy et j’en passe dans le domaine de l’imaginaire.

Thomas Geha, David Khara et moi-même avons rejoint Adeline Meheut, Jean Millemann, Alain Roussel et Erik Wietzel à la librairie Abraxas, établissement superbe et immense pour une après-midi de signatures.

À présent l’heureux propriétaire d’un Samsung Wave (non, pas d’iPhone, non pas d’Android) connecté au Net et notamment à Twitter, j’ai voulu tenter une nouvelle expérience, envoyer des photos au fur et à mesure. Résultat : ça marche, mais l’envoi est lent hors de portée des réseaux 3G ; d’autre part, rester disponible en ligne implique de ne pas toujours pouvoir l’être physiquement, ce qui m’ennuie énormément. Il va simplement falloir que j’apprenne à utiliser simplement l’outil. En tout cas, cela va me permettre de partager un peu mieux les gros festivals au fur et à mesure (Utopiales et Imaginales), au lieu d’en parler un mois après que l’événement est fini…

Jean Millemann, Thomas Geha et David Khara, ou la trinité descendue en Bretagne

Jérôme Charlet (Abraxas), à l'origine du catalogue édité par la librairie, et Erik Wietzel

À l’occasion de cette nuit du livre, la librairie Abraxas a eu la chouette initiative d’éditer un petit catalogue limité pour commémorer l’événement, proposant un panorama des éditeurs indépendants, de la bouquinerie dans le domaine de l’imaginaire, ainsi que des nouvelles pour la plupart inédites, dont « Devant » :

  • Jean Millemann, « L’Homme aux loups »
  • Thomas Geha, « Lettre de motivation »
  • LD, « Devant »
  • Michaël A. Arnzen, « Anti-stress », « La Chute (dans les escaliers) de la Maison Usher », « Sermons », « Torturer le ficus (haiku) » (trad.: Jérôme Charlet).

Enfin, nous avons le plaisir et la grande surprise de revoir des lecteurs que nous avions déjà rencontrés à des festivals précédents… Et j’ai revu un copain d’école que je n’avais pas vu depuis au moins dix ans, de passage dans la région – vive Internet !

Merci à tous d’être venus !

2010-08-11T12:50:31+02:00mercredi 11 août 2010|Le monde du livre|2 Commentaires
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