Procrastination podcast S02E01 : « Qu’est-ce qu’une histoire ? »

Procrastination est de retour pour sa saison 2 ! Merci encore pour votre intérêt l’année passée. Nous redémarrons avec un thème à la fois global et fondamental, en espérant que vous aurez autant de plaisir à nous suivre cette année.

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Au programme : « Qu’est-ce qu’une histoire ?« .

Les arts narratifs et tout particulièrement la littérature se concentrent sur la notion d’histoire – mais en fait, comment se définit-elle ? Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust font un détour par les mythes et l’histoire (de l’humanité) pour cerner le concept et revenir à son acception moderne. Celle-ci peut-elle guider l’écriture ?

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2019-05-04T18:47:14+02:00vendredi 15 septembre 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|11 Commentaires

La photo de la semaine : la rosée sur la feuille

(Ou les gouttes du tuyau d’arrosage. Mais ça ferait un titre moins poétique.)

Leaf dew

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2016-05-20T10:13:02+02:00vendredi 27 mai 2016|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : la rosée sur la feuille

Cachez cette prédation que je ne saurais voir

Mon agacement du moment, c’est un détail, mais révélateur d’une tendance omniprésente de la société qui commence à me sortir de plus en plus par les yeux.

Sur Flickr, entre autres activités parfaitement bénignes, il existe un groupe dédié à des compétitions amicales et informelles sur la photo animalière, auquel je participe quand j’ai une image qui convient au thème. Le groupe refuse les photos d’animaux malades, morts, en souffrance, etc. Cela me semble normal : il s’agit de célébrer la beauté de la nature.

Toutefois, les administrateurs viennent d’étendre cette règle : elle concerne dorénavant les animals eating lunch – les animaux mangeant leur déjeuner – on constate en passant la haute précision éthologique de l’expression ; cela signifie-t-il que les animaux au dîner, sont acceptés… ? Au titre que la proie, eh bien, est en souffrance.

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Je n’en peux plus de cette pudeur idiote, absurde et généralisée. La prédation fait partie de la nature, point. Plus que cela : le monde animal a développé quantité de stratégies fascinantes, diverses, incroyablement adaptées à une variété d’environnements afin d’assurer sa survie. Y voir une maltraitance relève de l’anthropomorphisme pur et simple avec option stupidité. Que certains dans l’espèce humaine désirent s’éloigner de la prédation pour leurs convictions personnelles, c’est tout à fait recevable, mais on parle ici de la nature1. L’image ci-contre, prise en milieu pleinement naturel et qui a d’ailleurs eu son petit succès, choque-t-elle donc les consciences ? Plutôt que de préoccuper de choquer lesdites consciences, j’ai quand même envie de m’interroger dans certains cas sur la façon dont on pourrait les rendre un peu moins molles.

La baleine filtrant le krill se livre-t-elle un à un acte de maltraitance ?

La méduse absorbant du plancton se livre-t-elle un à un acte de maltraitance ?

L’araignée tissant sa toile est-elle animée de malveillance ?

Une amie proche, lors d’un volontariat étendu en Antarctique, m’a un jour raconté que les touristes se montrent parfois horrifiés de voir des oiseaux poursuivre et dévorer des poussins de manchots restés seuls. « Pauvre petite bête ! Vous ne pouvez pas faire quelque chose ? C’est atroce ! »

Les amis, c’est la nature. Le prédateur est lui aussi une pauvre petite bête, avec peut-être des jeunes à nourrir que vous trouveriez tout aussi mignons. Les animaux, ça mange. Vivez avec. Au lieu de projeter sans cesse, avec vanité, nos biais humains sur le monde, nous devrions nous efforcer de toujours mieux le découvrir, l’apprendre et l’accepter tel qu’il est, parce que c’est notre espèce qui se trouve hors de la nature, pas l’inverse. Et ce, pour le meilleur et pour le pire.

(Si vous avez envie de râler vous aussi sur Flickr, ma gueulante d’origine est ici.)

  1. Excluons simplement les photos « faciles » prises lors des nourrissages des zoos, ou bien de lions avec le museau enfoui dans les entrailles fumantes des gnous, potentiellement un peu gores.
2015-05-06T13:10:26+02:00jeudi 7 mai 2015|Humeurs aqueuses|230 Commentaires

De l’impossibilité de parler intelligemment

Y a-t-il quelque chose d’intelligent à raconter en quelques lignes ou paragraphes sur la Nouvelle-Zélande ?

Ici, la nature parle par l’image et le mouvement, et serait mieux narrée à travers une histoire ou un récit de voyage substantiel. Après une quête hâtive pour ajouter une Compact Flash supplémentaire à mon arsenal, je devrais avoir de jolies choses à montrer. La terre du Seigneur des Anneaux – ce qui devrait t’intéresser quelque peu, auguste lectorat -, j’en ai parlé un peu hier, à quoi il faudrait ajouter le décor d’Hobbiton, préservé et entretenu depuis le tournage du Hobbit, mais pas tous les jours Tolkien, hein, ça va bien. (Non ?) Quant à la culture maori, omniprésente et pourtant seulement entrevue et un peu secrète, ce serait parfaitement idiot de plaquer une ligne ou deux, juste pour dire.

Ouais. Le plus intelligent à raconter, c’est peut-être se poser la question de l’existence de quelque chose d’intelligent à raconter en quelques lignes ou paragraphes sur la Nouvelle-Zélande, surtout alors que ce périple approche de sa fin. Il faudra voir avec le recul…

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2013-10-17T10:42:06+02:00vendredi 18 octobre 2013|Carnets de voyage|3 Commentaires

Vivre la vie d’insulaire

L’île de Jeju se situe à une petite centaine de kilomètres au sud de la Corée. Volcanique, cuite par une chaleur humide ou bien battue par les vents de la mer, elle accueille une végétation luxuriante sur les versants d’innombrables collines dévalées par la brume. Ses traditions maritimes de pêche se sont métamorphosées à l’ère moderne : avec son côté exotique, Jeju est devenue la destination favorite des couples coréens pour leur lune de miel, si bien que s’y côtoient parcs d’attractions, pléthore de musées sur des sujets improbables allant du sexe à la mythologie grecque, et, bien entendu, les merveilles naturelles.

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L’origine géologique de l’île donne lieu à des panoramas spectaculaires ; la nature elle-même recèle mille surprises à chaque détour de chemin, immortalisées par le photographe Kim-Young Gap, de renommée internationale. Du sommet du cratère âgé de seulement 5000 ans du Seongsan Ichulbong, on vient contempler le lever et le coucher du soleil sur l’océan ; dans les profondeurs du tunnel de lave du Manjanggul, on constate la puissance et les hasards de la Terre, qui ont foré une galerie de plusieurs kilomètres, aussi vaste et régulière qu’un boyau de métro. Les triples cascades du Cheonjeyeon évoquent à l’état naturel la rivière d’un monastère, et l’on rencontre, dans une cavité naturelle du Sangbangsan, une statue de bouddha célébrant une eau filtrée par les roches et dite miraculeuse. Le temps d’une halte après l’ascension, on en sirote quelques gorgées ; elle est fraîche et succulente, et puis, que l’on soit croyant ou pas, on s’y incline, ainsi que devant le moine souriant qui veille sur les lieux.

Jeju, c’est le soleil mais aussi les pluies torrentielles qui surprennent même à l’automne et donnent une idée de la violence de la mousson. Les jardins botaniques se désertent de visiteurs et le photographe grommelle, mais les couleurs ressortent sous la loupe des gouttelettes tandis que les poissons, au calme, osent sortir de leurs abris sous les pierres.

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Jeju invite plus au séjour qu’à la visite. En à peine quelques jours, derrière l’aspect intrigant d’une destination touristique agréable et moderne, affleure le temps millénaire de la contemplation et de la solitude parmi les montagnes, sur les plages à faire la connaissance des plongeuses traditionnelles en apnée ; rencontrer Jeju, c’est être appelé, probablement, à y retourner.

2013-09-29T16:22:16+02:00lundi 30 septembre 2013|Carnets de voyage|6 Commentaires

La promesse des dauphins

La promesse des dauphins est double ; c’est justement celle qu’ils ne vous font pas quand ils sont en liberté, avec une baie entière à leur disposition, capables de changer de mers, de nationalités – ils se montrent seulement quand ils le souhaitent – ; et c’est aussi celle que je t’ai faite, ô auguste lectorat, en te taquinant à coups d’aperçus de dauphins… Non pas que je tenais à faire monter ta frustration, mais il me fallait réunir assez d’images correctes en premier lieu. Car les dauphins se laissent souvent approcher, mais ils viennent rarement à soi ; il faut aller les chercher.

Nous les cherchons de plusieurs façons. La Sea Watch Foundation, comme bien des centres de recherche sur le sujet, doit composer avec un certain nombre d’impératifs logistiques, dont ses moyens – on n’a pas le même budget pour étudier des dauphins que construire des armes nucléaires. Ce qui n’empêche pas, avec un peu d’inventivité, de soutien public et d’énergie, d’arriver à des résultats significatifs.

La SWF opère selon plusieurs canaux pour ce faire :

Land watches (observations depuis la terre)

Les dauphins viennent souvent dans l’anse à la sortie du port de New Quay et la digue qui la domine est un point de vue idéal pour ce faire. Cela permet aussi d’étudier les interactions des animaux avec les activités humaines. Il faut s’armer de patience – nous effectuons nos veilles par roulements de deux heures – et la visibilité doit être bonne – pas de houle, pas de pluie – mais on est souvent récompensé par la venue de quelques individus qui viennent s’alimenter sur les hauts-fonds. Une mère et son petit ont ainsi passé presque toute la semaine à une encâblure seulement de la plage – et, alors que j’étais de quart à l’aube, le juvénile m’a même gratifié d’un saut, juste devant moi, à dix mètres à peine…

Pendant notre formation à la "land watch" - photo (c) Katrin Lohrengel

Boat trips (observation indépendante en mer)

Le dolphin-watching est une des activités principales de New Quay ; des dizaines de touristes partent tous les jours sur de petits navires qui longent les côtes en quête de dauphins. La SWF a un partenariat avec les très sympathiques équipes de New Quay Boat Trips et SeaMôr (qui dépasse d’ailleurs l’échange de bons procédés : après les activités du jour, nous sommes nombreux à aller boire un verre avec eux jusqu’à des heures déraisonnables) ; ils nous accueillent en tant qu’observateurs, nous permettant d’approcher les animaux pour prendre divers relevés (notamment des photos pour l’identification des individus1), tandis que nous notons très précisément la route adoptée.

L'Ermol V, qui effectue des excursions de deux heures - photo LD

Surveys (relevés)

Quand les conditions sont propices, la SWF affrête régulièrement un navire de taille moyenne, le Dunbar Castle II, pour partir sillonner les Zones Spéciales de Conservation au nord et au sud de la baie de Cardigan. Nous partons alors la journée entière pour suivre un trajet bien précis et relevons toute la faune rencontrée, nous arrêtant ponctuellement pour prendre des photos qui serviront, là aussi à l’identification. Une extrapolation statistique permet par la suite d’estimer la quantité totale d’animaux présents dans la zone d’intérêt.

Briefing pendant un relevé - photo (c) SWF

Pour des moments rares…

Il faut être patient – et bien équipé : reflex haute résolution et zoom semi-pro (équipement qui coûte déjà deux bras et deux jambes)… constituent le minimum syndical. J’en suis à plus de trois cents images prises en relevé et pendant les observations touristiques, et, si beaucoup se sont avérées utiles pour la photo-identification des individus, leur valeur artistique est plutôt nulle (on se concentre sur la nageoire dorsale à l’exclusion du reste, et il y a plus « sexy »…). Ainsi, les quelques images animalières de la galerie ci-dessous sont très loin d’être parfaites, mais ce sont les plus « jolies » que j’aie prises jusqu’ici. J’espère qu’elles vous plairont néanmoins2 !

 

  1. Article à venir sur la question.
  2. Attention, en raison des accords passés par la SWF, les images animalières ne sont pas exceptionnellement pas en licence de diffusion libre, mais (c) Sea Watch Foundation / Lionel Davoust.
2012-08-01T19:55:13+02:00lundi 15 août 2011|Carnets de voyage|4 Commentaires
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