Procrastination podcast s06e09 – Flashforwards et prophéties

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s06e09 – Flashforwards et prophéties« .
Après l’aperçu dans le passé qu’est le flashback, Procrastination discute des aperçus de l’avenir ! Lionel met en avant le risque pour le suspense que présente un fragment du récit annonçant ce qui va se passer, mais se retrouve très vite avec Estelle sur le fait que c’est surtout l’exécution qui va susciter l’intérêt par les questions que le récit pose. Pour celle-ci, c’est en plus un outil très amusant pour interroger une situation où un personnage peut aboutir ; quant à la figure de la prophétie et de l’élu qui doit y répondre, cela peut en dire beaucoup sur un univers au-delà du simple motif narratif… Mélanie ajoute en plus une distinction opérante entre la prolepse, qui annonce une certitude envers le fait dépeint, et le fait que dans la prophétie, en réalité, rien n’est certain.
Références citées
– Alias, série créée par J. J. Abrams
– Réminiscence, film de Lisa Joy
– Le rendez-vous de Samarcande (ou Voyage à Samarcande), conte ancien
– Le Moineau de Dieu, Mary Doria Russell
– James Bond, licence dérivée des romans de Ian Fleming
– Babylon 5, série de Joe Michael Straczynski
– Jean Racine (notamment Andromaque)
– Howard Phillips Lovecraft
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Bonne écoute !










Établissons, comme on dit chez les gens qui réfléchissent pour de vrai, une typologie des tropes présentés :
Reprenons au scénario, puisqu’il en faut un (hélas – on verra pourquoi). Baby Doll, une jeune fille bien comme il faut, se voit privée de son héritage à la mort de sa mère par un beau-père tyrannique. Afin de l’empêcher de parler, celui-ci la fait interner dans un asile où elle sera lobotomisée dans cinq jours. Cinq jours, c’est le temps à sa disposition pour orchestrer son évasion avec quatre complices. Elle se met à s’imaginer (à métaphoriser) son statut comme celui d’une danseuse de cabaret-slash-bordel, d’où elle doit s’évader également (ça valait bien la peine de changer de niveau de réalité). Sa façon de danser hypnotique, véritable combat pour la vie, se métaphorise à nouveau, cette fois en combats complètement délirants où elle forme, avec ses quatre copines, un commando d’élite spécialisé dans les missions extrêmes (c’est là que film part en live avec ses combats au katana contre des zombies allemands propulsés à la vapeur sur fond de bataille aérienne entre des méchas et des biplans).
Une énormité que le scénario et les effets, par ailleurs, ne savent pas gérer. Les deux véritables morceaux de bravoure du film – un combat au katana sur un lac gelé contre d’immenses statues et la bataille contre les zombies mentionnée plus haut – sont les deux premières incursions dans le délire total du film, qui, là, susciteront effectivement gloussements réjouis et un amusement véritable. Mais les suivantes peinent à les égaler, progressivement de moins en moins impressionnantes : en grillant toutes ses bonnes idées d’entrée, Sucker Punch s’essouffle, incapable de surenchérir sur les critères qu’il a lui-même fixés. Les effets sont-ils magnifiques ? Oui, absolument. Y a-t-il des cascades éblouissantes, des trouvailles de chorégraphie, des ralentis esthétiques ? Oui. Mais trop, au point de se noyer les uns dans les autres et de ne plus susciter la surprise
Que reste-t-il de Sucker Punch ? Principalement l’impression d’un film assis entre deux chaises, d’un divertissement qui aurait pu être absolument jouissif s’il n’avait voulu se donner un alibi d’intelligence, d’un traitement sur la perception de la réalité loupé à cause de tous ses chemins de traverse ; dans la même veine, il reste un scénario un peu globiboulbesque, tour à tour abscons et cousu de fil blanc. Une bande-originale excellente qui fait beaucoup pour porter un rythme imparfait (écoutable en ligne