Music is my aeroplane

Une petite absence ces temps-ci qui s’explique par une coupure momentanée du Net, le temps de quitter Orange pour aller chez Free. Je croyais naïvement que nous vivions dans un pays concurrentiel et que je pouvais me faire ouvrir deux forfaits ADSL sur la même ligne, prêt à passer de l’un à l’autre en cas de défaillance, examinant à la loupe les performances des services pour les comparer et adopter donc le meilleur en connaissance de cause. Que nenni, fou, naïf, inconscient que j’étais. C’est un seul forfait, point barre. C’est donc Free. Mais je me suis trouvé coupé du monde pendant une bonne semaine et, mine de rien, dans cette période de gros boulot, ce fut un sacré handicap à la fois professionnel et personnel (le Net étant un de mes rares contacts avec le monde ces temps-ci). Bref, c’est réglé.

Mélanie m’a refilé la balle pour un jeu fort sympathique (tu savais que je ne résisterais pas à la tentation, hein!):

– Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi

– Faire une petite playlist avec

– Rajouter en sixième position « The Song », celle que vous aimez d’amour, plus jamais vous ne pourrez vivre sans

– Et taguer 5 personnes de votre choix.

Cinq morceaux plus un? C’est horriblement difficile, mais très intéressant justement parce qu’il ne s’agit pas de proposer cinq morceaux qu’on apprécie tout particulièrement, mais d’essayer un peu de se « définir » musicalement. Et cela change totalement la sélection, puisqu’on quitte le domaine des goûts, variables avec le temps, pour arriver à des choses beaucoup plus personnelles. Et je dois dire que la sélection, prise dans son ensemble, présente curieusement à mes yeux une personne que je reconnais mal, comme quand on se voit ou qu’on s’entend après avoir été filmé ou enregistré. On sait que c’est « soi », pourtant, la personne semble extérieure.

Bref, comme Mélanie, je me suis limité à YouTube et Deezer, et j’ai effectué quelques choix, mais d’autres auraient été possibles dans le même registre.

1. Le générique de Téléchat

Eh bah oui. Je regardais religieusement Téléchat quand j’étais tout môme – quand je dis religieusement, c’est que je n’en manquais pas un seul, je me les repassais en boucle, j’avais peur de Léguman, je comparais les gluons, etc. Mais force est de constater qu’à trois ans, le second degré de l’émission m’échappait totalement – ça restait un gros chat (j’adore les chats, ça se voit peut-être?) – qui présentait le journal. Pourtant, je sentais bien qu’il y avait des trucs un peu bizarres. Arte ne s’y est pas trompé en rediffusant la série aux côtés du Monty Python Flying Circus il y a une quinzaine d’années. D’aussi loin que je me souvienne, ce fut ma première et très précoce exposition au surréalisme, et ça a laissé des marques. Les DVD trônent aujourd’hui fièrement sur mon étagère et je ne me lasse pas de voir cette tarte à la crème volante essayer de déclamer Hamlet devant un buste de Shakespeare.

J’ai aussi envisagé de mettre une chanson de Boris Vian comme La Java des bombes atomiques, vu l’importance que son oeuvre a eu sur ma vie et le discours à la fois absurde et
irrévérencieux de la chanson, mais j’ai découvert sa musique bien plus tard. Non, Téléchat était définitivement le morceau à choisir ici.

2. Eric Serra – The Big Blue Overture

« Eh bah oui », encore une fois. Le Grand Bleu était déjà décrié à l’époque où il est sorti; aujourd’hui c’est encore pire, vu qu’on a tendance à juger une oeuvre passée à la lumière de l’oeuvre  actuelle (ce qui ne veut pas dire grand-chose) et que Besson n’est pas en odeur de sainteté chez les gens bien comme il faut. Mais je fais mon coming-out: ce film fait partie des pierres angulaires de mon imaginaire d’adolescent et j’assume à 100%. La solitude de ce Mayol fictif, sa consternation face à Rosanna Arquette qui lui promet « une maison et un chien » alors qu’il évolue dans un monde immense et inexprimable résonnaient profondément chez moi. En plus, j’ai travaillé quelques années à Marineland: le dauphin du début, c’est Joséphine, et je l’ai connue, la grosse ahem, petiote.

3. The Future Sound of London – My Kingdom

Quand mes copains de collège et de lycée ne juraient que par Blur, Queen (que j’aimais beaucoup quand même) et REM, j’écoutais des trucs vraiment bizarres pour mon âge, notamment Jean-Michel Jarre (j’assume, bis) et Tangerine Dream. Je me suis mis à la musique chantée très tard, en fait, préférant longtemps la pureté de l’instrumental et la recherche sur la matière sonore que permet l’électronique (avec laquelle je fais encore un peu mumuse quand le temps le permet).

J’adorais ces musiques quand cela ne recouvrait pas encore dans l’esprit du grand public techno et dance, quand il s’agissait prioritairement d’explorations atmosphérique et musicale, sans le besoin de remuer un dancefloor. Deux formations sont pour moi au sommet de ce genre, Orbital et surtout The Future Sound of London. L’album le plus abouti de FSOL est Dead Cities dont est tiré ce morceau, « My Kingdom ». Pourquoi celui-là? Pour son ambiance à la fois chaotique et structurée, son atmosphère entre appréhension et découverte, et aussi… pour son sample vocal symbolique à bien des aspects. Sans utiliser Google, saurez-vous reconnaître d’où il vient?

4. Jason Hayes – The Shaping of the World

Je voulais la version symphonique du prologue de FInal Fantasy VI mais elle est introuvable sur le Net. J’ai donc pris ce morceau-là qui est une piste bonus de la bande originale World of Warcraft. Au-delà de WoW, ce morceau évoque pour moi bien des choses: il symbolise toute la fantasy enchanteresse, mystérieuse ou héroïque, qui vous entraîne dans ses mondes, ses rêves, ses sagas. Avec la littérature, le jeu vidéo, le film, l’animation sont pour moi autant de portes d’entrée vers l’imaginaire, où je me coule avec bonheur. The Shaping of the World, comme le prologue de FFVI, représentent pour moi une fantasy que j’aime, aux mondes familiers et pourtant fondamentalement différents, où se déroulent des luttes épiques à tous les niveaux – qu’il s’agisse de triompher de l’ennemi ou de soi-même.

Et je puis je reste un gros geek. J’assume (ter).

5. Therion – Nightside of Eden

Impossible pour moi de faire une sélection musicale sans faire apparaître un bon métal. J’ai choisi « Nightside of Eden » de Therion, sur l’album Theli, qui mêle gros son, éléments symphoniques et efficacité. J’ai toujours trouvé ce titre très évocateur et j’apprécie beaucoup la dimension sous-jacente du texte: « A paradise lost / (An) Eden to regain / To illuminate / (The) Dark side of brain », soit, évidemment, la recherche dans l’inconscient, le questionnement perpétuel, le rejet de la convention en faveur de la quête personnelle.

Pour ce qui est du texte, j’aurais préféré « Clavicula Nox » du même groupe sur Vovin, mais si le morceau est superbe, je voulais un peu de patate dans cette sélection. « Dark horizons come close to me / and magick will be my key / I will travel through the gate / to be the finder of my fate... »

6. Tristania – Selling Out

Voici donc « the » song, la chanson sans laquelle je ne saurais vivre même que je l’aime d’amour. Je vous ai dit que FSOL et Orbital étaient pour moi les groupes quintessentiels de l’électronique? Eh bien World of Glass de Tristania est pour moi l’album quintessentiel du métal goth, et « Selling Out » est la plus belle chanson de l’album. Voix féminine magnifique, parfaitement équilibrée avec les grunts et le choeur, production parfaite, texte à la fois simple et prenant les tripes, cette chanson dégage à la fois un désespoir abyssal et une force dévastatrice. Elle a sauvé ma raison dans bien des moments difficiles (et je lui rends d’ailleurs hommage dans quelques passages du supertanker).

La suite!

Voilà qui était long, mais merci Mélanie, l’exercice était vraiment passionnant. Il me faut maintenant passer le relais. J’aimerais bien savoir comment répondraient Léa (oui, je suis une  ordure, tu as trop de boulot pour jouer à ça et pourtant c’est tentant…), Kanux,
Sneed, Lelf et Francis. Comme toujours, si
vous n’avez pas le temps, pas de problème, hein, ce n’est qu’un jeu 😉

2011-01-30T19:28:31+01:00mardi 28 octobre 2008|Décibels, Expériences en temps réel|3 Commentaires

Bruce Holland Rogers sur Utopod

Version courte si vous connaissez déjà les deux services en question:
La nouvelle « Petit Frère™ » de Bruce Holland Rogers traduite par votre serviteur dans le cadre de shortshortshort.com/francais est disponible en podcast dans le dernier épisode d’Utopod avec deux autres textes, « Ce qu’on attend de nous » de Ted Chiang et « Tour d’ivoire » de Bruce Sterling (trads. Patrick Marcel). Pour écouter, c’est facile, il suffit comme toujours de s’abonner avec un agrégateur (ou d’écouter directement en ligne).

Qu’est-ce qu’Utopod?
Utopod est le podcast des littératures de l’imaginaire; des nouvelles sont lues tous les mois, téléchargeables sur lecteur MP3 ou bien écoutables en ligne. Les nouveaux numéros sont annoncés en RSS. Plus d’infos ici.

Qu’est-ce que shortshortshort.com/francais?
Je m’occupe maintenant depuis trois ans de la traduction du service de nouvelles en ligne de Bruce Holland Rogers, shortshortshort.com. Rogers a été couronné par de nombreux prix (World Fantasy Award, Pushcart Prize, Bram Stoker Award, deux prix Nebula, etc.). Tous les mois, deux nouvelles courtes sont envoyées par e-mail aux abonnés, relevant d’une variété de genres: SF, fantasy, mais aussi policier, surréalisme, réalisme magique, expériences littéraires… Nombre de ces « short short stories » furent reprises dans les plus grands supports anglophones : The Sun, Realms of Fantasy, Descant, Analog, Polyphony… Mais les abonnés eurent le privilège de les lire en premier, comme « Petit Frère™ ».
L’abonnement coûte seulement 5€ pour une année – 5€ pour 24 nouvelles drôles, dérangeantes, intrigantes, amusantes…

Comment s’abonner? (ou: encart pub)
Le seul moyen de paiement sécurisé en ligne que je peux prendre est Paypal. Un simple virement de 5€ conclut l’abonnement sur le mail employé (précisez si vous souhaitez que les envois
soient transmis sur un autre mail). Pour payer directement depuis le solde d’un compte Paypal: veuillez effectuer un virement sur l’adresse shortshort_paypal@lionelkw.com (cela m’économise des frais bancaires). Pour payer par virement bancaire depuis un compte Paypal : veuillez utiliser l’adresse shortshort_cb@lionelkw.com

Il est aussi possible d’offrir des abonnements; chaque mail fait alors apparaître la mention « Votre abonnement vous a été offert par… », ou tout autre phrase à votre convenance.

Je suis évidemment à votre disposition pour toute info complémentaire en commentaires. 🙂

2011-01-30T19:31:55+01:00mercredi 15 octobre 2008|Actu|Commentaires fermés sur Bruce Holland Rogers sur Utopod

Retour de Paris, en route vers Nantes

Je rentre du salon Des blogs et des livres qui s’est déroulé ce week-end à Paris je dois dire que le plaisir que j’éprouve à me rendre dans ce genre d’événement est toujours renouvelé. Il y a celui de rencontrer artistes et auteurs d’horizons différents – BD, photographie – et travaillant dans d’autres genres que l’imaginaire; l’échange des expériences et la découverte de leur travail est toujours très enrichissant.

Mais, surtout, c’est toujours extrêmement fascinant (et un peu intimidant) de s’apercevoir qu’une nouvelle peut saisir un lecteur, que des visions un peu folles peuvent prendre corps chez d’autres
et éveiller en eux une résonance (Mélanie Fazi en parle très bien sur son propre blog). Derrière le clavier, on ne s’imagine absolument pas se retrouver un jour face à quelqu’un qui aura lu et apprécié le texte qu’on est en train d’écrire – pour moi, c’est au contraire un processus quasi-autarcique hanté par mille préoccupations que je pourrais rassembler sous une bannière unique: la préoccupation de faire mon travail de conteur de mon mieux, m’efforçant de respecter des exigences de cohérence, de style, de ton… Mais je conduis forcément le voyage selon mes envies subjectives, me rendant là où j’ai envie d’aller, cherchant à écrire ce que j’aimerais lire.

Aussi, rencontrer des lecteurs qui ont donc pu être intéressés, voire touchés par cet effort est donc toujours une grande joie: il y a évidemment la satisfaction de s’apercevoir qu’on a à peu près correctement fait son boulot. Mais surtout, parce qu’un texte achevé est pour moi libéré dans l’éther, il vit de manière extérieure, prêt à être approprié par celui ou celle qui s’y intéressera; aussi suis-je toujours très touché (et surpris) de découvrir qu’il a pu nourrir un peu l’imagination ou le plaisir de quelqu’un.

Merci donc au salon – notamment à Mlle Gima et à Francis – d’avoir suscité ces moments d’échange avec professionnalisme, dévouement et chaleur; et merci à vous d’être venus 🙂

And for something completely different (enfin, pas trop), je serai à Nantes pour le festival Utopiales qui se déroule du 30 octobre au 2 novembre.

2011-01-30T19:40:14+01:00lundi 13 octobre 2008|Actu|1 Commentaire

Présence au salon Blogs et Livres, Paris, 11-12 oct. 08

J’ai le plaisir de vous annoncer que je serai présent ce week-end (11 et 12 octobre) au salon Blogs et Livres de Paris. L’événement s’efforce de jeter des passerelles entre écrit électronique, comme ici, et l’objet livre. Vaste programme à l’heure où l’e-book s’apprête à se démocratiser!

Le site du salon est ici; l’événement se déroulera Mairie du XIe arrondissement, 12 place Léon Blum, 75011 Paris.


Par ailleurs, comme j’avais reçu quelques demandes en ce sens, je devrais avoir avec moi une poignée d’exemplaires de Galaxies n°34 où apparaît Tuning Jack, au cas où.

J’espère vous y retrouver! 🙂

2011-01-30T19:43:05+01:00mercredi 8 octobre 2008|Actu|4 Commentaires
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