Batman est turc

L’histoire est trop énorme pour que je ne la partage pas: la ville turque de Batman attaque en justice Christopher Nolan, réalisateur de The Dark Knight, pour emploi non autorisé du nom…
Batman.

Hormis le ridicule consommé de la démarche (Batman a été créé en 1939 par Bob Kane, je veux bien que le courrier mette du temps à traverser l’Atlantique, mais fallait se réveiller un peu avant, les mecs), notons que la ville s’en prend au réalisateur du dernier film, qui n’a rien à voir avec la propriété intellectuelle du personnage.

Mais surtout, je trouve la chose profondément rigolote de la part d’un pays qui fait preuve d’un respect bien personnel de la propriété intellectuelle.

Je ne remercierai jamais assez l’organisation des Utopiales 2006 pour nous avoir fait partager ce monument du cinéma, Turkish Star Wars, en version sous-titrée – car la moindre réplique est immortelle. Par exemple, les deux glands qui servent de héros au film s’écrasent au début sur une planète pourrie.

Gland n°1 (appelons-le, je ne sais plus, disons, Bob). – Tu as peur?
Gland n°2 (que nous appellerons, par souci de concision, Ronald Ebenezer Penruthlan). – Oui.
Bob. – Alors ne le montre pas.
Ronald Ebenezer Penruthlan, l’air un peu supris. – Pourquoi?
Bob. – On ne sait jamais. Cette planète est peut-être exclusivement peuplée de femmes.
Ronald Ebenezer Penruthlan, après un temps de réflexion. – Tu as raison. Bombons les pectoraux.

Bref, vous aurez remarqué dans les neuf minutes d’extrait qui précèdent (si vous avez eu le courage de tenir jusqu’au bout) des « emprunts » à Star Wars, à la bande originale d’Indiana Jones, et j’en passe.

J’attends maintenant avec impatience le procès de Carta Mundi pour emploi illégal du nom « Joker ».

EDIT: Beaucoup d’articles se sont trompés sur le Net (et moi avec), Hüseyin Kalkan est le nom du maire de Batman et non pas une partie du nom de la ville. Mais voilà-t’y-pas que l’heureux se retrouve avec une page à son nom sur Wikipédia. Les curieux y trouveront une série de liens plus ou moins sérieux sur l’affaire.

2011-01-28T16:31:22+01:00mercredi 12 novembre 2008|Expériences en temps réel, Juste parce que c'est cool|3 Commentaires

Il est interdit de passer à l’Orange (Article R412-31 du code de la route)

[LD]
[Du haut de sa tour d’ivoire qui est carrée… ivoire est carrée… Hou hou hou]

[Service client d’Orange]
[Troisième verger après le soleil]

Messieurs,

Veuillez noter que, par la présente, je résilie mon abonnement Internet à Orange (formule 8 mégas). C’est pour moi une grande tristesse de quitter vos services que j’ai connus depuis les
balbutiements de l’ADSL.

C’est un pan d’histoire qui s’effondre. Ah, que de noms secrets, sortis de l’imagination fertile des commerciaux : Netissimo, Wanadoo ! Formules imprécatoires qui se voulaient magiques, mais
qui sonnaient plutôt comme des efforts poussifs visant à convaincre le client vaguement appréhensif face aux mystères de « l’Internet » que sa pratique était facile et amusante. Des noms
ésotériques, construits sur des principes qui ne l’étaient pas moins, obéissant à des formules cachées, transmises seulement au coeur des nuits les plus sombres parmi la très fermée confrérie
des Consultants : un nom branché se doit de comporter les syllabes « issime » ou « doo ». Le problème, comme vous l’avez bien vu, messieurs, c’est que le « branché » est une denrée périssable.
Espérons qu’au contraire, la nouvelle « Orange » le sera moins, du moins tant qu’elle ne sera pas dévorée par Vodaphone – un nom fort peu heureux en langue française, lui, évoquant l’atroce
image d’un émétique administré par 0811 (13 centimes d’euros la minute de consultation, mais le temps de mise en relation est gratuit).

Hélas, messieurs, je pardonnai vos errements – les déconnexions intempestives qui ne furent résolues que par une enquête physique sur le DSLAM ; le service technique qui ne rappelle jamais
quand il promet de le faire ; même, messieurs, même, votre usage abusif de ce pauvre David Bowie en musique d’attente qui, s’il n’a peut-être rien contre l’usage et l’abus, serait probablement
consterné de se voir progressivement associé à la frustration du temps d’attente. Mais je fus terrassé par une latence excessive due à des problèmes de transaction entre Orange et OpenTransit,
ce que les techniciens de la hotline, à la compétence inférieure à la mienne, n’ont jamais daigné comprendre ; je l’avoue, messieurs, à ma grande honte, j’en gourmandai sévèrement certains qui
ignoraient jusqu’à l’existence du traceroute. Mais peut-on travailler sérieusement sur les autoroutes de l’information en ignorant l’existence de leur GPS ? Je crois, messieurs, que si nous
pouvons nous enorgueillir d’un si beau réseau routier, c’est que nos ouvriers savent différencier le bitume de l’asphalte.

En conclusion, en guise d’adieu, messieurs, il me reste à vous léguer un modeste don, une citation de Robert Sabatier trouvée sur Internet qui nous concerne, vous et moi : « À notre époque où
l’on parle tant de communication, la vraie communication est poétique. »

Je l’ai trouvée via ma connexion… Free.

Lionel Davoust
(Par lettre simple)
2018-07-17T14:32:41+02:00lundi 10 novembre 2008|Expériences en temps réel|1 Commentaire

J’ai cherché un jeu de mot débile sur Nantes mais je n’en ai trouvé aucun en rapport avec les Utopiales aussi devrez-vous vous contenter de ce titre générique d’entrée (… désolé)

Et voilà, une édition supplémentaire des Utopiales est derrière nous. Comme d’habitude, ce genre d’événement a créé une étrange distorsion spatio-temporelle autour de lui: il m’a fallu par exemple
deux heures pour atteindre le bar de la Cité des Congrès (et non pour en revenir, bande de médisants), le temps de rencontrer tous les copains pas vus depuis au moins six mois, d’échanger trois mots et d’oublier où j’allais. C’est une atmosphère électrique et un peu étrange, mais extrêmement enthousiasmante, bouillonnante d’idées. J’en reviens toujours
gonflé à bloc et plein de projets et d’envies.

C’est pourquoi il est difficile, voire impossible de faire partager un tel événement, surtout quand on le vit de l’intérieur. Il s’agit beaucoup de réunions de travail (au bar) et de discussions entre deux portes avec toutes les personnes qu’on veut voir. On a assez rarement le temps de boire une bière avec les copains, en fait.

Francis, Mélanie, Lucie, j’en oublie certainement, pardonnez-moi, ces trois jours se mêlent dans ma tête comme une nouvelle de Millenium Est… Une table ronde très sympathique, animée par Nathalie Labrousse, avec Fabrice Colin, Johan Heliot et Christophe Lambert sur l’addiction au virtuel et ses effets thérapeutiques… La fondation avec Anne Fakhouri et Zoé d’une école de SF révolutionnaire (entre le café et les toasts)… Et le fantastique concert du Naheulband samedi soir, vu des hauteurs du restaurant…

Il y aurait encore bien des choses à raconter, mais je n’ai pas de photos.
Bras, coudes, genoux.

2011-01-30T19:23:22+01:00mercredi 5 novembre 2008|Actu|10 Commentaires
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