Écrire en musique : Lux

Lux est un collègue beaucoup moins connu de SpacewaveCR, mais avec une activité analogue : de longues plages d’ambient planante qui visent un équilibre subtil, c’est-à-dire marquer des évolutions suffisantes pour ne pas endormir l’auditeur·ice, sans le distraire pour autant. Mais là où SpacewaveCR tape un peu dans toutes les inspirations, Lux a un créneau unique et bien marqué : le succédané de bande originale de Blade Runner. Tous ses albums partagent en effet l’atmosphère, la typographie, la mélancolie et une grande part des sons du monument de Vangelis, ce qui en fait un fond sonore idéal pour travailler et écrire… Enfin, tant qu’on n’en a pas marre de bouffer du Brass de CS-80 et de l’atmosphère urbaine nocturne pluvieuse. Lux propose aussi, quand même, de la musique qui se prête un peu mieux à une écoute active que la moyenne du domaine ; comme introduction, l’EP Asian Moods est fortement recommandé, et on enchaînera sur l’album Space Runner avant de potentiellement dévorer tout le reste.

2026-06-24T07:31:48+02:00mercredi 24 juin 2026|Décibels|2 Commentaires

Écrire en musique : Sabled Sun

Dans la famille de la musique qui donne de la joie de vivre pour écrire des scènes solaires et gentilles, je demande Sabled Sun, projet annexe de Simon Heath, le monument derrière Atrium Carceri et nul autre que le fondateur du label Cryo Chamber, dont on a déjà parlé par ici.

Sabled Sun tisse une longue et creuse (à prendre ici comme un compliment) tapisserie de la post-apocalypse au fil d’albums portant seulement des noms d’années, de 2145 à 2150. (Il propose aussi des albums encore plus texturaux appelés Signals, moins percutants à mon sens.) C’est absolument parfait pour les longues séances d’écriture en espaces désolés, en déserts froids, en vides spatiaux vertigineux rappelant à l’être humain sa petitesse.

Quoi ? Ce mois de mai est dégueulasse, faut bien que je m’adapte.

Celui qui me reste le plus dans l’oreille est 2148, que je recommande pour se lancer.

2026-05-22T10:09:27+02:00jeudi 21 mai 2026|Décibels|1 Commentaire

Sundial Aeon, le bijou d’electro progressive que vous ne connaissez sans doute pas (Écrire en musique ?)

En electronica progressive, on est un peu embêté dans les années 2020. L’électro verse soit dans l’ambient texturale (SpacewaveCR, Stellardrone, Void Stasis…) soit dans la musique résolument destinée à des espaces qu’on appellera globalement sociaux (house, chillout, trance, techno etc.). J’aime ça, hein, notez, mais l’électro progressive, ou l’électro qui parvient à sortir des rôles précédents pour de l’écouter pure, veine Jean-Michel Jarrre ou Tangerine Dream de la grande époque, est comparativement rare à trouver (Carbon Based Lifeforms, Donbor ?)

Sundial Aeon est la mine que vous vouliez trouver sans le savoir, un « supergroupe » composé de plusieurs personnalités de l’ambient, avec des accointances avec la demoscene et des remixes par une moitié de Future Sound of London, si ça n’est pas du pedigree, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Une quinzaine d’albums surtout dans l’esprit direct de Tangerine Dream de la glorieuse période glorieuse Virgin (en particulier Stratosfear et Tangram), mais avec une prodction évidemment contemporaine, lorgnant parfois vers la trance (je ne m’en plaindrai pas), c’est une véritable mine à explorer. Tous les titres d’albums finissant par « is », je vous enverrais notamment pour commencer sur Analysis et Hypnosis, mais les atmosphères varient assez notablement d’un album à l’autre, même s’ils gardent cette claire ascendance progressive qui fera la joie de l’amateur·ice. C’est le morceau suivant qui, un jour que j’avais Di.fm en fond, m’a fait lever le nez et dire: « minute, c’est quoi ça ? »

2026-01-29T06:17:38+01:00jeudi 29 janvier 2026|Décibels|2 Commentaires

Écrire en musique : The Quiet Self, de State Azure

Je m’efforce de ne pas faire des articles trop redondants sur l’ambient et les suggestions musicales pour se concentrer sur son écriture, or il a déjà été question de State Azure ici il y a bientôt deux ans, mais sa dernière production referme une atmosphère longue, relaxante et quasiment inépuisable pour se plonger dans un travail de longue haleine qui vaut une mention spéciale. Trois heures de variations au piano dérivant vers des nappes aux réverbs infinies, bref, c’est de la bonne et ma nouvelle bande sonore pour bosser, capable même de rivaliser avec Focus@Will.

Disponible sur tous les services de streaming et commodément en une seule longue vidéo sur YouTube :

2025-11-07T00:21:32+01:00mercredi 12 novembre 2025|Décibels|Commentaires fermés sur Écrire en musique : The Quiet Self, de State Azure

L’étrange quête d’acheter un CD en ligne en 2025

Les années 1990 de Tangerine Dream sont un peu, disons, controversées. La technologie se développant, le groupe rompt avec ses racines expérimentales (Phaedra, Ricochet, Rubycon, Tangram, Stratosfear, Hyperborea…) pour embrasser les nouveaux sons qui deviennent disponibles notamment à travers la synthèse FM et le sampling, mais le résultat convainc assez peu les fans de la première heure. Melrose, Goblins’ Club font hausser des sourcils dubitatifs ; mais, pour être entièrement juste, ils ne sont pas les seuls à peiner à prendre ce virage – la quasi-totalité des grands pionniers de l’électronique se perd aussi à cette période1. Apple Music fait même apparaître un trou curieusement suspect sur cette période, omettant un paquet d’albums pour un groupe qui a pourtant plus de cent sorties studio :

(Ils auraient aussi pu s’abstenir de laisser Tyger, mais ça reste un album historique, pas forcément pour de bonnes raisons.)

J’ai une copie d’époque de Goblins’ Club numérisée depuis belle lurette, que je me remets parfois pour la nostalgie (même si ça n’a pas bien vieilli non plus) et, me baladant au hasard, je découvre une chronique de l’album mentionnant que le meilleur de cette période un peu difficile serait Mars Polaris. Tiens donc ! Je ne le connais pas (en même temps, à moins d’être un fan très hardcore, c’est difficile de tout connaître de TD, et pour ma part, je suis bien plus Virgin Years), mais qu’à cela ne tienne, on est en 2025, ça se trouve, hein ?

Eh bien : étonnamment pas. Absent des services de streaming, donc2. Pas grave, ça s’achète : activons l’option pour le magasin iTunes et… non plus. Amazon mp3 ? Qobuz ? Rien. Il y a une playlist sur YouTube, constituée de bric et de broc, et même une vidéo complète, mais ça n’est pas une vraie sortie, hein ?

Il se trouve que l’album n’existe pas, officiellement du moins, sous forme numérique, ce qui pose toujours la question de l’archivage et de la disparition des supports. La seule manière d’en trouver une « vraie » version a été de dégoter le CD sur eBay, et c’est rigolo d’acheter un CD sur eBay en 2025, comme si j’avais encore mon modem Netissimo raie manta pour discuter sur ICQ.

L’engin est bien arrivé à Melbourne un mois plus tard. Et tenir une galette neuve entre mes mains, pour aller la classer dans ma colonne de CD physiques, n’est plus un acte que je fais très souvent, disons.

Surtout que la première chose que j’aie faite est de l’archiver en ALAC avec le lecteur externe planqué dans un coin de mon bureau derrière un plateau à fournitures de bureau qui ne sert plus qu’à la numérisation. (L’app Musique fait ça très bien ; le modèle que j’emploie est un lecteur de Blu-Ray Asus BW-16D1H-U PRO qui fonctionne avec macOS.)

Mars Polaris vit dans mes entrailles numériques.

Verdict ? Ah, j’ai quand même surtout fait ça pour l’amusement, hein. Sinon, ça sonne vraiment comme du Tangerine Dream de 1990. J’ai écouté l’album plusieurs fois, et je n’en retiens quasiment rien à chaque écoute (sauf peut-être Tharsis Maneuver, avec sa séquence en fond chouette). Ce qui n’est pas forcément un désavantage ! Et ça ne m’est pas non plus ouvertement désagréable comme peuvent l’être Tyger ou Melrose. On est d’accord que je n’irai pas non plus chercher les quelques 75 albums restants que je n’ai pas et qui ne sont pas disponibles en streaming 3. J’ai des factures d’électricité à payer.

  1. Chronologie de Jean-Michel Jarre conserve des morceaux immortels et d’autres qui ont horriblement mal vieilli ; il fera même demi-tour par la suite, revenant aux machines purement analogiques pour Oxygène 7-13.
  2. Comme d’autres étranges aventures, du groupe, d’ailleurs. Pas trace de Cyclone non plus, dont j’aime le côté délicieusement kitsch, et que j’ai en CD depuis trente ans, heh.
  3. Même si le streaming est désastreux en termes de rémunération des ayant droit – je suis au courant –, en tant que consommateur, quel pied !
2025-09-20T10:11:43+02:00mercredi 24 septembre 2025|Décibels|Commentaires fermés sur L’étrange quête d’acheter un CD en ligne en 2025

Écrire en musique : Stellarium

Qu’elle est compliquée, la quête d’un fond musical pour écrire ! Okay, qu’elle est rigolote aussi, tandis qu’on ajuste ses humeurs et ses ambiances avec le fond qu’on met (ou pas, selon la disponibilité mentale du moment). Mais il faut un équilibre subtil : suffisamment évolutif et progressif pour ne pas s’endormir, mais pas trop non plus pour ne pas envahir l’attention.

Le gagnant du moment est Stellarium (du label Exosphere, qui m’a été recommandé en commentaires ici, je crois – merci beaucoup) : de l’ambient qui n’est ni vraiment gaie, ni vraiment dark – évoquant simplement les immensités de l’univers, qu’on verrait bien accompagner une session de Eve Online, X, Star Citizen ou Stellaris. L’album Pillars of Light, par exemple, transcrit bien les lentes évolutions nébulaires (sans la chaîne) ; les sept minutes du morceau d’ouverture, Protoplanetary Disk, nous invitent effectivement à contempler de très, très loin les rythmes ultragéologiques de l’univers. Trois albums seulement, avec des atmosphères assez distinctes, mais tout le label associé offre une douzaine de noms supplémentaires pour des heures d’exploration.

2025-08-05T09:32:18+02:00mercredi 13 août 2025|Décibels|2 Commentaires

Écrire en musique : SpacewaveCR

Trouver la bonne musique de concentration – le truc suffisamment changeant, présent, mais pas mou au point d’endormir l’esprit (ce qui exclut la musique de méditation) ni intrusif au point de déconcentrer – est une quête subtile (mais rigolote). Plein de propositions dans cet endroit de perdition, et la dernière en date : SpacewaveCR (pour Cosmic Relaxation).

C’est de l’ambient suivant un format qu’on trouve souvent sur les services de streaming : des ribambelles d’albums / singles comportant une piste d’environ 30′ (à peu près assez pour un pomodoro) produits en masse, car ce n’est pas de la musique pour une écoute active, c’est au contraire de la musique à ne pas écouter. Mais ça marche étonnamment bien, et SpacewaveCR est présent partout où de la musique s’écoute (YouTube et tous services de streaming), avec des inspirations généralement Vangelisesques dans les moments planants de Blade Runner (un son qui a façonné une esthétique entière).

Personnellement, c’est Remember qui m’a mis le doigt dans l’engrenage (le morceau fait 32′, ici bouclées pour 2h) :

Et sinon, l’album M-Seven 1 dispo sur les services de streaming dure environ 13h – de quoi tenir une longue journée de travail (même si, à mon sens, on commencera directement à la deuxième piste, la première me semblant trop attirer l’attention). Rien qu’avec sa production, il y a de quoi tenir un an d’écriture à plein temps facile sans se lasser.

2025-03-05T00:35:14+01:00lundi 10 mars 2025|Décibels|Commentaires fermés sur Écrire en musique : SpacewaveCR

Écrire en musique : Eternal Dystopia

Après Void Stasis, et m’être refait une grosse perf’ de State Azure et de Carbon Based Lifeforms (Interloper reste un des meilleurs albums d’ambient ever, j’ai dit), je suis tombé dans un trou de dark ambient entre les recommandations de YouTube et Apple Music, et pour écrire des scènes pas forcément de marrade ultime, ma bonne découverte récente, c’est Eternal Dystopia (un titre qui respire bon la joie de vivre).

Là, on a totalement quitté les terrains mélodiques de CBL qui s’effritaient déjà beaucoup avec Void Stasis pour arriver dans le drone et les paysages sonores microtonaux, ça n’est pas le banger que vous allez mettre au réveillon (encore que, essayez et venez raconter le résultat), mais pour écrire (ou méditer sur la fin du monde et les abysses, je juge pas), c’est extrêmement efficace sans endormir pour autant. Il y a de quoi faire avec une douzaine d’albums sur les services de streaming, et ça vous changera de ce lo-fi sautillant et solaire, là, au moins, on a des nappes en mineur qui fleurent bon la pluie acide sur le béton, bordel.

2025-01-14T01:53:45+01:00mercredi 22 janvier 2025|Décibels|4 Commentaires

Écrire en musique : Void Stasis

En voilà de la musique qu’elle respire la joie de vivre, avec des titres charmants et évocateurs comme « Lung Fibrosis » ou « Costochondrial Separation », et avec une image de couverture qui évoque tout de suite les petits oiseaux et les licornes et pas du tout des univers en état de mort tiède dont les astres sont trop lointains et arides pour jamais pouvoir soutenir la moindre forme de vie – 

Void Stasis est un collectif de dark ambient dont le premier album, Ruins, avait déjà fait parler de lui, mais le suivant, Viral Incubation, est un petit chef-d’œuvre du genre, incroyable et glaçant hommage à toutes les horreurs de SF type Alien : l’expédition arrive sur la planète, découvre des trucs extraterrestres anciens, cosmiques et indicibles, ça tourne au drame atroce, et elle s’en tire de peu dans le sang, les larmes et les explosifs. Absolument pas recommandé pour écrire des scènes ensoleillées et guillerettes, mais si vous versez dans le glauque ou l’horreur, c’est juste parfait (pas du tout invasif pour l’esprit, donne juste assez de textures pour le concentrer). Bizarrement, je tourne beaucoup à ça pour certains passages de La Succession des Âges.

Si vous ne connaissez pas encore, vous pouvez en profiter pour jeter un œil à la page Bandcamp du label Cryo Chamber, éditeur de Void Stasis et autres artistes du même tonneau comme Atrium Carceri ou (mon autre chouchou du moment) Tineidae – j’ai à peine commencé à mettre le doigt dans la machine mais il y a de quoi peupler quantité de sessions d’écriture sinistres – ou de méditations aux frontières des ténèbres.

2024-11-04T00:51:05+01:00lundi 4 novembre 2024|Best Of, Décibels|Commentaires fermés sur Écrire en musique : Void Stasis
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