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S’abstenir, voter blanc, quel impact : un bref échange de tweets

Dimanche, nous voterons, et beaucoup se demandent encore comment, pour quoi, avec quelles conséquences.

Dans les interminables échanges de tweets de Maître Eolas (blogueur avocat bien connu, qui sort ici de sa modération habituelle), auguste lectorat, je me suis efforcé de déterrer un best-of résumant le positionnement des libertés et celui des conséquences fondé sur les seuls chiffres et la réalité de notre situation sous la Ve République. C’est bref à lire, tu vas voir. (Si Storify ne fonctionne pas, lire ici.)

Ajoutons à cela deux choses :

Des bots FN militent activement pour l’abstention sur les réseaux sociaux sous couvert de défendre la liberté de parole en se présentant comme d’anciens du Front de Gauche. Demandez-vous pourquoi :

Le meilleur article, le plus intelligent, sur la situation a été écrit par Fabrice Colin, et c’est, au bout du compte, probablement la seule chose à lire :

Pour ma part, je rentrerai de Québec dans la nuit de dimanche à lundi (oui, j’ai fait une procuration) et je vous avoue que si je connais le monde dans lequel j’aurai décollé, je me demande dans lequel j’atterrirai exactement.

2017-05-03T08:37:49+02:00mercredi 3 mai 2017|Humeurs aqueuses|4 Commentaires

Retrouvons-nous cette fin de semaine à… Québec !


Cette fin de semaine (et non ce week-end), j’ai le très grand plaisir de traverser l’Atlantique pour aller au congrès Boréal / festival Imaginaires 2067 dans la Belle Province – merci à l’organisation pour cette invitation qui m’honore au plus haut point.

J’y proposerai notamment une classe de maître sur l’écriture de fantasy :

Comment construit-on un univers de fantasy qui tiendra la route au long cours ? Lionel Davoust, ingénieur de formation, soulignera les conséquences à tirer des hypothèses choisies pour imaginer un monde de fantasy tout en levant le voile sur le processus créatif et en donnant des pistes pour se lancer. Comment met-on en scène l’univers ainsi construit sans lasser le lecteur ? Enfin, si cet univers doit accueillir plusieurs histoires différentes et indépendantes, longues ou courtes, comment en assure-t-on l’entretien ? L’auteur proposera des enseignements généraux tirés de son expérience et il abordera aussi les tendances du genre, en particulier dans le marché français.

Nous aurons bien sûr plusieurs débats avec les camarades et collègues :

avril

No Events

J’espère que nous nous y retrouverons nombreux, et je suis vraiment très heureux de pouvoir venir à Québec ainsi.

Couv. Alain Brion

Pour la petite histoire, il y dix ans, j’y ai vécu un mois et c’est à cette occasion que j’ai jeté sur un bloc les bases d’une certaine magie à base de narguilés qui permettait de Transférer la charge émotionnelle d’un souvenir à quelqu’un d’autre. Port d’Âmes est né à bien des titres à Québec, à l’époque où ce n’était encore qu’une étincelle et une novella mal équilibrée.

Dix ans plus tard, le jour où j’atterrirai, le roman qui en est né ressortira en poche chez Folio SF, en même temps que la sortie de La Messagère du Ciel. Ce genre d’heureuses coïncidences vous emplissent de fascination et de reconnaissance pour l’existence. Merci à vous tous qui suivez de livre en livre, pour le chemin parcouru – et je lève mon verre métaphorique aux dix prochaines, si on le veut bien !

Pour en savoir plus sur l’événement, une seule adresse, son site bien sûr.

2017-05-07T21:56:26+02:00mardi 2 mai 2017|À ne pas manquer|1 Commentaire

Procrastination podcast ép. 16 : « De ta vie à Google Maps »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « De ta vie à Google Maps« .

« Écrire ce qu’on connaît » est un des conseils les plus répandus, qui a généré au fil de l’histoire littéraire des positions assez polarisées. La narration se nourrit bien sûr de l’expérience de l’auteur, mais cette notion s’effondre tout particulièrement dans les domaines de l’imaginaire, qui ont par nature un rapport à la réalité particulier. Toute la clé, on le verra, se trouve dans le sens que l’on donne au mot « connaître ».

Références citées
– Nécropolis, Hebert Lieberman
– La Séparation, Christopher Priest
– Neverwhere, Neil Gaiman

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2019-05-04T18:48:36+02:00lundi 1 mai 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination podcast ép. 16 : « De ta vie à Google Maps »

Découvrez en avant-première le premier chapitre de La Messagère du Ciel !

Couv. Alain Brion

La publication de La Messagère du Ciel approche, et j’avoue une certaine fébrilité tandis que je viens de franchir le premier quart du deuxième tome, La Fureur de la Terre : comment ce début sera-t-il reçu ? Dans le même temps, c’est aussi une bonne chose ; forcé d’avancer, je ne le fais qu’en me fiant à mes instincts, ce qui, en ce qui me concerne, est souvent une bonne chose.

Ça n’empêche qu’après tout ce temps de préparation et d’écriture, je commence à être très impatient de la sortie ! J’ai reçu mes exemplaires (voir ci-contre), le livre est solide, épais (700 pages !), superbement fabriqué comme toujours avec Critic.

Et, à l’approche de la sortie (qui aura lieu le 4 mai, contrairement à ce que j’ai dit il y a un mois – et soit le même jour que Port d’Âmes chez Folio SF : c’est pile dans une semaine !), nous vous proposons avec les éditions Critic de découvrir le prologue et le premier chapitre entier dans leur intégralité.

Il est lisible ci-dessous dans votre navigateur, sinon, pour davantage de commodité, sur cette page à part.

Bonne lecture ! 

2017-05-12T18:12:39+02:00jeudi 27 avril 2017|À ne pas manquer|3 Commentaires

La démocratie, c’est perdre avec grâce

Bon, j’ai plein d’infos sympas sur les actualités, les bouquins à sortir, les interventions, mais à voir la température sur les réseaux sociaux du monde français entier, je vois clairement que ce n’est pas le moment, donc un mot rapide sur les élections.

Je lis beaucoup – notamment chez les mélenchonistes – que cette élection a été « volée », que c’est un « simulacre de démocratie », etc. Beaucoup des mêmes, écœurés par la défaite de leur candidat – ou par le fait, simplement, que leur sensibilités ne se retrouvent pas au second tour – prônent l’abstention ou un vote blanc.

Ceux-là me font exactement le même effet que tous ceux qui ont déserté Benoît Hamon au lendemain du résultat de la primaire : on prétend consulter le peuple, et puis le résultat ne convient pas aux plans établis ou aux espoirs ? Tirons-nous et clamons à la trahison !

La démocratie, c’est la consultation du peuple. Le résultat ne vous enchante pas, d’accord. (Moi non plus. À commencer par le fait de voir à nouveau l’extrême-droite en finale me consterne, désole, me met en colère. Je ne vous fais pas le couplet, il est connu depuis le temps.) Mais la voix du peuple, le résultat du peuple, ne sont-ils pas souverains ? Nous n’avons pas un système à deux étages à l’Américaine. Chaque bulletin mis dans l’urne est une expression exprimée, directement.

Beaucoup avaient l’espoir d’un changement de fond conformément à leurs convictions ; la déception est proportionnelle à la hauteur de cet espoir, ce qui est pleinement compréhensible. Mais que cette déception se transforme en négation totale du droit de vote – un droit pour lequel nos ancêtres se sont battus, ont saigné, sont morts ; un droit qui est, oui, confisqué ou refusé dans d’autres États – est une déclaration de nanti qui m’échappera toujours. Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, il y a d’un côté un candidat dont on peut hautement critiquer, voire détester la politique si on le souhaite, mais dont le parti n’a jamais employé la discrimination et la peur comme tactique. L’autre représente un parti issu à l’origine d’un courant reconnu comme néo-fasciste.

Et vous resteriez chez vous le 7 mai ?

Il est impossible de dire, après le premier tour de cette élection, que le système est « confisqué » quand les deux partis historiques se sont fait battre et que Jean-Luc Mélenchon termine dans un mouchoir de poche avec les trois qui le devancent, totalisant un score historique. (Oui, le système dans l’ensemble peut toujours fonctionner bien mieux, mais, si Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini plus haut, ce n’est pas la faute du système électoral, ici.) Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’ont pas tiré leurs premières places d’un chapeau, mais des urnes. (Aussi ahurissant que ce soit dans le cas de la seconde.) Ils n’ont pas « acheté » leur victoire, ils la reçoivent du suffrage universel direct. Ça ne vous fait pas plaisir, à moi non plus. Mais vous ne pouvez pas – vous n’avez pas le droit de dire que certains ont « mal voté » et que le résultat est « volé ». Je vous renvoie à l’histoire pour faire le tour des États qui enseignaient comment « bien voter » à leur électorat – dans leur propre intérêt, vous comprenez, pour faire leur éducation.

Ce n’est pas un second tour Macron / n’importe qui d’autre, les amis. Des deux finalistes de ce premier tour, un candidat me semble clairement républicain, l’autre, not so much. Faut-il autre chose ? 

Oui, tiens. Allons écouter Jean-Luc Mélenchon himself en 2002 :

Le vote d’extrême droite doit être réduit au minimum par nos propres forces. Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l’essentiel parce que l’effort lui paraît indigne de soi? Ne pas faire son devoir républicain en raison de la nausée que nous donne le moyen d’action, c’est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l’inconvénient individuel.

(Graissage de mon fait : une déclaration de haute noblesse à laquelle je souscris totalement. Pour ma part, dans deux semaines, je serai ce fameux « voisin » qui ira faire l’effort.)

Il faut se rappeler qui est l’adversaire, et continuer à mener ses combats en employant les règles de la démocratie et de la république, car c’est là-dessus que le pays fonctionne et s’est fondé, c’est notre fierté, et que c’est par ce biais qu’on s’engage à le changer. On prépare les combats du lendemain, l’opposition, le débat, la contestation si nécessaire, en allant voter pour que la possibilité de le faire, sacré bordel de dieu, existe encore demain ! La France insoumise, c’est environ 1/5 des suffrages exprimés ! S’il n’y a pas un après avec ça, un élan à prolonger, un dynamique à faire grossir davantage pour ceux qui la partagent – que faut-il ? Cette dynamique devait parvenir à convaincre, et c’est ce qu’elle n’a pas fait suffisamment dimanche ; tirez-en les conclusions que vous voulez, mais c’est ça, la démocratie. 

Bref. Résumons en un échange de tweets :

Pour aller plus loin, voir cet article de Slate pour la citation de Jean-Luc Mélenchon et une analyse que je partage en large partie.

EDIT : Je rappelle qu’un embargo sur l’apologie de l’abstention est toujours en vigueur dans les commentaires de ce blog (parce que ça prend des heures à modérer et que je ne souhaite pas offrir une plate-forme à ce discours). Veuillez donc vous… abstenir de rédiger ce genre de messages, qui seront supprimés. 

2017-04-25T17:38:56+02:00mardi 25 avril 2017|Humeurs aqueuses|32 Commentaires

Retrouvons-nous ce week-end à Nice Fictions !

Tous les printemps, c’est la première saison des festivals littéraires, et, auguste lectorat, cette année, je serai sur les routes jusqu’à Pluton. (En Roumanie.) (Pluton est une ville en Roumanie.) (Bon, en fait, j’irai même pas jusque là, mais j’irai partout ailleurs.) (Presque partout.)

Ce week-end, j’ai le plaisir d’être invité par le festival Nice Fictions pour un événement riche en rencontres, dédicaces, tables rondes… Les salons sont rares dans le sud, donc c’est une occasion à ne pas manquer de venir fêter l’imaginaire. Les informations pratiques sont en ligne ici, le programme là. Attention : en raison du plan Vigipirate, une inscription sur cette page est requise au préalable pour accéder à la manifestation (dont l’entrée est par ailleurs gratuite).

J’interviendrai sur les sujets suivants :

avril

No Events

À très bientôt ! 

2017-05-01T17:14:24+02:00lundi 24 avril 2017|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Retrouvons-nous ce week-end à Nice Fictions !

Islande 2017

Travail intense oblige, je n’ai plus autant l’occasion de partir en volontariat qu’auparavant – non pas que je me plaigne : dans mon domaine, avoir du boulot est une excellente chose ! Cependant, la mer et ses drôles d’habitants noirs et blancs, aussi tendres et joueurs que redoutables au squash à l’otarie commençaient à me manquer puissamment, or doncques, une partie de la semaine dernière, j’ai délocalisé la machine à écrire à Grundarfjörður en Islande.

Délocalisation couronnée de succès grâce à Láki Tours

Foraging orcas

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… au moins pour le premier jour, car, des trois jours suivants, aucune des sorties prévues n’a pu se faire. L’adage dit qu’en Islande, si l’on n’aime pas la météo, il suffit d’attendre cinq minutes pour qu’elle change, mais là, le vent est resté tenace pour le reste de mon (bref) séjour, empêchant toute autre expédition en raison de l’état de la mer (même s’il faisait grand beau).

Cela a été l’occasion de faire le tour de la péninsule du Snæfellsnes, du coup. L’Islande au printemps est étrangement semblable et différente à la fois de l’hiver ; la température y paraît presque plus froide, le vent est assurément plus coupant, mais la neige s’est retirée vers les sommets, et surtout, les journées sont déjà bien plus longues que partout ailleurs (coucher du soleil à 21h).

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La Snæfellsnes en avril ressemble parfaitement à l’image populaire qu’on se fait de l’Islande : de longues landes et champs de lave où rien ne pousse pendant des kilomètres, veillées par des montagnes abruptes qui jaillissent soudainement là où elles l’ont décidé. Le glacier du Snæfellsjökull règne sur la péninsule, régulièrement couronné de nuages, toujours inaccessible. Les oiseaux n’y sont pas encore nombreux, ils reviendront plus tard ; les touristes de l’hiver sont partis (tant mieux) ; contrairement à l’ambiance feutrée de décembre, il plane là une sorte de préparation, de métamorphose. J’ai rarement senti ailleurs – mais peut-être est-ce simplement l’effet du dépaysement – la justesse de ce cliché d’un printemps qui « retient son souffle » au retour de l’été.

Cliquez pour agrandir (et voir les deux langues des glaciers du sud-est)

Image qui n’est pas vraie en mer, car orques et cétacés, de manière générale, sont fréquents en cette saison : ils suivent les bancs de harengs, de retour en masse. Je fais l’objet d’une curieuse loi karmique, voire d’une malédiction : chaque fois que j’ai vu une espèce rare (orques, notamment) en milieu sauvage, je vois un échouage peu après ; chaque fois que j’assiste à un échouage, je vois une espèce rare. Malheureusement, ce voyage n’a pas fait exception ; au matin de partir en mer, j’ai repéré sur la plage d’Olafsvík une carcasse très fraîche de dauphin à nez blanc (Lagenorhynchus albirostris) que, de loin, je craignais être un jeune orque. Les vieux réflexes ont repris le dessus – en mode CSI échouage de dauphin –, bloquant toute émotion pour rassembler efficacement d’éventuelles informations précieuses, tandis que j’appelais la directrice d’Orca Guardiansancienne camarade de volontariat qui dirige l’organisation sur place, quant à d’éventuelles données qui pourraient lui être utiles, étant un brin dépourvu sans avoir le moindre kit d’analyse sur moi (évidemment). Vivent les smartphones qui permettent au moins de prendre quantité de photos détaillées. La mort devait remonter au plus à vingt-quatre heures.

D’après ma camarade, nous avons vus ce jour-là entre 30 et 40 orques, même si seule une dizaine restait non loin du bateau. Nous avons eu le plaisir de voir un tout jeune en bonne santé, nageant encore un peu maladroitement, pour une rencontre qui a duré, quoi, une heure ? J’ai perdu la notion du temps, tandis que je déclenchais l’appareil en rafale, sans me soucier du tri à faire ensuite (bilan : 750 images, ouch). Néanmoins sans oublier, parfois, de le mettre volontairement de côté, pour juste me pénétrer de l’instant, contempler le spectacle avec mes yeux, avec le cœur, sans penser à aucun artifice technologique.

Néanmoins, j’ai maudit ma malédiction.

En plus il s’agissait d’une troupe rare, ce qui donné à Marie, d’Orca Guardians, des données potentiellement précieuses (auxquelles j’espère avoir un peu contribué de mon côté, même si je ne cherchais pas à prendre spécialement des photos pour l’identification des individus). Je ne peux que vous recommander de jeter un œil au site de la fondation et à la page Facebook qui publie presque chaque jour des images et des récits stupéfiants de rencontres avec les géants des océans. Orca Guardians met un point d’honneur à n’effectuer que des recherches non-invasives (c’est-à-dire tirées uniquement de l’observation régulière et suivie).

 

2017-04-19T14:48:33+02:00jeudi 20 avril 2017|Carnets de voyage|2 Commentaires
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