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Alerte sur le prix unique du livre

« Communiqué

L’Association des Traducteurs Littéraires de France s’associe au communiqué publié le 22 mai 2008 par la Société des Gens de Lettres, le Syndicat National de l’Edition et le Syndicat de la Librairie française pour défendre l’intégralité de la loi actuelle sur le prix unique du Livre.

Les traducteurs littéraires considèrent avec inquiétude les tentatives de remettre en cause une loi qui assure depuis plusieurs décennies une stabilité de l’édition et de la librairie que les pays n’ayant pas adopté ce type de mesure ont totalement perdue. »

Contact: www.atlf.org »

Copie du communiqué SNE/SFL/SGDL:

COMMUNIQUE DE PRESSE

Alerte sur le prix unique du livre

Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la modernisation de l’économie à l’Assemblée nationale, des Députés ont élaboré des propositions d’amendements visant à supprimer l’une des dispositions majeures de la loi du 10
août 1981 relative au prix du livre en réduisant de deux ans à six mois le délai durant lequel les soldes de livres sont interdits.

L’intervention de la Ministre de la culture et de la communication, Christine ALBANEL, et de ses services, ainsi que la mobilisation commune des auteurs, des éditeurs et des libraires à travers leurs organisations professionnelles
(Société des Gens de Lettres; Syndicat National de l’édition,
Syndicat de la librairie française) a permis d’alerter les parlementaires sur les dangers extrêmes de ces amendements et a favorisé le retrait de celui défendu par un membre du groupe UMP. Il semblerait néanmoins que le second amendement, porté par un Député du groupe « Nouveau Centre », puisse encore être maintenu malgré le vote négatif de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce que dénoncent avec la plus grande fermeté les auteurs, les
éditeurs et les libraires.

En effet, si cette disposition était adoptée par le Parlement, elle signerait la fin du prix unique du livre et amorcerait un bouleversement total du marché du livre.

La SGDL, le SNE et le SLF rappellent que les conséquences d’une dérégulation du marché du livre seraient, en premier lieu, pénalisantes pour les consommateurs et les lecteurs. En effet, comme cela s’est vérifié à l’étranger – au
Royaume-Uni en particulier où le prix unique a été supprimé en 1995 -, la dérégulation du marché du livre emporterait au moins trois effets négatifs : un appauvrissement de l?offre éditoriale, de nombreux titres ne pouvant plus être publiés par les éditeurs, une augmentation du prix moyen du livre
préjudiciable au pouvoir d?achat des lecteurs, les éditeurs étant contraints de compenser le manque de recettes lié aux soldes par une augmentation globale de leurs prix et, enfin, des obstacles supplémentaires pour le public dans son accès
au livre du fait de la disparition de librairies en centre-ville. Des livres en moins grand nombre, plus chers et moins accessibles, le consommateur, contrairement aux idées reçues, a tout à perdre à cette dérégulation.

Les librairies indépendantes, dont l?une des principales
spécificités consiste justement à offrir au public des ouvrages de plus de six mois, ne pourraient résister à l’émergence d’un marché du solde à grande échelle dans
les grandes surfaces comme sur Internet. Leur disparition serait dramatique pour la diversité de la création éditoriale et pour la vitalité des centres villes.

Les éditeurs, pour leur part, pâtiraient directement d’un report des achats de nouveautés dans l’attente des soldes, d’un « discount » sur les ouvrages du fonds de leur catalogue ainsi que de la fragilisation ou de la disparition de nombreuses librairies.

Quant aux auteurs, pour autant que le décompte de leurs droits soit praticable, ils ne mettraient pas longtemps à voir leur montant réduit à bien peu de chose : dans le meilleur des cas, l’exploitation de leurs ouvrages ne dépasserait pas la période considérée, et, le plus souvent, le public n’aurait que six mois à attendre pour acquérir un livre à un prix de liquidation. C’est dire que le système envisagé ne profiterait qu?aux auteurs de « best-sellers ».

La SGDL, le SNE et le SLF rappellent que la loi de 1981 a bénéficié depuis l’origine d’un très large consensus, parmi les professionnels comme au sein de la classe politique, la loi ayant été votée à l’unanimité, en 1981 comme en 2003 lors de son extension aux ventes aux collectivités.

Cette loi a incontestablement permis un essor du marché du livre grâce à un réseau très dense de points de vente qui garantit la diversité de l’offre éditoriale et, donc, la richesse de la création littéraire. Elle est une vraie loi de concurrence car les différents types de circuits de diffusion, des librairies indépendantes à la grande distribution, en passant par les grandes surfaces culturelles et les librairies en ligne, ont pu se développer sans que
l’un de ces circuits n?écrase pour autant ses concurrents. Cette densité et cette diversité des circuits de diffusion permettent à l’ensemble des secteurs éditoriaux de trouver leur public. Enfin, le prix unique a pour autre vertu de contenir l’augmentation du prix du livre. Ainsi, les chiffres de l’INSEE montrent que, sur les dix dernières années, l’indice du prix du livre a évolué deux fois moins vite que l’indice général des prix.

La loi du 10 août 1981 sur le prix unique du livre est une loi concurrentielle et, qui plus est, anti inflationniste. Elle constitue l’une des illustrations les plus éloquentes et les plus concrètes de la diversité culturelle. La guerre
des prix que certains veulent engager aboutirait à une liquidation de la culture. Les professionnels sont pleinement disposés à ouvrir la réflexion et le débat sur ce sujet avec les parlementaires mais en prenant le temps nécessaire pour mener des analyses pertinentes.

C’est pourquoi, les auteurs, les éditeurs et les libraires
demandent le retrait de l’amendement sur les soldes de livres et en appellent à l’ensemble des parlementaires et au Gouvernement afin qu’ils rejettent ces tentatives de déstabilisation du marché du livre qui seraient ruineuses et
irrémédiables pour l’économie du livre et pour la culture.

2011-02-01T19:40:23+01:00jeudi 5 juin 2008|Expériences en temps réel, Le monde du livre|Commentaires fermés sur Alerte sur le prix unique du livre

Imaginales the people

Je suis tellement contrit de ce jeu de mots ridicule… Non, je suis super fier, en fait.

Me voilà revenu d’Épinal après une grande et belle semaine effrénée entre traduction simultanée, rencontres innombrables, débats, signatures, and soooo oooon…

Je suis assez nul pour raconter ce genre d’événement a posteriori, ne serait-ce que parce que je me lancerais dans une interminable litanie de remerciements et de compliments sur tous les gens adorables qu’on rencontre dans ce genre d’événement et que ce genre de chose n’intéresse que les présents à l’événement. Je serais tenté alors de ne citer personne par crainte d’oublier quelqu’un, mais… là, c’est un peu triste. « Quoi, c’est tout ce qu’il a à dire, Davoust? » Non: c’était trop bien, venez l’année prochaine.

Robin Hobb, Tad Williams, LD, Sean Russell, Anthony Vallat, Stéphane Manfrédo. Photo (c) Linaka pour Elbakin.net

Heureusement, il y a un excellent sujet du forum ActuSF qui s’est efforcé de raconter le festival en direct.
Elbakin.net, représenté par la merveilleuse et très dynamique Linaka, une des meilleures rencontres de cette édition, propose aussi un reportage sur deux cafés littéraires et quelques photos.

Je tiens à glisser une mention spéciale pour le professionalisme et la gentillesse de nos amis nord-américains, Robin Hobb, Sean Russell et Tad Williams. Toujours disponibles pour leurs lecteurs même quand ils sont écrasés de fatigue, attentifs, chaleureux, drôles, dynamiques, ce sont des exemples vivants d’humilité et d’ouverture d’esprit, des modèles tant artistiques qu’humains. Chapeau bas.

Et puis il me faut remercier l’organisation du festival, qui a encore une fois veillé à ce que tous se passe bien, les amis modérateurs et traducteurs, les illustrateurs pour un étrange dîner Alien, et puis…

Ça y est, voilà que je recommence.

2011-02-02T13:56:23+01:00mardi 3 juin 2008|Actu|Commentaires fermés sur Imaginales the people

Présence aux Imaginales

Période extrêêêêêmement chargée en ce moment mais qui, si tout va bien, devrait voir l’aboutissement d’un, ahem, certain nombre de choses.

Puis-je faire encore plus nébuleux comme phrase?

Je pourrais, mais je vous invite plutôt à méditer directement sur le potentiel zen des points de suspension:

Ah, que c’est beau.

Bref: je suis navré, mais il me faut encore repousser l’ultime volet de ce feuilleton philosophico-mystique si profond et puissant que j’ai maintenant été approché par des représentants des religions révélées dans l’optique d’une joint-venture visant à exploiter le capital spirituel inépuisable de la shampouineuse à moquette. Il va sans dire que je les ai envoyés bouler, ces va-nu-pieds; je resterai le seul à savoir accorder le Pardon Universel via la psalmodie des règlements de copropriétés.

Ceci est donc une annonce rapide pour repréciser que je serai présent aux festival des mondes imaginaires d’Epinal du 21 au 25 mai prochain, les Imaginales, notamment pour le café littéraire suivant:

Vendredi 23 mai
17h Magic Mirror
Café littéraire 12
DE BROCÉLIANDE EN AVALON…
fascination de la fantasy celtique
avec Lucie Chenu, Nathalie Dau, Lionel Davoust, Robin Hobb, Élisabeth Vonarburg

Voilà! Venez nombreux!

(Et à mon retour, je reprends les mises à jour hebdomadaires.)

2011-02-02T15:26:42+01:00mercredi 14 mai 2008|Actu|Commentaires fermés sur Présence aux Imaginales

L’Europe génial c’est!

« Vous payez et telechargez le logiciel, il descend immediatement! Nous Vous avez tous – unc programmes pour PC MAC, dans tous les europeens
Langues! Nous ne vendons que des originaux versions completes, mais Guenstig!

Notre support technique se sont de plus en plus autour de vous kuemmern. Nous vous repondrons rapidement et vous recevrez egalement une Retour d’argent garanti. »

J’ai presque pitié.

2011-02-02T15:28:28+01:00mardi 22 avril 2008|Expériences en temps réel|Commentaires fermés sur L’Europe génial c’est!

Restez jeune et beau en lisant De Brocéliande en Avalon

Ça y est, l’anthologie De Brocéliande en Avalon vient de sortir (vendredi dernier, plus exactement)! Je suis ravi. Alors, en principe, lors d’une telle annonce, on joint la couverture, le sommaire mais toutes ces infos se trouvent juste en-dessous, donc je ne sais pas trop quoi ajouter de spirituel. *sourire* Euh, vous, ça va? Ahem. *sifflote*

En fait, si. Lisez De Brocéliande en Avalon, c’est chouette et en plus c’est un très bel objet. À part ça? Lisez des livres, c’est bien, c’est bien mieux, par exemple, que de regarder la nouvelle trilogie Star Wars. La nouvelle trilogie Star Wars compte parmi ces activités innombrables qui semblent satisfaisantes en apparence mais qui, une fois terminées, vous donnent l’abyssale impression d’avoir perdu votre temps et l’envie futile de récupérer ces heures de votre vie hélas évanouies à jamais.

Mais je pense à toi, ami lecteur, et cela me peinerait de te laisser repartir d’ici sans rien t’avoir donné de plus que cette annonce, sans que tu retires de ta visite un surplus de valeur ajoutée, car la valeur ajoutée, dans notre monde, c’est important. Je vais donc t’économiser la perte de six heures de ta vie grâce à cette trouvaille: la nouvelle triologie Star Wars résumée en trois fois cinq secondes.

(Par contre, si, comme moi, tu as déjà vu les films, je ne peux rien pour toi, à part t’offrir un verre pour qu’on pleure ensemble sur le sort de Dark Vador.)

The Phantom Menace

Attack of the Clones

Revenge of the Sith

Et voilà! Autant de temps volé à la mort! Youpi.

2011-02-02T15:29:47+01:00dimanche 20 avril 2008|Actu|Commentaires fermés sur Restez jeune et beau en lisant De Brocéliande en Avalon

L’île close va ouvrir (mais pas longtemps) (et ferme derrière toi, s’il te plaît)

Je sais, je sais, vous attendiez encore une fois, ébahis, la main tremblante, les yeux humides, la suite de ce feuilleton haletant philosophico-ésotérique que m’envient Paulo Coelho et Marc Lévy et dont les droits ont maintenant été acquis par George Lucas afin d’insérer dans sa prochaine trilogie un droïde à ventouse déboucheur de siphons. Mais il faut savoir ménager l’attente. Travailler le silence. Donner quelques pistes évasives pour faire monter la pression.

Je vous confierai donc dans la fausse intimité de cette page web ouverte à tous les vents que les prochains volets ne contiendront pas les éléments suivants:

– Un dogfight entre un zeppelin et un chevaucheur de dragons
– Un mixeur électronique Moulinex
– Un chat qui parle
– Une citation de Nietzsche
– Un aparté sur Toulouse-Lautrec
– Une Magic 8-Ball

Pour le reste, ma foi, tout est possible, donc il faut vous attendre à tout, donc tout est prévisible, donc vous n’aurez aucune surprise. C’est moche, mais c’est comme ça, la logique.

Parlons de choses plus sérieuses avec un petit point sur l’anthologie De Brocéliande en Avalon dirigée par Lucie Chenu chez Terre de Brume. Le projet de couverture que j’avais vu aux Utopiales a bel et bien été retenu et vous comprendrez aisément pourquoi ma mâchoire s’est décrochée quand je l’ai vu:

Merde, quoi. John Howe. Un des plus immenses illustrateurs de la fantasy, qui a travaillé sur les livres de Robin Hobb, Tolkien et j’en passe. (Comme il dit lui-même quand on lui demande s’il est Allan Lee: « Non, moi, c’est l’autre. ») J’avais fait sa connaissance il y a quelques années à Rennes au cours d’une semaine universitaire sur Le Seigneur des Anneaux et c’est un type d’une très, très grande gentillesse, d’une réflexion et d’une érudition sidérante sans parler de sa modestie confondante et de son grand humour. Son site est et je vous encourage chaudement à
vous inscrire à sa lettre de diffusion. Parce qu’en plus de savoir dessiner, l’homme sait écrire, et il écrit bien, et des choses intéressantes, en plus. Tant de talent, ça force le respect.

Le livre devrait sortir ce mois-ci.
Au sommaire: Pierre Bordage, Nathalie Dau, Deirdre Laurin, Megan Lindholm (alias Robin Hobb), Jean Millemann, Adam Roy, Léa Silhol, Rachel Tanner, LD.

J’en profite aussi pour dire que je serai au festival Imaginales à Épinal (qui se déroulera cette année du jeudi 22 au dimanche 25 mai 2008). Je ne saurais vanter assez l’intérêt et la convialité de cet événement; si vous aimez la littérature et que vous ne passez pas loin, faites le détour, vraiment, ça en vaut la peine.

2011-02-02T15:31:30+01:00mercredi 2 avril 2008|Actu|Commentaires fermés sur L’île close va ouvrir (mais pas longtemps) (et ferme derrière toi, s’il te plaît)

Rasade d’humanité dans un monde surréaliste (L.III – IV)

Livre III

« Monsieur, l’entrée précédente sur vos démêlés immobiliers était maladroite, grossière et qui plus inintéressante. Vous bloguez, certes, mais l’on attend de vous des propos d’une autre volée que le récit bas et irascible de votre quotidien morne. Moi qui espérais une leçon de choses, un éclairage philosophique ou même l’aperçu d’une vérité profonde qui me conduirait à un niveau supérieur de compréhension! Vous êtes, monsieur, un imposteur.

— C’est, madame, une bien grande peine que vous me faites là. Mais plaiderais-je coupable que cela atténuerait votre ire? Repartiriez-vous en votre foyer – ou sur une autre page web – avec le sentiment du devoir accompli? Ou bien achèveriez-vous votre lecture, débarrassée de la culpabilité relative à l’intérêt que vous portez à mes humbles tribulations? Madame, il n’est plus assidu lecteur de Gala que celui qui s’en défend. Il peut ainsi se livrer au voyeurisme avec l’assurance d’une conscience tranquille: il ne lit par plaisir mais par devoir, fourbissant ses armes afin de combattre justement ce qu’il honnit. Cependant, si vous voulez m’en croire, madame, si vous daignez m’accorder quelque patience, je vous promets que cette histoire a une réelle conclusion. Je ne puis vous assurer que quelque vérité s’y trouvera révélée mais les expériences de pensée qui nous sont chères y contaminent la réalité d’amusante façon. Ce que prouve au passage, d’ailleurs, votre présence ici. En vérité, ne seriez-vous pas vous-même la directrice de mon agence immobilière?

— Ah, monsieur, je suis issue de votre cerveau malade; c’est à vous de me le dire. Mais las, poursuivez, vous m’avez convaincue. »

Livre IV

Je vous remercie. Reprenons alors notre récit là où nous l’avons arrêté; tandis que nous devisons, je me tiens, figé par le pouvoir de l’imagination, immobile devant la porte; la voiture de l’agence, gelée dans la circulation, est paralysée par le temps narratif, la vapeur d’essence prête à exploser pour chasser le cylindre au cours d’un nouveau cycle et entraîner toujours plus avant les roues vers leur inéluctable destination. Que Chronos reprenne sa marche implacable et nous ramène au moment présent!

J’ouvris à ma visiteuse d’assez mauvaise disposition, agacé par les tracasseries régulières de cette agence et l’incohérence de ses missives. Son assurance à elle révéla aussitôt une humeur comparable; sûre de sa légitimité, de son importance, jaugeant face à elle un homme portant barbe et cheveux longs, elle me fit ressentir une froideur comparable à celle que les Inuits éprouvent dans leurs maisons de glace. Je n’étais qu’un va-nu-pieds, un probable chômeur irrespectueux de la propriété et des abattements fiscaux.

L’entretien se déroula rapidement mais avec tension, le moindre trou percé aux murs, la plus infime trace sur la moquette, le plus léger éclat du carrelage relevé avec une méticulosité implacable et d’un ton lourd de reproches. En vérité, je pense que le Tout-Puissant visitant son église et jaugeant à son entretien la fidélité de la paroisse n’aurait su se montrer plus vengeur. À chaque remarque assénée mécaniquement comme un méfait s’ajoutant à une liste toujours plus longue, je sentais mon âme toujours plus condamnée aux feux de l’enfer. Qu’importe la caution financière, madame!
Je vous parle ici de mon âme immortelle!

Oui, j’ai bien senti tout le matérialisme tant décrié de notre époque car il semblait que je n’aurais pu commettre pire crime que celui de vivre en appartement et donc, en accord, d’occuper les lieux. À chaque affront constaté, laissé seulement par une habitation normale, en bon pater familias que, je vous prie de croire, je suis, quoique sans les enfants, je fus fustigé d’un regard réprobateur et d’une série de questions inquistrices visant à établir la cause de chaque trou dans le mur.

Je refusais obstinément de répondre à ces questions, jugeant que j’avais amplement passé l’âge de la maternelle et de la réprobation. Car, eh, madame! Il faut bien pour vivre que l’on fasse son trou! Mais ma visiteuse toléra mal que je nie implicitement son autorité et donc sa raison d’être, car elle appartenait, je pense, à ce genre de personnes qui mesurent l’importance d’un quidam à la superficie loi Carrez. Quelle sorte de traîne-savates étais-je pour qu’elle ne m’inspire aucune crainte? Diantre! Cette visite s’est achevée dans une plus grande tension encore, en particulier lorsque ma contrôleuse voulut m’imputer des travaux ne relevant pas de ma responsabilité, comme les joints de la baignoire.

Le diable est dans les détails, je l’ai déjà dit plus haut, ou plus bas par ordre chronologique inverse; c’est pourquoi le joint de baignoire, sous son apparence purement anecdotique, peut constituer le noyau autour duquel s’agrège, à la façon du fruit corrompu, les plus graves des conflits.

De la valeur et de la symbolique du joint de baignoire: tel est le sujet pénétrant et fondamental que nous étudierons dans les livres à venir.

2011-02-01T19:43:08+01:00jeudi 20 mars 2008|Expériences en temps réel|Commentaires fermés sur Rasade d’humanité dans un monde surréaliste (L.III – IV)

One last save

« Les dés ne servent qu’à faire du bruit derrière l’écran du maître. »

Gary Gygax est mort mardi 4 mars.

Gary Gygax, c’était l’auteur principal de Donjons et Dragons, soit le premier jeu de rôle de l’histoire. C’était en 1974. Un loisir entièrement nouveau, inspiré du wargame mais qui allait vite prendre son indépendance, une sorte de mélange créatif entre le jeu de société, le conte, le théâtre d’improvisation…

D&D – et à travers lui le jeu de rôle tout entier – a formé toute une génération à une implication nouvelle dans l’imaginaire, une implication à la première personne. D’innombrables auteurs ont été nourris au JdR, lequel a stimulé leur imagination, leur a permis de faire leurs premières armes dans l’art de la narration, de jouer avec des mondes, avec le feu de la création, de tester des pistes et d’apprendre à juger quand une histoire fonctionne. J’en fais, très humblement, partie et je m’incline très profondément devant monsieur Gygax pour tout ce que j’ai appris à travers son jeu quand j’étais gosse.

Le versant simulationniste du JdR a engendré les « RPG » informatiques comme les Final Fantasy jusqu’à sa filiation la plus moderne et la plus connue aujourd’hui, World of Warcraft, où dix millions de personnes à travers le monde se retrouvent en ligne pour partager des aventures imaginaires dans un monde peuplé d’elfes, de gobelins et de dragons.

Tout cela remonte à D&D et à ce monsieur, Gary Gygax – un nom prédestiné à la fantasy; son oeuvre a véritablement fondé un pan entier de la pop culture actuelle. Grâce à sa création et son évolution, nous sommes des millions à avoir rêvé et à rêver encore.

Le soir de son décès, comme par extraordinaire, je jouais au même moment dans les Royaumes Oubliés mon jeune paladin archétypal comme seul Donjons et Dragons sait encore en faire. Je n’ai jamais eu la chance de rencontrer ce monsieur, mais je crois que c’était – involontairement – le meilleur hommage que nous puissions lui faire, pour le remercier de ce loisir qu’il a inventé qui continue de nous emmener dans de fantastiques voyages à travers des contrées fantastiques, dangereuses et intrigantes.

2011-02-02T15:34:37+01:00vendredi 7 mars 2008|Expériences en temps réel|Commentaires fermés sur One last save
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