De retour fugacement
Eh bien, ma foi, le site lui-même avait décidé de partir en vacances, on dirait : que ne fut pas ma surprise en le découvrant en rideau total, étranglé par on ne sait quelle malédiction de dépassement de mémoire – impossible d’effectuer la moindre action au risque de tout foutre en rideau1. Mais tout est bon, le revoici fringuant, comme lors de son installation en 2009, ou presque, sa table wp_options allégée au passage d’un audit rageur de lignes orphelines.
Et moi itou, donc, reviendu des paysages idylliques plus beau que des cartes postales, des eaux plus chaudes que l’air, de la respiration de l’air comprimé et de la rencontre incroyable de bestioles sous-marines multiples et émouvantes. Je suis là, en ligne et frais comme un poisson perroquet.
Petite annonce de service cependant : d’ici deux-trois semaines, je connaîtrai une nouvelle semi-déconnexion d’un mois environ pour raisons de vadrouillages familiaux et amicaux consécutivement à notre mariage l’année dernière. Je sais, je suis doublement impardonnable, je m’occupe beaucoup de ma vie perso ces temps-ci. Mais j’ai chopé une légère gastro sur la fin de notre voyage de noces, donc vous pouvez être tranquille : sachez que mon karma ne me laisse pas en paix.

- Si vous être curieux.se : après un laborieux traçage de debug et une plongée dans la base de données, j’ai découvert que pour des raisons parfaitement mystérieuses, une tâche programmée
crond’un de mes anti spams, normalement effectuée deux fois par jour, s’était trouvée dupliquée plus de 35000 fois, ce qui, heu, étouffait un rien le truc. Mystère supplémentaire, c’est arrivé le 14 juillet, pour des raisons peut-être révolutionnaires. Une requête SQL ciblée plus tard, le serveur allait beaucoup mieux. ↩
Procrastination podcast s07e20 – Retours du poditoire avec Jérôme Akkouche

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s07e20 – Retours du poditoire avec Jérôme Akkouche« .
Dernier épisode de la saison, et comme la tradition s’est installée, retour annuel sur vos commentaires et questions concernant tout le podcast jusqu’ici, avec un invité très spécial : Jérôme Akkouche, auteur de Lupus in Fabula, aux éditions du Chat Noir ! Suite à une remarque faite par Estelle dans l’épisode « Se mettre dans l’écriture » (sO7e15), Jérôme offre très gentiment son retour d’expérience à la question brûlante : « Comment fais-tu pour te mettre dans l’ambiance de ton récit rapidement et vaincre la résistance ? »
D’autre part, il est question de baselines et de blurbs en couverture ; de quoi s’agit-il, et est-ce que ça fait vendre ?
Comme toujours, le meilleur endroit pour proposer commentaires, retours et converser avec nous sur le podcast est le forum Elbakin.net : https://www.forum-elbakin.net/index.php
Références citées
– Floriane Soulas
– Chris Vuklisevic
– Les éditions ActuSF
– Publisher’s Weekly
– Morgan of Glencoe
– Éric Marcelin, directeur de la librairie et des éditions Critic
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !
Déconnexion pour cause de… voyage de noces
Je l’avais menacé ! Je le fais ! Ô scandale, ô déréliction, je décide de me déconnecter totalement du métavers en gestation en-dehors de l’habituelle période des fêtes. C’est que nous partons en voyage de noces et qu’après une année 2021 compliquée, pour tout dire, j’ai décidé que ma vie perso avait le droit de prendre la priorité de temps en temps.
Du coup ! Je disparais totalement pour les trois semaines à venir, et si je ne réponds pas aux messages / mails / commentaires, ce n’est pas que j’ai décidé de snober d’un coup le monde entier, c’est que je suis sous l’eau, cette fois au sens propre, et que là, c’est chouette.
À dans trois semaines, bon début d’été !

Live report : Spiritbox
J’ai vu Ghost à Rennes il y a trois semaines, et si je suis là aujourd’hui dans vos esprits par le truchement du langage et des autoroutes de l’information, ce n’est pas pour vous parler d’eux, mais de la deuxième partie, Spiritbox, qui était la sacrément bonne surprise de la soirée (même si Ghost était évidemment super).
À vue de nez, Spiritbox ferait partie du métal indus, mais offre un mélange subtilement et délicieusement malaisant sur scène entre boucles à la limite du bruitiste, une section rythmique d’une lourdeur de plomb, et un chant féminin très mélodique qui plane haut au-dessus de cette noirceur – pour basculer sans prévenir dans growls et screams torturés. Personnellement, j’ai eu l’impression de me retrouver dans une ambiance à la Twin Peaks passée à la moulinette du boucan, et cela est juste et bon.
Comme souvent, les versions studio des morceaux ne parviennent hélas pas à capturer toute l’énergie et la violence de la formation sur scène, mais ça tient quand même bigrement la route, et ça vaut, à défaut d’un concert live, une écoute très attentive si c’est votre truc. On retrouve dans le timbre de Courtney LaPlante des échos du Garbage du tournant des années 2000, mais poussé jusqu’à onze, tout comme pour les riffs qui décoiffent, et je vous prie de croire que dans mon cas, c’est pas facile. Après plusieurs EP, leur album Eternal Blue est sort en 2021.
(Pour un clip plus malaisant, allez ici.)
À Melbourne
Me voilà arrivé à bon (aéro)port, avec pas tout à fait les yeux en face des trous (8h de décalage horaire, qui deviennent 10 quand les saisons s’inversent), mais ça va se tasser, comme toujours – arrivé donc à Melbourne, capitale de l’État de Victoria, considérée aussi comme la capitale culturelle et sportive du pays, et l’une des villes où la vie est la plus agréable au monde. Le Parisien repenti que j’étais jadis ne peut qu’être d’accord.
L’Australie est un État fédéral, comme les États-Unis, quoique avec beaucoup moins de parties constituantes : six États et dix territoires. Melbourne est située en Victoria, au sud-est ; et, contrairement à l’idée reçue, il n’y fait pas une chaleur à crever. Car l’Australie, c’est GRAND – à peu près la taille de l’Europe, d’Oslo à Rabat du nord au sud, de Brest à Moscou d’ouest en est. Vous savez qu’il ne fait pas le même temps en Norvège et au Maroc, et comme nous sommes dans l’hémisphère sud, les saisons sont inversées – Melbourne étant au sud, il y fait un temps beaucoup plus proche de la Bretagne (pluies incluses) que des chaleurs désertiques.

Melbourne, située sur la terre ancestrale des Wurundjeris, était à l’origine une région marécageuse qui a été drainée par les colons. La ville s’organise en quartiers qui sont en réalité autant d’agglomérations semi-indépendantes, comme sur le modèle londonien ; les zones urbaines s’articulent autour de Port Philip Bay, où se mêlent des plages très prisées comme à St Kilda, des parcs naturels à part entière comme celui de Point Nepean vers Sorrento et des quartiers résidentiels en plein développement comme dans la région de Cranbourne, vers le sud-est.

Vers l’est et le nord-est, le paysage change radicalement, au point qu’il est difficile de croire qu’on se trouve dans la même ville (pour tout dire, c’est surtout une commodité administrative) : ce sont les hills (collines) où les forêts, parcs naturels et champs rendent l’urbanisation à la fois ardue et peu intéressante en comparaison des vastes plaines entourant Port Philip Bay. Les agglomérations, séparés par des kilomètres de bush et de retenues d’eau douce, y deviennent là des villages à part entière, dont la plupart se résument à quelques rues commerçantes rassemblant le bureau de poste, la bakery locale, le fish and chips (il y a toujours un fish and chips) et le comptable (il y a toujours un comptable). Rayonnent alors des rues résidentielles dont la plupart ne sont pas goudronnées, aux maisons de plus en plus isolées, voire en autonomie complète. Les hills montent progressivement en altitude vers le parc national des Yarra Ranges, où s’amorce la chaîne de montagnes qui remonte sur des milliers de kilomètres le long du flanc est du pays, en passant notamment par les Australian Alps dans le nord de Victoria.

Après y avoir fait plusieurs adresses, c’est dans les hills que nous avons eu la chance de pouvoir nous installer à demeure, ce qui nous place en pleine nature, mais nous situe néanmoins à portée d’à peu près tout. Le centre de Melbourne se trouve à 1h30 de route, la mer aussi, la montagne à 4-5h, le désert à 10 – cela semble beaucoup pour la France, mais à l’échelle de l’Australie, ce n’est rien du tout ; tout est tellement vaste qu’à moins de vivre en plein cœur de Melbourne, la voiture est obligatoire pour le moindre déplacement, et les pickups et gros 4×4 sont omniprésents. Dans notre village, la poste australienne juge que nous vivons trop loin pour qu’on nous livre le courrier ; n’ayant alors pas de véhicule, j’ai un jour décidé de descendre à pied pour récupérer un colis, ce qui m’a demandé… 1h30 de marche aller-retour.
La photo de la semaine : L’esprit des Hébrides
C’est pas parce que j’ai joué à Dear Esther.
Procrastination podcast s07e19 – Avoir une stratégie d’auteur

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s07e19 – Avoir une stratégie d’auteur« .
Comment s’orienter à long terme si l’on souhaite peut-être publier régulièrement, si l’on a envie de construire ce qu’on appelle communément une « carrière » – à quoi cela ressemble, et comment l’aborder ?
Mélanie n’a jamais voulu vivre à plein temps de l’écriture ; avoir une autre activité (la traduction) était le bon choix de vie et professionnel, et elle invite donc à réfléchir sur le bien-fondé de vouloir vivre purement de son art. Pour Estelle, cela correspond bien à son caractère, mais elle avertit sur la difficulté de vivre de l’écriture et le danger de se fixer cet objectif. En revanche, il est possible d’organiser son parcours conformément à ses envies artistiques !
Lionel propose trois piliers à garder en tête pour une carrière : la liberté de création (le plus important !), l’angle d’approche commercial, et la maturité technique, prenant en compte le fait que le métier change constamment.(Note : à 12’37, Estelle voulait bien sûr parler d’« auteur fantasme » et non d’« éditeur ». Notre poditoire aura sans nul doute rectifié de lui-même)
Références citées
- « Les Archives de Roshar », saga de Brandon Sanderson
- Tata Estelle et ses bons conseils
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !
Richard Container
Et voilà – la plupart de mes affaires ont été emballées et sont en route vers leur transport maritime, pour une arrivée prévue dans quatre mois à Melbourne. 247 colis, dont 160 de livres. Les émotions sont évidemment intenses cette semaine – c’est leur absence qui serait inquiétante ; quitter une ville où l’on a passé vingt-cinq ans, où l’on a été étudiant puis où l’on est devenu adulte, qui est devenue, sans s’en apercevoir, une partie de soi, et où, surtout, résident des cercles d’amis phénoménaux (énormes cœurs sur vous toutes et tous) ; s’éloigner de tout son entourage et de sa famille, tout cela est appelé à brasser beaucoup de choses. Ambiance charge émotionnelle cumulée des épisodes finaux de toutes tes séries préférées. Mais la vie me donnera moult et fréquentes occasions de revenir, et, pour tout le mal que j’en dis aussi, je suis infiniment reconnaissant à la communication instantanée de notre époque pour maintenir des liens par-delà l’autre bout de la planète : bref, je réitère, mais que personne n’imagine être débarrassé.e de moi (sorry not sorry).
Je déteste les entre-deux – j’aime être posé à un endroit, posséder mon « territoire » – mais c’est par conséquent une intéressante leçon de patience à recevoir. Et surtout, de splendides voyages m’attendent dans les mois à venir, de magnifiques aventures avec ma chère et tendre avec qui nous allons enfin pouvoir vivre sans l’épée de Damoclès du prochain avion, et de nouveaux défis, de nouveaux apprentissages attachés à l’établissement permanent dans une autre nation.
Puissé-je conserver toujours l’intelligence et la passion de m’y ouvrir, et de ne pas voir l’inconnu qui se dresse devant moi, mais tout le potentiel qu’il recèle !

Peut-être documenterai-je mon établissement là-bas, partagerai-je à quoi la vie en Australie ressemble vraiment, à présent que c’est concret. (Ça vous branche ou bien pitié, non, t’en parles assez comme ça ?)









