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Découvrir l’édition d’imaginaire en France : les chiffres 2018 de l’Observatoire

Peut-être avez-vous suivi que l’année dernière s’est tenue la première édition des états généraux de l’imaginaire, un mouvement informel (mais fédérant une grande partie de la profession) visant à évaluer et comprendre la place de nos littératures en France1. Je résume l’argumentation, mais elle était, en gros : nous avons l’impression que nos genres sont tenus à l’écart des grands médias par rapport au poids culturel (et économique) qu’ils représentent. Avant de déclencher des actions, commençons par rassembler des faits objectifs (des chiffres) pour voir exactement où en est la situation.

Cette initiative s’est pérennisée sous le nom plus clair, indiquant sa mission, d’Observatoire de l’Imaginaire. L’information est passée en fin d’année dernière et elle a peut-être échappé, donc ça vaut le coup de la rappeler : l’Observatoire a rendu ses chiffres et conclusions pour l’année 2018. On peut les consulter librement ici.

Parmi les chiffres saillants, on peut retenir qu’une bonne moitié de l’édition en France est francophone en nombre de titres (mais cela entraîne nécessairement la question du volume) ; un cinquième des livres de littérature blanche sont en réalité des romans d’imaginaire. Et nous avons encore pas mal d’efforts à faire en termes de parité.

Consulter le résumé des conclusions et lire la présentation de l’Observatoire (chaudement recommandé, ce n’est pas long).

 

 

 

2019-01-12T06:49:29+01:00jeudi 17 janvier 2019|Le monde du livre|1 Commentaire

Procrastination podcast S03E09 : « La première fois »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « La première fois« .

La publication, cette barrière évanescente, intimidante, idéalisée parfois. Que se passe-t-il quand on la franchit ? Qu’est-ce qui change pour soi, pour sa pratique de l’écriture – et surtout, comment y survit-on ? Mélanie, Laurent et Lionel relatent leurs premières fois, puis expliquent ce qui a changé. Mélanie parle de l’innocence qui change, des attentes des lecteurs qui se cristallisent ; Lionel martèle que la publication ne doit pas être vue comme une validation de l’acte d’écrire, au risque de voir s’enflammer le syndrome de l’imposteur si courant dans la profession. Laurent explique notamment que ce syndrome est dû au fossé que l’on perçoit, tout particulièrement dans les débuts, entre ses idéaux et ses réalisations…

Références citées
– Serge Brussolo
– JK Rowling
– Elisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2020-10-19T11:37:40+02:00mardi 15 janvier 2019|Procrastination podcast, Technique d'écriture|3 Commentaires

Les Questions dangereuses à présent disponible partout !

Et voilà : il est sorti le 3 janvier, il est tout frais tout beau, il coûte moins de cinq euros : Les Questions dangereuses est à présent disponible dans toutes les librairies (et vous pouvez le commander s’il n’est pas disponible, car c’est bien de faire travailler son libraire) :

Couv. Ammo

MAIS QU’IL EST BEAU. Et le contenu, le contenu ! Oh là là. Fichtre. Je crains que la teneur ne soit garantie en irrévérence.

Ah, Batz ! Clerc, moine – que dis-je, philosophe ! – ce sont là les métiers à haut risque, non le nôtre. Nous au moins n’avons jamais aucun doute dans le maniement des armes, mais eux qui mijotent avec elles continûment sans jamais y échapper finissent par confondre Question et Réponse, oubliant qu’il y a l’extrémité que l’on empoigne et celle avec laquelle on tue.

1637 : Qui a assassiné le docteur Lacanne, en plein château de Déversailles ? Pour connaître la réponse à cette question, le mancequetaire Thésard de la Meulière, son libram à la main, est prêt à résoudre les énigmes les plus perfides… jusqu’aux confins de l’indicible.

Je l’ai déjà dit ici ou là mais Les Questions dangereuses fait partie de ces textes dont je me suis dit en ayant l’idée : « Rhô, sérieux, c’est vraiment trop con pour que je ne l’écrive pas », comme « Tuning Jack » (disponible gratuitement ici) ou « L’Île close ». C’est dire si j’ai grande joie à ce que ce crime contre la littérature circule à présent librement et à vil prix, afin qu’il se dissémine et pervertisse tout ce qu’il trouvera sur son passage.

Alors si ça, ça ne vous donne pas envie d’y jeter un œil, je ne sais plus comment racoler, moi.

2019-05-20T09:19:06+02:00mercredi 9 janvier 2019|À ne pas manquer|6 Commentaires

Procrastination podcast S03E08 : « Le sensorium »

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Avec un peu de retard sur l’annonce dû aux fêtes, deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Le sensorium« .

Des textes qui se goûtent, se sentent, se touchent au lieu de se seulement se voir : mettre du corps dans la narration, à quoi ça sert et comment fait-on ? Mélanie commence par nous rappeler que nous ne sommes pas des être purement visuels ; ne pas oublier les autres dimensions, c’est se donner d’autres manières fondamentales de donner du relief. Laurent ajoute qu’habiter un personnage, c’est faire percevoir d’abord ses sens, qui viennent avant les émotions, car ils en sont la source. Lionel renchérit sur le fait que la vue est le sens « par défaut » d’explication et de représentation, peut-être le sens le plus intellectualisé et le plus distant. Intégrer du corps est ainsi un puissant « show, don’t tell ».

Références citées
– Jean-Claude Dunyach
– Elisabeth Vonarburg
– Dan Simmons, préface aux Contes de la fée verte ; Poppy Z. Brite, « Calcutta, seigneur des nerfs »
– Marcel Proust, À la recherche du temps perdu
– Silent Hill 2
– Alien
– Serge Brussolo
– Brigitte Aubert, La mort des bois
– George Perec, Je me souviens
– Robert E. Howard, Conan le Barbare

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2020-10-19T11:37:40+02:00mardi 8 janvier 2019|Procrastination podcast, Technique d'écriture|8 Commentaires

2019

Youpi.

Veuille agréer, par la présente, auguste lectorat, que je suis reconnecté au vaste monde, et veuille recevoir avec mes vœux les meilleurs : pas du vœu de supermarché venu à grands renforts de carbone d’une usine lointaine, non non non, du bon vœu élevé au grain qui a couru en liberté jusqu’à ton petit cœur sensible, car nous sommes tous gentils ici, mais faut pas le dire, parce qu’on a une réputation à tenir.

Encore merci pour votre soutien en 2018, en espérant le mériter encore en 2019 : je pense que mon souhait de base, comme ça, ça va être : prenez soin de vous. Écoutez-vous, allez là où vos tripes ou votre cœur vous le dictent (selon votre confort avec la métaphore gastrique – le siège de l’âme se trouve-t-il au niveau de l’intestin grêle ?), et ne faites rien dont vous sachiez que le regretterez plus tard.

2019-01-21T08:43:23+01:00lundi 7 janvier 2019|À ne pas manquer|6 Commentaires

Joyeux solstice d’hiver ! [déconnexion annuelle jusqu’en janvier]

Et wala, je t’en avais menacé hier, auguste lectorat, fichtre ! Depuis 2013 si mes souvenirs sont bons, je me livre à cette petite tradition de fêtes qui consiste à une déconnexion totale et complète des mails, des réseaux sociaux, du MONDE. Et ça fait le plus grand bien de prendre un peu de temps à l’écart (je recommande !). (Surtout que je suis toujours jusqu’au cou dans le bouclage de La Fureur de la Terre, qui n’en finit pas de finir, mais on reparlera en 2019, maintenant.)

Merci pour votre suivi cette année encore en ligne, en vrai, à travers les bouquins, Procrastination, les trucs plus improbables, et de façon générale pour votre gentillesse. Je râlais hier, mais les contacts avec vous tou.te.s et votre enthousiasme me font simplement dire que j’ai énormément de chance. Voilà.

Et maintenant, pour les fêtes, un truc qui fera du bien à TOUT LE MONDE :

Rhââââââ oui.

Retour en ligne prévu pas avant le 7 janvier, peut-être quelques jours après, mais en tout cas, par là.

Merci, bisous, harmonie et conviction ! 

2018-12-20T09:19:44+01:00vendredi 21 décembre 2018|Dernières nouvelles|5 Commentaires

Ignorer la précarité des auteurs conduira la langue française à disparaître

Image d’origine Gunnar Ries [CC BY-SA 2.0]

Ça va, tu es bien installé, auguste lectorat ? Déjà les vacances, ou en tout cas bientôt, avec le sapin, la détente, les cadeaux, tout ça ? Bon, c’est cool, parce que pour le dernier article sérieux de l’année avant la coupure annuelle, j’annonce, je vais te péter un peu le moral. Mais il faut, parce qu’il y a des idées qui me chatouillent depuis un moment, surtout à mesure que je voyage et vis de plus en plus souvent à l’étranger.

Rendons d’abord ce qui appartient à qui de droit à, heu… bref. Samantha Bailly (autrice et présidente de la Charte des auteurs jeunesse ainsi que de la Ligue des auteurs professionnels) disait l’autre jour :

Voilà voilà.

Pour résumer mon avis en deux mots (ou plutôt 280 caractères) :

Au bout d’un moment, il y a une équation simple. Si tu peux vivre de ton métier créatif, c’est parce que deux conditions se rencontrent :

  • Tu as assez de public pour générer du revenu
  • Le système te laisse le faire, voire t’y aide, mais dans tous les cas ne te pète pas les genoux à coups de barre à mine

J’aime assez combien on se glorifie de la francophonie, mais hélas, trois fois hélas, voyagez un peu et constatez combien cette belle illusion ne tient absolument pas dans les domaines de la culture populaire (dont l’imaginaire représente une part écrasante – coucou Star Wars, Marvel, Game of Thrones, Harry Potter etc.). La culture dominante, comme presque toujours, est de langue anglaise, et là-dedans, américaine. Je m’esbaudissais cette année de trouver Maurice Druon dans une petite librairie australienne en rayon fantasy (yeah), mais dire qu’il fait figure d’exception est un aimable euphémisme.

Coucou les pouvoirs publics, j’ai une putain de révélation qui va vous asseoir, accrochez-vous : les effectifs du public francophone n’ont aucune mesure avec le public anglophone. Ouais, je sais, c’est puissant, mais j’ai fait des études, c’est pour ça. Un public plus vaste entraîne mécaniquement un marché plus vaste et/ou plus rentable, et aussi davantage de moyens (où sont le Doctor Who, le Game of Thrones de la télé française ?). Donc, tu veux protéger ton marché culturel, tu l’aides un peu, ne serait-ce qu’en ne le matraquant pas avec des cotisations qui doublent du jour au lendemain ou en le laissant dans l’expectative quant aux changements de régime fiscal.

Il y a un truc capital à piger aujourd’hui : la mondialisation va dans les deux sens. C’est-à-dire, on reçoit la culture anglophone, mais évidemment, le public va aussi vers elle. Et mécaniquement, après, à la louche, vingt ans d’accessibilité du cinéma et de la télé sur les réseaux pirates (soit une génération), on constate une aisance toujours plus importante du public français avec la langue anglaise. L’attitude des années 90 « jamais je regarderai un film avec des sous-titres, c’est trop chiant » est devenu aujourd’hui « jamais je regarderai un film doublé, c’est trop naze ».

Ce qui veut dire que, mécaniquement, on sera de plus en plus nombreux à pouvoir écrire en anglais. On peut faire ce choix pour des raisons esthétiques, mais on peut aussi le faire pour des raisons économiques, parce qu’on en a marre du marché de niche et qu’on a un peu d’ambition pour la portée de son art (c’est pas forcément un mal, l’ambition). Quand je me suis mis un peu à la musique à côté, la langue de ma communication ne s’est pas posée un seul instant : c’était l’anglais, parce que, tu fais de l’électro et tu veux communiquer en français, HAHAHA, non, sérieusement ?

Je vais te le dire très clairement, auguste lectorat, et avec des gros mots : cet état de choses, ça me fait chier. J’ai parfaitement conscience que le dire n’y changera rien. Mais j’entends constamment des jeunes, y compris dans les cursus de traduction, m’expliquer que, quand même, l’anglais, c’est plus cool, on peut dire plus de trucs, c’est plus explicite (hint : absolument pas, mais c’est un autre débat) et que le français c’est ringard. Ça n’est pas nouveau, mais si on sape et démotive méthodiquement les auteurs, c’est l’assurance progressive de voir toutes les forces vives lâcher le français pour aller vers les terres plus vertes de la langue anglaise. Or : ce phénomène est déjà en cours. Encore une fois, je ne dis pas que tous les auteurs français qui ont fait le choix d’écrire en anglais le font pour ces raisons ; ce peut aussi être un choix esthétique. Mais la raison économique existe aussi, déjà, maintenant, la possibilité est réelle, et si on n’agit pas – genre en foutant la paix aux auteurs, juste, pour commencer –, c’est l’assurance d’accélérer encore la fuite des cerveaux.

Or une langue sans auteurs, c’est une langue morte. Aussi simple que ça. Le Québec l’a parfaitement compris, par exemple, en subventionnant son industrie littéraire pour lui permettre de résister et de faire vivre sa langue face à l’anglais. Avec un très beau succès, dirais-je en plus.

Pour ma part, il y a vingt ans, je me suis posé la question de la langue dans laquelle j’écrirais, étant à peu près capable de faire les deux, et j’ai opté pour le français. Un choix que je refais à peu près tous les cinq ans, résolument, parce que le français est une langue puissante, nuancée, évocatrice, créative, et qu’on peut lui faire faire des trucs de malade ; parce que j’ai aussi envie de croire en un imaginaire de langue française fort et fier capable d’offrir autre chose que les importations américaines, que c’est le pays où je suis né, et que bon, tout simplement, j’ai envie de lui être fidèle – ainsi, et ça n’est pas anodin, qu’à toi, auguste lectorat, qui me suis fidèlement. Mais je t’avoue qu’il y a certains jours où c’est plus difficile que d’autres de résister à l’envie de faire un gros fuck – en bon anglais dans le texte – à tous ces énarques.

Allez, j’arrête la diatribe ici, mais il est probable que je l’étudie plus en détail ; gardons cela dans un coin de notre tête, qui est ronde, alors où se trouve le coin… ? Bref, demain, c’est le message annuel de déconnexion, mais les bisous n’attendent pas le nombre des heures, alors, déjà, par anticipation : bisous.

2018-12-21T09:05:37+01:00jeudi 20 décembre 2018|Humeurs aqueuses|5 Commentaires

Procrastination est la première des recherches Google !

On dirait un poisson d’avril, mais on n’est pas en avril, alors c’est vrai !

La définition de « Procrastination » est en tête des recherches Google de l’année 2018 ! C’est la gloire !

… on me souffle dans mon oreillette que ça n’a rien à voir avec le podcast du même nom. Que c’est un mot du dictionnaire à la base. Donc bon.

Okay.

(merci à toutes ceux et celles qui me l’ont signalé !) 

2018-12-19T07:05:11+01:00mercredi 19 décembre 2018|Juste parce que c'est cool|3 Commentaires

Veuillez méta-répliquer le morpho-résonnateur instable avant de body-surcharger conceptuellement

Ooooh, c’est bientôt Naouwel. Et que serait Naouwel sans des jouets rigolos qui clignotent ?

Un Naouwel communiste ! Voilà !

Je retrouve le lien presque à l’instant et c’était trop rigolo pour ne pas le partager : Yann Minh, grand pionnier devant l’éternel des espaces conceptuels de la Matrice, a mis en ligne une version mise à jour du corvophraseur. Qu’est-ce donc ? Eh bien, le repo GitHub nous dit :

Le corvophraseur est un petit logiciel légendaire de génération de texte en AppleScript, créé autour de 1998 par Luc ‘Skywalker’ Heinrich, upgradé pour mac Os X par Pierre Alain Dorange, et qui pastiche de façon humoristique et caricaturale l’écriture de SF. Comme il est possible de modifier le champ lexical du Corvophraseur facilement, ce dimanche 28 octobre 2018, je me suis amusé à en faire cette version NøøCyberpunk Transhumaniste.

Quelques exemples de phrases générées par cette version :

« Il est possible que le sur-nooscaphe transhumain puisse nano-synchroniser l’anti-matière modulaire, mais seulement si nous pouvons recréer la poussée réplicative et anti-discriminer la cyberaugmentation numérisée ! »

« Voici l’émetteur cyberspatial dont il est temps de méta-synchroniser le capteur cybercognitif sans oublier d’annuler l’ultra-tropisme réplicatif. »

Et j’en passe, il faut aller sur la page, on vous dit.

Vous l’aurez compris, c’est à la fois complètement inutile et parfaitement rigolo, une étincelante combinaison de qualités qui entraîne l’obligation formelle et solennelle de jouer avec un petit moment. Puis de brancher ça dans un synthétiseur vocal. Qui se déclenche toutes les cinq minutes. Pendant le réveillon. Avec votre belle-famille. Ultra-traditionaliste.

Oh, the places we will go

(Sinon, je pose ça là, un article s’interrogeant sur le bien-fondé de cryogéniser son chat.)

2018-12-11T22:34:52+01:00mardi 18 décembre 2018|Juste parce que c'est cool|2 Commentaires
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