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Procrastination épisode 1 : La technique en questions

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Mise à jour du lendemain : le podcast est à présent disponible sur iTunes et par flux RSS classique

Mise à jour 13h40 : l’épisode est également disponible sur YouTube

Ça y est ! Le premier épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture avec Mélanie Fazi et Laurent Genefort, est sorti ! C’est donc un rendez-vous bimensuel que nous vous donnons, le 1er et le 15 de chaque mois, pour discuter d’écriture, de narration, de technique littéraire et d’édition, et ce en quinze minutes.

Le titre de cet épisode : « La technique en questions » :

Pour ce premier épisode, Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort introduisent le projet de ce podcast sur l’écriture en discutant du rôle de la technique dans l’art, de la place à lui réserver dans la pratique et des manières de l’acquérir. À quoi sert la technique ?  Comment l’équilibrer avec l’inspiration, un bon livre est-il forcément « parfait » techniquement ? Faut-il trouver « sa » technique, et le cas échéant, comment faire ?

Le podcast est disponible sur Soundcloud (et donc ci-dessous), sur iTunes, par flux RSS classique et aussi sur YouTube :

 

2019-05-04T18:49:22+02:00jeudi 15 septembre 2016|Procrastination podcast, Technique d'écriture|2 Commentaires

L’Importance de ton regard en promotion en numérique !

Couv. Anne-Claire Payet

Couv. Anne-Claire Payet

Hé, auguste lectorat ! Pour la rentrée, les éditions ActuSF ont eu l’excellente idée de mettre L’Importance de ton regard en promotion pour tous les lecteurs numériques : jusqu’au 3 octobre, le livre est à 2,99 € au lieu de 5,99 !

Ce que la presse dit de L’Importance de ton regard (et merci encore à Mythologica pour cet article fantastique) :

Avec L’Importance de ton regard, Lionel Davoust devient, à mon sens, la plume masculine la plus aboutie de l’imaginaire français et à mon sens il a parfaitement mérité son titre de meilleur titre de 2010 sur le site… – Mythologica.net

Le livre propose dix-sept nouvelles et un court roman (ce qui fonctionne bien pour de la lecture numérique), dont plusieurs ont été finalistes de prix, et dont « L’Île close » qui a obtenu le prix Imaginales de la nouvelle et fut traduite aux États-Unis.

C’est aussi une bonne porte d’entrée aux univers des romans, Léviathan et Évanégyre, puisqu’il comporte « Regarde vers l’ouest », qui se situe dans l’univers du premier, et « Bataille pour un souvenir », dans l’univers du second. C’est, à mon sens, l’une des meilleures portes d’entrée dans mon travail, à condition bien entendu d’apprécier les textes courts.

Vous pouvez acheter L’Importance de ton regard chez votre fournisseur de livrels préféré, ou bien par les liens de la page correspondante du présent site, qui vous en proposera un certain nombre, avec et sans DRM. J’espère que vous y prendrez plaisir !

2016-10-08T19:27:40+02:00mercredi 14 septembre 2016|À ne pas manquer|2 Commentaires

Retrouvons-nous ce week-end à Cidre et Dragon en Normandie !

Ce week-end a lieu Cidre et Dragon, un grand et vénérable festival de fantasy (10 ans d’existence !) qui célèbre le genre sous toutes ses formes, littérature, arts de la rue, jeu de rôle, etc.

cidre-et-dragon-2016

J’y serai samedi et dimanche : j’espère qu’on s’y retrouvera en nombre, avec costumes et dragons ! Cela s’annonce comme une superbe fête de l’imaginaire à ne pas manquer. Cela se déroule en Normandie, à mi-chemin entre Caen et Cabourg, sur la côte : toutes les informations pratiques sont ici.

Une petite bande-annonce :

À ce week-end !

2016-09-14T13:32:59+02:00lundi 12 septembre 2016|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Retrouvons-nous ce week-end à Cidre et Dragon en Normandie !

Fred Guichen lauréat du prix Exégète 2016 !

Et voilà, les résultats sont tombés : le prix Exégète 2016, organisé par le chouette blog la Faquinade et que je parraine cette année, est décerné à Fred Guichen, pour Pigeon, Canard et Patinette, au éditions du Passager clandestin !

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Félicitations, ainsi qu’aux finalistes – pour rappel :

  • Eschatôn / Alex Nikolavitch / Les Moutons Electriques
  • La Fenêtre de Diane / Dominique Douay / Les Moutons Electriques
  • La Voix Brisée de Madharva / Mathieu Rivero / Rivière Blanche
  • Pigeon, Canard et Patinette / Fred Guichen / Le Passager Clandestin
  • Vostok / Laurent Kloetzer / Denoël

Le compte-rendu complet et le détail des opinions du jury sont à lire sur cette page de La Faquinade ! 

2016-09-04T16:48:07+02:00mercredi 7 septembre 2016|Le monde du livre|1 Commentaire

Procrastination, un podcast sur l’écriture en 15′ avec Mélanie Fazi et Laurent Genefort

procrastination-logo-seulJoie ! C’est un projet secret avec lequel nous avions un peu teasé, mes camarades et moi : et Elbakin a annoncé l’information, donc nous allons en parler.

Le 15 septembre, avec les sublimes Mélanie Fazi et Laurent Genefort, nous lançons un podcast sur la technique de l’écriture et sur le métier au sens large. Il sera résolument tourné vers la narration et ses techniques, de la conception à la publication en passant bien évidemment par la rédaction, l’édition, etc. et chaque épisode ne durera que quinze minutes (afin de ne pas trop abuser du temps de l’auditeur… et de délivrer un maximum d’informations pour un minimum d’emballage). La formule est clairement inspirée de l’excellent Writing Excuses, podcast américain dirigé par Brandon Sanderson (nous n’avons aucun lien avec eux, mais ils nous ont gentiment permis de construire notre propre podcast en partant de leur exemple).

Le podcast est hébergé par le site de référence Elbakin, bien connu des fans de fantasy, qui nous prête sa plate-forme (et que nous remercions au passage !). Il sera évidemment disponible sur tous les agrégateurs habituels. Nous avons prévu une minimum de 20 épisodes sur l’année pour commencer, sachant qu’ils sortiront toutes les deux semaines, le 1er et le 15 de chaque mois. 

Voici les thèmes des cinq premiers : 

  1. La technique en questions
  2. Où allez-vous chercher tout ça?
  3. Les trois genres de l’imaginaire
  4. C’est pas la taille qui compte
  5. Question de point de vue

Nous espérons que vous apprécierez ce nouveau projet – en tout cas, nous nous amusons beaucoup pour l’instant et nous commençons à trouver un bon rythme. Nous serons très attentifs aux réactions des auditeurs, donc n’hésitez pas à nous transmettre vos questions sur l’écriture et vos avis sur le podcast et son contenu.

Pas d’inquiétude pour le contenu de ce blog, ici ; cela ne changera pas grand-chose (d’autant plus que certains sujets se prêtent mieux à des articles écrits et/ou des illustrations visuelles), à part que je communiquerai bien entendu aussi sur Procrastination au moment de la sortie d’un nouvel épisode. Les deux supports ne se marcheront pas sur les pieds – la raison la plus immédiate étant que Procrastination reflète un débat entre nous trois (avec parfois trois points de vue assez divergents sur la technique, ce qui est tout l’intérêt de la chose), mais qu’ici, c’est moi tout seul, et que je suis certes plus cinglé que toi, mais au point de ne pas être d’accord avec nous-mêmes. (sic)

Lire la news d’Elbakin, et discuter de cette annonce sur le forum d’Elbakin.

Le petit jingle que j’avais publié il y a un mois correspondait en fait à ce projet. Encore une fois, dès publication, n’hésitez pas à nous transmettre vos retours. (Nous verrons à l’usage s’il y a une façon pratique de centraliser le feedback, mais j’imagine que le plus simple sera le forum d’Elbakin.)

Avanti ! 

2016-09-19T18:16:13+02:00lundi 5 septembre 2016|À ne pas manquer, Technique d'écriture|2 Commentaires

Une interview de Within Temptation… de 2005

Withintemptation-silentforceHey, auguste lectorat, je sais qu’il y a des gens par ici qui écoutent comme moi de la musique du diable. Fut un temps lointain, où la revue Khimaira sortait en kiosque, j’ai réalisé (sous la direction de Denis Labbé, qui s’occupait de la musique) un ou deux entretiens pour la revue. C’était il y a plus de dix ans, donc l’actualité n’est plus tout à fait brûlante, mais je regrette que ça ne soit plus disponible, et je sais que pour les vrais fans, l’âge ne compte pas. Du coup, histoire que ça soit disponible quelque part, voici la première, d’un de mon groupes préférés de l’époque, Within Temptation (au moment de la sortie de The Silent Force, qui restera pour moi leur meilleur album). Si cela peut amuser / intéresser des historiens du genre, walah. Et sinon, ça sera au moins quelque part.

(Merci à l’équipe de Khimaira, Denis Labbé et, si mes souvenirs sont bons, l’équipe de Garmonbozia qui a rendu cet entretien possible ainsi évidemment qu’à Sharon den Adel pour sa disponibilité et sa gentillesse. Et soit dit en passant, si cela dérange quelqu’un que ce soit ressorti du carton, qu’il ou elle me le signale.)

Khimaira : Bonjour Sharon, eh bien tout d’abord, prenons quelques nouvelles : comment vont tes cordes vocales ? (NDLR : un virus a frappé les cordes vocales de Sharon au cours de la tournée, forçant le groupe à reporter plusieurs concerts) 

Sharon den Adel : Bien mieux, merci ! C’était un virus assez méchant, il m’a fallu quelques temps pour m’en remettre ; je pouvais parler mais j’avais perdu la capacité de monter haut dans les aigus ! Enfin, maintenant, tout va bien !

Khi. : Parlons un peu du nouvel album, The Silent Force ; le son est indubitablement plus lourd que dans Mother Earth. Peux-tu nous expliquer un peu la genèse de cette album ? 

S.d.A. : En 2003, à l’automne, nous nous sommes dits qu’il nous fallait nous mettre à écrire. Nous étions en tournée tout le temps et c’était impossible de composer, à part quelques chansons. Alors nous avons décidé de nous poser et de nous mettre au travail, six, parfois sept jours sur sept. À cette époque, nous n’avons fait qu’une petite tournée, surtout des concerts lors de festivals et nous nous sommes concentrés sur l’album. Nous avons pu réaliser ce gros projet, y intégrer un orchestre et des chœurs, grâce au succès de Mother Earth ; nous avons réalisé le meilleur album dont nous étions capables. Le travail de composition a duré neuf mois ; l’enregistrement trois mois. Que ce soit une si grosse production nous a causé quelques problèmes parce que nous manquions un peu d’expérience dans ce domaine, mais, finalement, tout s’est très bien résolu !

Khi. : Beaucoup de fans vont probablement découvrir Within Temptation à travers The Silent Force ; peux-tu reconstituer un peu de l’histoire du groupe ? 

S.d.A. : En fait, nous faisions déjà de la musique avant Within ; pour ma part, je suis arrivée en 1994 dans un groupe nommé Circle, créé en 1991, pour faire un enregistrement. Mais Robert (NDLR : Robert Westerholt, guitariste de WT) et moi avons eu des divergences avec les autres membres et nous avons quitté le groupe.

C’est donc en 1994 que nous avons fondé un nouveau groupe. Au début, nous n’avions même pas de nom (enfin, nous en avons eu plusieurs !) ; pendant un temps, on voulait s’appeler The Portal, mais on s’est rendu compte que c’était déjà pris ! Nous avons finalement pris notre réel départ en 1996, où Within Temptation a sorti sa première démo. En deux mois, nous avions un contrat ; nous sortions notre premier album en 1997, Enter. Mother Earth est sorti en 2000, puis a été réédité en 2003 pour toute l’Europe.

Khi. : Comment composez-vous ? 

S.d.A : Oh, ça change à chaque fois ! Robert travaille sur la musique, réfléchit à des lignes mélodiques pour le chant. En général, il a plusieurs propositions de lignes vocales, mais j’achève souvent de composer le chant : c’est normal, en tant que guitariste, il a une approche de la mélodie qui n’est forcément pas exactement la même que celle d’un chanteur. Souvent, nous partons de la guitare, puis du clavier… Mais, ah, je ne sais pas, je te dis, ça change à chaque fois !

Khi. : Comment avez-vous intégré l’orchestre à votre processus de composition ? 

S.d.A. : En fait, ça n’a rien changé : nous l’avons intégré dès le début à la musique car nous savions que nous aurions un orchestre, et nous avons gardé cela en permanence à l’esprit. Nous avons écrit les lignes mélodiques de base pour toutes les parties orchestrales, c’est ensuite que l’arrangeur est intervenu.

Khi. : Comment s’est passé l’enregistrement, en particulier pour l’orchestre ? Pourquoi avoir enregistré chaque instrument dans un studio différent ? 

S.d.A. : L’orchestre et les chœurs n’appartiennent pas au même ensemble, et puis nous avons enregistré le chant et la guitare en Hollande mais dans des studios différents, la batterie en Belgique, notre ingénieur est suédois… La raison, c’est nous voulions le meilleur pour chaque instrument ! Alors nous avons essayé différentes choses. Pour l’orchestre, par exemple, nous en avons considéré plusieurs mais les russes collaient le plus à ce que nous recherchions : nous voulions des ambiances proches de la musique de film, or cet orchestre en a déjà fait plusieurs. Les autres sonnaient trop « classique » à notre goût.

Khi. : Comment a été choisi le single Stand my Ground 

S.d.A. : Nous avions plusieurs possibilités, mais une chose était certaine : nous voulions un single heavy. Les fans aiment beaucoup Jillian et nous aussi, mais comme on nous la demande beaucoup en concert, nous l’avons beaucoup jouée ; alors, nous voulions changer un peu, surprendre le public. Stand my Ground est vraiment très bien produite, c’est une chanson très forte, avec des paroles qui collent à notre époque (NDLR : « Stand my Ground » signifie tenir bon). Si nous ne tenons pas bon, qui le fera à notre place ?

Khi. : Avez-vous participé à l’écriture du clip de Stand my Ground ? Comment s’est déroulé le tournage ?

S.d.A. : Au début, nous voulions baser le clip sur des loups, mais la production trouvait cela vraiment trop difficile à réaliser, alors nous avons travaillé sur un script différent. Nous voulions recréer une ville un peu dans le style des décors d’Underworld (du coup, sans loups… garous !), avec une ambiance de fin du monde comme dans Le jour d’après. Voilà l’atmosphère dont nous avions envie.

[Note de 2016 : profitons de l’invention de l’HTML 5.]

Khi. : Aimeriez-vous participer à une bande originale de film ? 

S.d.A. : Je crois que n’importe quel groupe adorerait ça ! Quand on fait un clip, on est obligé de travailler sur un format très court. Alors que dans un film, il y a déjà une histoire forte, de belles images, bref, des choses plus développées dans le temps, on a davantage l’occasion de construire son récit et les émotions. Nous adorons les films épiques comme Braveheart ou Gladiator

Khi. : D’ailleurs, vos paroles ont une portée imaginaire évidente ; êtes-vous de gros lecteurs ? 

S.d.A. : Oui, beaucoup ! Nous trouvons beaucoup d’inspiration dans la littérature. Par exemple, les paroles de Jillian sont inspirées de Katharine Kerr : cette chanson parle des choix que l’on fait, et qui déterminent en partie les choix qui suivent, nous forçant à influencer ceux qui nous entourent.

Khi. : Comment se passe la tournée ? Comment le public accueille-t-il le nouvel album ? 

S.d.A. : Les concerts affichent rapidement complet ! Nous regrettons que tout le monde ne puisse rentrer… En même temps, nous cherchons à recréer une atmosphère plus intime en concert, afin d’aller parler aux gens… Le public est vraiment chaleureux. On nous demande des chansons d’Enter, mais nous préférons mettre l’accent sur The Silent Force… Enfin, nous essayons d’offrir le meilleur spectacle possible !

Khi. : Et quelle est l’atmosphère entre vous ? 

S.d.A. : Tout le monde est toujours très concentré, mais après quelques concerts, nous commençons à prendre le coup, et nous pouvons mieux en profiter, jouer davantage avec le public au lieu de nous angoisser sur nos instruments… Nous essayons de faire de notre mieux ; quand on arrête les concerts pendant longtemps, il faut se remettre dans le bain, mais plus nous jouons, plus c’est facile.

Khi. : Sharon, une question plus personnelle : le métal étant considéré comme un milieu plutôt masculin, comment trouves-tu ton équilibre ? [Note personnelle de 2016 : avec le recul, cette question m’a fait bondir sur ma chaise et ouvrir des yeux ronds – c’est quoi cette question à la con ? Mais il faut se replacer dans le contexte d’il y a dix ans, quand Nightwish passait encore pour une nouveauté et que le « métal symphonique » ou « à chanteuse » démarrait : la question n’était pas idiote, et la réponse de Sharon l’illustre bien. Ouf.]

S.d.A. : Parfaitement bien ! Le problème, c’est une certaine presse… On lit : pourquoi Robert ne chante-t-il plus ? Certains pensent qu’avec un chant féminin, on ne peut pas jouer de métal. Eh bien, si. Nous sommes un groupe de métal parce que nous jouons une musique métal, voilà tout. Cette distinction n’a pas de sens.

Khi : Amnesty International figure sur la pochette de The Silent Force. Avez-vous un engagement particulier ? D’une manière plus large, essayez-vous de communiquer certains messages à travers votre musique ? 

S.d.A. : Cela fait deux ans que nous menons des actions avec Amnesty. Quand on a la possibilité d’agir, je crois qu’il ne faut pas hésiter à le faire. Amnesty s’occupe de questions très diverses, y compris de l’environnement, par exemple. Il ne s’agit pas de mettre le groupe en avant à la moindre occasion ! Simplement, nous pensons que leur action doit être soutenue. D’ailleurs, Stand my Ground est utilisée par Amnesty. Nous sommes heureux d’aider à faire passer leur message.

Khi. : Y a-t-il d’autres singles de prévus ? 

S.d.A. : Oui : Memories. C’est une très belle chanson, qui allie un peu de douceur à un gros son. J’avoue que c’est l’une de mes préférées ! Il y aura probablement un troisième single, très heavy celui-là.

Khi. : Quand vous avez commencé le groupe, vous étiez-vous fixé des buts précis ? Les avez-vous atteints ? 

S.d.A. : Nous n’avons pas à nous plaindre ! Notre but était évidemment d’atteindre un certain succès en jouant ce que nous aimons. Nous travaillons maintenant à plein temps sur Within Temptation ; c’est un rêve devenu réalité, mais tout s’est passé très naturellement : tu commences un groupe pour te faire plaisir, comme un passe-temps, et puis les choses prennent de l’importance – et ce, principalement grâce aux fans. Ce sont eux qui nous ont donné des opportunités, maintenant, nous verrons jusqu’où la route nous conduira… Mais il est sûr que nous adorons vivre ce rêve !

Khi. : Après avoir été plus ou moins ostracisé, le métal semble revenir sur le devant de la scène, passant à la radio, etc. avec des groupes comme vous-mêmes, Evanescence, Nightwish… Quelle est la cause de ce regain d’intérêt à ton avis ? 

S.d.A. : Nous nous réjouissons évidemment de cette tendance ; tout cela permet d’ouvrir des portes pour d’autres groupes. Mais nous-mêmes avons profité des portes ouvertes par nos prédécesseurs… À chaque fois, les choses vont un peu plus loin. Je ne crois pas qu’il y ait vraiment d’explication : cela arrive, c’est tout. C’est une évolution progressive. On entend de plus en plus de groupes à l’étranger, les radios passent des chansons heavy… Certains veulent voir ce succès de manière négative mais, si on ne vous entend pas, comment pouvez-vous espérer vous faire connaître ?

Khi. : Réfléchissez-vous déjà aux projets futurs ? 

S.d.A. : Pour ma part, je voudrais faire un album un peu spécial, avec Within Temptation ou peut-être d’autres groupes, je ne sais pas. J’ai envie de chanter avec plein d’autres musiciens, mais une chose est sûre : Within Temptation sera toujours ma priorité, c’est la musique que j’aime faire, elle fait partie de moi. Alors, cet autre projet, je ne sais même pas si j’en aurai le temps ! Notre tournée de 2005 est confirmée, c’est déjà beaucoup de travail. Nous verrons bien s’il se passe autre chose !

Khi. : Entendrons-nous Robert chanter de nouveau comme sur Enter 

S.d.A. : Nous jouons déjà des chansons d’Enter en concert, mais pour un album, cela ne colle plus vraiment avec ce que nous faisons. Un chant death doit être présent partout ou bien nulle part ; on ne peut pas en mettre un peu ici, un peu là, cela déséquilibrerait la musique. Bref, nous avons composé avec un chant death et nous ne sommes pas convaincus que cela apporte grand-chose…

Khi. : Avez-vous un dernier mot pour vos fans français ? 

S.d.A. : Oh oui, bien sûr ! Nous venons vous voir en juin à Paris, et nous en sommes très heureux ! Nous espérons faire une super fête avec vous ! Le public français est vraiment génial. Je ne dis pas ça pour vous faire plaisir, vraiment, je le pense !

2016-08-30T15:17:19+02:00mercredi 31 août 2016|Décibels|9 Commentaires

Fictions adaptatives et interactives : un échange

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La 2, tous les samedis.

Auguste lectorat, mon attitude dubitative sur le livre enrichi ne date pas d’hier, je reste pas mal sur les positions que j’avais il y a cinq ans (sur le sujet : partie 1, partie 2), mais je dois reconnaître la naissance aux franges d’un continuum de plus en plus net d’œuvres narratives réellement novatrices, ce qui m’intéresse beaucoup, mais que je rechigne encore à définir comme des formes ancrées – voire futuristes – de narration.

Je dis cela tout en ayant parfaitement conscience que je suis peut-être à côté de la plaque ou que cela découle peut-être d’un esprit tragiquement vieillissant, qui sombrera peu à peu vers un vote conservateur et le mépris des jeunes à cheveux longs, mais le fait est que je peine encore à voir l’avenir et la réelle implantation de ces formes. Comme quand de fins analystes (Canard PC) avancent que la réalité virtuelle ne supplantera pas le jeu vidéo classique sur écran, ce à quoi je tends à concourir. L’interactivité implique un média différent, une grammaire narrative différente, dont des outils différents : c’est peut-être une nouvelle forme d’art, mais je doute que ce soit une « nouvelle forme de littérature » qui ringardisera le livre de poche de la plage. Mais, encore une fois, ce n’est que mon avis et je le partage, et je reconnais qu’il me manque ici une réelle expérience dans le domaine.

Entre ici Bruno Marchesson. Il dirige Via Fabula, une toute jeune entreprise qui, justement, expérimente en la matière avec des applications mobiles qui mêlent environnement, interaction et narration écrite. (Ils étaient présents aux Imaginales, si vous êtes passés les voir.) Ils viennent de publier Chronique(s) d’Abîme sur plate-formes mobiles, et nous avons échangé un moment sur la notion d’interactivité, d’enrichissement de la narration, son essence et son rapport avec la subjectivité comme avec la linéarité (sujet cher à mon cœur).

Je n’ai pas d’opinion très tranchée sur la question, juste beaucoup d’interrogations et quelques a priori. Avec l’autorisation de Bruno Marchesson, je livre ici au vaste monde le cœur de notre discussion sur le sujet, sous forme condensée. À chacun.e de forger son opinion en espérant que tout cela contribue au schmli… schimilib… débat.

Bruno Marchesson : Nous sommes une toute jeune startup/maison d’édition ayant pour ambition d’explorer ce que le média numérique peut apporter à la narration, et notamment la narration littéraire. Nous venons d’ailleurs de publier notre premier livre numérique nommé Chronique(s) d’Abîme (une histoire multilinéaire qui change en fonction du lecteur et de son environnement), disponible sur smartphone et tablette.

LD : Je suis intrigué par votre concept, j’ai téléchargé l’application et vais découvrir cela, mais pourriez-vous juste me dire techniquement en quoi la construction narrative consiste ? À ce que j’ai pu voir, il y a plusieurs embranchements influençables par le lecteur, plus des constantes influencées par le statut de l’utilisateur (géolocalisation, etc?) En gros : il s’agit d’une version plus variable (avec des composantes cachées) d’un jeu type Lifeline, c’est cela ?

B.M. : Chronique(s) d’Abîme est une histoire multi-linéaire (avec 6 variations complètement différentes : notre auteur est parti de la même introduction et s’est amusé à raconter 6 histoires complètement différentes, ayant au final comme points communs les personnages et les lieux, mais des intrigues très différentes), couplée avec des éléments dynamiques (par exemple, les textes de description en extérieur changent en fonction de la météo, ou les titres des infos devant lesquels passent les personnages changent dynamiquement en fonction de l’actualité du moment). Pour cette dernière partie, Jean-Claude Dunyach parle d’une «  fenêtre dans l’histoire vers l’univers du lecteur ».

Pour l’interactivité, c’est un grand sujet de débat en interne : on était parti en janvier sur une histoire avec des choix complètement implicites (entièrement résolus par l’application), mais les premiers retours de tests nous ont montré dans ce cas que les lecteurs ne se rendaient pas compte de la dynamicité de l’histoire. On a donc réintroduit un peu d’interactivité afin que les lecteurs ne perdent pas de vue ce coté changeant de l’histoire.

Après, Chronique(s) n’est que notre première incursion dans le domaine de la narration numérique. On travaille sur de nouveaux textes afin d’explorer de nouveaux concepts (changement de points de vue, synchronisation des effets avec la lecture de l’utilisateur, etc…).

LD : Je m’interroge pas mal sur le concept de narration à embranchements quand il ne s’agit pas d’une expérience présentée clairement comme un jeu vidéo. Mes lecteurs me disent beaucoup vouloir rechercher justement la voix précise d’un auteur avec une histoire sur laquelle ils n’ont pas d’influence, pour recevoir un parti-pris clair, celui d’une histoire voulue telle quelle par son créateur et qui, le cas échéant, les dépaysera en les emmenant loin de chez eux et de leurs circonstances immédiates. C’est aussi ce que j’ai tendance à rechercher – sinon, je joue à un jeu vidéo – mais mon ego d’auteur me rend prudent… Je me méfie du rapport que je peux avoir avec la chose écrite qui peut tendre au fétichisme (forcément) ! Et les variations sur la forme m’intéressent d’autant plus, ce qui se passe aux frontières, pour élargir mes horizons, et justement sortir de ma zone de confort.

Du coup, je suis très curieux de vos expériences à venir !

smartphone

B. M. : Le niveau d’interactivité (de 0 à total) dans ce type d’histoire à embranchements est un débat permanent entre nous. En fait, en interne, nous avons développé 3 modes de lectures :

  • sans interactivité (c’est l’application qui fait tous les choix pour le lecteur, d’où la nécessité de le connaître et de créer un compte),
  • entièrement interactif (et là, on se rapproche des jeux narratifs type livres dont vous êtes le héros)
  • mixte (quelques choix par le lecteur, les autres par l’application : c’est ce mode qui est actuellement utilisé dans l’application).

Par contre, je suis plus réservé sur les oppositions entre histoire et jeu video/interactivité : il existe de nombreux jeux video qui racontent une histoire, l’interactivité en fait partie et participe à l’immersion du joueur dans l’histoire. Idem sur l’opposition entre « la » voix de l’auteur et la multiplicité des intrigues / points de vue. Pour moi, l’un n’exclut pas l’autre et toutes les variations d’une même histoire sont la voix d’un auteur, différentes facettes de sa personnalité et de son talent.

Un narratologue avec qui je discutais m’expliquait que la plupart des auteurs font des choix dans leurs histoires, généralement par habitude et « zone de confort », et qu’il rationalise ces choix à posteriori en arguant qu’il s’agit du meilleur choix possible.

Justement, pour Chronique(s) d’Abîme, Marc Jallier (l’auteur) est parti d’une nouvelle existante et a pris de nouveaux chemins.

LD : Concernant l’interactivité, je n’ai pas d’idée arrêtée et [le besoin d’une réelle expérience en la matière s’imposerait] ne serait-ce que pour me frotter à la forme et me faire un réel avis. Ce que j’avance sur le jeu vidéo et l’interactivité découle toutefois de mon expérience dans le domaine, et il ressort que si l’interactivité aide le joueur à s’approprier l’histoire par l’action, le cours de celle-ci, en revanche, demeure plus ou moins figé (les fins multiples sont généralement assez artificielles et, surtout, perçues comme telles par les joueurs). Plus étonnant encore (pour moi, en tout cas), les joueurs demandent une histoire (c’est, de mémoire, le second facteur principal d’achat d’un jeu), mais surtout, ils demandent une histoire à recevoir, avec un parti-pris clair et un discours imposé par l’auteur qui donne les limites de la narration. Il s’agit plutôt d’une appropriation d’une narration que d’une réelle création collaborative ou imaginative du lecteur. Celle-ci s’inscrit généralement plutôt en creux, dans les zones d’ombre laissées par la narration, et l’on revient alors aux formes classiques.

Après, je vous dis ça, c’est une réflexion en cours sans a priori. J’étais très surpris de ce rapport sur la relation des joueurs à la narration, laquelle est, contrairement aux apparences, beaucoup plus « enfermante » qu’il n’y paraît – et c’est plutôt vu comme une qualité.

C’est bien pour cela qu’il faut tenter des expériences 🙂

B. M. : Justement, on a essayé avec Chronique(s) d’Abîme (et avec les écrits à venir sur lesquels nous travaillons en ce moment) de faire en sorte que le court de l’action ne soit pas figée, ni les fins artificielles.

Ainsi, Chroniques dispose de 6 histoires réellement différentes : le début, les personnages et les lieux sont les mêmes, mais les événements qui en découlent n’ont vraiment rien à voir, ce qui permet d’aborder de multiples genres dans une même histoire (sans trop spoiler, sur les 6 histoires, l’une emprunte à la SF, une à deux autres au fantastique, et les autres au thriller).

Marc Jallier nous a donné une bonne image de cela à représenté comme travail pour lui : celui de travailler sur les épisodes d’une série. Les personnages et le cadre sont le même, mais pas l’intrigue. Ce qui à mon sens n’est pas antinomique avec « la voix » de l’auteur : toutes les histoires sont écrites par le même auteur, et offre une facette différente de son message. Mais tout le texte reste de lui, et dans les limites de narrations qu’il s’est imposées. Elles sont juste un peu plus larges (et plus riches) que dans le cas d’une histoire linéaire « standard ».

Coté lecteur, les retours que nous avons sur Chronique(s) d’Abîme sont assez différents : le coté personnalisation / géolocalisation leur plait beaucoup.

Le coté multi-linéaire vient en second. Dès que les lecteurs savent qu’il y a plusieurs histoires en une (et que celle qu’ils ont lu leur a plu, bien entendu), ils n’ont généralement qu’une envie : découvrir les autres. D’où l’intérêt d’avoir des histoires réellement différentes.

De temps en temps en effet, quelques lecteurs nous parlent de « la voix » de l’écrivain. Généralement, il s’agit d’une mauvaise interprétation de ce que fait notre application (ils pensent qu’elle génère de nouveaux textes aléatoirement ou dynamiquement). Nous leur expliquons alors que tous les textes ont été écrits par l’auteur, et que celui-ci a bien défini les différentes histoires et fins qu’ils vont lire.

A noter que toutes ces explications seront caduques le jour où l’on aura plusieurs écrivains qui collaboreront sur une même histoire ! Mais ceci est une autre expérience 😉

LD : Vous soulevez effectivement d’excellents points très justes et qui permettent à la voix de l’auteur de transparaître néanmoins. Il faut que je lise Chroniques en entier pour me faire un réel avis informé, quoi qu’il en soit.

2016-08-26T12:19:10+02:00lundi 29 août 2016|Le monde du livre|9 Commentaires

Le Morne rocher

Le célèbre rocher du Morne, près des côtes de l’île Maurice (où il y a plein de dauphins, mais un peu timides).

Le Morne

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2016-08-25T18:15:50+02:00vendredi 26 août 2016|Photo|Commentaires fermés sur Le Morne rocher

GTO (Getting Things in Order)

Aucun lien avec le manga du même titre. Juste pour partager un petit bout d’organisation que je me suis installé il y a plusieurs mois et dont, avec le recul, je suis assez satisfait : en début d’année, je m’étais fixé comme objectif de respecter à la lettre la méthode GTD, ne serait-ce que pour la tester en détail et regarder ce qui me convient ou non. D’ici la fin 2016, j’aurai un retour d’expérience à proposer, avec un détail des outils, mais, pour l’heure, le système qui semble le plus facultatif et le plus lourdingue à installer est aussi l’un de ceux qui s’avère le plus amusant à employer et qui offre le meilleur rapport temps passé / utilité : l’échéancier, ou tickler file. 

tickler-file

Le principe est tout bête : 43 dossiers, 12 pour les mois, 31 pour les jours. Le dossier le plus proche de soi correspond à la date du jour, et ainsi de suite jusqu’à la fin du mois, puis les mois eux-mêmes suivent. Chaque matin, on ouvre la chemise du jour et l’on traite ce qui s’y trouve. C’est un ingénieux système de « remise à plus tard » absolument sûr, tant que l’on prend l’habitude de le consulter chaque matin (et de prendre de l’avance en cas d’absence). Reçu des billets de train pour un trajet qui aura lieu dans deux mois ? Il suffit de les mettre dans la chemise correspondant à deux mois plus tard. Pas certain d’être disponible pour un événement, mais besoin d’un rappel pour vérifier un peu plus tard ? Un post-it déposé dans quinze jours permet de s’en libérer l’esprit, tout ayant l’assurance d’y revenir. J’ai passé trois heures à étiqueter tout ce machin et j’avoue qu’avec la disparition progressive du papier, il ne sert pas quotidiennement, mais il me rend régulièrement de fiers services : c’est le système le plus pratique pour se débarrasser d’un document jusqu’au moment où l’on en aura besoin.

2016-08-23T17:25:16+02:00mercredi 24 août 2016|Lifehacking|Commentaires fermés sur GTO (Getting Things in Order)
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