Faire émerger les idées et le savoir en toute liberté (Geekriture 04)

Bon, après tant de teasing, il est grand temps de parler un peu de cette méthode Zettelkasten qui agite tellement les cercles de productivité depuis deux ou trois ans ; qui a vu la naissance d’une myriade de nouvelles applications de prise de notes ; qui se fonde sur un paradigme à la fois révolutionnaire et très ancien, l’hypertexte. Mais il fallait d’abord replacer le décor, et notamment rappeler une notion fondamentale de la création, à savoir qu’il s’agit moins d’un flux de réalisation (j’ai une liste de choses à faire à peu près séquentielle, j’en abats les éléments un à un) que d’émergence (la réalisation s’affine elle-même à chaque session de travail jusqu’à complétion) – voir Geekriture 02, l’échec de la to-do list pour écrire

➡️ … l’article Geekriture du mois expose (enfin) les fondements de la méthode Zettelkasten, à lire sur ActuSF.

2021-04-15T11:12:56+02:00mercredi 21 avril 2021|Geekriture|3 Commentaires

Comment un sociologue allemand a publié 70 ouvrages sans jamais avoir l’impression de bosser (Geekriture 03)

Désolé pour le titre à la Buzzfeed, mais ça s’imposait quand même…

Né à Lunebourg en Allemagne, Niklas Luhmann (1927-1998) est fils de brasseur. Dans les années 1960, après des études de droit, il est fonctionnaire au tribunal de sa ville. Il n’est pas spécialement passionné par sa carrière dans l’administration, mais les horaires fixes de son métier lui laissent le loisir de s’adonner à sa vraie passion – lire de la philosophie et de la sociologie.

Sauf qu’après un temps certain à prendre des notes en marge pour le pur plaisir intellectuel, il s’aperçoit d’un problème auquel nous avons toutes et tous été confrontés. Il lit, parvient peut-être à des compréhensions et des illuminations sur le moment, mais il n’en fait rien. C’est quand même dommage… 

➡️ … l’article Geekriture du mois traite ENFIN (depuis le temps que je vous en parle) de la méthode Zettelkasten, à lire sur ActuSF.

2021-03-20T12:29:55+01:00mardi 23 mars 2021|Geekriture|Commentaires fermés sur Comment un sociologue allemand a publié 70 ouvrages sans jamais avoir l’impression de bosser (Geekriture 03)

Geekriture, nouvelle colonne mensuelle sur ActuSF. 01 : De la méthode dans ma créativité ?

Je suis ainsi vissé que d’une part, j’aime faire les choses mieux et avec moins d’effort, d’autre part, pour arriver à les faire, j’ai besoin de les faire mieux et avec moins d’effort, ou bien elles peinent à être faites, ce qui entraîne la spirale infernale dite de la Cavale Après La Deadline. J’ai découvert avec joie et bonheur la mouvance du lifehacking, de la productivité personnelle… 

… et sans m’en rendre compte, à force de pratiquer ça au quotidien depuis des années et de tester tout ce qui passe avec l’obsession qui est la mienne pour me faciliter toujours davantage la vie, j’ai accumulé probablement de quoi écrire un ou deux bouquins entiers rien que sur la productivité des artistes en général et des autrices et auteurs en particulier.

Sauf que

  • C’est un domaine qui évolue extrêmement rapidement parce que les techniques sont de plus en plus liées à l’évolution des outils numériques
  • … personne n’aurait envie d’acheter un manuel de productivité à destination des auteurs. De façon générale, l’organisation personnelle est un domaine de niche, méconnu de façon stupéfiante en France et suscite même une curieuse méfiance, comme j’ai pu m’en apercevoir lors de conférences et en ligne.

Pourtant, il y a tant à y prendre ! Et tant de manières possibles de se faciliter la vie, en n’étant plus asservi à la technologie, mais en la mettant au contraire à notre service. Mine de rien, sans cela, j’aurais certainement été incapable de publier L’Héritage de l’Empire à temps et avec une santé mentale intacte, malgré la pandémie et une blessure à la main qui m’a fait perdre deux mois de boulot. La création se nourrit avant tout de temps et de silence ; parvenir à rassembler les deux a toujours été difficile, et l’est plus encore à notre époque hyperconnectée.

Du coup… il convient de diffuser ces idées de manière beaucoup plus accessible, dans la joie et la décontraction. Enter ActuSF. Et je suis vraiment ravi d’annoncer que j’ai à présent la responsabilité d’une colonne mensuelle sur l’un des sites majeurs de l’imaginaire en France, intitulée Geekriture.

Geekriture, c’est le mariage entre l’écriture littéraire et l’approche expérimentale geek, interrogeant les outils pour parvenir avec plus de plaisir et d’aisance à la réalisation de ses rêves artistiques. Chaque 20e jour du mois, la colonne décortiquera le flux de travail de l’écriture sous l’angle de l’approche pratique et de l’organisation : comment accomplir le meilleur avec l’énergie et l’attention dont on dispose ? Outils qui facilitent la vie, grandes méthodes qui ont fait leurs preuves, nouveaux venus sur la scène de la productivité et de la gestion de la connaissance, ce sera l’occasion d’explorations joyeuses obsédées par un seul but – écrire dans la clarté et la joie –, le tout avec évidemment des blagues pourries et un ton qui pousse gentiment, mais fermement. On va parler Getting Things Done, Zettelkasten, Personal Knowledge Management, motivation, et peut-être même méditation de pleine conscience et manière de gérer ses mails.

Si Comment écrire de la fiction ? synthétise tout ce que j’ai pu apprendre sur l’approche narrative des histoires, Geekriture incarne le versant organisationnel et productivité personnelle du travail de l’auteur. Et comme votre horloge biologique interne ne manque pas de vous informer que nous sommes le vingt et un, c’est qu’il y a déjà un article de publié, n’est-ce pas ? Tout à fait, nous démarrons 2021 avec une interrogation quant à la pertinence de l’organisation personnelle dans la créativité, ainsi qu’une profession de foi :

Geekriture 01 – De la méthode dans ma créativité ?

J’espère que ce nouveau rendez-vous saura être à la fois inspirant et amusant, et que vous aurez plaisir à le suivre. Rendez-vous sur ActuSF – et évidemment, je répercuterai ici la colonne mensuellement. N’hésitez pas, par ailleurs, à faire part de votre avis, des approches et des sujets les plus brûlants que vous voudriez voir traités. J’ai un plan pour l’année à venir, mais tout est adaptable !

2021-02-05T18:08:00+01:00jeudi 21 janvier 2021|Geekriture|4 Commentaires

Se réapproprier sa volonté avec un chronomètre et des trombones

J’ai Deep Work de Cal Newport sur ma table de chevet – ce qui, dans les faits, revient à dire l’étagère de mes toilettes (non, je ne dors pas dans mes toilettes) (sauf quand je reviens d’une soirée difficile avec des libraires bretons) – bref, ça veut juste dire que c’est l’endroit où il est susceptible d’être pris et feuilleté, mais je compte bien le lire pour de vrai et me substantifier la moelle avec. Car :

Je suis entièrement d’accord avec lui quand il parle de l’effet délétère des réseaux notamment dans son TED Talk lié ici. Peut-être suis-je d’autant plus sensible au discours avec la manière dont je suis vissé (dont je reparlerai dans un article à part quand j’aurai rassemblé le courage) mais : les notifications, l’impératif de répondre, de réagir frénétiquement à tout et de ne rien laisser passer fonctionne très mal avec moi, j’en ai parlé de loin en loin. Je ne crois pas être le seul dans ce cas ; la grande crainte de notre époque, c’est de voir les capacités de concentration des gens décroître (et c’est le sujet de Deep Work) (mais je ne l’ai donc pas encore lu) (il faut que je passe une soirée difficile avec des libraires bretons pour dormir dans mes toilettes et le lire, si vous avez suivi). Il y a probablement un fond de vérité là-dedans,sinon Facebook et Twitter ne dépenseraient pas des centaines de milliers de dollars pour nous maintenir captifs de leurs plate-formes.

James Clear, dans Atomic Habits (Un rien peut tout changer en VF, heu ?) a cette phrase simple :

Each habit is a vote towards the person you want to be.

James Clear

Consulter son téléphone « au cas où », « dans l’espoir qu’il se passe quelque chose » est une habitude fermement ancrée jusqu’au défilement obsessionnel-compulsif (ahem) des fils sans fin d’Instagram, Twitter etc. : on appelle ça le doomscrolling, et oui, ça fait du mal au cerveau. Si les habitudes se nourrissent d’elles-mêmes, si chaque habitude est un vote pour la personne que l’on souhaite être, chaque consultation « machinale », sans intentionnalité, est un vote pour une personne qui consulte machinalement ses fils, sans intentionnalité.

Et ça, moi, ça m’emmerde d’être cette personne.

Toute réalisation d’envergure se construit sur des efforts concertés et prolongés, peut-être plus encore dans l’écriture qui se nourrit de silence, de réflexion, de mûrissement et, surtout, de temps (un roman me prend entre 1000 et 2000 heures, selon mes estimations récentes). Quand j’avais vingt ans, je codais en open-space sans problèmes de concentration (avec Iced Earth à fond sur les oreilles). Aujourd’hui, je me sens comme un petit chaton sous ecstasy prêt à suivre n’importe quel jouet qui brille, sauf que c’est un chaton chauve de 90 kg. De rien pour les cauchemars.

J’ai la sensation que dix ans de réseaux m’ont petit à petit grignoté la faculté de concentration. Heureusement – et j’y arrive – il me semble à la portée de tout le monde de se rééduquer avec, comme dit avec ce magnifique titre, un chronomètre et des trombones.

La méthode pomodoro : pour se rééduquer la concentration

Plein d’articles dans ce site fantastique sur la méthode pomodoro, par exemple celui-là sur l’esprit et et celui-là avec des remarques complémentaires sur son application aux métiers créatifs. La méthode pomodoro (25 minutes de boulot, 5 de pause) est souvent dépeinte comme une manière de travailler par « rafales », mais je la vois aussi comme une manière d’encadrer et de décomplexer le temps (nécessaire à la santé) de pause. Surtout, je trouve qu’elle réhabitue le cerveau à rester concentré sur une tâche pendant un temps donné, délimitant les moments où l’esprit peut divaguer et celui où, non, désolé, tu te casses les dents sur la tâche s’il le faut, mais tu ne lâches pas, alors, bosse. (Robert Sheckley Robert Sheckley Robert Sheckley.)

Et si l’on veut se réapproprier sa concentration, on peut (inspiré par certains traitements de rééducation) augmenter la durée des pomodoros d’1% par semaine (ça va, ça fait une minute par mois). L’optique étant de regonfler sa capacité à long terme, comme dans un entraînement physique. (J’expérimente actuellement avec ça, j’en reparlerai si c’est pertinent) (Rendez-vous donc dans trois ans quand je serai à 45 minutes, HA)

Trois trombones et c’est tout

C’est le hack le plus bête du monde, que j’avais piqué à Lifehacker il y a des années. Pour se limiter dans une habitude, mettre trois trombones dans une boîte le matin. À chaque fois que l’on effectue l’action, enlever un trombone. On a donc trois actions par jour maximum. (On peut commencer à cinq si c’est trop dur.) Et le geste, tout simple, donne une matérialité à l’action. On ne peut pas tricher.

Oui, j’ai ça sur mon bureau, et c’est MOCHE.

J’ai récemment repris cette habitude : trois consultation de réseaux / mails par jour maximum. Car il ne s’y passe rien qui soit urgent et qui ne puisse attendre, malgré ce qu’on voudrait vous faire croire. Et surtout, il ne sert à rien de les consulter douze fois par jour ; il faut mieux faire des sessions un peu plus longues, mais productives (effet de grouper les tâches, ou batching).

Eh bien, cela a été fascinant (et un peu inquiétant) de constater combien, les premières semaines, la consultation me démangeait dès le matin avant ma petite séance de mouvements, de méditation, etc. comme un junkie en manque. Et qu’il me fallait un effort de volonté pour me raisonner et me dire que rien de ce qui pouvait s’être passé pendant la nuit ne pouvait attendre trente minutes de plus, quand même ?

Eh bien, aujourd’hui, au bout d’un mois de ce régime, pour la première fois ce soir (à l’heure où j’écris ces électrons), seulement deux trombones ont été enlevés de la boîte. Le troisième ne servira pas. Et je suis d’une parfaite sérénité.

Pour être honnête, tout cela paraît stupide alors que je l’écris, comme un coureur cycliste réapprenant les bases avec un tricycle. Mais le monde moderne lutte tellement pour notre attention et notre concentration qu’il ne me paraît pas absurde de nécessiter une rééducation. Le Slow Web Manifesto militait déjà pour une consommation plus raisonnée, équilibrée, intemporelle et concentrée sur la qualité de nos médias modernes. Et il le faisait… en 2010.

2020-08-04T21:11:05+02:00mardi 28 juillet 2020|Best Of, Lifehacking|6 Commentaires

How to Set up your Desk : pas avec ce livre hélas

Lu How to Set up your Desk de James Christiansen, qui promet de « hacker » son bureau pour améliorer la productivité. Passez votre chemin : que des conseils très génériques et flous qui se limitent à « réfléchissez à votre flux de travail pour vous organiser au mieux ». Ben oui…

2020-04-24T10:08:24+02:00mercredi 29 avril 2020|Brèves, Lifehacking|Commentaires fermés sur How to Set up your Desk : pas avec ce livre hélas

Nous avons besoin d’un cerveau externe (et les outils existent déjà)

En début d’année, auguste lectorat, je t’avais invité à un voyage : celui d’étudier la question de la prise de notes et de la gestion de la connaissance. Et puis bon, life happened, et la volonté de partager des expérimentations tout au long de cette année est un peu tombée à l’eau.

Mais l’avantage d’avoir une main en vrac, c’est d’avoir le temps de réfléchir et de lire et finalement, ma réflexion est allée beaucoup plus vite que mon partage d’icelle. Après l’organisation de la productivité personnelle (la mouvance Getting Things Done), mon but suivant était l’organisation, cette fois, de la connaissance. GTD organise l’action mais reste assez évasif sur le savoir, la réflexion, les idées (tout ce qui est « référence ») – et c’est normal, ce n’est pas le sujet.

Cependant, tout particulièrement dans le domaine des « knowledge workers« , nos « notes » au sens large – c’est-à-dire les informations dont nous avons besoin – représentent une masse à la fois de plus en plus importante et de plus en plus cruciale. Si nous vivons dans une économie du savoir et de l’information, alors capturer, organiser et retrouver ces informations de manière efficace est une compétence cruciale (et peut faire une énorme différence dans le fonctionnement d’une organisation – nous avons tous des exemples de dysfonctionnements en tête, y compris personnels).

En exclusivité mondiale, une IRM de mon cerveau (Photo by Hans-Peter Gauster on Unsplash)

David Allen, dans Getting Things Done, mentionne le terme de « cognition externe » (ou distribuée). Pour simplifier, noter une chose à faire sur une liste (externaliser le processus de souvenance) offre presque le même soulagement que d’avoir fait la chose (dès lors que l’on résout de revenir à cette liste pour la faire vraiment, sinon le cerveau est pas con, il voit l’embrouille). Nous utilisons déjà à peu près tous un système de cognition externe évident et simple… un agenda.

Ordonner cela est d’autant plus important dans le cadre de la gestion du savoir – et ce « savoir » couvre absolument toutes les informations de référence, les « notes » sus-citées, dont l’on peut avoir besoin : du manuel de son four à micro-ondes parce qu’on sait jamais comment régler l’heure à chaque changement de saison bordel, jusqu’à l’immensité des informations, recherches, idées que l’on rassemble pour son Grand Projet de Roman.

Plus je réfléchis à la question pour mon propre usage et plus je pense qu’un système de gestion de savoir personnel – un PKM, pour Personal Knowledge Management, s’organise de manière éminemment individuelle, en fonction des usages que l’on en a. De la même manière que si vous avez une vie compliquée avec des tas de facettes et de casquettes, OmniFocus est votre ami, mais pour la plupart des gens normalement constitués, un bullet journal suffira pour s’organiser, par exemple.

Il semble cependant que, comme les cinq grands axes de GTD, il y ait quelques axes fondamentaux dans l’organisation d’un PKM, et c’est une réflexion en cours, mais voici à quoi j’en arrive. (Je proposerai des sources dans des articles à venir, là, je pose juste des bases appelées à être développées dans les semaines / mois à venir.)

Stockage, découverte et ordonnancement

  • Un PKM nécessite une friction nulle à la capture. Il doit pouvoir absorber des informations de toutes les sources possibles, en particulier venant d’Internet (source majeure d’information aujourd’hui). Il doit pouvoir permettre un classement rapide et sans effort de l’information.
  • Un PKM doit permettre de retrouver aisément l’information cherchée. Beaucoup de personnes décrivent Evernote comme étant « write-only » – c’est-à-dire qu’il est très facile d’y stocker des trucs, mais il est facile d’en faire un trou noir d’où l’on ne ressort jamais rien. Il faut qu’on puisse en sortir aisément ce qu’on y a mis, sinon, quel intérêt ?
  • Un PKM doit faciliter la découverte et la mise en rapport d’informations de façon dynamique. La créativité repose aussi sur les étincelles qui jaillissent quand on fait se rencontrer des choses qui ne se croisent que peu ou jamais (la question en « et si… ? »). Il doit également être possible de rassembler plusieurs informations autour d’un même projet pour le développer.

Substance du PKM

  • L’aspect le plus évident d’une note est son contenu. L’information qu’il y a dedans. Mais c’est la face visible de l’iceberg, car d’autres aspects apparaissent très importants dans l’assimilation de la connaissance et la stimulation de la créativité :
  • La pensée est une activité qui s’écrit. Je parlerai en longs détails amoureux de l’ouvrage How to Take Smart Notes de Sönke Ahrens et du Zettelkästen (teasing, baby), mais dès lors, convenons d’une notion simple : si je veux retenir ou réfléchir à une idée, c’est plus efficace de me forcer à formuler mes idées par écrit pour les ruminer et les évaluer que d’y réfléchir à moitié le nez en l’air entre deux posts Facebook.
  • La valeur est dans les liens autant que dans le contenu. L’esprit est un réseau, la connaissance se met en action autant au-travers d’elle-même que des relations qu’elle établit avec d’autres domaines (c’est spécialement criant dans l’activité artistique et l’écriture romanesque, où il faut des recherches parfois abracadabrantes pour écrire juste un paragraphe ou, encore une fois, mettre en contact des choses précédemment séparées pour en faire émerger du nouveau).

Comment faire tout ça ? N’aie crainte, auguste lectorat, je me suis aventuré une fois de plus avec ma Maglite aux frontières du réel et j’en rapporte des tas d’idées pratiques dont je pourrais, honnêtement, faire un bouquin (et ça viendra peut-être), mais que je vais commencer par exposer et tester auprès de toi. Et j’ai tellement lutté pour y arriver, pendant des années, que ça me fait super plaisir.

2020-04-12T16:05:40+02:00lundi 13 avril 2020|Best Of, Lifehacking|3 Commentaires

Un mot sur la tablette ReMarkable (… et les machines à écrire)

Le travail en mobilité, c’est génial, quand on en a la possibilité : raconter des trucs avec des mots, par exemple, fait partie des professions qui ne sont dorénavant plus liées à un emplacement. Comme, grosso modo, tout ce qui entre dans la catégorie que ta grand-mère appelle « travailler sur un ordinateur ». L’ordinateur a muté, aussi : tablette, même sur smartphone, on peut faire plein de trucs (salut aux community managers).

J’ai très tôt voulu acquérir cette indépendance : pouvoir faire 100% de mes activités (que ce soit en écriture ou production sonore) avec un matériel capable de rentrer au maximum dans un sac à dos d’avion. Soit : ordinateur portable, smartphone, tablette, éventuellement un contrôleur musical, une connexion Internet à l’arrivée. Si ça ne rentre pas là-dedans, il faut trouver un contournement. Et il faut une sacrée bonne raison pour qu’une application ne fonctionne pas tant sous Mac qu’iOS (typiquement, la production sonore – c’est pour ça que Scrivener, je te regarde). Auguste lectorat, si tu es là depuis un moment, tu as certainement senti, tel l’upwelling des côtes chiliennes, cette tendance de fond qui sous-tend tous les articles sur la productivité (ou l’invitation de la semaine dernière à refaire le voyage de la prise de notes) : la liberté de bouger.

N’aie crainte, I have a point. Comme je clame à tue-tête tout le bien que je pense de l’iPad pour la prise de notes manuscrites, une lectrice du blog m’a resignalé la semaine dernière l’existence d’un appareil sur lequel on m’interroge souvent, et dont je me suis dit, à force, que je devrais en dire un mot : la tablette ReMarkable.

Image ReMarkable

La promesse de ReMarkable consiste à proposer un appareil imitant la sensation du papier (utilisant la technologie de l’encre électronique, comme sur les liseuses), avec les avantages du numérique (portabilité, sauvegarde) sans les inconvénients (distractions). Et j’avoue que l’appareil et les vidéos de démonstration sont plutôt sexy, et la promesse est alléchante.

Je serais curieux d’essayer l’engin un jour en démonstration, mais je ne suis pas client de ReMarkable, comme je ne suis pas client des machines à écrire « modernes » qui proposent une expérience dépouillée d’écriture.

J’ai pu tester de nombreuses fois la multiplication des appareils destinés à servir différentes finalités et pour moi, le minimalisme numérique ne consiste pas à avoir des appareils à une seule fonction, mais un minimum d’appareils (comme d’applications, etc.). Moins d’appareils : moins de choses à mettre à jour, à maintenir, à faire communiquer entre elles, à recharger, etc. Moins d’encombrement, aussi, dans le cadre de la mobilité.

Mais quid de la promesse d’une expérience dépouillée, dépourvue de distractions ?

J’ai un point de vue très tranché là-dessus. Si je me laisse distraire par mon appareil, le problème ne vient pas de l’appareil mais de moi. À titre personnel, je trouve plus productif et utile à mon existence de travailler ma volonté et ma concentration de façon générale, de réfléchir aux bonnes manières de la canaliser (ne serait-ce que – étape de base qui me semble indispensable à l’usage de tout appareil numérique – désactiver 99% des notifications). Je préfère avoir un seul appareil surpuissant qui me permette de faire 80% de mes activités et 100% de mon métier d’auteur (un iPad Pro) en mobilité (avec une connexion 4G intégrée au machin) et prendre soin de m’en servir en pleine conscience plutôt que chercher des contournements (et si je travaille sur mon Mac, c’est autant que possible par plaisir ou par préférence de la plate-forme plutôt que par contrainte technique). Je sais très bien ce qui se passera si j’achète une ReMarkable : je jouerai avec deux jours, puis elle rejoindra ma liseuse dans un tiroir (quand je lis en numérique à présent, je lis sur mon téléphone avec le mode Ne pas déranger activé, car mon téléphone est l’engin que j’ai le réflexe de sortir).

Ça n’est évidemment que mon avis aujourd’hui, et si vous avez du plaisir et que vous êtes efficace avec un ReMarkable ou une machine à écrire, more power to you.

2020-01-14T04:04:25+01:00lundi 20 janvier 2020|Best Of, Lifehacking|Commentaires fermés sur Un mot sur la tablette ReMarkable (… et les machines à écrire)