Un environnement de recherche simple et puissant avec Obsidian et DEVONthink

L’histoire est un éternel recommencement, disait Nietzsche, plus ou moins. Après des années d’errance dans le désert – depuis que j’ai quitté Evernote, à vrai dire, il y a maintenant plus de dix ans (!) – je me suis trouvé dans une situation inconfortable concernant mon système de notes. Evernote présentait un avantage considérable : être un « everything bucket » – c’est-à-dire l’application standard où l’on balance toutes les informations dont on a besoin, de son prochain billet de train à la notice de son four à micro-ondes en passant par les notes sur son roman. Telle une colonne sédimentaire, le présent site de perdition propose un certain nombre d’articles sur Evernote, à une époque bénie où l’on n’avait pas vraiment conscience de la sécurité de ses données, où la prétendue IA n’était pas un sujet, et où mes exigences en termes de gestion de fichiers et de flexibilité n’étaient pas aussi aiguisées (c’est la faute à Apple qui m’a injecté le virus de l’expérience utilisateur). Mais en 2026, quand on fait un travail de création ou de recherche au sens large, avec la double exigence de gérer des notes et de travailler sur documentation, comment fait-on de manière puissante, sécurisée et, si possible, sans se ruiner totalement ?

L’histoire étant donc un éternel recommencement, j’ai fini par revenir à l’organisation claire et simple que j’avais commencé à établir à mon passage sous Mac, avec l’emploi du chef de file des gestionnaires de documents, DEVONthink, en parallèle avec Obsidian (et nourri par Drafts, abordé ici). En effet, prendre ses notes et gérer sa documentation recouvrent deux exigences relativement contradictoires, orientant le choix de deux outils complémentaires aux approches différentes et permettant de distinguer ses propres mots des mots des autres.

Obsidian, j’en parle tous les mardis, c’est mon seigneur et maître avec Scrivener, l’application où je prends et conserve l’intégralité de mes notes personnelles (méthode Zettelkasten) et fais maturer mes projets comme mes réflexions sur la vie, l’univers et le reste.

Ma note « racine » dans mon Zettelkasten, ouvrant zones de travail et de réflexion dédiées. Oui, elle est moche. J’ai pas que ça à faire de concevoir des jolis tableaux de bord.

Obsidian offre une expérience utilisateur quasiment inégalée pour ce qui est de construire une réflexion, d’organiser du savoir, de gérer un journal, de bâtir, en un mot (enfin, quelques) une base de connaissances. Son agilité est inférieure à celle de Drafts (où la réactivité et l’immédiateté forment l’exigence fondamentale), mais son focus sur la manipulation de fichiers Markdown intégrant des médias relativement légers (de préférence des images et des PDF) n’en fait pas une excellente bibliothèque.

C’est donc ici qu’entre DEVONthink, qui est à l’opposé du spectre par rapport à Drafts. DEVONthink est l’une des applications vénérables du Mac ; un gestionnaire de documentation et de recherche bien velu, puissant, lourd comme une berline allemande. Principalement conçu pour les ordinateurs de bureau (même si la version mobile offre une partie des fonctionnalités), il est fait pour ingérer des Go entiers de données, les analyser et les automatiser, et servir de référence aux chercheur·ses.

Il est tout à fait possible de conserver toutes ses notes dans DEVONthink et de se débarrasser d’Obsidian – bien des gens le font – mais sachant que les deux applications ont des forces opposées et qu’en plus, elles se calquent naturellement à des rôles distincts, il devient naturel de les employer en parallèle. Chacune expose des liens directs à ses documents : d’un raccourci clavier, je peux copier un lien à une de mes fiches Obsidian (obsidian://) ou à un document DEVONthink (x-devonthink://), me donnant la capacité de sourcer une réflexion personnelle inspirée par une lecture (d’Obsidian à DEVONthink) ou bien de diriger une lecture vers les idées qu’elle a inspiré (de DEVONthink à Obsidian).

Mes bases DEVONthink. Inbox backlog contient plus de vingt ans de vieux systèmes avec des fichiers en triple ou quintuple. J’y plonge quand j’ai besoin de monter au grenier. Memory contient archives et jolis moments numériques – l’équivalent du souvenir qu’on veut garder pour l’exposer dans sa bibliothèque.

L’usage des applications devient donc très simple : mes mots vont dans Obsidian, ceux des autres dans DEVONthink. La beauté de DEVONthink, c’est qu’il accepte tout : une interview de 2h30 en vidéo sous YouTube, ou bien un fichier texte de quelques dizaines d’octets avec une citation mémorable. Les deux sont ouverts en parallèle et en permanence, et je saute de l’un à l’autre via des liens et quelques macros simples1.

Une source annotée dans DEVONthink, pointant vers les fiches Obsidian correspondantes dans mon Zettelkasten.
Une fiche Obsidian, citant sa source dans DEVONthink. Mais pourquoi travaillé-je aussi rigoureusement sur la psychopathie en ce moment ?

En somme :

RôleImpératifsApplication
Capture rapide– Immédiateté, fluidité, mobilité
– Capture automatique de métadonnées (date de création, géolocalisation)
Drafts
Construction d’une réflexion, notes personnelles (Zettelkasten)Interface pensée dans ce but :
– Outils puissants pour relier les notes
– Travail sur plusieurs notes en parallèle
– Personnalisation de l’outil en fonction des besoins
Obsidian
Bibliothèque numérique et archivage des sources– Peut ingérer n’importe quel document
– Sans limite de taille (vidéo, podcast)
– Fonctionne en mobilité
DEVONthink

Je suis pour l’instant ravi de cette organisation, et j’en sens l’effet : mon esprit se pose, la clarté se forme, le plaisir du travail grandit. Je sais que je dis ça tous les six mois, mais je crois que j’ai trouvé le vrai squelette de mon organisation. Et je suis joie.

  1. Oui, je pourrais utiliser Hookmark pour ça, mais je n’ai pas encore réussi à en comprendre l’intérêt par rapport aux liens natifs que les applications fournissent.
2026-08-21T10:03:28+02:00lundi 24 août 2026|Best Of, Lifehacking|0 commentaire

Drafts, où le texte commence (la boîte à outils de l’écrivain)

Ce n’est pas une application nouvelle, mais elle fait partie de ces outils tellement ouverts et puissants qu’ils nécessitent un temps d’apprivoisement pour comprendre exactement ce qu’ils apportent à une organisation de travail (comme Scrivener ou OmniFocus).

« Bref, je suis repassé sur Obsidian« , et quand on utilise l’application en mode hardcore (ce qui est quand même le but, sinon autant utiliser Bear), c’est-à-dire avec un thème personnalisé à l’extrême, 28k éléments dans la vault et environ 80 plugins, elle tend à s’étouffer et à se fermer agressivement sur téléphone. Il est possible de l’utiliser pour capturer des notes à la volée – et même de la rendre assez réactive pour ça – mais cela devient un peu malaisé quand il s’agit de revisiter ces morceaux de texte en déplacement ; par exemple pour ajouter une réflexion à une idée, ou pour parquer momentanément un paragraphe participant d’un projet à court terme, avec lequel on ne veut pas enliser sa vault.

À ce titre, Drafts est l’opposé d’Obsidian : tout ce qu’on voit en ouvrant l’application – qui est d’une réactivité folle –, c’est le curseur sur une page de texte. L’idée est simplissime : je l’ouvre, je note un truc, je la ferme (l’application).

Évidemment, toute personne tendant à noter la moindre idée intéressante dans Evernote / un carnet papier / des post-its / douze systèmes de notes abandonnés au fil des ans se verra couverte de sueurs froides à cette possibilité : oh non, quelle idée atroce, je vais me retrouver immédiatement avec 1352 notes non traitées, c’est la pire invention du monde.

C’est là que Drafts devient très malin mais qu’il faut, très clairement, s’y plonger un peu pour le personnaliser exactement selon ses besoins.

Tout d’abord, Drafts présente trois espaces où stocker ses textes : boîte de réception, avec drapeau, archive. Il revient évidemment à l’utilisateur·ice de visiter régulièrement sa boîte de réception pour décider quoi faire de ses idées – ça ne pensera pas magiquement pour vous (et aucun système ne peut penser magiquement pour vous, hein) – mais cela donne déjà quelques filtres de triage : tenez, prenez et mangez-en tous, ceci est ma liste de courses, ceci est l’idée incroyable de roman que j’ai eue sous la douche mais que je dois raffiner un peu avant de l’archiver où il faut dans mes notes longue durée.

Évidemment, ça ne suffit plus quand on commence à accumuler les possibilités tous azimuts. Heureusement, Drafts offre une infinité de manières de trier et afficher ses bouts de texte : il propose de définir des espaces de travail (workspaces) qui sont simplement des recherches prédéfinies sur l’ensemble des documents dans la base, et le critère de filtrage le plus puissant qu’on emploiera sera bien sûr des mots-clé (tags). C’est une manière idéale de définir des espaces transitoires pour ses idées – pas vraiment des inboxes, mais pas des notes achevées non plus. J’en ai quatre à l’heure actuelle : Set aside pour les notes mises de côté auxquelles j’ai besoin de revenir de loin en loin (ça peut être aussi simple qu’une liste de courses), Les Dieux sauvages pour les notes et idées rapides qui me viennent en cours de travail et auxquelles il faudra revenir, et deux espaces (qui deviendront peut-être un seul) pour les idées d’articles pour le présent blog, courtes et longues (selon le temps d’écriture à ma disposition cette semaine).

Enfin, Drafts n’a pas pour vocation de conserver les textes éternellement (même si on peut tout à fait construire un Zettelkasten avec) : il s’agit ensuite d’envoyer les textes à leur destination. L’application propose alors des actions, entièrement paramétrables : le document peut ainsi devenir une note dans son app favorite (Obsidian, Bear, Evernote…), un mail, un message texte, une tâche (dans OmniFocus, Things, Todoist…). Drafts capture date et heure de création d’un document, géolocalisation – le maximum de données possibles pour vous laisser décider qu’en faire. Simplement, c’est là que tout commence : c’est la boîte de capture unique pour tout ce qui entre dans votre espace numérique.

Et si vous n’avez pas l’esprit ni le temps de créer ces actions, aucun problème : la communauté en offre certainement déjà pour vos applications favorites, il suffit de visiter l’Action directory (comprenant plus de 1500 actions actuellement), de chercher votre bonheur, et d’ajouter l’action choisie à votre propre Drafts d’un simple clic. Rien ne vous empêche d’utiliser ces actions comme base pour définir les vôtres, d’y ajouter le raccourci clavier de votre choix, et évidemment, tout se synchronise via iCloud.

Au bout du compte, ma propre liste d’actions est assez simple, mais couvre 95% de mes besoins : la plupart de mes Drafts finissent dans Obsidian, avec (pour une entrée de journal) ou sans géolocalisation, ou alors dans DEVONthink (ma bibliothèque), OmniFocus (liste de tâches), Apple Mail, Bluesky, ou simplement un fichier texte (quand je rédige les notes d’épisode de Procrastination, par exemple).

Drafts nécessite un abonnement, mais il est extrêmement raisonnable (une vingtaine d’euros par an). Pour une application que j’emploie une dizaine de fois par jour dans le cadre de mon travail mais aussi de ma vie personnelle, qui me permet de sortir immédiatement et de manière fiable les idées qui m’occupent la tête, et fonctionne aussi bien avec tout le reste des mes outils (en particulier Obsidian), la dépense est amplement justifiée.

➡️ En savoir plus sur Drafts

2026-08-21T10:04:02+02:00lundi 10 août 2026|Best Of, Lifehacking|0 commentaire

Un système d’écriture manuscrite simple dans Obsidian

Ma danse ne finira jamais (peut-être) et donc, autant vous en faire profiter. Une des tensions entre apps de notes, surtout dans l’écosystème Apple, est la suivante : les apps natives (Bear) offrent une expérience utilisateur confortable et intégrée au système, quand la puissance d’Obsidian se paie par le fait que c’est une app multiplateforme et personnalisable à l’envi, ce qui génère un potentiel puits sans fond de procrastination pour recréer une expérience confortable.

Une de ces fonctionnalités est la possibilité d’intégrer des blocs de notes manuscrites (réflexions libres, dessins) dans une note textuelle, ce qu’iPadOS fournit nativement – avec une palette d’outils contextuelle accessible si l’on dispose d’un Apple Pencil Pro. Par exemple, dans Bear, je peux intégrer une page d’écriture manuscrite avec un simple bouton, ce qui me permet de réfléchir ou griffonner à la main si mon mode de réflexion de l’instant l’exige.

Mais Obsidian ? L’application propose un certain nombre de plugins pour l’écriture et le dessin, le plus célèbre étant Excalidraw, mais la plupart intègrent des solutions tierces incompatibles avec l’expérience native d’iPadOS (et les commandes au stylet).

Sauf le plugin Handwritten Notes. Il propose une approche maligne : utiliser les outils que le système fournit pour annoter les PDF nativement. S’il se trouve que le PDF en question est une simple page blanche avec des lignes, on retrouve exactement l’expérience d’écriture native qu’offre Bear – simple et dépouillée, mais largement suffisante.

Il suffit de créer son modèle (j’ai un PDF ligné de 50 pages qui pèse moins de 300 Ko, ce qui est dérisoire), de le placer quelque part dans sa vault, d’indiquer son existence au plugin dans les options, et c’est réglé. Insérer un passage manuscrit est alors aussi simple qu’invoquer la commande correspondante depuis n’importe quelle note :

On se retrouve alors dans l’expérience d’annotation native d’iPadOS.

Juste une bizarrerie à ne pas oublier : une fois la session de dessin terminée, sélectionner, contre toute attente « Ne pas enregistrer les modifications » – on revient alors à Obsidian, avec ses annotations néanmoins conservées. C’est transparent – et presque plus fluide qu’avec Bear.

Comme toujours avec Obsidian, on peut s’inquiéter de l’avenir du plugin, qui n’a pas été mis à jour depuis plus d’un an à ce stade. Mais comme il s’agit de simples PDF, on n’est pas prisonnier d’une solution propriétaire ; même si le plugin cesse de fonctionner, les fichiers seront toujours lisibles, tout autant que ses notes en Markdown, respectant le principe de File over App.

2026-07-06T03:18:58+02:00lundi 6 juillet 2026|Lifehacking|Commentaires fermés sur Un système d’écriture manuscrite simple dans Obsidian

Expansion de texte : article invité sur le blog de Typinator, app sans abonnement

Je vous le dis, je vous le redirai, l’expansion de texte, ça n’a l’air de rien et ça paraît stupide az feuque mais c’est prodigieux, c’est génial, c’est rigolo et en plus ça permet de taper rapidement des emojis partout dans ses notes quand on s’en sert comme signifiants genre ⚠️ ❓💡 🗒 👤.

J’ai depuis longtemps cessé de recommander TextExpander (sur abonnement et lent à l’usage) au profit de Typinator (achat unique, d’une rapidité confondante sur Mac). Aujourd’hui, la compagnie qui produit l’app, Ergonis, m’a invité à en dire du bien sur leur blog officiel, et je vous y explique donc pourquoi expansion de texte implique mathématiquement margaritas.

➡️ L’article sur le blog d’Ergonis.

2025-09-27T09:24:28+02:00lundi 29 septembre 2025|Lifehacking|1 Commentaire

Obsidian a maintenant des bases de données natives (en bêta)

La capacité d’interroger et classer ses notes selon des critères spécifiques représente de longue date une sorte d’étape majeure dans une application de gestion de la connaissance ; cela transforme un environnement d’écriture en base de données, et c’est à peu près l’apanage de Notion – et leur coup de génie qui les a faits décoller il y a des années. Concrètement, cela permet de transformer une masse de fichiers texte en un tableau récapitulatif que l’on peut classer à son gré ; du paquet de notes à la feuille Excel, en résumé, et cela peut s’avérer extrêmement puissant pour obtenir une vue synthétique de son bazar.

Avec ça, vous pouvez par exemple

  • Construire un tableau récapitulant tous les livres que vous avez lus, analysés, mais aussi ceux qui vous font de l’œil, et les classer selon vos propres critères de thèmes, appréciation ou date de sortie
  • Récapituler des entrées de journal par thème, niveau d’énergie ou de moral, sur une plage de dates donnée
  • Construire l’inventaire des pièces d’une collection (pour ma part : home studio)
  • Prendre de la hauteur sur les notes d’un univers, en croisant les événements majeurs, les lieux, personnages

Le tout en partant simplement des notes individuelles de chaque élément. La clé, ce sont les métadonnées, c’est-à-dire les critères et qualités que l’on va attribuer à chacune : il convient de les définir et les remplir pour que ça fonctionne, évidemment. Heureusement, avec Obsidian, c’est très simple, cela se fait par le biais de propriétés que l’on ajoute aux notes de son choix, et que l’on choisit entièrement à son gré (date de publication, niveau de moral, prix d’achat, date de naissance…) pour les interroger ensuite dans le cadre d’une base.

C’est important parce que c’est une fonction extrêmement avancée et puissante, qui place Obsidian de façon officielle sur les plate-bandes de Notion a avec une fonctionnalité souvent demandée mais plutôt rare dans le paysage. Surtout, cela existait déjà sous forme de plugins depuis des années – le plus célèbre et le plus puissant étant Dataview – mais exigeait un niveau de technicité élevé pour en apprendre la syntaxe. À présent, c’est aussi simple que de créer une base dans l’application et de suivre un clicodrome pour la configurer sans taper une seule commande. Mais on peut aussi faire appel à tout un éventail de formules et de critères de filtrage, inclure ces bases dans d’autres notes comme un simple bloc de code, ce qui ravira celles et ceux qui souhaitent un outil puissant mais n’ont jamais eu le temps de se plonger dans Dataview. Bases suffira pour la plupart des cas quand on part de zéro, et c’est probablement la solution dans laquelle il convient de s’investir en 2025.

Bases est pour l’instant en bêta fermée (réservée aux membres qui ont payé pour une licence Catalyst), et dispose de sa propre feuille de route.

2025-07-07T01:21:15+02:00mercredi 9 juillet 2025|Lifehacking|Commentaires fermés sur Obsidian a maintenant des bases de données natives (en bêta)

Mon modèle de journal (incluant les géolocalisations fréquentes)

L’article de lundi sur l’utilisation d’Obsidian comme app de journaling a suscité un peu d’intérêt (merci) et on m’a demandé d’aller un peu plus loin dans l’usage des modèles, notamment en lien avec la géolocalisation. Je ne fais rien de très stylé (on voit des choses largement plus puissantes en ligne…) mais il existe dans Obsidian une règle tacite : plus un truc est stylé, plus il casse vite (j’ai eu des trucs plus stylés qui ont, donc, cassé). Je fais donc beaucoup plus simple aujourd’hui.

Chaque entrée comporte de 1 à x grandes parties (H1) relatives à différentes zones de mon existence (création, développement personnel, seum du jour si besoin…), et taguées sous la forme #Journal/Écriture/LaSuccessiondesÂges.

Un pied de page comportant une navigation facile vers la veille, le lendemain, la semaine, le mois, l’année… ainsi que la géolocalisation. Pour ça, on utilise Templater, qui permet d’insérer des données dynamiques dans une fiche créée à la volée.

Mais il y a une ruse : comment expliquer à Templater et Periodic Notes qu’on veut utiliser un modèle dynamique ? Au final, c’est tout simple, mais pas intuitif du tout, parce que Periodic Notes et Templater ne se connaissent pas mutuellement. Periodic Notes sait seulement intituler la note du jour selon la date concernée… et ça va nous être très utile. Mais il ne sait rien faire d’autre. (Pour ne pas devenir chèvre, il est fortement recommandé de passer Obsidian en français, car cela va simplifier des tas de choses pour la manipulation des dates.)

On va procéder en deux temps :

  • Demander à Periodic Notes d’appeler ses notes selon la date du jour, et d’utiliser un modèle spécifique,
  • Lequel contient l’instruction d’invoquer un second modèle, qui s’adresse à Templater et utilise toute sa puissance.

Le modèle indiqué à Periodic Notes sera très simple. Ici, on veut surtout avoir un fichier intitulé selon la date du jour (voir dans les options pour le format). Pour ma part, j’utilise YYYY-MM-DD (dddd), ce qui est un formatage standard et simple pour classer chronologiquement les fichiers, donnant par exemple pour la date d’aujourd’hui : 2025-05-28 (mercredi). (Je trouve utile d’avoir le nom du jour en clair pour différencier la semaine des week-ends.)

Ce modèle ne contient qu’une ligne très simple, appelant Templater, sous la forme :

<% await tp.file.include("[[Journal (jour) (Templater)]]") %>

où vous mettez entre [[ ]] évidemment le nom du modèle à invoquer (chez moi Journal (jour) (Templater)). Cela invoque le deuxième modèle avec l’instruction include.

⚠️ Attention, pour que ça marche, il faut signaler à Templater de surveiller toute création de fichier partout dans le coffre pour intervenir tout de suite dans les instructions qui le concernent. Dans les options du plugin, activer Trigger Templater on new file creation.

On peut maintenant créer son modèle de journal proprement dit.

Faire des trucs stylés avec Templater et les dates

(Mais pas trop stylés, sinon rappelez-vous, ça casse)

Dans son modèle Templater proprement dit, on fait tout ce qu’on veut, justement parce qu’on a pris soin d’intituler le fichier selon la date du jour dans Periodic Notes, sur quoi on va se baser (cela permet de créer des entrées dans le passé ou le futur sans problème ; le code sera toujours relatif au jour concerné). Voici du code fort utile (à la base glané quelque part en ligne, je ne sais plus où) à insérer au tout début de son modèle :

---
<%*
var fileDate = moment(tp.file.title);
// moment dates are mutable
let prevDay = moment(fileDate).subtract(1, 'd').format('YYYY-MM-DD (dddd)');
let nextDay = moment(fileDate).add(1, 'd').format('YYYY-MM-DD (dddd)');
let yearLink = fileDate.format('YYYY');
let quarterLink = fileDate.format('YYYY-[Q]Q');
let monthLink = fileDate.format('YYYY-MM');
let weekLink = fileDate.format('gggg-[W]WW');
-%>
locations:
---

L’insert entre triples tirets (—) correspond aux propriétés du fichier, une par ligne (c’est du YAML). On y trouve par exemple directement en bas la propriété locations: qui signifie à Map View qu’il y a une géolocalisation à chercher dans le fichier (voir l’article de lundi).

Le code entre <%* est la syntaxe de Templater. Comme Periodic Notes a créé l’entrée du jour selon un format daté, nous allons lire cette date avec tp.file.title et la manipuler dans tous les sens (extraire le mois, le trimestre, ajouter un jour pour obtenir la date du lendemain, etc.) – et c’est commodément placé dans des variables qu’on peut ensuite invoquer sans réfléchir : [[${prevDay}|hier]] nous donnera par exemple un joli lien wiki vers l’entrée d’hier.

Géolocalisation et choix multiple

Quand je ne suis pas en déplacement, je suis globalement fixé à quelques adresses régulières, dont notre maison à Melbourne où, dans mon studio, la géolocalisation ne passe pas, en plus. Ce qui n’est pas un problème : si j’ai la coordonnée GPS (je suis allé la prendre devant la maison), je peux l’insérer à la main à l’intention de Map View. Pour ne pas avoir à se taper l’insertion manuelle des mêmes adresses en permanence, on peut créer un questionnaire à choix multiple avec la fonction tp.system.suggester de Templater selon ce genre de syntaxe :

<% tp.system.suggester(["Plan-de-Cuques", "Troo", "Crotelles", "Entrée manuelle"], ["[Plan-de-Cuques](geo:43.3460029,5.4618046)", "[Troo](geo:47.7924481,0.7786471)", "[Crotelles](geo:47.5431104,0.8373356)", "https://esm7.github.io/obsidian-geo-helper"]) %>

À chaque création d’entrée quotidienne, Templater me présentera une liste où sélectionner une option parmi quatre, incluant trois lieux fantastiques et de haute renommée : Plan-de-Cuques, Troo, Crotelles, plus Entrée manuelle. Le lien geo: préparé à l’avance sera inséré à la place, ou, dans le dernier cas, un simple lien vers le Geohelper du plugin, me permettant en particulier en mobilité de simplement cliquer dessus pour obtenir ma localisation et la coller à la place. D’où l’importance de la propriété locations: insérée en tête du modèle ; elle signale à Map View qu’il y a une donnée géographique à traiter (puisque les géolocalisations sont insérées de façon programmatique).

Et voilà. Ajoutez ensuite, si vous le souhaitez, la structure habituelle de vos entrées de journal pour vous lancer directement dans l’écriture chaque jour. Bonus : mettez une instruction <% tp.file.cursor() %> pour placer le curseur d’Obsidian là où vous voulez commencer à taper (au-dessus du pied de page et sous votre première invite de journal, par exemple).

2025-05-16T19:41:29+02:00mercredi 28 mai 2025|Best Of, Lifehacking|Commentaires fermés sur Mon modèle de journal (incluant les géolocalisations fréquentes)

Faire simplement son journal personnel dans Obsidian

Obsidian, c’est le bien, mais donc, c’est aussi complexe as fuck, et il y a trois cents façons de faire le moindre truc dedans ; la prudence, à mon sens, c’est de viser la simplicité d’abord, d’une pour ne pas se noyer dans un système ultra perfectionné qu’on ne comprend pas soi-même, et de deux, pour ne pas avoir un système fragile qui casse mystérieusement aux mises à jour assez fréquentes de l’application.

Mais tenir son journal (personnel, créatif, etc.) dans l’application, c’est une bonne idée, car c’est l’un des premiers environnements où les idées germent, où les réflexions reviennent et se décantent, et où elles peuvent, le cas échéant, devenir des fiches à part entière ou donner naissance à des projets réels de façon assez naturelle.

Vous ne verrez quasiment jamais des entrées de mon journal, mais c’est pour la bonne cause.

Cependant, Obsidian n’est pas à proprement parler un environnement de journaling, même si techniquement, rien n’empêche d’ouvrir chaque jour un fichier différent, noter des réflexions, l’intituler à date, et baste. Mais nous sommes ici entre esthètes, et il existe quand même des fonctionnalités particulières dans une app dédiée à l’usage du journal (type Day One) qu’il serait chouette d’avoir.

Il existe des solutions entières, tout en un, dédiées à ce genre fonctionnalités dans Obsidian (comme Diarian) mais, pour les raisons de complexité énoncées ci-dessus, je préfère m’appuyer sur quelque chose de plus simple et plus modulaire. Et pour ça, faisons l’inventaire de ce qu’on veut (enfin, de ce que je vous propose de vouloir), en essayant rien moins que de répliquer Day One dans Obsidian. Un journal, c’est quoi, au fond ?

  • Des entrées à date
  • Et par thème / fil de réflexion
  • Incluant des médias
  • Géolocalisées
  • Avec la météo du jour
  • Et proposant de revisiter à intervalles réguliers les entrées du passé (« l’année dernière à la même date… »)

Pour ma part, je n’ai pas vraiment l’usage de revisiter les entrées du passé (je le fais manuellement quand je cherche quelque chose), mais je sais que des plugins offrent la fonction séparément (à vous de chercher). Pour le classement par thèmes ou fils de réflexion, il est facile de tag les paragraphes ou grands titres correspondants, selon les fonctions classiques de l’application. Évidemment, Obsidian gère une grande quantité de médias (jusqu’à la vidéo).

En revanche, la météo est une donnée compliquée à obtenir, car elle se fonde sur la date, la géolocalisation, ce qu’Obsidian n’est pas très bien équipé pour fournir (même si on va contourner cette limitation) et nécessite l’inscription à un service tiers. Dans toutes les années à j’ai utilisé Day One, je n’ai pas utilisé la météo une seule fois, donc j’ai décidé de m’en passer.

Il nous reste donc à construire deux choses :

  • Les entrées à date
  • La géolocalisation

Les entrées à date

Obsidian propose un module principal, la Note quotidienne (Daily note), qui peut suffire, mais il existe un plugin tiers réalisé par l’un des développeurs de l’app (Liam Cain1) qui est plus puissant: Periodic Notes. Il propose notamment de créer aussi des notes hebdomadaires, mensuelles, trimestrielles et annuelles, lesquelles se couplent élégamment avec un autre de ses plugins : Calendar, qui offre une vue… calendrier permettant d’accéder rapidement à la note du jour.

Avec les deux, on est paré. On les installe, on peut associer un modèle à chaque type de note périodique, on cale les raccourcis clavier (comme pour ouvrir par exemple la note du jour rapidement) et zou.

Calendar associé à Periodic Notes : chaque point, dans mon cas, indique une entrée présente.

La géolocalisation

Deux plugins de cartographie principaux se côtoient sur le store : Leaflet et Map View. Le premier permet des cartographies générales y compris fictionnelles, le second se concentre sur le monde réel avec de bonnes vieilles coordonnées GPS et un moteur de recherche de localisation inclus à l’app (tapez votre adresse, il vous cherchera la coordonnée correspondante). On installe donc Map View, qui s’applique mieux à notre cas.

J’ai adopté MapView en début d’année, on constate que j’ai fait des entrées de journal lors de divers festivals en France cette année.

Map View simplifie autant qu’il est possible une donnée compliquée à obtenir de base dans Obsidian : la géolocalisation. En effet, pour des raisons de confidentialité, les développeurs ont choisi de ne pas y accéder, ce qui implique que Map View l’obtienne et la consigne autrement.

Dans l’esprit, la géolocalisation d’une note peut figurer dans ses Propriétés (je vous renvoie à l’excellente doc d’Obsidian pour ça) ou en clair dans la note elle-même selon un simple lien préfacé par geo: comportant les coordonnées GPS correspondantes, auquel cas une Propriété vide locations permettra au plugin de savoir qu’il y a quand même une donnée à chercher dans le texte pour placer la note sur la carte (sinon, il faudrait scanner le texte de vos 9000 notes, ce qui tuerait les performances d’Obsidian).

Du coup : vous pouvez par exemple demander à Map View de chercher vos coordonnées GPS à partir d’une adresse tapée en clair (commande Add inline geolocation link). Je tape ici Tour Eiffel, Map View reconnaît le lieu (connexion Internet requise) et me propose une adresse :

Je valide, le lien est composé automatiquement, ce qui donne la note suivante (en mode source pour que vous voyiez la propriété et la composition du lien) :

Et c’est tout. Map View fait le reste et place vos notes sur sa carte. (On peut même changer l’icône en fonction des tags, des propriétés, etc, pour séparer le journal de vacances du journal d’écriture, par exemple.)

Comment faire si je ne connais pas mon adresse ? Un cas assez fréquent si on bouge pas mal (ce qui est quand même l’idée quand on tient à géolocaliser ses notes). Map View propose un outil tiers, un simple site web qu’on préférera utiliser sur mobile où la géolocalisation est plus fiable, et auquel on attribuera un signet rapide à consulter. Ce « Geo-Helper » fournit les liens prêt à l’emploi et propose même de les insérer direct dans Obsidian.

Au final

On s’appuie sur seulement trois plugins tiers qui sont suivis de près et maintenus, pour des fonctionnalités puissantes répliquant les deux tiers de l’expérience de Day One et ses concurrents. Okay, on n’a pas la météo (le seul truc que j’ai trouvé vraiment complexe à répliquer même si c’est réellement possible, j’ai juste abandonné parce que le jeu n’en valait pas la chandelle), mais le bénéfice d’avoir ses réflexions personnelles au même endroit que ses idées, ses notes de projets, sa base de connaissances dépasse de loin ce qu’on perd à mon sens. Je journal…ise ? principalement pour apprendre et comprendre, pas pour archiver et mémoriser (les photos occupant pour moi ce rôle), même si c’est évidemment compatible.

Pour aller plus loin, ce système peut évidemment se raffiner et se développer :

  • On pourra construire simplement une élégante vue récapitulative par mois ou année avec l’increvable Dataview combiné à Featured Image ;
  • Le fantastique Templater permettra de raffiner énormément le modèle du journal, en ajoutant même directement les géolocalisations les plus fréquemment utilisées pour éviter de se taper l’insertion des liens geo: à la main à chaque fois ;
  • On pourra classer spécifiquement les entrées de son journal par ordre chronologique inverse (le plus récent en haut) contrairement au reste de son Obsidian avec le très puissant Custom File Explorer Sorting.
  1. Certains de ses plugins n’ont pas été mis à jour depuis des années, mais comme il fait partie de l’équipe, je lui fais confiance.
2025-05-16T19:46:40+02:00lundi 26 mai 2025|Best Of, Lifehacking|1 Commentaire

La boîte à outils de l’écrivain : ce minuteur (et un dé à 4 faces)

Je suis un fervent pratiquant de la méthode Pomodoro (adaptée à la création) et si j’aime mes applications, mes bidules et mes machins qui soutiennent un mode de vie relativement nomade, il y a un plaisir à manipuler du matériel. (C’est peut-être mes envies de musique électronique qui parlent aussi en ce moment.) Plus que ça : manipuler un objet signale plus concrètement au cerveau l’intention qu’un clic dans une application perdue au milieu d’une forêt de fenêtres. Et donc, je trouve qu’il y a un intérêt notable, et un bénéfice clair, à employer un minuteur physique pour ses pomodoros plutôt qu’une application : le fait de retourner le sablier / tourner le bouton1 lance une session de travail avec satisfaction.

D’accord, mais lequel ? La moindre boutique en ligne est remplie de bidules en plastique à deux balles ou de machins ultra fancy connectés avec affichage digital Bluetooth multimédia. En fait, c’est étonnamment difficile de trouver un minuteur adapté à l’usage, parce qu’ils essaient tous d’être trop intelligents pour leur bien et ça défait le marsouin – pardon, defeats the purpose.

Les Pomodoros adaptés à la création sont légèrement différents de la méthode classique en ce sens que finir un créneau de temps ne bascule pas nécessairement sur la pause, elle autorise la pause à la première occasion qu’on souhaite. Si on est en état de flow, on veut généralement y rester. Par conséquent, le bon minuteur :

  • Ne bascule pas automatiquement sur la pause au bout de 25 minutes. C’est ahurissant le nombre de bidules qui pensent que c’est une bonne idée, mais c’est complètement con, pardonnez-moi. Et si j’ai pas envie à cet instant, moi ?
  • Est silencieux, que ce soit quand il décompte (pas de tic-tac, pitié) ou quand il parvient au bout de son créneau. Idéalement, une loupiote s’allumera discrètement et l’engin attendra sagement qu’on décide quoi faire ensuite, pour lancer manuellement la pause (signifiant là aussi une intention, un contrat avec soi).
  • Est visuel (montrant le décompte d’un coup d’œil, ça motive).
  • N’est pas bloqué sur des durées fixes de 25/5 (parfois, on veut faire davantage ; en ce moment, je fais 30/5, j’ai aussi joué avec 52/17).
  • Bonus : une action physique permet de lancer son créneau d’un tour de main rapide.

Vous n’imaginez pas le nombre de minuteurs qui ne répondent pas à ces critères pourtant simples. J’en ai commandé et retourné un paquet avant de me fixer sur un clone chinois probablement vendu sous douze marques différentes, mais qui fait parfaitement le boulot :

Un tour de clé et boum, un disque coloré apparaît ; quand c’est fini, la loupiote en haut à droite clignote trois fois, c’est tout. Souvent, je la rate, mais c’est une qualité : je continue ce que je fais et je lève souvent le nez plus tard quand je commence à fatiguer, constatant que, ah oui, j’ai le droit de penser à autre chose deux minutes.

Ça coûte entre 15 et 20 balles, allez sur n’importe quelle boutique en ligne et vous en trouverez pléthore, mais faites vraiment gaffe aux critères mentionnés ci-dessus : plus le minuteur promet des fonctions avancées et plus il est probablement stupide en réalité (évitez notamment le Minee Timer, magnifique et superbement construit, mais qui déclenche la pause tout seul, ce qui est, répétez avec moi : complètement con). Il existe des versions avec affichage numérique (j’en ai un en France de la marque Yunbaoit qui représente un relatif équivalent, beaucoup plus joli, mais je préfère manipuler le bouton en façade).

Bref, quoi que vous commandiez, lisez les commentaires pour vous assurer que ça ne cache pas un loup genre un tic-tac insupportable, et assurez-vous de pouvoir le renvoyer sans problème si vous découvrez une stupidité de conception.

Associez à ça un D4 de jeu de rôle, un peu joli tant qu’à faire. La méthode Pomodoro classique propose quatre intervalles de travail soutenu puis une pause plus longue de 15-20 minutes ; je ne la faisais pas, mais j’ai récemment découvert un vrai bénéfice à ça (le petit singe dans mon cerveau se tient beaucoup plus tranquille s’il sait qu’il aura un vrai quart d’heure à un moment pour se distraire – et le moment arrivé, il tombe souvent à court d’idée, d’ailleurs).

Et puis, qui n’a pas envie d’utiliser un dé de jeu de rôle comme accessoire professionnel ?

EDIT 2024-08-12 : On me signale que le Time Timer pourrait être la version originale de ce minuteur, à potentiellement préférer, donc. Voir cet article.

  1. Le bouton tout rond, qui chante des chansons, bien sûr.
2024-08-10T10:22:35+02:00mercredi 7 août 2024|Best Of, Lifehacking, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur La boîte à outils de l’écrivain : ce minuteur (et un dé à 4 faces)

Comment relayer automatiquement vos articles sur Bluesky

J’adore Bluesky. Vraiment. C’est tout ce qu’un réseau « social » aurait dû offrir depuis le jour maudit où ils sont apparus sur Terre. Dégager les fâcheux est merveilleusement simple et radical, la vue chronologique empêche toute course à l’engagement, au like, au post viral, et s’il ne se passe rien, il ne se passe rien. C’est Twitter quand c’était rigolo, avec l’esprit des débuts du Net, et une modération efficace entre les mains de l’utilisateur·ice. Pour mémoire, c’est ouvert à tout le monde depuis quelque temps.

Un seul défaut : la jeunesse du réseau implique qu’il est difficile d’y automatiser en particulier le relais de ses articles ou des nouvelles de son site. Le protocole le permet en théorie, mais pour l’instant, je n’ai trouvé aucun plugin WordPress qui fonctionne. J’ai un temps fonctionné avec un service docker tournant sur mon Synology, mais la fiabilité était trop aléatoire à mon goût.

Mais j’ai enfin une solution qui marche : le service DLVR.it. C’est un genre d’IFTTT ou de Zapier limité aux réseaux. Dans les faits :

  • Vous récupérez l’adresse du flux RSS de votre site ;
  • Vous générez un mot de passe spécifique pour application dans l’interface de Bluesky ;
  • Vous dites à DLVR.it de relayer l’un à l’autre.

C’est tout simple, ça fonctionne, c’est gratuit, et on peut même raisonnablement personnaliser l’aperçu des liens. Je n’ai pas d’affiliation sur ce coup-là, je suis juste heureux de partager, parce que, encore une fois, Bluesky, c’est vachement bien.

➡️ DLVR.it

2024-02-26T07:23:59+01:00mercredi 28 février 2024|Best Of, Lifehacking|Commentaires fermés sur Comment relayer automatiquement vos articles sur Bluesky

Marre de payer des abonnements et des mises à jour ? Il y a Setapp.

Autrefois, on disait : there’s an app for that, et le problème de notre époque, c’est que ça entraîne : … and it comes with a subscription. Il faut bien que les développeurs gagnent leur vie, on est bien d’accord, mais des abonnements dans tous les coins pour des apps qu’on n’utilise pas forcément à longueur d’année, ça pèse. Acheter des applications pour une activité de loisir intermittente, aussi. (J’aime faire du code à mes rares moments perdus, mais ça ne justifie pas de payer une licence annuelle pour un client git comme Tower, par exemple.)

Setapp est un idéal moyen terme, et après des soucis de modèle économique qui m’ont fait claquer la porte il y a deux ans, je suis redevenu un client ravi une fois leur maison remise en ordre. Le principe est très simple : c’est un Netflix pour applications. Un seul abonnement, l’accès illimité à 240 programmes dans des domaines extrêmement variés, allant de l’utilitaire dont on ne peut pas se passer (Bartender, BetterTouchTool, Dropzone, Default Folder X, AirBuddy, Yoink…) au gros logiciel de production (Ulysses, Spark, Craft). Toutes les apps sont d’excellente tenue ; pas forcément les meilleures du domaine (je continue à préférer Scrivener à Ulysses pour les sagas, par exemple) mais toutes de qualité, et surtout, couvrant tous les cas d’usage.

Je vous cause de Setapp aujourd’hui parce que j’ai découvert plusieurs excellents services par leur intermédiaire, ou que je voudrais vous causer d’excellentes apps qui se trouvent être disponibles chez eux, et que ça semble les bœufs à mettre avant ma charrette : vous dire où les trouver de façon avantageuse. Même en comptant toutes les licences que j’avais achetées séparément, Setapp est drôlement rentable. Une personne normalement constituée paiera 135 $ US par an, couvrant 1 Mac et 4 (!) appareils iOS. En comparaison, voici le calcul que j’avais conduit en prenant les services ou apps que j’utilise couramment au grand minimum :

App / ServiceCoût ou remplacement à l’année
ProtonVPN60€, remplacé par ClearVPN
Ulysses (pour blogging)40€, inclus
Mindnode (mindmapping)20€, inclus
Aeon Timeline (chroniqué ici)30€, inclus
Due (rappels)10€, inclus
Coût total160€

… on dépasse pas mal le coût de l’abonnement à Setapp normal, et on arrive même au coût de leur formule « Power User » qui couvre 4 (!) Macs (c’est-à-dire deux dans mon cas). Et ça n’est que cinq services…

Mais ça veut dire aussi que ça ouvre l’accès à une ribambelle d’autres applications, qui deviennent par essence gratuites :

  • Je collabore avec L. sur Craft pour notre vie commune ;
  • Gitfox est un client git largement suffisant pour mes besoins ;
  • Coderunner est un éditeur de code suffisant aussi ;
  • L’autre jour, j’avais ponctuellement besoin d’ouvrir une base de données SQLite, je n’ai eu que l’embarras du choix dans Setapp pour trouver un éditeur ;
  • J’ai découvert GetSound, mon nouveau fond sonore de travail favori ;
  • Et ainsi de suite.

C’est donc encore un abonnement, oui, je sais, sauf que c’est quasiment le dernier que vous prendrez (et que ça vous évite d’acheter quoi que ce soit d’autre). C’est comme un abonnement à un service de streaming musical… ça suffit dans 95-100% des cas. À moins d’être très spécifiquement exigeant sur ses outils, on peut sans aucun problème s’abonner à Setapp et ne plus rien utiliser d’autre (il y a deux logiciels de mails, une demi-douzaine d’apps pour travailler le texte, deux ou trois apps de time tracking, d’autres de notes reliées comme Craft ou NotePlan, et j’en passe, plusieurs solutions sont fréquemment proposées par domaine). Mais en plus, Setapp propose pour ainsi dire tous les utilitaires merveilleux qui rendent la vie magique sur Mac (à l’exception notable de Hazel et Alfred, même si des alternatives sont proposées), mais dont le coût peut devenir lourd en mises à jour. Et ça n’est pas de l’app à deux balles, c’est du vrai bel outil dans la quasi-totalité des cas.

Comme dit plus haut, si vous avez une poignée d’apps et de services favoris, vous continuerez à les utiliser (dans mon cas, Scrivener, Alfred, OmniFocus, Focus, Bunch, Keyboard Maestro et Hazel). Mais Setapp en inclut une impressionnante majorité et, dans bien des cas, propose des alternatives tout à fait compétitives.

Setapp est l’équivalent d’une boutique de bonbons pour geeks sous Mac et iOS. Vous en parler me donne en fait la possibilité de reprendre un peu la boîte à outils de l’écrivain, parce que j’y ai (re)découvert des tas de choses pour faciliter la vie créative, et c’est donc l’endroit privilégié pour les obtenir.

À venir, donc.

➡️ Découvrir Setapp gratuitement pendant sept jours

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! 

2024-03-04T00:42:32+01:00lundi 26 février 2024|Lifehacking|2 Commentaires
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