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Productivété (4) : La matrice d’Eisenhower, ou trier ses priorités

gtd_kitteh(Retrouvez tous les articles de l’été sur organisation et productivité ici.) 

Quatrième semaine de cette série d’articles estivaux sur l’organisation du travail et la productivité personnelle. Nous avons parlé de lifehacking, de GTD, puis de Personal Kanban dans l’optique de mieux organiser son travail et ses priorités. J’en profite pour vous remercier de votre suivi de cette série d’articles, et surtout de vos commentaires. Lesquels vont, d’ailleurs, me faire dévier de mon plan d’origine pour pour traiter plus en profondeur les questions qui sont apparues au fil des publications.

Nommément, le choix des priorités, l’organisation en un moment donné des choses à faire, l’inventaire des projets et le tri entre ceux-ci. L’article de la semaine dernière donne des pistes, mais je pense qu’un complément peut servir.

Aussi, sans davantage de tergiversations, vous proposé-je (fond sonore : Ainsi Parlait Zarathoustra) : la matrice d’Eisenhower.

Oui, on parle bien d’Eisenhower, le président. Vaguement moins connue que ses autres petites réalisations, genre ses victoires pendant la Seconde Guerre Mondiale ou son discours de fin de mandat1, sa matrice organise les tâches et projets selon deux axes : l’urgence et l’importance.

Les projets sont donc, au choix :

  • Urgents et Importants (je dois rendre ma déclaration d’impôts demain, la Française des Jeux m’appelle pour dire que j’ai gagné au loto, ma maison est en feu)
  • Urgents et Non Importants (les Témoins de Jéhovah sonnent à ma porte, un collègue me propose un café, je reçois une lettre-chaîne à renvoyer à tous mes contacts dans les dix minutes sous peine d’attraper le tibouti transcendental)
  • Non Urgents et Importants (mon Grand Roman dont je repousse l’écriture depuis 15 ans, rénover mon appartement, me documenter sur les pistes présentées par Davoust pour parfaite mon système d’organisation)
  • Non Urgents et Non Importants (glander sur Facebook, vérifier mon mail toutes les deux minutes, me perdre en recherches inutiles pour le livre que je cherche à écrire)

Ce qui se résume ainsi :

CC-By-SA par Infofiltrage

CC-By-SA par Infofiltrage

… ce qui constitue un outil à la fois très simple et élégant pour faire l’inventaire des tâches à un moment donné, et décider de ce qui doit être traité aujourd’hui et dans les semaines à venir, selon le principe de limitation des tâches concomitantes introduit par Personal Kanban.

Les tenants de cette matrice mettent en avant que les deux quadrants « Pas Important » doivent être minimisés autant que faire se peut. Notamment les interruptions (Urgent et Non Important) et les distractions (Non Urgent et Non Important). C’est vrai dans la mesure où jouer à Candy Crush Saga ne vous fera pas écrire de pages, mais le livre Personal Kanban avance que ces quadrants ont leur utilité, à ne pas négliger. Repos et distractions permettent à l’esprit de garder de la fraîcheur et du dynamisme et sont donc aussi vitaux à l’existence que la réalisation brute de tâches. Tout est, bien entendu, histoire de dosage.

En août, une fois les méthodes et systèmes passés en revue, nous verrons en détail les multiples outils qui facilitent la vie et font gagner du temps, mais je dois d’ores et déjà faire un aparté. Quasiment aucun outil (à part un bon vieux tableau effaçable ou votre tête) ne propose l’approche selon la matrice de l’oncle Dwight, à part Sandglaz, une application web qui organise d’elle-même les tâches de cette manière, et couple le tout à un calendrier, afin de classer ce qui compte et ce qui est facultatif de semaine en semaine :

sanglaz_screen

Cliquez pour un agrandissement

La méthode est incroyablement simple mais permet, d’un seul coup, d’acquérir une grande clarté d’esprit quand on la couple à un inventaire à la GTD.

Hélas, Sandglaz reste à mon sens bien trop rudimentaire pour fonctionner comme application centrale d’un système d’organisation. Il manque notamment une vraie application mobile utilisable hors connexion. Personnellement, je préfère un gestionnaire de tâches / projets plus flexible où je peux émuler cette approche comme bon me semble. Néanmoins, bien des utilisateurs sont conquis. À vous d’essayer ici si cela vous chante2, le compte basique est, comme toujours pour ce genre de service, gratuit.

Et pour l’écriture ?

Je ne reviens pas pour la quatrième fois sur la valeur qu’une telle hauteur de vision procure quand il s’agit d’organiser une vie bien remplie pour trouver le temps d’écrire.

Dans l’écriture, la matrice s’avère, à mon sens, profondément utile quand il s’agit de préparer une histoire ou de se sortir de l’ornière quand on travaille de façon instinctive. Je citais l’abus de recherches pour écrire des livres, un piège de procrastination très répandu. Quand on bloque dans l’écriture, il me semble qu’une approche féconde consiste à se demander : « pourquoi bloqué-je ? » Y a-t-il un personnage que je ne « sens » pas assez ? Le décor ? L’action ? Une fois des débuts de réponses trouvés à ces questions, la matrice fournit un plan de bataille tangible selon lequel agir, et de différencier le réel travail de recherche des dérivatifs.

Exemple fictif…

sandglaz_writing

… Il ne reste plus qu’à traiter les problèmes un par un, et de continuer à abattre des pages.

  1. « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera. » Sachant que c’est un général cinq étoiles qui parle.
  2. Lien parrainé.
2014-08-05T15:18:27+02:00lundi 22 juillet 2013|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires

Léviathan : La Chute sur Bulle de Livre

lachute-pointsEn conclusion, un univers plus qu’intéressant, fascinant même, que ce soit coté maritime ou coté des Voies. Un Léviathan qui commence à se montrer. Une fin qui ne donne qu’une envie : ouvrir la suite.

Grand merci à Snow pour cet article sur La Chute (Le Mystère Léviathan vol.1), à lire sur son blog !

2013-06-27T16:15:04+02:00jeudi 18 juillet 2013|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Chute sur Bulle de Livre

« Raconteur d’histoires avant tout » : entretien sur Léviathan

Couv. service artistique Seuil d'après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Couv. service artistique Seuil d’après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Comment trouvez-vous l’inspiration ?

Je crois très peu à l’inspiration et beaucoup plus au travail. Je crois que la tâche de l’écrivain consiste à aller chercher tout au fond de lui ce qui lui tient sincèrement à cœur dans le monde, et à le mettre en scène, l’interroger, de manière cohérente, esthétique, originale et divertissante. Pour moi, c’est cette honnêteté qui déclenche l’envie d’écrire ; c’est là que réside la fameuse inspiration, elle ne vient pas, elle se traque. Après, tous les moyens sont bons pour y parvenir.

Un entretien paru à l’occasion de la publications de la conclusion de la trilogie Léviathan, dans le journal Horizons Agriculture et Territoires (voilà qui correspond fort bien à un agronome !). Sur trois pages, nous parlons avec Emmanuel Fleury de littérature, mais aussi du rôle de l’écrivain, des frontières des genres et de construction scénaristique.

Le tout est disponible en lecture directement ici

2013-07-12T10:46:42+02:00mercredi 17 juillet 2013|Entretiens|1 Commentaire

L’anthologie « Les coups de coeur des Imaginales » sur The collection that Jack built

Couv. Daphné Desroziers

Couv. Daphné Desroziers

La partie intéressante de ces anthologies est de découvrir de nouveaux et prometteurs auteurs. Pour ma part, avec cette anthologie, j’ai retenu Sire Cédric dont l’univers noir m’intrigue et Jérôme Camut pour l’aspect décalé. D’un autre coté, cet anthologie m’a confirmé dans mon intention de poursuivre l’aventure avec Mélanie Fazi, Jean-Philippe Jaworski et Lionel Davoust.

Merci à Jack pour cette brève sur cette anthologie où figure « Derrière les barreaux » : à lire sur son blog.

2014-08-30T16:33:38+02:00mardi 16 juillet 2013|Revue de presse|1 Commentaire

Productivété (3) : Zen to Done et Personal Kanban, trier et réduire la charge

(Retrouvez tous les articles de l’été sur organisation et productivité ici.) 

Image trouvée sur le Keep-Calm 'o Matic - comment se fait-il que je découvre seulement ce site maintenant ?

Image trouvée sur le Keep-Calm ‘o Matic – comment se fait-il que je découvre seulement ce site maintenant ?

La semaine dernière, nous avons parlé en détail du poids lourd des méthodes de productivité, Getting Things Done (GTD). Bien que GTD ait constitué une véritable révolution dans l’organisation personnelle, le système prête le flanc à certaines critiques, dont : un manque de hauteur de vision (ce à quoi Allen répond presque dans Tout accomplir sans effort) et des difficultés dans le choix des tâches et l’établissement des priorités.

Allen stipule que le contexte et la hauteur de vision conférée par l’inventaire total de ce que l’on a à faire suffisent à donner cette clarté de décision. Je ne suis pas d’accord (et je ne suis pas le seul). Pour peu qu’on soit complétiste, obsessionnel-compulsif ou même un procrastinateur qui évite de s’atteler aux tâches vraiment difficiles, on peut parfaitement se noyer devant l’ampleur et la multiplicité des choses à faire (ce que vos commentaires de la semaine dernière confirment). À moins d’une discipline d’airain, GTD ne suffit pas ici.

Heureusement, d’autres ont réfléchi à la question, et ont une réponsee à fournir, simple et élégante, qui tourne autour d’une seule idée, à graver en lettres de feu :

Limiter à tout moment le nombre de travaux en cours.

L’idée paraît évidente, et pourtant. Nous avons tous une tendance à nous croire multi-tâches, or, nous savons que c’est une illusion et qu’au contraire, cela réduit notre efficacité en plus de représenter un potentiel mécanisme de fuite. Nous pensons qu’en oeuvrant sur plusieurs fronts à la fois, nous effectuons davantage de choses. Mais c’est archi-faux. Notre énergie est une sorte de débit d’eau continu, et nos projets sont des récipients. Une fois le récipient plein, le projet est terminé. Nous pouvons diviser ce débit en trois ou quatre réservoirs, personnels et/ou professionnels, ou bien en quinze, vingt, trente récipients. Plus nous nous dispersons, plus le débit se réduit, jusqu’au point où le remplissage devient indétectable, ce qui nous démoralise parce que plus rien n’avance. La machine est grippée.

Les hyperactifs peut éprouver une forte résistance à l’idée de réduire le nombre de travaux en cours. Quoi ? Faire moins de choses ? Mais non ! La vie est si riche, l’univers si vaste, je dois tout faire en même temps, c’est à moi d’avoir l’énergie d’avancer !

Illusion que tout cela. J’étais (et je reste dans une certaine mesure) ce genre d’hyperactif, mais je peux témoigner qu‘il est plus efficace et encourageant de terminer quelque chose dans un délai raisonnable, en y consacrant son énergie, puis de passer au projet suivant, plutôt que de jongler avec dix torches enflammées à la fois. L’une d’elles vous retombera sur la tête, c’est une certitude.

Les deux systèmes cités dans le titre de cet article viennent donc compléter GTD, soit activement, soit s’installer en parallèle : Zen To Done et Personal Kanban.

Zen To Done

poweroflessZTD est l’acronyme employé par Leo Babauta, un fervent tenant du principe que « moins, c’est plus » (less is more). Il recommande de faire l’inventaire de ce que l’on cherche réellement à accomplir, puis de limiter drastiquement le nombre de tâches journalières et hebdomadaires, partant du principe que, de toute façon, vous n’arriverez pas à faire plus, mais que ce que vous vous êtes fixé, vous devez le faire. Comme dit précédemment, cette limite peut sembler drastique de prime abord, mais la pratiquer est profondément instructif. Non, limiter le travail en cours ne conduit pas à faire moins, mais à faire plus sur le long terme. Les récipients des projets se remplissent plus vite, ce qui donne le moral et permet de les considérer terminés dans un délai réaliste, ce qui donne l’occasion d’avancer sur autre chose au lieu d’éprouver ce flou vague et cette culpabilité d’avoir d’innombrables choses à faire qui empoisonnent nos vies.

Il résume tous ses principes dans un livre court (comme il se doit), The Power of Less (non traduit, mais d’un anglais facile), qui sera la lecture de choix et la seule à vraiment faire. Pour les irréductibles de GTD, il propose un « patch » plus spécifique dans le livre Zen to Done. Enfin, son blog, Zen Habits, est un énorme succès et propose déjà beaucoup de contenu librement accessible.

Personal Kanban

Ma dernière découverte et, à mon sens, le complément idéal d’un GTD patché en ZTD. (Oui, ça devient complexe, mais j’avais précisé en intro que ces systèmes doivent s’apprivoiser, que nul ne détient la vérité ultime, et qu’il faut les adapter à soi.)

Le kanban personnel vient du monde de l’industrie automobile. Pour ré-impliquer ses ouvriers dans leur travail et améliorer la qualité des produits, un certain Taiichi Ohno, alors cadre chez Toyota, eut l’idée de jouer la complète transparence en exposant à tous l’avancée des travaux dans chaque domaine sur un grand panneau d’affichage (un kanban). Chacun, en voyant à quoi il contribuait, et quels étaient les objectifs de chaque département, s’est senti davantage concerné par sa tâche, et Toyota améliora ses produits, sa réactivité, sa communication au sein de l’entreprise et son atmosphère générale.

Le kanban personnel est une adaptation de cette technique à soi. Les deux règles sont :

  1. Visualiser le travail à faire
  2. Limiter les travaux en cours (sounds familiar ?)

En plus, c’est ludique. L’idée de base consiste à prendre un grand tableau effaçable et à coller les tâches à faire sur des post-its. Tracez trois colonnes, « Prêt », « En cours » et « Fini ». Déplacez les post-its d’une colonne à l’autre à mesure que vous avancez. Ça semble basique ? Ça l’est. Mais il y a une astuce : comme chez Babauta, il est interdit d’avoir plus de 3 (ou 4, ou 2) post-its à la fois dans la colonne « En cours ».

Les adeptes du PK prônent l’analogie entre énergie et débit avancée ci-dessus. Nos activités ne sont pas un jeu de cubes ou de Tetris où tout doit rentrer au millimètre, c’est un flow, un flux plus ou moins constant, plus ou moins tendu. Notre vie ressemble à une autoroute : en-dessous de 75% de circulation, tout va bien, mais davantage, c’est très rapidement la congestion. Nul ne peut remplir sa vie à 100%. Il nous faut un peu de marge, de mou. Il faut être fluide, et les deux clés sont : visualisation et limiter les tâches en cours.

Notons avec beaucoup d’appréciation que le PK est par nature fluide. Contrairement à GTD et même ZTD qui donnent beaucoup de systèmes et de méthodes, PK ne donne que les deux ci-dessus. Le reste est à adapter, personnaliser, en fonction des besoins.

Il existe un livre en français sur cette méthode que je n’ai pas lu et ne peux donc commenter (mais je le signale pour les anglophobes). Honnêtement, le livre anglais est plutôt dispensable. PK misant tout sur la fluidité et l’adaptation, on tirera autant de profit en lisant le site web dédié, qui propose même une série d’articles pour concilier GTD et PK

Et pour l’écriture ?

Un peu comme pour GTD, ces principes n’aident pas directement à l’écriture, même s’ils mettent l’accent sur une vérité importante : les projets artistiques sont longs par nature, et pour les conduire à terme, il semble préférable de limiter leur nombre. Les autres peuvent être notés, parqués à part, pour être attaqués dans un second temps.

L’effet magique de ZTD / PK se situe dans leur doctrine principale : limiter les tâches simultanées. Plus encore que l’inventaire proposé par GTD, cette restriction du nombre de fers que l’on conserve au feu est un prélude indispensable à libérer énergie et disponibilité pour écrire un roman en ayant une vie à côté. L’écriture est une de cette poignée de priorités que vous décidez de conserver à un moment donné. Le reste ne rentrera pas dans l’inventaire, en tout cas pas avant d’avoir fini ce livre-là. C’est comme ça, c’est un choix qu’il faut consciemment faire. Mais, à terme, vous serez plus efficace au lieu de vous disperser, vous aurez un livre terminé, et vous pourrez attaquer les autres projets qui vous attendent avec la même énergie et la libération d’avoir accompli des choses.

2014-08-05T15:18:27+02:00lundi 15 juillet 2013|Best Of, Technique d'écriture|10 Commentaires

Léviathan : La Chute sur Un papillon dans la lune

Couv. Alexandre Fort

Couv. Alexandre Fort

**** – J’ai découvert l’écriture de Lionel Davoust dans l’anthologie Contrepoint, puis à travers les trois nouvelles qu’il propose gratuitement sur son site, faisant partie de son recueil L’Importance de ton regard. Je n’ai jamais été déçue, et encore une fois, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. […] Pour résumer, Léviathan : La Chute est un roman prenant, dont la fin présage du très bon. J’ai un goût de trop peu, et j’ai hâte de lire la suite de ce qui m’a semblé être une introduction à une histoire qui risque de prendre une grande ampleur !

Grand merci à Lune pour cet avis enthousiaste, à lire sur son blog !

2013-07-02T11:43:17+02:00jeudi 11 juillet 2013|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Chute sur Un papillon dans la lune

Le Google Glass

Quelques idées en vrac en passant sur les Google Glass, qui incarnent le dernier symbole en date de craintes et d’interrogations concernant la vie privée. Il me semble que, justement, en se focalisant sur ces questions importantes mais très (trop) précises, attachées à l’objet lui-même, on passe à côté de la grille de lecture qui nous aiderait à décoder l’envergure du phénomène qui se profile, et donc, par richochet, de mieux répondre à ces questions immédiates : les Glass ne sont pas un périphérique, elles sont un concept, et c’est ce qui se trouve au centre de ce qu’elles ouvrent, et des polémiques associées. Peu importent leurs fonctionnalités détaillées, elles poussent encore plus loin le tout-connecté et automatisent la prise d’images. C’est comme si l’on s’interrogeait sur le concept de smartphone aujourd’hui. Peu importe qu’on ait Dropbox, un appareil photo ou son mail dessus, ce qui compte dans l’idée même de smartphone, c’est que c’est un terminal connecté entièrement configurable. Soit : un mini-ordinateur connecté dans la poche. Les Glass, ça veut dire qu’on a Internet et des périphériques de capture devant les yeux et portés en permanence ; elles suppriment toujours davantage l’interface entre l’homme et la machine. Il est là, le centre de la question, pas le fait que je puisse prendre des photos avec et le mettre directement sur Facebook. C’est étriqué. Tout comme le fait de consulter Facebook sur un smartphone est un épiphénomène étriqué du concept d’avoir un ordinateur connecté sur soi en permanence, et ne nous aide pas à cerner les usages et les conséquences de ces appareils sur nos vies.

Comme toujours, la SF s’est posé ses questions il y a vingt, trente ans, et, à défaut d’apporter des réponses, présente des visions réfléchies du transhumanisme, a médité ces questions bien avant l’heure – à moins qu’il ne s’agisse de prophéties auto-accomplies. Car 2029 est drôlement parti pour ressembler à Ghost in the Shell.

2013-07-10T10:11:25+02:00mercredi 10 juillet 2013|Humeurs aqueuses|Commentaires fermés sur Le Google Glass

« Regards sur la culture » : trente minutes autour de Léviathan

rcfLe 27 juin, j’ai eu le grand plaisir d’être l’invité d’Arnaud Wassmer pour son émission Regards sur la culture, sur RCF Alpha. Arnaud a un talent rare pour susciter les questions qui font réfléchir, qui plongent au coeur des livres, et pour vous amener à des découvertes nouvelles sur votre propre processus. C’est également un fin lecteur qui analyse avec subtilité et délicatesse. C’est donc toujours un honneur que de venir parler sous sa houlette, et pour ce numéro, nous avons longuement parlé de la trilogie Léviathan, notamment à l’occasion de la sortie du dernier volume.

Pour réécouter cette émission, c’est là-dessous :

2013-07-02T12:34:24+02:00mardi 9 juillet 2013|Entretiens|Commentaires fermés sur « Regards sur la culture » : trente minutes autour de Léviathan
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