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Worldcon: jour 3

La nuit devait être de courte durée car je tenais absolument à venir au business meeting de la convention. Ces réunions, auxquelles tout participant de la Worldcon peut assister et où il peut voter, décident de l’avenir d’un certain nombre de projets de la science-fiction américaine, dont le lieu des conventions suivantes et la forme des prix Hugo.

None shall pass.

None shall pass.

C’était pour cette raison que je souhaitais particulièrement assister à la réunion du matin. Cheryl Morgan a alerté l’opinion sur le projet de suppression de la catégorie semi prozine, réduisant les revues aux fanzines et aux revues professionnelles, sans moyen terme. Exit donc la reconnaissance de Locus ou de Clarkesworld.

La forme même de la réunion est assez impressionnante, avec une discipline ferme quant au temps de parole, à l’organisation des débats et aux propositions d’amendement, façon parlement, mais avec des geeks pour la plupart quinquagénaires proclamant sur leur T-shirt leur amour de Doctor Who et s’esclaffant à la moindre private joke. De quoi être encore plus consterné par notre Assemblée nationale.

La proposition d’abolition de la catégorie a été rejetée par environ deux voix contre une. Les défenseurs de la motion ont expliqué leurs raisons : mal définie et mal cernée, la catégorie nécessite une refonte entière, et comment mieux procéder qu’en la supprimant ?

Mouais.

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2010-02-01T18:26:53+01:00dimanche 9 août 2009|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Worldcon: jour 3

Worldcon : jour 2

Je suis faible, faillible, corruptible et parjure. Je m’étais promis de blogger tous les soirs sur la journée qui venait de s’écouler mais il n’a fallu qu »une ambiance chaleureuse et une compagnie intéressante pour me faire rester jusqu’à une heure indue aux room parties la veille au soir (donc le soir que je vais chroniquer maintenant – suivez un peu, enfin, quoi).

Mais comme cette introduction risque de suffire à me faire lyncher direct, je vais subrepticement reprendre du début avant qu’il ne soit trop tard. (Mais si, tout cela est très simple.)

Oui oui, l'effet est complètement raté, on est d'accord.

Oui oui, l'effet est complètement raté, on est d'accord.

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2010-02-01T18:26:57+01:00dimanche 9 août 2009|Le monde du livre|1 Commentaire

Worldcon : jour 1

Bon, mon horloge biologique indique 6h du matin mais je m’étais promis de chroniquer l’événement jour par jour, alors banzai.

Cette première journée qui se termine fut un grand moment de plaisir. Passée la première intimidation face à la taille proprement ahurissante de l’événement (la Worldcon occupe tout le palais des congrès de Montréal, propose des dizaines d’animations simultanées et une librairie qui ferait se pâmer tout bibliophile), on découvre un événement qui mêle à la fois interventions pointues sur le genre et atmosphère qui ne se prend pas au sérieux – l’enthousiasme du fandom tel qu’on l’aime. J’imagine bien qu’il ne doit pas être exempt de ses querelles de clocher, mais qu’importe : l’étranger que je suis ne les voit pas et profite.

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2010-02-01T18:27:01+01:00vendredi 7 août 2009|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Worldcon : jour 1

Worldcon : jour 0

… Ben oui, parce que ça commence en réalité que demain.

J’aime les aéroports. Pas seulement parce que ce sont des lieux riches de potentialités mais parce que tout le monde y a l’air factice, en plastique, disposé là, souriant, pour le bénéfice du vrai touriste. Je suis persuadé que c’est comme à Disneyland. De pauvres gars enfilent des peaux de voyageurs gais pour un salaire de misère et déambulent dans l’aérogare en prenant des vols qui n’existeront jamais. Les cravates en duty free sont perpétuellement recyclées. La moitié des gens assis sur les banquettes n’en décollent jamais, et personne ne s’en rend compte.

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2010-02-01T18:27:08+01:00jeudi 6 août 2009|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Worldcon : jour 0

Parlons sérieusement d’Internet (5) : vers l’infini et au-delà

Les débats sur Hadopi sont actuellement figés jusqu’au 24 septembre – le temps pour nous de souffler un peu avant la reprise de cette navrante pantalonnade. D’ici là, ce blog sera loin, j’espère, avec une reprise à peu près normale du cours de ces expériences en temps réel. Je m’efforcerai d’ailleurs de trouver un accès wifi dans les jours qui viennent pour vous faire partager un peu l’ambiance de la Worldcon, ce qui sera hautement plus marrant.

Mais avant, bouclons cette série d’articles. Dans les entrées précédentes, nous avons plaidé contre Hadopi, contre le principe de loi visant à contrôler ou réprimer la circulation de l’information sur Internet (rappellons-nous le vieux mantra hacker : « Information wants to be free »). Mais l’on ne peut évidemment laisser la création dans la crise économique où elle se trouve, car, au-delà des innombrables emplois concernés dans la filière, la culture est une composante fondamentale de toute société humaine ; or elle ne se travaille, ne s’affine et ne s’améliore convenablement que si le contexte économique, la rémunération, le lui permet.

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2010-02-01T18:27:57+01:00lundi 3 août 2009|Humeurs aqueuses|2 Commentaires

Programme Worldcon

anticipationMalgré ma décision tardive d’aller à Anticipation, l’équipe de programmation a eu la gentillesse de bien vouloir m’intégrer au programme ; merci à elle, surtout à Jean-Louis Trudel !

L’événement s’annonce d’une envergure proprement gigantesque qui, à en juger par le guide préliminaire, tient un peu du festival de Cannes. C’est à la fois très impressionnant et très enthousiasmant de voir les littératures de l’imaginaire célébrées avec une telle passion et autant de moyens. Ça risque de faire un choc au petit Français que je suis. 🙂

J’aurai le plaisir d’intervenir sur trois débats (sous réserve de changements de dernière minute) :

  • Jeudi 6 août, 15h30 : Web 2.0 : distraction ou ressource ? Le web 2.0 (blogues, réseaux sociaux, etc.) sert-il l’écrivain ou l’éloigne-t-il de son boulot principal ? Avec Alexandre Lemieux, Michael Citrome, Jeanne-A Debats, LD.
  • Jeudi 6 août, 17h : Fantasy: The French Touch. Fantasy has flourished in French over the last twenty years. How has it been different? What are its particular strengths? Avec Stephan Laurent, Natasha Beaulieu, Laurent Genefort, Pierre Pevel, LD.
  • Dimanche 9 août, 20h : La programmation des lecteurs de SF. Faut-il être tombé(e) très jeune dans la marmite pour aimer la SF ? Avec Peter Cohen, Julie Martel, Lily Faure, LD.

Des séances de dédicaces, voire de lectures publiques, seront probablement prévues. (Je serai notamment dimanche 9 août à 17h avec l’intrépide équipe de l’anthologie le Nouveau Space Opera, paru chez Bragelonne, pour parler de traduction.) Dès que j’en sais plus sur les horaires, je mettrai un mot ici et sur Twitter.

Je suis vraiment enthousiaste à l’idée d’aller à Montréal. Ce sera mon troisième voyage là-bas, j’aime beaucoup ce pays. Je n’ai qu’un regret : je ne serai pas en mesure d’aller faire un peu de whale watching (« croisière aux baleines », comme on dit là-bas en bon français) ! Ce sera pour la prochaine fois. 🙂

2010-02-01T18:32:36+01:00vendredi 31 juillet 2009|Actu|Commentaires fermés sur Programme Worldcon

Parlons sérieusement d’Internet (4) : Hic sunt squalii

Contrairement à certaines rumeurs, le PS compte bien saisir le Conseil Constitutionnel, et même le Conseil d’État, si Hadopi passe. Le parti conduit actuellement une véritable politique d’obstruction (plus de 500 amendements déposés, dont voici les plus gratinés) qui aura le mérite de ralentir les débats, faisant de cette loi un bourbier toujours plus liquide où le gouvernement s’enlise véritablement. Je suis quand même navré de toute cette affaire, du projet aux tactiques auxquelles il faut recourir pour s’opposer à l’un des plus gros scandales de notre pauvre société démocratique (cf part trois) et personne n’en sortira grandi, certainement pas nous.

Bref, prenons de la hauteur tel l’ULM décollant pour révéler par ses photos aériennes la beauté bucolique du bocage, loin des bouses et de la diagonale du vide, pour réfléchir maintenant aux solutions et surtout aux données de fond du problème en repartant de la base.

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2010-02-01T18:28:09+01:00lundi 20 juillet 2009|Humeurs aqueuses|3 Commentaires

Around ze world

C’est marrant, ce matin je regardais le diaporama-souvenir des 40 ans de la mission Apollo 11 (40 ans déjà, fichtre), rêvant sur des photos d’une puissance évocatrice rare, rappelant à l’homme son insignifiance dans l’univers, comme celle-ci :

Et combien l’espace, immense et froid, nous écrase de son indifférence, gouttes de conscience perdues dans le vide. Difficile de conserver son arrogance humaine, l’assurance d’avoir raison en toutes choses, quand on voit ce genre de photos, qu’on s’imagine, puce au loin. Mais ce n’est pas de la soumission à la nature ni du mysticisme new-age, juste le retour d’un peu d’humilité et la simple sensation de faire partie du monde, tout simplement.

Qu’a-t-on besoin d’une autre appartenance quand on a celle-là ?

Tout cela pour dire que c’est pour un petit billet d’infos placé sous un signe… planétaire.

sfsignalTout d’abord, l’équipe de SF Signal m’a fait l’honneur de me demander mon avis sur la question suivante : « Que se passe-t-il sur la scène SF&F internationale que les lecteurs anglophones risquent de manquer ? » Mon humble tentative de réponse se trouve ici (en anglais) ; les contributions (bien meilleures) des autres auteurs sont lisibles également sur cette page et celle-là.

anticipationPar ailleurs, je serai présent à Anticipation, le Congrès mondial de la science-fiction (« Worldcon »), qui se tiendra à Montréal du 6 au 10 août 2009. Je suis vraiment ravi de venir à cet événement ; en plus de représenter une grande chance pour les littératures de l’imaginaire de langue française, car la convention se tiendra bien évidemment en anglais et en français, permettant des rencontres uniques avec les États-Unis, j’ai un amour immodéré pour le Québec (qui est quand même le pays qui nous a donné l’improvisation théâtrale, la poutine et Marc Labrèche, chacun pris isolément valant déjà ma vénération éternelle). J’ai déjà réservé ma visite guidée nocturne dans le Montréal hanté.

Je m’efforcerai de vous faire partager l’événement en ligne via le site ConReporter, plus exactement sur cette page (qui agrège ce blog et Twitter).

Bon, seul ennui, cela veut probablement dire que je dois m’atteler à ce que je repousse depuis un moment : construire un versant anglais à ce site web. Pas évident sans mettre le dawa dans les adresses françaises, que je ne veux pas changer une énième fois. Donc, si vous voyez le site se comporter bizarrement, n’ayez crainte, n’essayez pas de régler votre téléviseur, c’est juste que je contrôle les horizontales et les verticales. Ou, du moins, que j’essaie.

2010-02-01T18:28:27+01:00jeudi 16 juillet 2009|Actu|Commentaires fermés sur Around ze world

Parlons sérieusement d’Internet (3) : pose cette loi, tu vas te faire mal

Je vis depuis ce matin un cauchemar croissant en mesurant avec une consternation mêlée de colère l’imbécilité crasse de nos parlements – ou leur danger, choisissez. La nouvelle loi Hadopi, qui vise à compléter le dispositif décapité par le Conseil Constitutionnel, a été votée ce matin par le Sénat dans l’indifférence totale et le calme le plus complet. Alors, que, quand même, rappelons que cette loi :

  • Oblige l’internaute à sécuriser sa ligne (donc à installer un logiciel espion sur son poste, comme présenté en part deux)
  • Ouvre la boîte de Pandore de la surveillance de la correspondance électronique privée (infos par exemple ici)

Je crois qu’il est maintenant indiscutable que le droit d’auteur est le simple épouvantail rhétorique (comme l’est la pédophilie pour la loi LOPPSI 2) visant à établir une surveillance et un filtrage odieusement disproportionnés par rapport à l’objectif visé. La technique de manipulation est simple : brandir un argument irréfutable (qui s’opposerait aux droits des artistes ? à la protection de l’enfance ?) pour installer des mesures abusives et souvent sans commune mesure avec le but proclamé.

Je t’avoue, ô auguste lectorat, ma fatigue et mon écoeurement en cette matinée estivale, mais, tel un gouvernement sourd et aveugle, je continuerai, implacable, ma route et ma démonstration par l’absurde ; pour ce qui est de l’activisme, d’autres font ça bien mieux que moi.

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2010-02-01T18:28:35+01:00jeudi 9 juillet 2009|Humeurs aqueuses|4 Commentaires

Interfictions 2 : appel aux arts-mes

Couv. Alex Myers

Couv. Alex Myers

Petite interruption dans le cours du programme établi. Toujours dans le but de soutenir l’anthologie Interfictions 2 – les anthos jouissent peut-être d’une exposition encore plus faible aux États-Unis qu’en France et le marché se montre encore plus concurrentiel – l’Interstitial Arts Foundation multiplie les initiatives. Celle-ci peut intéresser les lecteurs… comme les artistes qui se montreraient inspirés par les textes du livre ou par, de façon générique, le projet en lui-même.

Comme pour la sortie du premier volume, l’IAF organise une vente aux enchères d’objets, bijoux et autres œuvres fondées sur les nouvelles d’Interfictions 1 et 2. Elle se déroulera en novembre (voir le site) pour coïncider avec la sortie du livre. La nouveauté cette année consiste à en élargir le champ également à la musique, invitant compositeurs, DJs et autres à créer des mixes ou morceaux inspirés par les nouvelles de l’anthologie. L’IAF serait ravie de recevoir vos créations (liens : pour les musiciens / autres arts). Des extraits de textes sont disponibles sur le site pour alimenter l’inspiration.

Évidemment, j’avoue que je serais très honoré et ravi si quelqu’un se sentait assez inspiré pour travailler sur « L’Île close ». Voici la version originale de l’extrait choisi par l’IAF pour illustrer la nouvelle :

Je me demande encore pourquoi je t’écris. Après tout, demain tu disparus, hier tu disparaîtras. Rien ne change et tout fluctue sur cette île qui s’étrécit, se dilate… Sais-tu combien c’est difficile de vivre une infinité de vies à la fois ? Une infinité, dis-je, en réalité il s’agit seulement d’un grand nombre, où au fond je reste la même. J’ai consigné sans cesse ces mots sur le papier et je ne l’ai encore jamais fait. Je suis jeune et vieille, l’épouse qui aime et trahit, la figure hiératique.
Mais surtout, je suis fatiguée.

Couv. John Howe

Couv. John Howe

Pour mémoire, le texte est disponible sous forme de podcast sur utopod.com (partie 1, partie 2), et bien sûr dans l’anthologie De Brocéliande en Avalon dirigée par Lucie Chenu, éd. Terre de Brume. Je peux aussi transmettre le manuscrit de la nouvelle aux artistes qui souhaiteraient travailler dessus (me contacter en privé pour engager la discussion).

La rémunération est évidemment inexistante en-dehors de mon enthousiaste reconnaissance, mais il me semble que c’est une belle occasion de se faire connaître dans le cadre d’un projet réalisé aux États-Unis et cela peut servir de tremplin et de vitrine.

Je suis à votre disposition pour toute discussion bien évidemment.

(Par ailleurs, l’appel à dons est toujours ouvert. Il n’est pas encore trop tard pour que votre nom puisse apparaître dans le livre, et l’IAF propose toutes formes de reconnaissance – et j’y rajoute en bonus, non pas une, ni deux, mais trois fois mon éternelle gratitude !)

2010-02-01T16:39:57+01:00lundi 6 juillet 2009|Actu|2 Commentaires
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