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Critic a 10 ans, le parcours de 4 auteurs [entretien]

Critic a dix ans, donc ! C’est toujours l’occasion de revenir sur le parcours de la maison depuis sa création, et le blog Au Pays des Cave Trolls propose un entretien avec quatre auteurs et notre parcours personnel tant éditorial que créatif :

  • Clément Bouhélier
  • Emmanuel Chastellière
  • Thomas Geha
  • Et moi-même.

Genèse des projets, élaboration et travail en commun, c’est à lire ici. Merci à Célindanaé de fêter cet anniversaire très spécial avec nous tous !

2019-11-11T23:55:41+01:00lundi 11 novembre 2019|Entretiens|2 Commentaires

Tolkien est-il indépassable ?

La semaine dernière, une enquête de Lloyd Chéry et Phalène de La Valette à signaler dans Le Point Pop sur ce sujet, à lire gratuitement en ligne : Tolkien est-il indépassable ?

Star d’une formidable exposition qui ouvre ce mardi à la BNF, l’auteur du « Seigneur des Anneaux » est-il encore l’alpha et l’oméga de la fantasy ?

Avec nombre de points de vue de critiques, universitaires, et auteurs de fantasy contemporains dont ton serviteur, auguste lectorat : c’est à découvrir ici.

Merci à Lloyd Chéry de m’avoir invité à donner mon avis sur le sujet ! Comme j’ai une opinion du Maître qui n’est pas exclusivement laudative, « dans l’intérêt de la raison » et pour futur archivage, voici l’intégralité de nos échanges sur la question de Tolkien comme référent(ce) :

Je voulais en savoir plus sur ta vision critique de Tolkien, et comment tu te positionnais en tant qu’auteur face à ce monstre sacré ? 

Les monstres sacrés, pour moi, sont là pour être questionnés, interrogés, malmenés même – toujours avec respect, et en les remerciant de la voie qu’ils ont ouverte, mais dans le but d’aller au-delà. C’est la dynamique même de la création. Et Tolkien a ouvert d’un seul coup tout un domaine qu’on entrevoyait à peine avant lui, ce genre qu’on a baptisé fantasy, et sans lui, très clairement, je ne serais pas là – voilà pour la dette, immense ! Cependant, la vénération qu’on lui porte, comme s’il était l’alpha mais aussi l’omega du genre, une sorte d’idéal indépassable, me semble erronée, et même dommageable. 

L’influence de Tolkien a été si vaste et son approche si novatrice que son œuvre a eu aussi pour moi deux influences délétères (même s’il n’y est pour rien !). D’une part, Le Seigneur des Anneaux a été un succès si fracassant que, pendant des décennies, l’édition américaine cherchait à s’inscrire dans son sillage, parfois à la limite de la redite, éclipsant des usages plus novateurs du merveilleux et du mythe dans les littératures de l’imaginaire (je pense à Roger Zelazny, qui pendant très longtemps, n’était même pas identifié comme écrivant de la fantasy – alors que « Les Princes d’Ambre »…). D’autre part, son travail de création de monde était si impressionnant que la majorité des exégèses et des études mettent l’accent sur cet aspect-là ; c’est passionnant, mais à mon sens, c’est un peu fallacieux. Je pense résolument qu’il faut une bonne histoire pour amener le public à un univers fouillé, ce que Bilbo et Le Seigneur des Anneaux ont apporté, mais que sans cela, un monde, aussi détaillé soit-il, reste lettre morte. Mettre un tel accent sur le travail de création de monde (prodigieux, je le répète) contribue à créer l’impression (y compris chez quantité de jeunes auteurs) qu’une histoire de fantasy, c’est avant tout un monde. Or, je suis fermement en désaccord, et l’histoire de la publication du Silmarillion elle-même le montre : c’est avant tout une histoire… dans un monde intéressant. Mais on vient au monde à travers l’histoire – jamais l’inverse. 

J’ai eu l’honneur il y a quelques années de partager une table ronde aux Utopiales avec Brandon Sanderson, et il avait eu cette phrase qui me semble éminemment juste, je cite de mémoire : « Ce qui est intéressant avec la fantasy d’aujourd’hui, c’est que les auteurs actuels se sont nourris d’auteurs qui, à leur époque, s’étaient eux-mêmes nourris de Tolkien. » En d’autres termes : nous sommes à une troisième, peut-être une quatrième génération d’auteurs de fantasy. Par conséquent, le genre s’est développé, ramifié, diversifié, ses codes ont été critiqués, remis en cause, bref : il s’est libéré de l’influence écrasante de Tolkien et a évolué très au-delà. Toute œuvre, surtout si elle est fondatrice, est faite pour être prolongée, et au bout du compte, dépassée. En résumé, Tolkien, pour moi, est Victor Hugo : un classique que je respecte et remercie pour son influence et son héritage. Mais le genre, et la littérature elle-même, sont allés, depuis, beaucoup plus loin. Et c’est tant mieux. 

2019-10-28T01:26:23+01:00lundi 28 octobre 2019|Entretiens|3 Commentaires

La Revue de la BnF n°59 : Dossier création de mondes imaginaires [entretien]

Anne Besson et Frédéric Manfrin ont dirigé le dossier du numéro 59 de la prestigieuse Revue de la Bibliothèque nationale de France, et ce mois-ci, elle ouvre ses portes à la notion de worldbuilding, la création de mondes imaginaires contemporains, avec un prodigieux Cthulhu de François Baranger (si je ne me trompe pas) en couverture :

À l’heure où la fantasy séduit de plus en plus (Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones…), plaçant les « mondes inventés » au cœur de la culture populaire, ce dossier s’interroge sur leurs formes et leurs usages en confrontant le regard des historiens du genre à celui des spécialistes des médias et des créateurs, qu’ils soient écrivains ou concepteurs de jeux.

Bravo, et un immense merci à Anne Besson (professeure agrégée de littérature générale et comparée, spécialiste de la fantasy, directrice du Dictionnaire de la fantasy chez Vendémiaire, prix Imaginales 2019) et Frédéric Manfrin (chef du service Histoire au département Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme de la BnF) pour ce numéro événement qui invite en grand l’imaginaire, les genres et tout particulièrement la fantasy dans ses pages, et pour cette exploration de tout ce processus créatif.

Il y sera question de Tolkien, bien sûr, de cartes, mais aussi de fantasy française, de jeu de rôle, de films et séries, de jouets… Au sommaire :

C’est pour moi un merveilleux honneur de faire partie des trois entretiens du dossier (avec Karoline Georges et Jean-Philippe Jaworski). Nous parlons d’Évanégyre avec Anne Besson, la genèse de l’univers, son évolution et surtout comment ménager cohérence et fraîcheur dans une narration au (très) long cours.

La revue est disponible en librairie, sur commande éventuellement, ou bien directement sur le site des éditions de la BnF.

2019-11-14T23:36:37+01:00mercredi 16 octobre 2019|À ne pas manquer, Entretiens|5 Commentaires

« Les Dieux sauvages », de l’intention à la réalisation au long cours [entretien vidéo avec ActuSF]

Aux Imaginales, Estelle Hamelin, pour le site de référence ActuSF, m’a fait le plaisir d’un entretien sur « Les Dieux sauvages », des intentions à la réalisation d’une saga sur plusieurs années – et elle a eu la gentillesse de me laisser causer librement, ce qui est toujours un peu périlleux, car je peux être très bavard si on me laisse faire… Merci !

L’entretien vidéo dure une vingtaine de minutes et est disponible ci-dessous (où l’on aura la preuve, avec mes grimaces à cause du soleil et mes reflets violets, que je suis en réalité le cousin d’Edward Cullen – démasqué, damned !).

2019-08-02T17:31:45+02:00mardi 6 août 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur « Les Dieux sauvages », de l’intention à la réalisation au long cours [entretien vidéo avec ActuSF]

Comment écrire ses romans de fantasy ? [Entretien croisé avec E. Faye, M. Rivero, J. Bétan]

ActuSF nous a proposé à quatre, Estelle Faye, Mathieu Rivero, Julien Bétan et moi-même, de donner notre avis (parce qu’un auteur ça doit toujours avoir un avis sur tout, c’est vital) sur ce qui fait un bon livre de fantasy, et quel conseil donner aux jeunes auteurs.

Bon, ma réponse ne devrait pas tellement te surprendre si tu traînes ici depuis quelque temps, auguste lectorat, alors va lire celles des autres :

C’est ici.

2019-07-26T10:17:45+02:00mercredi 31 juillet 2019|Entretiens, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Comment écrire ses romans de fantasy ? [Entretien croisé avec E. Faye, M. Rivero, J. Bétan]

Nous aimons tous (ou presque) la fantasy historique ! [table ronde aux Imaginales 2019]

Fabien Cerutti, Nicolas Bouchard, Sandrine Alexie, LD, Christophe de Jerphanion. Photo ActuSF.

Ce débat aux Imaginales 2019 a été capté par le site de référence ActuSF et faisait participer Sandrine Alexie, Nicolas Bouchard, Fabien Cerutti et moi-même. Modération et animation : Christophe de Jerphanion.

Il peut être écouté librement en ligne ou bien téléchargé sur cette page.

2019-07-26T09:36:55+02:00lundi 29 juillet 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Nous aimons tous (ou presque) la fantasy historique ! [table ronde aux Imaginales 2019]

L’impact du Trône de Fer sur la fantasy, depuis 20 ans ou presque [Entetien]

L’œuvre de Martin a-t-elle eu un impact sur votre manière d’écrire ? Sur les thématiques que vous abordez dans vos livres de manière plus générale ?

J’ai eu la chance d’interviewer Martin en 2003 (si ma mémoire est bonne) pour un dossier spécial dans la revue Asphodale, que je dirigeais à l’époque, et il m’a expliqué – ce qui est largement connu aujourd’hui – ses influences principales, notamment Maurice Druon avec Les Rois maudits.

La Garde de Nuit est l’un des plus grands sites et associations français consacré à l’univers célébrissime de « Game of Thrones ».

Dans le contexte des dernières Imaginales, l’association a établi un panorama de l’influence de l’œuvre de G. R. R. Martin sur la fantasy à travers des entretiens réalisés avec des auteurs français : j’ai eu le plaisir de me prêter à l’exercice. On y parle de construction de saga, de leur lenteur d’écriture, de la série télé et de sa conclusion : c’est à découvrir ici. Merci à la Garde de Nuit !

2019-07-11T09:20:22+02:00mardi 16 juillet 2019|Entretiens|4 Commentaires