Worldcon 2017, jour 2

OK, auguste lectorat, je rentre donc à mon hôtel et je l’annonce, je n’ai plus de pieds. Bien sûr, on passe son temps à déambuler en convention, mais là, en plus, parce que j’aime la complication et parce que c’est bon pour ce que j’ai, et aussi parce que prendre le bus en finnois me paraît plus compliqué que de déambuler avec mes pieds sans rien dire, je ne fais que marcher pour aller partout. Ce soir, j’ai participé au AfterDark Motel – une animation théâtrale mi-horreur mi-escape room, qui était super bien mais donc je ne dirai rien pour ne pas divulgâcher – et c’était à une heure de mon hôtel, donc, pieds.

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Cette deuxième journée de convention a été largement plus satisfaisante que la précédente : il semble que l’organisation ait reçu un certain nombre de retours concernant la gestion de l’affluence et a réagi très rapidement pour fluidifier les choses. Bravo !

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Parce qu’on apprend à tout âge, à tout moment, et qu’il n’y a guère que dans les conventions d’ascendance américaine où je retrouve l’approche technique que j’affectionne, je me suis humblement inscrit comme stagiaire à l’atelier d’Ellen Kushner et Leena Likitalo sur les scènes. Un certain soulagement de constater que les outils que j’ai mis au point tout seul dans ma cabane avec l’expérience et des lectures techniques glanées ici et là tiennent le choc et sont opérants. Je me donne donc le droit de transmettre tout ça, auguste lectorat : on est à peu près d’accord sur les notions fondamentales de la narration. (Après huit bouquins, faut l’espérer un peu quand même, mais l’auteur est parfois une petite chose fragile qui se dit qu’elle n’a jamais rien compris à rien.) Ellen et Leena ont fait preuve d’un enthousiasme et d’une générosité fantastiques pendant les échanges et rien que ça, ça vous donne envie de rentrer chez vous, d’écrire et de transmettre à votre tour cet enthousiasme à ceux à qui vous pouvez enseigner des trucs. (Pour mémoire, demain c’est mon tour : à midi, salle 215, je propose ma conférence sur les outils informatiques de l’écriture.)

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Doute et chose fragile : la table ronde la plus émouvante et la plus forte pour moi a été celle sur les méthodes de motivation des auteurs. Un certain nombre d’outils ont été passés en revue, des choses dont on a parlé sur ce blog comme la méthode Pomodoro, mais je veux tirer mon chapeau à Sebastien de Castell qui a partagé avec une grande sincérité et une grande générosité (là encore) ses propres difficultés, son syndrome de l’imposteur, les luttes qu’il affronte pour avancer, et comment il les transcende simplement en étant doux et bienveillant avec lui-même, en cherchant le ravissement chaque jour dans ce qu’il fait, au lieu d’éprouver la culpabilité du manque de productivité. Pour attaquer ses blocages au lieu de s’attaquer lui-même, selon ses mots. Ses paroles ont profondément résonné avec le public, et si l’on sait intellectuellement que tout auteur, à n’importe quelle étape de sa carrière, galère et que c’est NORMAL, je t’avoue, auguste lectorat, que ça fait toujours du bien de commisérer un peu collectivement.

Non, si tu galères, ce n’est pas que tu n’es pas taillé pour ça. Respecte ton processus et ton rythme. Et, selon les mots de Rob Carlos, « deviens la meilleure version de toi-même qui soit ». Des choses qu’on sait, mais qu’il est doux, et réchauffant, d’entendre redites par d’autres. Et rien que pour le soulagement, l’émotion ressentie par certains dans la salle en s’entendant dire que oui, ils peuvent bosser comme ils l’entendent, et que oui, parfois c’est difficile, je continuerai à défendre l’enseignement de la technique de la création littéraire, n’en déplaise aux esprits chagrins. Si je peux moi aussi avoir, humblement, un peu de cet effet positif dans le monde, à aider à propulser comme on m’a propulsé moi-même il y a des années, cela contribue à rendre mon séjour en ce monde un peu moins vain. Et puis flûte, c’est quoi, la littérature, à part une conversation millénaire ?

La Worldcon, c’est aussi des conférences sur des sujets incroyables :

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J’y suis entré un peu par hasard, et si les parallèles étaient parfois un peu ténus à mon goût, ce n’est pas grave ; c’était l’occasion de célébrer, dans les deux univers, ce qu’il y a de positif, d’héroïque et d’altruiste ; la foi et la confiance, non pas dans les puissants, mais dans ceux auxquels nul ne prête attention de prime abord, et qui ont néanmoins en eux le pouvoir de sauver le monde, qu’ils s’appellent Bilbon Bessac ou Donna Noble. Et ça aussi, ça réchauffe le cœur.

À tel point que dans le AfterDark Motel, plutôt que de partir en hurlant comme tu dois faire quand tu joues le jeu, j’ai essayé de montrer de la compassion aux monstres. Que ferait le Docteur dans ce cas-là ? Oh, hello. You’re beautiful. 

(J’ai aussi vu un cosplay juste incroyable du 10e Docteur, j’ai vraiment cru un instant avoir affaire à Tennant – j’aurais bien pris une photo, mais j’étais à la bourre.)

Bref, que de la chaleur, de la gentillesse, de la joie, de la communauté dans cette journée, et j’espère en rendre un peu à mon tour demain.

2017-08-10T21:56:43+02:00vendredi 11 août 2017|Carnets de voyage|13 Commentaires

Worldcon, jour 1

Me voilà de retour à mon hôtel pour un bilan de ce premier jour de Worldcon en Finlande. Déjà, il me faut tout de suite mentionner que c’est un pays à la pointe de la civilisation, car LE CARRELAGE DE LA SALLE DE BAINS EST CHAUFFANT. Oui madame. Rien de meilleur quand tu prends ta douche les yeux pas en face des trous et que le monde te paraît hostile et froid sorti de la couette.

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Mais ces considérations n’intéressant guère que Jacob Delafon, la convention en elle-même, donc. Le Messukeskus (centre de congrès) (j’ai toujours tendance à lire « mais qu’est-ce qu’y a ») se situe dans un sympathique parc de loisirs et terrains de sport, et on y retrouve les étapes habituelles de toute Worldcon qui se respecte : salles de conférence, expositions, stands d’éditeurs et vendeurs en tous genres…

Eh bien, cela m’embête un peu de te dire ça, auguste lectorat, parce que je mesure tout le travail que représente l’organisation d’un événement de cette ampleur, et rien que l’audace de le faire mérite le respect ; peut-être suis-je fatigué, blasé, aigri, trop vieux, mais, voilà – je retire de ce premier jour une petite impression de frustration que je n’avais pas eue à Montréal et Londres. Alors attention, ça reste un splendide événement et les premiers visiteurs en auront indubitablement plein les mirettes – mais certains aspects sont venus un peu se mettre en travers du wow factor. En premier lieu, le rapport entre l’affluence et la taille des salles : sur tout le planning que j’avais prévu, je n’ai pu faire que la moitié des débats (ce qui est assez courant dans une Worldcon) mais souvent pour découvrir au dernier moment, après une demie-heure de queue scrupuleuse en tête de file devant la salle, que non c’est toujours complet en fait merci de trouver autre chose à faire (ce qui là, n’est pas top). L’espace commercial et les expos sont nettement en retrait par rapport aux Worldcons en territoire au moins partiellement anglophone, ce qui soulève clairement à la fois le courage et le risque d’organiser une convention mondiale en Europe dans un pays peu connu des Américains (certains d’entre eux ayant probablement eu peur du voyage).

https://www.instagram.com/p/BXkgFwCDLNw/

Ce qui souligne d’ailleurs la vivacité de la communauté finlandaise – et suscite le respect, ainsi, que j’avoue, venant d’un pays à la langue largement plus répandue que le finnois, une pointe d’envie. Alors certes, la Finlande a pour texte fondateur, entre autres, le Kalevala quand la France a les Rougon-Macquart, ça vous sensibilise assurément un inconscient collectif à l’épopée et à la fantasy, mais quand même. Avec tout ce que le bruit que l’on fait avec la Francophonie, je pense qu’on est en droit de se demander pourquoi, chez nous, bon sang, on n’a pas d’équivalent de la SFWA (les Finlandais en ont un, la STK), des traductions plus nombreuses à l’étranger (les Finlandais y arrivent – un peu), des éditions reliées cartonnées qui semblent faire partie du circuit normal (et pas que des éditions luxe)… Bref, ce sont des questions qui nous agitent en ce moment dans le milieu français – la reconnaissance de l’imaginaire dans les médias (laquelle influe nécessairement sur le rayonnement économique du secteur). C’est très difficile d’avoir une opinion intelligente sur la question quand on n’est là que pour quatre jours et qu’on voit les choses par le petit bout de la lorgnette, et ma perception est peut-être faussée ; mais le fandom finlandais semble assurément avoir un rayonnement à l’international que nous n’avons pas. C’est tant mieux pour eux ; mais cela pousse à se poser des questions pour soi-même – sans réponses, on est d’accord.

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Bon, sinon, l’ambiance est toujours aussi agréable, où votre connaissance de dix minutes à un workshop se met à discuter avec vous avec le naturel de si vous étiez un pote de dix ans. Cela m’avait fait ça la première fois à Anticipation en 2009 à Montréal, huit ans plus tard, je pense toujours, sans cesse, en déambulant dans les couloirs, à l’expression de Roland C. Wagner, « le peuple de la SF ». Et mon camarade de workshop, américain, a probablement eu le bon mot qui m’a fait, pour ma part, ma journée : « La tristesse de notre pays, c’est qu’on a élu un président chaotique mauvais. Et le pire, c’est que son vice-président est certainement loyal mauvais. »
Il n’y a que dans une Worldcon qu’on peut échanger des analyses aussi claires et incisives de la politique internationale (et qu’on peut les partager avec des gens qui les comprennent).

Bon, demain (enfin, aujourd’hui pour toi, auguste lectorat), je vais m’efforcer de voir si je peux mieux louvoyer avec le programme.

2017-08-10T15:52:45+02:00jeudi 10 août 2017|Carnets de voyage|7 Commentaires

Worldcon 2017, jour 0

Et voilà, auguste lectorat, fidèle à la tradition, voici un premier petit mot pour signaler que je suis à pied d’œuvre. (Ce qui ne veut pas dire que je loge en bas d’un monument.) Long trajet pour faire Rennes – Helsinki, deux trains et un vol, beaucoup de temps morts, mais je loue à nouveau la mobilité acquise avec les appareils mobiles – un iPhone, un iPad Pro, et j’ai pu écrire mes mails, continuer à prendre des notes sur La Fureur de la Terre au crayon avec presque autant de facilité que si j’étais posé chez moi. Et avec la fin des frais d’itinérance, je débarque à Helsinki avec mon forfait 4G identique à celui de la France.

C’est peut-être (certainement) un détail pour vous, mais c’est à ce genre de petits détails que je mesure l’évolution du monde (un truc dont on ne se rend pas forcément compte – le smartphone moderne n’a que dix ans). En 2009, à ma première Worldcon à Montréal, j’avais trimballé un gros ordi portable, je luttais pour transférer mes photos depuis mon smartphone pourrave et j’étais tributaire du wi-fi payant à la demi-heure (oui madame) de l’hôtel. Aujourd’hui, je suis quasiment parti les mains dans les poches, confiant en la capacité de Google Maps à m’indiquer la bonne ligne de métro à l’arrivée et en celle de mon Apple Watch pour me guider discrétos à pied jusqu’à l’hôtel. Ce qui a marché, puisque je suis là et vivant (enfin, je crois).

 

Je n’ai pour ainsi dire rien vu d’Helsinki à l’arrivée, la faute au décalage horaire +1 qui m’a mangé une partie de la soirée ; mais une supérette a le bon goût d’avoir élu domicile en face de mon hôtel, ce qui signifiera que je ne serai jamais mort de faim, sauf à minuit, mais si je rentre à minuit sans avoir mangé en ville, c’est que je l’aurai cherché, hein, on est d’accord. Observation quand même, je dis ça je dis rien, mais les trains de banlieue d’Helsinki sont juste impeccables de propreté, sentent bon, et tu peux charger ton téléphone dedans. Je commence à avoir assez voyagé pour quand même ressentir une petite pointe de teuhon quand je rentre à Roissy, j’avoue, surtout pour le pays qui se veut capitale du tourisme.

 

Bref. Maintenant le touriste c’est moi, et demain, je vais essayer d’arriver assez tôt pour récupérer mon accréditation et voir des trucs et des machins, à suivre sur Instagram (ou le lendemain matin si tu es allergique à l’info en temps réel, et ça se comprend, ça se comprend). J’annonce la couleur, j’ai prévu d’aller surtout voir des tables rondes bien pointues au point que ça pique sur la technique d’écriture. Faudra donc que je meuble ces articles avec des blagues. On est mal barré.

2017-08-09T11:46:03+02:00mercredi 9 août 2017|Carnets de voyage|10 Commentaires

En route pour la convention mondiale de science-fiction !

Terve!

Cette semaine, c’est la convention mondiale de science-fiction, la Worldcon pour les intimes. Si nos Imaginales et Utopiales sont les grands-messes de l’imaginaire en France, les worldcons le sont pour le moooonde. Entier. De la planète.

J’avais eu le plaisir d’aller à celles de Montréal en 2009 et Londres en 2014, et j’avais chroniqué un peu comme j’avais pu ce que j’avais vu et découvert de rigolo et/ou intéressant (perds-toi dans les archives, auguste lectorat, en 2009 et en 2014, mon dieu, je suis vieux de l’Internet). Je vais cette année encore tenter de bloguer, avec un jour de décalage (vous saurez le lendemain matin ce qui a pu se passer la veille) et sans promesse pour le week-end (c’est le jour du Seigneur. Ou celui, d’expérience, de la fatigue). Ça veut probablement dire aussi que les déclencheurs de la semaine prochaine seront reportés au mardi, et il n’y aura pas de photo de la semaine, mais hey ! C’est ça, le journalisme ! On est prêt à tout, y compris chambouler le planning du blog.

Cette année, level up, parce que je participerai à une table ronde sur la traduction (des joies et difficultés de traduire l’imaginaire), mais je donnerai aussi une conférence sur les outils informatiques pouvant aider à l’écriture. Si vous étiez au cours du soir des Utopiales l’année dernière, c’est à peu près la même, à de petits raffinements près, un peu de plus un peu de moins, et en le tout en anglais, évidemment. Fun!

Cliquez pour agrandir si nécessaire. Ouais. Probablement nécessaire.

C’est aussi, évidemment, le genre de voyage qui se prête totalement à plein de bêtises sur Instagram et Twitter. Je sais que mon compte Insta (comme on dit) est un peu en jachère, mais c’est pas hyper oufissime, la vie d’un auteur chez lui qui passe le plus clair de son temps à regarder défiler son document Scrivener. Bref, on va essayer de voir ce qu’on peut faire ce week-end. Et oui, Maman, tu peux suivre aussi si tu as peur que je me fasse enlever par des vikings1.

Ah, et puis le site officiel de l’événement est .

  1. Je déconne, hein, on sait tous que les vikings c’est pas là-bas.
2017-08-03T23:06:38+02:00mardi 8 août 2017|Carnets de voyage|12 Commentaires

Islande 2017

Travail intense oblige, je n’ai plus autant l’occasion de partir en volontariat qu’auparavant – non pas que je me plaigne : dans mon domaine, avoir du boulot est une excellente chose ! Cependant, la mer et ses drôles d’habitants noirs et blancs, aussi tendres et joueurs que redoutables au squash à l’otarie commençaient à me manquer puissamment, or doncques, une partie de la semaine dernière, j’ai délocalisé la machine à écrire à Grundarfjörður en Islande.

Délocalisation couronnée de succès grâce à Láki Tours

Foraging orcas

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… au moins pour le premier jour, car, des trois jours suivants, aucune des sorties prévues n’a pu se faire. L’adage dit qu’en Islande, si l’on n’aime pas la météo, il suffit d’attendre cinq minutes pour qu’elle change, mais là, le vent est resté tenace pour le reste de mon (bref) séjour, empêchant toute autre expédition en raison de l’état de la mer (même s’il faisait grand beau).

Cela a été l’occasion de faire le tour de la péninsule du Snæfellsnes, du coup. L’Islande au printemps est étrangement semblable et différente à la fois de l’hiver ; la température y paraît presque plus froide, le vent est assurément plus coupant, mais la neige s’est retirée vers les sommets, et surtout, les journées sont déjà bien plus longues que partout ailleurs (coucher du soleil à 21h).

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La Snæfellsnes en avril ressemble parfaitement à l’image populaire qu’on se fait de l’Islande : de longues landes et champs de lave où rien ne pousse pendant des kilomètres, veillées par des montagnes abruptes qui jaillissent soudainement là où elles l’ont décidé. Le glacier du Snæfellsjökull règne sur la péninsule, régulièrement couronné de nuages, toujours inaccessible. Les oiseaux n’y sont pas encore nombreux, ils reviendront plus tard ; les touristes de l’hiver sont partis (tant mieux) ; contrairement à l’ambiance feutrée de décembre, il plane là une sorte de préparation, de métamorphose. J’ai rarement senti ailleurs – mais peut-être est-ce simplement l’effet du dépaysement – la justesse de ce cliché d’un printemps qui « retient son souffle » au retour de l’été.

Cliquez pour agrandir (et voir les deux langues des glaciers du sud-est)

Image qui n’est pas vraie en mer, car orques et cétacés, de manière générale, sont fréquents en cette saison : ils suivent les bancs de harengs, de retour en masse. Je fais l’objet d’une curieuse loi karmique, voire d’une malédiction : chaque fois que j’ai vu une espèce rare (orques, notamment) en milieu sauvage, je vois un échouage peu après ; chaque fois que j’assiste à un échouage, je vois une espèce rare. Malheureusement, ce voyage n’a pas fait exception ; au matin de partir en mer, j’ai repéré sur la plage d’Olafsvík une carcasse très fraîche de dauphin à nez blanc (Lagenorhynchus albirostris) que, de loin, je craignais être un jeune orque. Les vieux réflexes ont repris le dessus – en mode CSI échouage de dauphin –, bloquant toute émotion pour rassembler efficacement d’éventuelles informations précieuses, tandis que j’appelais la directrice d’Orca Guardiansancienne camarade de volontariat qui dirige l’organisation sur place, quant à d’éventuelles données qui pourraient lui être utiles, étant un brin dépourvu sans avoir le moindre kit d’analyse sur moi (évidemment). Vivent les smartphones qui permettent au moins de prendre quantité de photos détaillées. La mort devait remonter au plus à vingt-quatre heures.

D’après ma camarade, nous avons vus ce jour-là entre 30 et 40 orques, même si seule une dizaine restait non loin du bateau. Nous avons eu le plaisir de voir un tout jeune en bonne santé, nageant encore un peu maladroitement, pour une rencontre qui a duré, quoi, une heure ? J’ai perdu la notion du temps, tandis que je déclenchais l’appareil en rafale, sans me soucier du tri à faire ensuite (bilan : 750 images, ouch). Néanmoins sans oublier, parfois, de le mettre volontairement de côté, pour juste me pénétrer de l’instant, contempler le spectacle avec mes yeux, avec le cœur, sans penser à aucun artifice technologique.

Néanmoins, j’ai maudit ma malédiction.

En plus il s’agissait d’une troupe rare, ce qui donné à Marie, d’Orca Guardians, des données potentiellement précieuses (auxquelles j’espère avoir un peu contribué de mon côté, même si je ne cherchais pas à prendre spécialement des photos pour l’identification des individus). Je ne peux que vous recommander de jeter un œil au site de la fondation et à la page Facebook qui publie presque chaque jour des images et des récits stupéfiants de rencontres avec les géants des océans. Orca Guardians met un point d’honneur à n’effectuer que des recherches non-invasives (c’est-à-dire tirées uniquement de l’observation régulière et suivie).

 

2017-04-19T14:48:33+02:00jeudi 20 avril 2017|Carnets de voyage|2 Commentaires

Excellente soirée à Grenoble, merci à toutes et tous !

Nous interrompons le cours régulier de vos photos de la semaine pour dire, simplement, un immense merci pour l’excellente soirée de l’imaginaire hier à Grenoble !

Merci à Mathieu qui s’est démené et se démène au quotidien pour partager son enthousiasme de l’imaginaire (et de l’imaginaire en langue française !), ainsi qu’à toute l’équipe de Decitre, pour l’organisation et l’accueil.

Merci à mes camarades de jeu, Chloé Chevalier et Gabriel Katz, pour le débat et les discussions qui ont impliqué à un moment des westerns, des arêtes de poisson et des super-pétroliers (je suis désolé, fallait venir 🙂 ).

Merci à vous tous qui êtes venus en nombre, aux copains qui sont passés, aux blogueurs et passionnés qui sont venus discuter d’univers de fantasy, qui ont répercuté l’annonce de cette soirée : ça fait super chaud au cœur !

Et merci surtout à Florence de m’avoir attendu dans le froid…

(J’espère n’avoir oublié personne, j’écris ça tôt dans le train)

Je découvre ce matin que Marion Sabourdy (@fuzzyraptor) a fait un petit live-tweet de la soirée d’hier, merci à elle d’avoir partagé ses impressions sur le vif :

Bref, merci pour cette rencontre. Je me sens toujours un peu cheesy de dire ça (il arrive parfois dans certains milieux bien informés qu’on me traite de choupinet, même s’il m’arrive de démembrer des gens dans mes bouquins), mais c’est sincère, ça fait vraiment plaisir d’avoir pu partager cette soirée avec vous tous, tout simplement !

2017-01-27T09:59:15+01:00vendredi 27 janvier 2017|Carnets de voyage|6 Commentaires

Des orques en Islande

Pour démarrer l’année, rien de mieux que des orques. (Je suis partial mais tu le sais, auguste lectorat.)

J’étais donc en Islande fin décembre et, entre autres lieux splendides, j’ai fait une escale à Grundarfjörður, foyer de l’organisation Orca Guardians et des expéditions de whale watching Láki Tours. J’avais eu l’honneur il y a un an de baptiser un des orques de la péninsule de Snæfellsnes, Ardence (concept connu des lecteurs de Léviathan) – histoire racontée ici.

Cette année, j’ai pu partir à la rencontre des orques de cette péninsule, et s’ils se sont montrés timides en mer, il suffisait d’observer depuis… la terre, en conduisant quelques minutes. Une rencontre magique dans les glaces et le silence de l’Islande, que j’ai pu partager sur le site d’Orca Guardians, article à lire ici

Orca Guardians est une toute jeune organisation mais elle fait déjà un travail phénoménal de conservation et d’étude respectueux des animaux dont pourraient s’inspirer bien des structures plus anciennes. Je connais la qualité du travail de sa directrice, Marie Mrusczok, pour avoir été volontaire avec elle au Hebridean Whale and Dolphin Trust dans les Hébrides en 2012 (articles liés). Je ne peux que recommander de s’intéresser au travail d’Orca Guardians, et peut-être de soutenir la recherche à travers l’adoption d’un des orques les plus notables de la péninsule. La page Facebook de l’organisation est ici, avec de splendides photos chaque jour !

 

2017-06-08T18:00:44+02:00mercredi 4 janvier 2017|Carnets de voyage|Commentaires fermés sur Des orques en Islande

Guide de survie à l’usage du futur spécialiste des baleines (ou de tout naturaliste en herbe)

Comme c’est une question qui revient périodiquement, je pensais développer une bonne fois pour toutes ce que je pourrais éventuellement avoir à contribuer sur les perspectives de carrière dans le milieu de l’étude des mammifères marins… Ou de toute autre « mégafaune charismatique » comme on dit. Comment devient-on éthologue / naturaliste au XXIe siècle, et quelle est la place de ces professions ? Des tuyaux, des contacts ?

Précaution habituelle : ceci ne reflète que mon expérience. Soit : mes années d’études (qui remontent à plus de quinze ans), mon contact plus ou moins proche et continu avec le milieu de la recherche, mes expériences de volontariat et d’animalier, ainsi que mes discussions avec des collègues et camarades. Ne prenez pas ça pour la vérité absolue, mais simplement comme un regard qui aspire malgré tout à une certaine synthèse.

Cruising black in white

Caveats

Salut, camarade. Alors comme ça, tu es comme moi une pouf à dauphin – heu, tu te sens l’âme d’un commandant Cousteau – pardon, tu aspires à une carrière scientifique dans la conservation ? Alors il me faut commencer par te mettre en garde sur un certain nombre de choses que tu ignores, ou sous-estimes peut-être. Les places dans le milieu sont chères ; si un seul de ces points est un dealbreaker, sache que tu vas te compliquer encore davantage la vie dans un plan de carrière qui, disons-le franchement, ne te garantit déjà pas une place. Cela nécessite une forte réflexion de ta part avant même d’envisager le « comment ». Toujours là ? Allons-y.

Les places sont CHÈRES. Non, sérieusement, vraiment, vraiment très chères. Je crois que tu ne te doutes pas à quel point. Les budgets de recherche fondent, on le sait (et ce à travers le monde), les aspirants naturalistes sont toujours plus nombreux, résultat, la compétition pour trouver un poste est simplement hallucinante. Dans les autres domaines de recherche, les postes de post-doc sont en général réservés à de jeunes docteurs le temps de trouver une titularisation ; ils en font un, trois au maximum, puis trouvent une place. Dans le domaine de l’éthologie / naturalisme, on trouve des docteurs de quarante ans qui enchaînent les post-docs depuis quinze ans – avec qui lesdits jeunes docteurs se trouvent donc en compétition pour obtenir ces places qui devraient étoffer leur CV. Cela revient à lutter contre un cadre supérieur pour décrocher un stage de collège. Le séminaire annuel de l’European Cetacean Society, c’est, je dirais, trois à cinq cents inscrits dont probablement deux tiers d’étudiants. Donc : si tu as besoin de stabilité financière et/ou morale, si tu redoutes de galérer pendant des années, interroge-toi. 

La recherche, c’est compétitif. La plupart des postes (qui sont déjà très peu nombreux) dans le domaine naturaliste se trouvent dans le domaine de la recherche, et la recherche est un milieu ultra-compétitif. L’adage américain dit « publish or perish » (et pas « persil », foutue autocorrection) : c’est le corollaire de la rareté des places. Si tu n’es pas une bête de travail et que tu gères mal la pression, interroge-toi. (Ah, et puis parle anglais, hein, ça va sans dire.)

Symphony of life

Oublie l’idée d’aller faire gouzi-gouzi aux baleines un jour sur deux. Déjà, parce que ce sont des animaux évasifs, mais surtout parce que le travail de scientifique ne consiste pas, absolument pas, à sortir régulièrement sur le terrain au contact des animaux. La science se réalise beaucoup de nos jours devant un ordinateur à traiter des données. Il existe des périodes de collecte, c’est vrai, mais l’organisation nécessite des budgets (à trouver), et cela se réalise pendant une campagne qui durera, en raison des conditions, deux mois dans l’année en moyenne. Le reste du temps, ce sera toi, un ordinateur âgé et le logiciel R. Si tu rêves d’aller au contact des animaux avant toute chose, interroge-toi. D’autres carrières sont peut-être mieux adaptées, comme guide touristique, animalier ou écrivain d’imaginaire qui profite des vacances pour faire du volontariat écologique (ahem).

Va falloir que tu kiffes les maths et les statistiques. Comme je le disais dans le point précédent, le gros de la science se fait aujourd’hui sur ordinateur avec des modèles, ce qui nécessite d’être très à l’aise avec les maths, les statistiques et l’informatique. Cet accent mis sur les stats / maths est dû à deux choses : d’une part, c’est la mode, admettons-le ; mais surtout, dans un domaine de recherche où aller sur le terrain est coûteux et les données rares, être une brute de modélisation permet d’essorer au maximum les informations parcellaires dont on dispose pour en tirer quelque chose. Alors oui, toute la science ne se limite quand même pas à ça (et tu peux éventuellement t’en tirer autrement en étant très créatif – il existe par exemple des photographes naturalistes, mais là on parle plutôt, au final, de carrières artistiques spécialisées dans un domaine particulier, et une carrière artistique pose tout son lot de problèmes propres), mais il faut savoir, en résumé, que l’image romantique de Darwin ou même du commandant Cousteau n’est clairement plus d’actualité dans le milieu scientifique. Télécharge R, fais un ou deux didacticiels et si tu as envie de te pendre au bout de deux heures, cela devrait te servir de signal d’alarme. 

Tu n’auras pas de vie personnelle. En tout cas, attends-toi à de grosses embûches. Un chercheur en construction de carrière (ce qui peut durer, comme dit précédemment, dix ou vingt ans) est amené à bouger de par le monde tous les six mois ou deux ans, à changer de vie du tout au tout (et j’entends par là passer d’un bout à l’autre de la planète), à accepter les occasions qui se présentent au dernier moment (« Chéri, tu peux poser les enfants à l’école tous les matins pour l’année et demi à venir, je pars en Antarctique ? » Et non, je ne plaisante même pas, ça peut arriver.). Gérer une relation de couple promet d’être ardu (ou alors, il faut un conjoint drôlement flexible et compréhensif, et l’être soi-même), sans parler de fonder une famille. Ce n’est pas impossible, j’en connais qui le font, mais cela nécessite une situation en titane de carbone. En plus, cette période de construction professionnelle concerne surtout des personnes âgées entre 20 et 30 ans, soit la période où l’on apprend beaucoup, en plus, ce qu’est une relation adulte. Gérer l’instabilité d’une vie de naturaliste et cet apprentissage personnel peut être particulièrement compliqué. Si ton rêve est de te marier, de t’établir quelque part avec une maison et des enfants, interroge-toi très sérieusement. 

Ironic_bowrider

Tu ne me fais pas peur, Davoust. Dis-moi juste comment faire.

Toujours là ? Okay. Eh bien, à ce stade, tu devrais du coup (si tu es malin, et il faut que tu le sois) commencer à entrevoir une vague idée de la façon de procéder : rien ne te servira davantage que d’inventer ta carrière toi-même. Dans tout milieu étrange et aléatoire (la culture, l’éthologie), celui qui réussit est celui qui sait le mieux examiner ledit milieu et voir la contribution unique qu’il peut y apporter (par son bagage, ses talents, ses passions) et que personne d’autre ne maîtrise. Il y a plus de quinze ans, ce milieu-là était à la traîne avec les outils maths / stats / informatiques ; étant geek, j’avais trouvé mon créneau notamment à travers les systèmes d’information géographique. J’étais ce type qui faisait des trucs magiques avec des ordinateurs que personne ne pigeait. (Depuis, ça a bien changé, le retard a été rattrapé, hein, trop tard, désolé.) La bonne nouvelle, c’est que, potentiellement, toute carrière et tout talent peut peut-être trouver à s’insérer pourvu que la personne soit assez passionnée et futée pour apporter une réelle contribution. J’ai une amie qui a obliqué vers une carrière dans l’observation touristique et l’étude des baleines à travers une formation en droit (la preuve, soit dit en passant, qu’on peut quand même s’affranchir des maths – mais ça reste la voie la plus indiquée). Une autre amie finance ses projets de recherche par financement participatif (et c’est une bête en communication). Voilà le genre d’intelligence dont je parle. Donc :

L’expérience prime sur tout le reste. C’est sûr, sans thèse ni diplôme scientifique, si tu veux faire de la recherche, tu vas ramer et peut-être atteindre un plafond de verre, donc le diplôme sert, mais ton but premier devrait être d’accumuler les expériences tous azimuts, dans n’importe quel domaine, à tout prix ou presque. (Voir le caveat précédent sur la mobilité, du coup.) C’est ton CV, comme toujours dans ce genre de domaine, qui va t’ouvrir les portes. Ce qui veut dire ramer au début, on l’a dit. Chaque instant d’éveil devrait être consacré à trouver ta prochaine expérience, ton prochain stage, volontariat, projet d’été. Ou petit boulot pour financer tout ça, parce que tu vas commencer bénévole, et le rester un moment, donc si tu aimes les pâtes Eco+, c’est clairement un plus.

Réfléchis de très près à ton profil. C’est injuste, en un sens, car le degré d’introspection nécessaire à cela nécessite un mûrissement qu’on a rarement à vingt ans, mais c’est la vie : creuse en toi-même, loin, pour trouver quelle est la contribution que tu veux / peux apporter, et observe le domaine pour voir comment les manques que tu y détectes pourraient recouvrir ce que tu as à offrir. (C’est la base d’une lettre de motivation, soit dit en passant.) C’est en cela que tu peux « inventer » ta carrière, même dans le domaine universitaire. Creuse ce qui t’intéresse, ce à quoi tu es bon, et que personne d’autre ne sait faire. Si tu es doué et que tu apportes une réelle contribution, tu as une chance qu’on s’intéresse à toi et que tu rencontres les bons projets. Si tu es juste un candidat de plus à avoir fait « une licence de bio parce que j’aime les dauphins », sache que vous êtes à peu près un millier tous les ans dans le même cas rien qu’en France et que donc, on s’en fout.

Hauling out

Sois dégourdi-e. Corollaire de ce qui précède. Si tu m’écris juste pour que je t’indique des adresses, en toute amitié, tu t’y prends mal. En cette époque d’Internet et de Google, des adresses, tu en trouves une pelletée en un clic de souris. Oui, ça veut dire que si tu cherches un stage, un volontariat, tu vas devoir envoyer cinquante lettres personnalisées en candidature spontanée tous les mois, et il n’y a pas de raccourci (tant que tu n’as pas toi-même tissé tes propres liens). Ça veut dire que tu devras te renseigner, lire tout ce qui passe à ta portée, te déplacer dans les séminaires, les conférences (et donc payer l’inscription et le voyage) dans l’espoir de nouer des contacts, de rencontrer du monde, cela dans le but de rencontrer la ou les personnes dont tu veux t’inspirer, peut-être travailler avec elles à moyen terme, et surtout, j’y reviens, prendre la température du milieu, regarder comment ça fonctionne, décider si ta vocation est assez forte pour y vouer ta vie avec tous les caveats exposés plus haut et réfléchir à ta contribution (tout en restant flexible).

Travaille en bonne entente. Je me sens obligé de le mettre parce que, dans l’esprit de beaucoup, « la recherche est un milieu compétitif » se traduit par « la recherche, c’est un milieu de requins ». Non, tu n’arriveras à rien en marchant sur la gueule du voisin (je crois fermement qu’on n’arrive jamais à rien en marchant sur la gueule du voisin, tout le contraire) – ta correction et ta droiture seront la preuve de ton professionnalisme, et ton professionnalisme sera la meilleure assurance que tu trouves une place qui t’épanouisse.

Bon, des ressources ? Parce que j’ai, comme tout le monde, une dette karmique envers tous ceux qui m’ont mis le pied à l’étrier, deux points de départ centraux pour commencer à creuser : l’European Cetacean Society rassemble à peu près tous les chercheurs du secteur en Europe (duh), et toutes les annonces de volontariat, de publications et de postes passent sur la liste de diffusion MARMAM (bien que je ne fasse plus de recherche dans le domaine depuis belle lurette, je lis encore tous les abstracts qui y passent). Maintenant, à toi de jouer.

Bursting_breath

Je n’essaie pas de te faire peur, j’aimerais juste que tu saches dans quoi tu mets les pieds et que seul le plus grand dévouement, seule une authentique vocation qui durera te permettront de réaliser ce rêve. En est-ce bien un, d’ailleurs ? Si tu peux dire sincèrement oui en considérant qu’aucun des caveats susnommés ne te gêne, c’est bien parti, mais sache autre chose : tu vas vieillir. (Désolé.) Tu me lis peut-être à vingt ou vingt-cinq ans, tombé sur cet article par hasard, et tu réponds peut-être un fier et fort « oui ! », mais un jour, tu auras trente, puis quarante balais. Si tu es une fille (et la probabilité est forte, vu que ce milieu est principalement féminin), réfléchis bien à, mettons, ton envie de fonder une famille un jour (la probabilité est là aussi plus forte que la question soit une pressante chez une femme) (on parle de probabilités, hein, pas d’absolu, venez pas m’embêter) – sache que, si tu attaques sincèrement cette carrière, tu risques d’avoir des problèmes à tout concilier (ne serait-ce que parce que, biologiquement, il y aura quelques mois d’indisposition au moins).

Encore une fois, rien n’est impossible. Tu es peut-être particulièrement malin (j’ai un couple d’amis naturalistes, donc ils cumulent, mais ils y arrivent, c’est bien que c’est possible ; mais il faut clairement un tempérament aventurier, détendu et pas trop casanier de part et d’autre) et puis ton profil, ton intelligence peuvent démentir tout ce qui précède. Mais j’ai envie de dire, dans ce cas, tu n’avais pas besoin que je te dise tout ça parce que tu le pressentais déjà plus ou moins, non ?

À titre personnel, cela me fait toujours réfléchir qu’avec mes activités d’écriture de fiction (je répète, de fiction) où intervient quand même beaucoup la mer (ben, Léviathan porte ce nom pour une raison), je me retrouve à parler davantage de science, de biologie marine, d’halieutique et de conservation (d’un point de vue de vulgarisation) que je ne l’aurais probablement jamais fait si j’étais chercheur (et j’en suis ravi !). J’ai aussi fait mon choix : j’étais davantage un rêveur qu’un matheux, plus un raconteur d’histoires qu’un chercheur, et c’est pourquoi j’ai délibérément obliqué vers le fait d’observer et de raconter la poésie du monde plutôt que de l’étudier.

Quoi qu’il en soit, c’est un des plus beaux métiers du monde, et je te souhaite de réaliser le rêve qui est le plus fort en toi (mesure bien toutes les implications de cette phrase). Et peut-être, qui sait, je travaillerai un jour pour toi comme volontaire. Le cas échéant, dis-le moi, s’il te plaît, qu’on trinque à ta réussite !

Pour aller plus loin, un dossier « Travailler avec les mammifères marins » – certaines adresses sont périmées mais le fond reste valide. 

2019-06-07T22:41:02+02:00jeudi 8 décembre 2016|Best Of, Carnets de voyage|5 Commentaires

Imaginablues

Photo © Imaginales

Photo © Imaginales

Et voilà, on est rentrés, T’ENTENDS, et même le ciel a PLEURÉ de voir que c’était FINI, et qu’on PARTAIT, parce que c’était TROP BIEN, et qu’on est TRISTES, voilà. Oh, mec, just one year of love is better than a lifetime alone, juste quatre jours de festival c’est déjà bien, tu comprends, il y en a qui n’ont pas pu venir, alors sois content et arrête de nous faire baver. Mais BOUH, c’était une édition fantastique, alors on a le BLUES que ça soit fini, okay ? Même si nous sommes sur les rotules, mais c’est de la belle et bonne fatigue, genre t’as gravi les Andes à pied et là, BAM ! Le Machu Picchu dans ta face ! Tu peux COMPRENDRE ? Hein ?

Non, mais vraiment, sérieusement. Un temps splendide, plein de nouvelles additions (un village plus étendu et un nouveau dôme de la science, notamment), l’ambiance Imaginales chaleureuse qu’on retrouve à tous les niveaux, dans l’équipe, parmi les auteurs, avec les festivaliers, cette édition, des dires de beaucoup, était particulièrement belle. Si vous aimez l’imaginaire et que vous n’êtes pas venu-e parce que c’était « trop compliqué » ou « trop loin », vous avez raté un truc…

Si je ne fais presque jamais de comptes rendus de festivals, c’est parce que j’ai toujours peur d’oublier quelqu’un, de ne pas citer tous les beaux moments partagés, dans la fatigue du retour. Mais il y a eu chaque jour des moments spéciaux, réellement humains, de superbes moments drôles, fins ou juste gentils, que ce soit en débat, au détour d’un livre et surtout avec vous tous qui êtes venus en si grand nombre. Un immense MERCI, aux stagiaires de la Masterclass et à Jean-Claude Dunyach avec qui nous l’animons, à Damien Didier Laurent et au personnel de la bibliothèque, à l’organisation (Stéphanie Nicot, Stéphane Wieser, Elisabeth Del Genini, Arnaud Gentit, Flavie Najean, Marion Bailly, tous les animateurs – avec un salut particulier à Christophe de Jerphanion autour de la magie des bocaux à poisson -, traducteurs, tous les bénévoles, chauffeurs, employés de la buvette, de l’entretien, j’en oublie hélas sûrement), à tous les camarades en débat et au sommaire de l’anthologie, à son directeur et à son illustratrice (Jean-Claude Vantroyen et Hélène Larbaigt), à tous les autres croisés au hasard de la bulle, un grand bravo à Stéphane Platteau (coup de cœur cette année), merci aux JM (et évidemment à ma préférée d’entre eux), des bises à Sara Doke, Nabil Ouali, Estelle Faye, Sylvie Miller, Philippe Ward, aux Deep Ones, tous les autres encore, mes humbles salutations à James Morrow et Chris Priest que j’ai eu l’immense honneur d’accompagner cette année, aux éditeurs, aux libraires qui ont couru partout, à Simon Pinel de Critic qui m’a dirigé de jour en jour…

Et à vous tous, bien sûr, que j’ai eu le plaisir de rencontrer ou revoir, auguste lectorat de longue ou de brève date. Merci, d’être venus, de tenter un nouveau bouquin, de revenir prendre le suivant. C’est splendide de pouvoir partager des histoires, des frissons, des réflexions, des rires (et des horreurs) avec vous tou.tes.

J’en ressors avec des étoiles plein les yeux, une motivation remontée comme un coucou suisse et de nouveaux projets abordés lors de ce festival qui promettent de déboucher sur de très jolies choses. Dans les jours qui viennent, je vais répercuter sur Facebook quelques comptes rendus écrits par des gens meilleurs que moi pour ça, mais, pour commencer, je ne peux que vous recommander le très chouette vlog de Samantha Bailly qui retrace l’ambiance au jour le jour, entre autres le débat que nous avons partagé sur la professionnalisation de l’écriture :

Allez voir le reste et sa chaîne, c’est très sympa et très drôle sur la vie d’auteur !

Les présentations à jour de la Masterclass arriveront sous peu sur la page dédiée, et je vais répercuter aussi les tables rondes auxquelles j’ai eu le plaisir de participer. Les Imaginales sont terminées, mais on va rester un peu dans l’ambiance en attendant l’année prochaine !

MERCI !

vagabond-abientot

2016-05-31T19:13:45+02:00mercredi 1 juin 2016|Carnets de voyage|17 Commentaires

Juste en rentrant de Paris

… Un petit mot rapide pour remercier tous les copains, lecteurs, collègues vus ce week-end au Salon du Livre. Pour moi, c’était une première (j’avoue, c’est la première fois que j’y mets les pieds depuis 15 ans de littérature !) et c’était vraiment très sympa ! Merci à la team Critic pour son accueil et pour avoir pris soin de nous sans compter son énergie, grosses bises à tous les camarades du coin de l’imaginaire (L’Atalante, les Indés et tous les autres) et merci à tous les visiteurs !

team_critic_paris_2016

De gauche à droite : LD, Clément Bouhélier, Simon Pinel, Christian Léourier, Laurent Whale (assis), Éric Marcelin, Florence Bury, Sylvie Miller

2016-03-22T10:54:58+01:00mercredi 23 mars 2016|Carnets de voyage|Commentaires fermés sur Juste en rentrant de Paris

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