Léviathan adapté à la télévision !

fr3pacaC’est une immense nouvelle que j’ai à partager avec vous aujourd’hui ; j’attendais que tout soit réglé et signé, et je suis maintenant libre d’en parler. La trilogie Léviathan va être adaptée en téléfilms !

Ce projet est réalisé en lien avec la région Provence Alpes Côte d’Azur, qui finance la production à hauteur de 51%, et de la télévision nationale qui y voit, selon les mots du producteur Erico Falso, « un fort potentiel à grand spectacle pour un divertissement familial d’exception ».

De manière à promouvoir la région ainsi qu’à faciliter la réalisation du projet par une petite production, certaines adaptations nécessaires seront opérées dans l’intrigue, mais n’ayez crainte ; l’histoire que vous avez appréciée restera intacte dans son esprit. Voici par exemple l’argumentaire de Léviathan : La Chute – le film.

Chercheur à l’Ifremer de Sète, Michel Peterresein est un homme hanté. En effet, ses parents sont morts sous ses yeux quand il avait sept ans, lors d’une traversée Nice – Bastia qui a viré au désastre. Devenu adulte et père d’un petit garçon, il est envoyé en mission en Sardaigne à bord d’un thonier. Mais il est loin de se douter que cette expédition suscite l’inquiétude d’une mystérieuse organisation séculaire, le Petit Groupe, dont les membres sont infiltrés aux plus hauts niveaux du Crédit Agricole et du Conseil Régional. Parmi eux, un de leurs agents, Macha Turgulescu, infiltrée roumaine, chargée de veiller sur Michel, reçoit des directives claires : le biologiste marin ne doit jamais partir en Sardaigne. Elle ne reculera devant rien – lenteurs administratives, changements d’horaires intempestifs, documents égarés – pour que Michel ne puisse pas renouveler son passeport !

Pour quelle raison Michel gêne-t-il tant le Petit Groupe ? Cela aurait-il un lien avec ce mystérieux cabillaud qui le suit où qu’il se rende et qui l’observe depuis l’aquarium décoratif de la salle de pause ?

Le tournage de ce premier volet démarrera en 2014, pour une sortie en 2015. Les deux autres volets sont déjà planifiés : Léviathan : La Nuit, sera diffusé en 2016 ; on y verra notamment apparaître un commissaire niçois à la retraite passionné de Minitel et du numérologie dans les résultats du Tiercé, André Léon. Enfin, Léviathan : le Pouvoir, qui verra notamment un retour à Bastia et l’élucidation du mystérieux cabillaud, sortira en 2017.

La distribution sera annoncée sous peu ; je vous en révélerai davantage dès que les rôles seront fixés. N’hésitez pas à faire tourner l’information !

2013-04-01T09:44:32+02:00lundi 1 avril 2013|Expériences en temps réel|28 Commentaires

11 questions

Comme je lui disais, je pensais que les chaînes de tags étaient mortes avec AOL et MySpace, mais visiblement non (ou alors, je suis super en avance sur mon temps. Ça doit être ça.) Or doncques, voici un jeu :

Les règles du jeu :

  • Poster les règles du jeu
  • Répondre aux 11 questions
  • Inventer 11 nouvelles questions
  • Taguer 11 blogueurs et leur annoncer la nouvelle.

Ce serait bien moins drôle si c’était pas des questions à la con, et on peut compter sur Francis pour ça, car c’est un homme créatif, en cette ère où le blogging descend dans les méandres de la critique littéraire et de la dissertation politique, du journalisme citoyen et du carnet de voyage, lui seul reste fidèle à la vraie raison d’être de ce média : il ne parle strictement que de lui.Sauf quand il tague les autres.

Eh bien, soit, je réponds à ses questions.

chat_extraterrestre

1 : On t’annonce que ton métabolisme ne peut plus supporter la combinaison saucisson/Prince de Lu. Auquel renonces-tu jusqu’à la fin de ta vie ?

Je serais dévasté car cela signifierait renoncer à la moitié de mon régime alimentaire. Mais j’abandonnerais clairement les Prince de Lu. C’est sucré, or je me suis sevré de toute attirance pour le sucré depuis qu’enfant, abandonné dans les montagnes de l’Idaho, je chassais le chamois en compagnie des pumas qui m’avaient adopté parmi les leurs et les égorgeais avec mes dents de lait. Je m’appelais à l’époque « Waka-waka-hey-hey », ce qui signifie « celui qui se déhanche comme Shakira ».

2 : Tu es le nègre de Marc Levy. Quel est le titre de votre prochain roman, et de quoi parle-t-il ?

Je le vois d’ici : S’il n’était pas impossible que tout fût autrement.

Hervé, quadragénaire, garde de ses deux divorces et des relations compliquées avec sa fille Léa, 14 ans, un coeur brisé ; un jour, après l’altercation de trop avec son patron, il plaque son travail à la Cemacorp pour acheter une Ducati et partir cheveux au vent sur les routes de Mayenne. C’est quand il rencontre Amanda, montreuse de couleuvres dans la foire itinérante de monsieur Giuseppe, énigmatique conteur italien qu’on dit magicien, qu’il comprend qu’un autre monde est possible. Amanda l’initie à la vie de la route, mais leur liaison qui tourne à la zoophilie ophidienne attire l’inimité des forains de Giuseppe : en effet, Hervé vient de l’extérieur, et représente une modernité que les autres ont fui. Mais quand le mystérieux Giuseppe, à l’aide de ses pouvoirs d’illusioniste, lui montre ce que serait le monde sans lui – deux ex-épouses tristes, une fille non-née, un patron privé de son souffre-douleur favori – il comprend qu’il n’appartient pas à cette vie, qu’il fuit seulement ses responsabilités de père et l’engagement qui le terrifie depuis que son propre père a disparu en Afrique dans l’attaque d’un convoi de lasagnes surgelées. Il quitte alors Amanda et la caravane pour retourner vers Léa et recréer le lien avec sa fille, et la mère de celle-ci, qu’il – coup de théâtre ! – aime toujours. Guérir les blessures sera long et difficile, mais l’on peut toujours reconstruire les ponts de l’amour quand les coeurs vibrent à l’unisson d’un même avenir.

(Je précise quand même que je n’ai jamais lu Marc Levy et qu’il est toujours plus facile de faire le con avec un auteur dont le seul écho qu’on reçoit de lui est du mal. Pour ma part, un auteur qui vend autant que lui mérite qu’on s’incline et apprenne ce qu’il a à enseigner.)

3 : Quelle est ta soupe préférée, culinairement parlant ?

Poulet aux vermicelles, parce qu’on dirait du thé salé et gras avec des pâtes – que demander de plus ? À part une soupe au saucisson ? (Ou au chamois ?)

4 : Quelle est ta soupe préférée, musicalement parlant (et dont tu ne voudrais pas que le monde sache que tu l’écoutes, parce que quand même, c’est la honte) ?

Adieu, réputation.

5 : Ça ne te gêne pas que je te tutoie ? Pourquoi ?

Ça ne gêne aucune de mes personnalités, qui sont plutôt à la cool, mais nous te signalons qu’il serait grammaticalement correct que tu nous vouvoies collectivement. Après, tu fais ce que tu veux, mais c’est toi qui passes pour un gland.

6 : C’est qui le plus fort, Dinophysis ou Myrionecta ?

Dinophysis. Attends, c’est pas un dinosaure ?

7 : Tu préfères qui, ton papa ou ta maman ?

Puisque je te dis que j’ai été abandonné dans les montagnes de l’Idaho ! Tu veux que je t’égorge avec mes dents de lait ?

8 : Tu t’es rendu compte que j’avais pas d’idée pour plus de quatre questions ?

Avec la précédente, ça commençait à se voir.

9 : Pourquoi regrettes-tu ton orientation sexuelle ?

Vois-tu, la chambre orientée au nord-est signifie moins de jour et moins de soleil, alors qu’au sud, ça serait meilleur pour la circulation du chi.

10 : Si tu devais me résumer ta vie en douze mots, lesquels seraient-ce ?

« Je mets les pieds où je veux, et surtout dans la gueule. »

11 : Si tu devais choisir entre Marc Levy et Guillaume Musso, qui épouserais-tu ? Pourquoi ?

Guillaume Musso. J’ai une pote bombasse qui m’a dit un jour qu’elle adorait ses bouquins, alors que c’est pas encore arrivé avec Levy.

Il me faut donc poursuivre la chaîne avec 11 questions :

  1. Allez, balance. Tu penses quoi du concept de chaînes de blogs ? 
  2. Tout le monde l’annonce, le prophétise, le scande. Le blogging, à l’instar de dieu, est-il mort ?
  3. Tu montes un projet musical d’avant-garde. De quoi s’agit-il et comment ça s’appelle ?
  4. Tu te trouves au Sénat romain le 15 mars -44. Est-ce que tu préviens Jules César de ce qui se trame, au risque de bouleverser l’histoire, ou laisses faire les conjurés ?
  5. Quel sera pour toi le signe que ton écriture aura tant dégénéré que t’interdire dorénavant d’approcher de tout clavier (si nécessaire d’une balle dans la nuque) sera faire acte de charité ?
  6. Quel est le truc le plus anecdotique et insignifiant qu’il te soit jamais arrivé ? Lâche-toi. On t’écoute.
  7. Si dieu ne joue pas aux dés, joue-t-il au moins aux jeux de rôle ?
  8. Quel est ton plaisir de lecture honteux ?
  9. Nous sommes dans un univers débarrassé de toute conscience morale et ton acte n’entraîne aucune conséquence. Tu peux remonter le temps. Quel philosophe iras-tu gifler avec le poids de ses oeuvres complètes ?
  10. Est-ce que ?
  11. Quel est le synonyme de synonyme ?

Et pour la suite, j’appelle à la barre les onze premiers blogueurs à « liker » cet article sur Facebook (on va voir les courageux. Ou si cet article est totalement naze).

2013-03-18T10:41:35+01:00jeudi 14 mars 2013|Expériences en temps réel|20 Commentaires

Pousser les murs

Quand soudain, dans une notice Ikea :

walllolJe suis scandalisé par la paresse de ces Suédois, qui ne sont même pas foutus de fournir le logement qui va autour des meubles. On fait bien des appartements meublés, et l’inverse, alors ?

2013-02-21T18:17:18+01:00lundi 25 février 2013|Expériences en temps réel|1 Commentaire

Nantes a trouvé sa voie

WTF.

gare_nantes

Alors s’il faut prendre le quai 9 3/4 pour aller à Poudlard depuis Londres parce qu’il n’y avait pas la place de coincer la voie entre les quais 9 et 10, quelle est la réalité géographique de la gare de Nantes ? C’est l’inverse, il y a, quoi, un stade, un quartier de la ville, entre les voies 11 et 52 ? Saint-Nazaire ? Toute l’Europe occidentale ? Un désert post-apocalyptique sillonné de bandits de grands chemins nantais en buggies et cirés jaunes situé légèrement hors de phase avec notre univers si bien que seule une poignée de contrôleurs initiés en connaît l’existence ?

Un jour, j’irai voir sur place. Si je ne reviens pas, vous saurez où me chercher.

2013-02-01T23:36:24+01:00mardi 5 février 2013|Expériences en temps réel|17 Commentaires

Ce qu’Internet m’a appris sur moi-même

pew-pew-pewMerci Googlism.Oui, merci, je suis flatté.

ld is and is not

ld is self employed print his brochure

ld is messing with me?

ld is also?

ld is?

ld is noisy

ld is currently operationally defined in the public schools as absolute low achievement

ld is not rather than what ld is

ld is a disorder that affects people’s ability to either interpret what they see and hear or to link information from different parts of the brain

ld is like

ld is broken on linux/alpha

ld is invoked

ld is one way to provide important information when you are unable to do so

ld is shown using the color code at right

ld is noisy to

ld is 2250 kj/kg; for methylene chloride

ld is the top

ld is

ld is not

ld is weak

ld is biodegradable

ld is not as detailed and well defined in color rendition as the dvd transfer

ld is only 5

ld is flaky without it

ld is sometimes referred to as the ‘invisible’ disability mainly because children with ld look and act intelligent and have no obvious physical handicaps

ld is a natural choice for satellite communications

ld is configured to support multiple object code formats

ld is the most commonly reported arthropod

ld is based on standardized test data

ld is charged with organizing lobbying efforts

ld is essentially philosophical in nature

ld is also significantly different in its time

ld is dead

ld is very classic

ld is not rather than what ld is

ld is already « ld »

2013-01-09T09:01:09+01:00mercredi 9 janvier 2013|Expériences en temps réel|2 Commentaires

Expériences en temps réel, bilan 2012

Ça y est ? Y a pas eu la grosse météorite, l’alignement des planètes du système solaire n’a pas produit le tsunami du millénaire, le calendrier maya ne s’est pas terminé ? (Sérieux, s’ils avaien su prédire l’avenir, vous ne croyez pas qu’ils auraient deviné que les Espagnols allaient débarquer ?) J’ai cherché « Maya shame » et autres mots-clés connexes pour voir s’il y avait des reportages gras jetant des pierres aux peureux qui se sont planqués dans des abri anti-atomiques le 21 décembre avec des gros plans sur leurs mines contrites mais, à ma grande insatisfaction, l’Internet multimédia n’a pas donné réponse. Alors qu’on sait tous comment ça s’est passé :

doctor_maya

Hein.

Bon, c’est le 31, et tous les ans, c’est l’heure du bilan, plus particulièrement sur le bar. Déjà, 2012, ça a été le lancement de la version 5 du site, une version qui remplit toutes mes attentes au niveau maniabilité et facilité d’administration pour moi, ce qui m’a permis de tenter de revenir au blogging quotidien (ce que je tiens depuis six mois). Il n’y a pas d’article de fond tous les jours – ce n’est pas tenable pour moi, et ça fait trop à suivre pour vous – mais cela me permet, entre les plats de résistance, de proposer une mise à jour plus légère, une vidéo, un lien vers une chronique. Je crois que c’est – enfin – une formule qui marche et, l’un dans l’autre, cette mouture du site va probablement subsister pendant encore un bon moment (ce qui n’empêche pas les améliorations).

Comme c’est maintenant la tradition depuis quelques années, un tour des articles qui t’ont le plus intéressé, auguste lectorat, et de ceux que je voudrais sauver au rattrapage (envoie un SMS avec le chiffre 1 au 8 23 23).

Les stars

  1. Bon, si vous avez suivi l’affaire (et c’est probable vu les lectures), sans surprise, c’est « Le racket de Facebook : pourquoi vous ne verrez plus le contenu qui vous intéresse » qui a avoir été promu sur le réseau à simple titre d’expérience et qui termine dans la stratosphère à presque 50 000 lectures (enfin 47 989, zbam), ce qui me laisse encore baba, vu que c’est (en moyenne) 10 fois mon trafic mensuel.
  2. Le second, sur le même sujet, est « Le racket de Facebook (suite) : j’ai payé pour un article et multiplié mon trafic par… 100 » qui est à 1019.
  3. Ensuite, et ça me fait très plaisir, « Il faut cesser d’amalgamer droit d’auteur et copyright » (711), je tenais à que le message passe, on dirait que c’est le cas (et sans promotion).
  4. « Une liseuse ? Mais pourquoi, en fait ? » (564)
  5. « Des déclencheurs pour écrire » (497)

Qu’est-ce qu’il en ressort ? Qu’à part l’effet de distorsion causé par les articles Facebook, ce qui reste le plus visité – donc probablement ce qu’on s’attend à trouver le plus ici – ce sont les articles sur le monde du livre et la technique d’écriture. Je comptais en parler davantage cette année, ce fut chose faite, et j’en suis content, mais je n’en ferai pas encore davantage, en principe. Je tiens à rester ouvert sur une multiplicité d’autres sujets, en particulier le volontariat, et tant pis si c’est moins lu, ce sont des choses qui me tiennent à coeur. Je note aussi que les articles didactiques, courts et clairs sur le métier suscitent de l’intérêt. J’en ferai d’autres, puisque c’est comme ça !

Le rattrapage et le FAIL

Eh bien, d’habitude, j’ai des articles qui sont totalement passés inaperçus, mais cette année, globalement, je ne me plains pas. Ça veut probablement dire que j’ai appris à les signaler… ou que nous apprenons ensemble à mieux utiliser les outils pour interagir. Néanmoins, s’il fallait attirer l’attention sur d’autres articles cette année, voici sur quoi je proposerais de revenir :

  1. Un que j’aime particulièrement sur le fait d’accorder, ou non, une conscience aux autres espèces que la nôtre. C’est simple : je pense que ce doit être, avant tout, un choix.
  2. La Quadrature du Net perd sa crédibilité à mes yeux (histoire de troller un poil).
  3. 5 règles pour ne pas démarcher quelqu’un – je suis ravi d’avoir écrit cet article, qui me permet enfin de faire des réponses brèves quand je suis à nouveau confronté à cette situation.
  4. Les déclencheurs étaient trop durs ? Un aimable coup de pied au cul (valable dans bien des situations d’écriture).
  5. Difficile de parler de cette funeste année sans commémorer notre camarade.

Que prévoir pour 2013 ?

madame_soleil J’en parle depuis, pfouuu, un an et demi au moins, les portails sur les univers. Eh ben, ça se précise ! Pour de vrai. J’ai des notes, et tout. Et du matos. It’s coming (comme le winter).

Plus en détail, de petites améliorations à prévoir ici et là, bien sûr ; finir de consolider la revue de presse, ouvrir la section entetiens et ainsi de suite, le but étant de rendre les infos plus faciles à trouver pour tout le monde (et donc de gagner du temps). Dans le même ordre d’idée, je vais continuer à clarifier ce que je peux ou pas faire ; ce à quoi je peux répondre de manière réaliste, et ce que je dois hélas décliner. Le but étant d’éviter de décevoir et, en contrepartie, de mieux promettre, comme de mieux me concentrer sur ce que je dois faire mais n’arrive qu’à grand-peine à réaliser (genre, ahem, répondre à mes mails).

Enfin, je crois qu’il faut que j’annonce, suite à un effet ras-le-bol des réseaux sociaux, que je tolère de moins en moins les raisonnements par catégorie, les gens qui savent,  les juges de paix qui veulent lisser les opinions au titre de non mais tu vois tu penses ça mais lui il pense ça aussi et il a le droit alors vous devriez penser autre chose tous les deux et autres ayatollah du consensus mou. Non. Je pense des trucs, parfois à tort ; quand je me plante, je le dis. Quand il s’agit d’opinions, j’ai la mienne, je le partage, j’en change si je veux, tu en as une différente, c’est cool, on discute, mais tu as le droit de penser autre chose et moi aussi. Je deviens de plus en plus taquin à cause de ça et je crois que c’est pas parti pour s’arranger. J’ai toujours été plus cinglé que toi.

Et maintenant, tuons 2012 avec des planches à clous rouillés et avançons-nous ivres et légèrement malades vers 2013 ! Amusez-vous bien ce soir, et surtout conduisez prudemment.

2012-12-31T09:01:04+01:00lundi 31 décembre 2012|Expériences en temps réel|10 Commentaires

Stupeur et absurdité : de l’influence et son inutilité

Alors voilà. Je suis à la fois stupéfait et mort de lolz. Vous vous rappelez l’article sur Facebook qui est devenu viral ?

Un mois après, voilà où on en est.

(Pris sur eBuzzing, ex-Wikio.) Je vous passe le « 1e du top blogs littérature » « 1e du top blogs culture » etc.

HA HA HA.

« HA HA HA » non pas par morgue ou par fausse humilité, mais HA HA HA parce que mes stats, je les vois, je les connais. Me trouver sandwiché entre Korben et Gizmodo est absolument surréaliste et je sais parfaitement que tout cela n’est qu’un effet de distorsion dû au fait que j’ai un article devenu viral (mais qui, c’est heureux et sympathique, m’a permis de rencontrer de nouveaux lecteurs et abonnés, et c’est bien tout ce qui compte). Je dis HA HA HA parce que, dans tout cet eldorado mal compris qu’est le ouèbe 2.0, on essaie à tout prix de vendre de l’influence, du référencement, et surtout les outils numériques qui permettent de quantifier si tu es un Mec Qui Sait, donc un mec qu’on écoute, donc un mec qui vend. 

HA HA HA.

Me concernant, de deux choses l’une :

  • Je suis ainsi au sommet du classement à cause d’un effet de distorsion ponctuel dû à un article viral. Je vais très certainement retomber très vite à la place qui m’est due, c’est-à-dire la 652423 ème (ou peu s’en faut, au bout d’un moment on ne compte plus les dizaines).
  • Tout le monde est dans un mouchoir de poche. C’est-à-dire que 500 blogs reçoivent en moyenne cent visites par entrée et que ces classements ne bougent pas parce qu’on est 500 ex-aequo. Corollaire : vu que mes chiffres, je les ai, je les donne, ils ne sont pas faramineux (mais quand même pas dégueulasses), ça veut donc dire qu’on est tous avec des chiffres pas faramineux et que les visites annoncées par les grands sites, c’est comme les chiffres de vente en littérature : tout le monde ment. Ça veut dire qu’on blogue tous pour cent personnes en moyenne. Ça veut dire que tout cela est d’une vaste inutilité dans la quête du mythique « buzz » qui est censé faire de nous des influencers, des trend-setters, des mecs qui créent de la valeur.

HA HA HA.

Une chance que je ne blogue pas pour être un de ces affreux anglicismes, mais pour tenir mon bar, encore et comme toujours (et la preuve que je n’en ai rien à carrer de ces chiffres : je fais ce genre d’entrée). Parce que la vérité, l’important, ce n’est pas d’être un type qui influence, c’est de construire une communauté, du lien, une maison où les visiteurs se sentent bien. J’ai un aveu à te faire, auguste lectorat : je sais pertinemment que tu ne viens pas ici pour mon actualité. Les articles où je parle de mes infos sont, de très loin, les moins visités. Tu t’en fous, mais ça me va. Je ne blogue pas pour te vendre des livres ; si ça arrive, c’est cool, et j’aime quand même bien ça, mais je me suis toujours promis de bannir le gavage publicitaire. Non, tu viens là parce que tu as envie, et c’est bien la seule raison qui vaille. 

Alors, d’après eBuzzing, je suis un influent, maintenant. Je comprends pourquoi la fin du monde arrive, tiens. Scoop : ça ne fait absolument pas vendre de livres. Mais pas du tout. L’influence est un miroir aux alouettes. Ce n’est pas parce qu’on vous écoute qu’on vous achète, qu’on agit, que vous avez subitement un succès éditorial. Tout ça, c’est des conneries, et dans ces temps où l’on ne jure que par la page Facebook, l’auto-promotion, le Klout et autres métriques d’influence, il me semble important de coller un bon gros coup de masse dans le magasin de porcelaine. C’est. Des. Conneries. 

Soyez sur Internet parce que ça vous éclate, bordel de merde, et parlez avec les gens qui vous correspondent. Disséminez votre message, mais n’espérez pas les fifteen seconds of fame. Vous serez très, très déçu. Alors arrêtez d’acheter du SEO, des rêves de succès, du community management orienté sur la vente finale. Parce que ça ne sert à rien – du moins, pas à grand-chose, question retour sur investissement en termes de temps et d’énergie. Pire : c’est un gros mensonge spéculatif, semblable à celui qui a conduit à l’éclatement de la bulle Internet dans les années 2000. Sauf que ce n’est pas un krach boursier qu’on risque, mais un krach nerveux.

Les seuls à vraiment faire fortune, ce sont les mecs qui font les plate-formes, les outils d’analyse à la Klout, les consultants SEO, Zuckerberg et autres, parce qu’ils ont réussi à vous faire croire qu’ils étaient indispensables. C’est comme la vente pyramidale ou les méthodes miracle pour gagner beaucoup d’argent sans bouger de chez soi. C’est un système auto-alimenté, c’est tout. Et c’est marrant, parce que c’était le sujet de l’une de mes toutes premières entrées de blog, il y a plus de six ans. Mutatis mutandis, feta salakis. 

Moi ? Hey, moi, je suis mort de rire et tout sauf déçu, comme l’est un barman avec ses habitués et ses nouveaux visiteurs occasionnels et pour qui, d’un coup, c’est Noël parce qu’il y a les TransMusicales qui passent dans sa rue. La communauté existe, elle est cool et ouverte : ça, ça me semble réussi, et c’est ce qui compte.

Alors, rock on, auguste lectorat ! 

2018-12-19T07:11:02+01:00mardi 11 décembre 2012|Expériences en temps réel|16 Commentaires
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