Il fabrique des archets, et ce qu’il a à dire concerne tous les créateurs

(C’est bon, j’ai mon diplôme en titre Internet… ?)

Blague à part, c’est vrai. Et c’est bien parce que les paroles d’Éric Grandchamp sur la création au sens large, sur la passion me semblent universelles que je voudrais les partager. Justine Carnec, étudiante en journalisme, m’avait déjà proposé un entretien en février, et elle a réalisé par la suite un entretien avec cet archetier (artisan qui fabrique des archets), Meilleur Ouvrier de France, lequel est passionnant, et dont la lecture me semble pouvoir profiter aux écrivains comme aux créateurs de tous horizons. J’avais donc envie qu’il puisse être disponible au moins quelque part plutôt que de disparaître, et je suis honoré de pouvoir le publier donc, avec l’autorisation de Justine (si tu préfères, auguste lectorat, voici le lien vers l’entretien direct en PDF).

Il habite la grande maison jaune qui donne sur la Baie de Morgat, en Presqu’île de Crozon. Vêtu d’un grand tablier, il ouvre sa porte, le sourire aux lèvres, et nous emmène au deuxième étage. C’est son atelier. Sous la charpente, des machines, des outils, des morceaux de bois… Et un petit établi, face à la fenêtre ouverte sur la mer. Ses mains reprenant vite la pièce qu’il réalisait avant d’être interrompu, Éric Grandchamp, un des meilleurs archetiers au monde après quarante ans de métier, raconte son histoire et son goût pour son métier ; la fabrication d’archets.

Où êtes-vous né ?

Je suis né en Bourgogne, à Alise Sainte Reine. C’est le nom du village où a eu lieu Alésia, la bataille avec Vercingétorix.

Que faisaient vos parents ?

Mon père était ouvrier dans une société métallurgique qui faisait des pièces de très haute précision. Ma mère était femme au foyer, mais elle avait fait un apprentissage de couture. Elle aussi était extrêmement habile manuellement. Comme ils travaillaient beaucoup de leurs mains, tous les vêtements étaient faits à la maison, et une partie des jouets aussi.

D’où vous est venue cette passion du travail manuel ?

Je bricolais souvent dans l’atelier de mon père, à la maison. Et puis, il y avait un ébéniste qui habitait juste en face de chez moi, et il m’arrivait très fréquemment de traverser la rue pour aller dans son atelier, jouer avec les chutes de bois qu’il jetait dans des grosses caisses. Et puis, un Noël, je devais avoir cinq ou six ans, on m’a offert toute une panoplie avec un marteau, une scie, un étau, etc. Je m’en suis énormément servi. Arrivé à l’âge de neuf ans, j’ai commencé à faire de la sculpture tout seul. Vers mes 12 ans, j’ai rencontré une artiste qui n’habitait pas très loin de chez moi. Je pouvais passer tout l’après-midi dans son atelier, à sculpter avec elle. Elle m’a appris les rudiments esthétiques et m’a donné une certaine culture artistique.

Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans l’archeterie ?

Je savais déjà depuis tout petit que j’allais travailler dans le bois et de mes mains. C’est une nature, et c’est aussi vital pour moi de travailler de mes mains que de respirer. Je suis allé en colonie de vacances, où j’ai rencontré un violoncelliste, et je suis tombé sous le charme de ses instruments. Je ne connaissais pas du tout le milieu de la musique, mais, à partir de là, il m’est venu plein d’idées. Dès que je suis rentré de vacances, je suis allé à Dijon, rencontrer un luthier. Il m’a consacré un après-midi entier. Il m’a expliqué les métiers de luthier et d’archetier, et il m’a dit « Si tu veux revenir et avoir quelques explications supplémentaires, n’hésite pas à refrapper à ma porte. »

Et ensuite ?

J’étais plus intéressé par le métier d’archetier que de luthier, parce qu’il y a énormément de matériaux différents, un aspect mécanique, et puis un aspect esthétique et sonore qui en font un champ d’expression très large. Là, j’avais 14 ans seulement. J’ai passé ma troisième, et j’ai tenté le concours de l’école nationale de lutherie de Mirecourt. À l’époque, il y avait six cent candidatures pour trois places de luthier et trois places d’archetiers. Mais ça, je ne le savais pas quand je l’ai passé, j’y allais comme un gamin, la fleur au fusil. (rires) Et j’ai eu beaucoup de chance, car j’ai été intégré dès la première année.

Ce violoncelliste, ce luthier, tous ces ateliers, ça vous a donné envie ?

Oui. Je pense que si l’environnement ou les parents n’ont pas éveillé la curiosité chez l’enfant, c’est très compliqué pour lui d’aller se former. Ce qui est regrettable, c’est qu’aujourd’hui, il y a trop d’interdits. On ne devrait jamais hésiter à frapper à une porte et dire « Je suis curieux, est-ce-que je peux voir ? ». J’ai toujours accepté que ceux qui en avaient envie vienne voir mon atelier, même si ce n’est pas toujours évident de consacrer du temps à chacun. Parce que, si l’ébéniste en face de chez moi m’avait dit « Non, c’est interdit aux enfants », si mon père m’avait dit « L’atelier c’est trop dangereux », ou si le luthier m’avait dit « J’ai plein de travail je ne peux pas te recevoir », je n’aurais jamais fait ce métier. C’est très important d’offrir la possibilité à des gens curieux de découvrir d’autres choses.

Y a-t-il une relation, un lien particulier qui se crée entre l’archet et celui qui le fait ?

Complètement. En fait, la fabrication d’un archet, c’est un peu un ménage à trois. Il y a le musicien, l’archetier, et puis tous les matériaux. La baguette est la plus importante, elle a sa propre personnalité. La première chose que l’archetier doit faire, c’est comprendre son client. À partir de là, il choisit une baguette qui va vraiment se marier à la personnalité et aux exigences de ce client. Ça peut prendre deux ou trois jours pour seulement sélectionner un morceau de bois, parce qu’on veut trouver exactement la baguette qui correspond à ce qu’on s’imagine faire pour ce musicien. Chaque morceau de bois, chaque musicien est différent, et on est obligé de changer de stratégie à chaque fois.

Que ressentez-vous quand vous réalisez un archet ou une pièce ?

Comment dire… C’est un compromis. En fait, j’ai à l’esprit une certaine idée de ce que j’ai envie de faire. Mais il faut personnifier mon morceau de bois, en lui demandant ce qu’il a envie de faire, ce qu’il est capable de faire. Et on va essayer de trouver un compromis entre les deux. On ne peut pas aller contre la nature des matériaux, donc il faut bien sentir toutes ces choses. L’archet, c’est une personne à part entière.

Vous diriez que c’est plus un métier, un travail, ou une passion ?

Ah, ce n’est pas un travail, parce que je ne suis jamais allé au travail. (rires) C’est un métier ; ça, c’est sûr. Une passion, aussi. Mais on peut souffrir, même dans une passion. Quand on a la page blanche, ou quand on a le doute, par exemple.

Ça vous arrive ?

Ça doit arriver à tout le monde. Si on est exigeant, on doit avoir cette page blanche de temps en temps. Il y a très longtemps, j’ai eu une période de doute. Je me disais que ce que je faisais n’avait aucune personnalité. Donc, je suis allé voir un très bon ami, et je lui ai dit : « Il y a un problème, j’ai l’impression que ce que je fais ne ressemble à rien. », et il m’a répondu qu’en fait, ce que je faisais était quelque chose de complètement neuf, ça ne ressemblait à rien de ce qui avait été fait jusqu’alors. Et c’est à ce moment-là que je me suis aperçu que j’avais arrêté de chercher l’originalité, pour uniquement chercher l’honnêteté. Et j’ai compris que le chemin était le bon. Il faut se laisser aller, il ne faut pas essayer de plaire ou de se plaire. Il faut être le plus honnête possible. Ça n’est pas évident d’être juste soi-même, ou d’accepter quasiment la laideur plutôt que la copie.

Dans l’art, l’inspiration, c’est très important. D’où vient la vôtre ?

De la vie. Quand on veut trouver l’inspiration, il faut se trouver des belles choses dans la vie. On peut aussi tirer des belles choses de moments qui ne sont pas nécessairement très beaux. Lorsque je vais à la pêche, en fait, je n’y vais pas réellement, je travaille. Il faut se créer un cadre, car l’inspiration vient de l’extérieur. Elle vient aussi de soi, mais si on ne se crée pas un univers tout autour, elle ne viendra pas. Ça peut être la pêche, la sculpture, la bijouterie, la rencontre avec des amis. Comme je disais, je ne suis jamais allé au travail. Ça fait partie d’une vie, quoi.

Jouez-vous d’un instrument ?

J’ai joué du violon, mais je suis un très mauvais violoniste. C’est sans doute un grand avantage.

Pourquoi ?

Parce que, quand j’essaye un de mes archets, si c’est absolument catastrophique, je vais essayer de le régler jusqu’à temps que ma pauvre technique arrive à passer certains caps. Je vais donc sans doute voir des défauts que des bons instrumentistes ne verraient pas. Je n’ai pas envie d’apprendre. Je passe déjà tellement de temps sur mes archets… Je préfère en savoir davantage sur la sculpture, la fonderie, l’art, la culture en général.

Quelles ont été les rencontres déterminantes dans votre parcours ?

Il y a une femme qui était exceptionnelle. J’étais très jeune archetier, j’avais une vingtaine d’années. C’était une Japonaise. C’est la première personne qui a eu vraiment une grande confiance en moi, et c’est elle qui m’a ouvert le marché japonais. C’est une chance inouïe. Elle fait du négoce de violon et d’archets, c’est une personne très importante au Japon.

Comment l’avez-vous rencontrée ?

C’est une histoire à la fois triste et gaie. C’était une période difficile où je n’avais plus de commandes. C’est difficile d’être installé très loin des agglomérations. C’était le mois de mai, et avant d’espérer vendre des archets, il fallait attendre la rentrée des Conservatoires, au mois de novembre. J’avais fait une exposition qui n’avait pas du tout marché dans l’hiver, et c’était la seule adresse que j’avais. Alors, je me suis décidé à la contacter, pour savoir si elle était intéressée pour voir mes archets. Et elle m’a dit oui. Je suis allé à Paris, et, pendant 20 minutes, elle n’a pas prononcé un seul mot, elle a juste regardé mes archets très méticuleusement. Enfin, elle a sorti trois d’entre eux, et m’a dit « Je vous dois combien ? ». (rires) Et elle a ajouté « Bon, c’est très bien, mais il faudrait que tu changes ceci, ceci et ceci. Dans un mois, je repasse à Paris. Tu peux me préparer trois archets comme je t’ai suggéré ? » Alors j’ai dit oui, bien sûr, et c’est comme ça qu’a commencé cette histoire avec le Japon.

Le succès, ça monte à la tête ?

Non. L’humilité est pour moi une des pièces maîtresses parmi les qualités qu’il faut avoir, dans tous les domaines. Il faut mériter tous les jours ce qu’on a acquis. J’ai accroché un seul de mes prix au mur, celui du Meilleur Ouvrier de France. Tous les autres sont dans des cartons. J’ai juste celui-là, parce que ce concours n’est pas un concours contre les autres. C’est un concours contre soi-même. On peut être trois ou quatre à se présenter, et trois ou quatre à avoir la médaille d’or. Ce prix au mur, c’est un peu comme le juge de paix, tu es obligé de le mériter tous les jours. Et en plus, la grosse tête, ça voudrait dire qu’on pose ses valises et qu’on s’arrête, qu’on ne veut plus du tout avancer. Ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est d’aller toujours plus loin.

2019-06-04T20:31:36+02:00mercredi 24 mai 2017|Best Of, Technique d'écriture|9 Commentaires

Procrastination podcast ép. 17 : « L’angoisse de la page blanche »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « L’angoisse de la page blanche« .

Autre question fréquente de la création, considérée celle-ci comme une « maladie honteuse » : l’impossibilité, justement, de créer… Que sont ces blocages de l’écriture ? Peut-on y remédier ? Abordant les questions des rythmes naturels et des désirs de la création, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust proposent des pistes et leurs propres méthodes pour continuer à alimenter leurs projets au long cours.

Références citées
– Antoine Blondin, Un singe en hiver
– Eckhart Tolle, Dalai Lama, Desmond Tutu & authors, « Educating the Heart and Mind-Creativity » https://www.youtube.com/watch?v=Zb3_wqX7yNE
– Boulet, Vaincre l’angoisse de la page blanche en 40 étapes http://www.bouletcorp.com/2017/03/05/vaincre-le-syndrome-de-la-page-blanche-en-40-etapes/

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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2019-05-04T18:47:15+02:00lundi 15 mai 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination podcast ép. 17 : « L’angoisse de la page blanche »

Il est encore temps de s’inscrire à la masterclass des Imaginales 2017

Affiche Julien Delval

Mes excuses par avance, auguste lectorat : j’ai à peu près douze mille nouvelles d’importance à annoncer, que j’ai retenues pendant les élections ; mais à présent que nous sommes assurés de vivre encore en république, je vais m’efforcer de rattraper tout cela de manière ordonnée et la plus digeste possible.

Le plus urgent (parce que c’est la semaine prochaine), c’est qu’il reste des places pour la masterclass des Imaginales « Corriger son manuscrit et envisager l’édition ».

Jean-Claude Dunyach et moi-même l’animerons le mercredi 17 mai (juste avant le festival) : c’est une journée intense de formation sur le bouclage, la correction et la soumission des manuscrits. Aucun pré-requis n’est toutefois nécessaire pour s’inscrire ; c’est sûr que s’être confronté à l’écriture rendra l’entreprise plus profitable (ne serait-ce que parce qu’on s’est frotté aux difficultés et commence à identifier les questionnements), mais ce n’est nullement obligatoire.

Démarche novatrice initiée par les Imaginales, cette journée de formation à l’écriture vous offre l’occasion de porter votre travail d’auteur à un niveau professionnel. Encadrés par deux écrivains de fantasy et de SF confirmés,Lionel Davoust et Jean-Claude Dunyach, vous découvrirez en quoi l’écriture est un métier et acquerrez méthodes et techniques pour vous guider dans l’évaluation et l’amélioration de votre propre manuscrit.

Vous aider à franchir l’échelon professionnel dans l’écriture

Cette journée d’échanges et d’enseignement (mercredi 17 mai 2017) vise à armer les jeunes auteurs pour la transition de l’écriture vers la publication : comment passe-t-on de l’envie d’écrire au métier d’écrivain ?

Au cours des dix dernières années, sites, livres et forums d’aide à l’écriture se sont multipliés. Il est aujourd’hui plus facile que jamais de travailler sur un livre. Mais comment l’achever, puis l’amener au meilleur niveau de qualité possible ? Comment se corriger, s’améliorer ? Comment et pourquoi le présenter à un éditeur ? Quels sont les rouages de la fameuse « économie du livre » ?

Passer du statut d’amateur passionné à celui de jeune professionnel de l’écriture, voilà l’ambition de cette journée de formation, à travers des thèmes tels que :

  • approcher l’écriture en songeant au public, sans sacrifier le cœur de son histoire ;
  • savoir se lire avec recul pour parfaire son manuscrit ;
  • les relations avec le monde éditorial ;
  • la rémunération des auteurs…

Cette journée de formation est destinée à ceux qui se sont lancés dans la rédaction d’un livre, voire l’ont terminé, et pensent à l’étape suivante, la publication professionnelle ; mais aussi à ceux qui ont envie d’écrire des histoires et désirent acquérir une vision panoramique du monde de l’édition.

La journée s’articule autour de présentations sur un sujet donné (l’attitude professionnelle, les corrections, les relations avec le monde éditorial…), suivies de temps de discussion et de débats autour des difficultés rencontrées par les stagiaires dans leur propre travail.

Inscrivez-vous au plus vite à cette journée de formation aux places limitées : une chance unique proposée par les Imaginales de propulser votre envie de raconter à un niveau supérieur !

Le tarif de cette journée est fixé à 60 euros ; pour s’inscrire, le bulletin d’inscription se trouve ici.

2017-05-23T16:19:22+02:00mardi 9 mai 2017|Technique d'écriture|3 Commentaires

Procrastination podcast ép. 16 : « De ta vie à Google Maps »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « De ta vie à Google Maps« .

« Écrire ce qu’on connaît » est un des conseils les plus répandus, qui a généré au fil de l’histoire littéraire des positions assez polarisées. La narration se nourrit bien sûr de l’expérience de l’auteur, mais cette notion s’effondre tout particulièrement dans les domaines de l’imaginaire, qui ont par nature un rapport à la réalité particulier. Toute la clé, on le verra, se trouve dans le sens que l’on donne au mot « connaître ».

Références citées
– Nécropolis, Hebert Lieberman
– La Séparation, Christopher Priest
– Neverwhere, Neil Gaiman

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2019-05-04T18:48:36+02:00lundi 1 mai 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination podcast ép. 16 : « De ta vie à Google Maps »

Le prix Joël Champetier 2017 est lancé – avis aux nouvellistes

Par Boréal; Ewe Aya – CC BY-SA

Le prix Joël Champetier est une occasion très précieuse pour tous les auteurs de nouvelles d’imaginaire : lancé l’année dernière en hommage à l’écrivain (que la critique comparait régulièrement à Stephen King, excusez du peu), il est reconduit cette année et s’annonce d’ores et déjà comme un rendez-vous de première importance. Il est ouvert à tous les nouvellistes non canadiens écrivant en français, et propose une prime ainsi qu’une publication dans Solaris. C’est donc une splendide occasion de donner un coup de projecteur sur sa plume !

La date limite est fixée au 31 août 2017, et le règlement, ainsi que les modalités d’inscription, se trouvent sur cette page.

2017-04-18T21:31:05+02:00mercredi 19 avril 2017|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Le prix Joël Champetier 2017 est lancé – avis aux nouvellistes

Procrastination podcast ép. 15 : « Conseils de survie pour les dialogues »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Conseils de survie pour les dialogues« .

Le dialogue, outil de base et convention narrative, c’est la communication verbale dans un média verbal, un moyen fondamental et immédiat pour passer de l’information, mettre en scène des personnages… voire transmettre au lecteur le contraire exact de ce que les personnages disent. Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust proposent un tour d’horizon de cet aspect fondamental de la littérature à travers des conseils fondamentaux et les grands pièges qu’il leur semble falloir éviter.

Références citées :
– The Writer’s Tale, Russel T. Davies & Benjamin Cook
– Elizabeth George, Mes secrets d’écrivain

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2019-05-04T18:48:36+02:00lundi 17 avril 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|3 Commentaires

Procrastination reviendra pour une saison 2 !

Allez, on le savait entre nous depuis un moment mais annonçons-le tout de go sur le damier1 : Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, reviendra pour une saison 2.

Merci à vous tous pour vos retours enthousiastes sur le forum d’Elbakin, les réseaux sociaux et tous les autres modes de communication modernes (comme la parole de visu). Cela nous fait vraiment très plaisir de voir que la formule fonctionne, que ce qu’on dit peut être utile, et on s’amuse vraiment beaucoup à faire ça tous les trois. Des conditions donc évidentes pour rempiler ! Le podcast connaîtra une petite pause pendant l’été : le dernier épisode (le 20) sera diffusé le 1er juillet, et ensuite, nous reprendrons le 15 septembre.

Mais nous n’en sommes pas encore là, il nous en reste encore cinq pour cette saison. Procrastination est diffusé par à peu près tous les moyens de la Terre, de Soundcloud à iTunes – nous remercions encore Elbakin.net pour les moyens techniques et l’infrastructure mis à notre disposition. Pour rattraper votre retard ou même attaquer, c’est ici !

  1. Oui, cette vanne est nulle, et vous avez perdu un clic de souris. ↩
2017-05-09T23:44:36+02:00jeudi 13 avril 2017|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination reviendra pour une saison 2 !

Votez pour le prix Rosny Aîné 2017 !

Auguste lectorat ! Tous les ans, je te fais l’article, mais tu sais quoi ? Tous les ans, j’ai raison. Le prix Rosny Aîné est un prix du public qui vise à remarquer une nouvelle et un roman chaque année, et ce prix n’a évidemment de valeur que si tu (oui, toi) votes. Nul besoin d’avoir tout lu pour ce faire ; il suffit de faire partie, selon la belle expression de Roland C. Wagner, du « peuple de la SF » et de vouloir s’exprimer pour lui, afin que cette initiative soit la plus représentative possible.

Pour cela, une seule adresse : le site officiel du prix, où figurent les listes d’œuvres (on peut tout à fait signaler au secrétaire d’éventuels oublis). Date limite : le 7 mai.

Go go go !

2017-04-10T19:58:52+02:00mardi 11 avril 2017|Le monde du livre|1 Commentaire

Les finalistes du prix Imaginales 2017 sont annoncés (avec Le Bibliomancien, de Jim C. Hines)

Couv. Nicolas Fructus

Honneurs et trompettes, auguste lectorat : les finalistes du prix Imaginales – qui récompense depuis plus de dix ans les meilleures œuvres de l’année en fantasy – ont été annoncés.

Je suis ravi de voir cité Le Bibliomancien, de Jim C. Hines, dont je me suis occupé de la traduction (le deuxième tome ne devrait pas tarder à sortir). J’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais – pas de mon travail, on est d’accord, mais du fait que je suis très heureux d’avoir pu servir de passeur à cette œuvre positive et fun qui constitue une déclaration d’amour à la lecture, à la SF et à la fantasy. Hines sera présent au festival, qui a lieu cette année du 18 au 21 mai – dois-je encore répéter qu’il faut absolument venir à cette grande fête chaleureuse de l’imaginaire ?

Félicitations à toutes et tous !

Catégorie roman francophone :

Christophe ARLESTON, Le Souper des maléfices (Actusf)
Anthelme HAUCHECORNE, Journal d’un marchand de rêves (L’Atelier Mosésu)
Romain D’HUISSIER, La Résurrection du dragon – Les Chroniques de l’étrange (Critic)
Emmanuel CHASTELLIÈRE, Le Village (Les éditions de l’instant)
Olivier GAY, La Main de l’empereur (Bragelonne)
Damien SNYERS, La Stratégie des as (Actusf)

Catégorie roman étranger traduit :

Anna STAROBINETS, Refuge 3/9 (Agullo), traduction de Raphaëlle Pache
China MIÉVILLE, Merfer (Outrefleuve), traduction Nathalie Mège
Brandon SANDERSON, Les Légions de poussière (Outrefleuve), traduction de Mélanie Fazi
Jim C.HINES, Le Bibliomancien – Magie ex-libris t.1 (L’Atalante), traduction de Lionel Davoust
Guy Gavriel KAY, Le Fleuve céleste (L’Atalante), traduction de Mikael Cabon
Marie BRENNAN, Le Tropique des serpents – Mémoire par Lady Trent t.2 (L’Atalante), traduction de Sylvie Denis

Catégorie jeunesse :

Aurélie WELLENSTEIN, Les Loups chantants (Scrineo)
Lucie PIERRAT-PAJOT, Les Mystères de Larispem (Gallimard)
Fabien CLAVEL, Panique dans la mythologie : l’Odyssée d’Hugo (Rageot)
Roxanne DAMBRE, Ceux qui marchent dans les ombres – Scorpi t.1 (Calmann-Lévy)

Catégorie illustration :

Aurélie POLICE, pour les couvertures de la trilogie La Voie des oracles, d’Estelle FAYE (Scrineo)
Carnets de croquis, (Armada)
Nicolas FRUCTUS, pour les illustrations de Gotland, (Le Bélial)
Marc SIMONETTI, pour la couverture de Le Village, d’Emmanuel CHASTELLIÈRE (Les éditions de l’instant)
Richard HENRY, pour la couverture de L’Héritage des sombres, de Pascal LOVIS (Société jurassienne d’émulation)

Catégorie nouvelle :

Jean-Claude DUNYACH, Le Clin d’œil du héron (L’Atalante)
Karim BERROUKA, Le Truc qui ressemble à une machine – in Anthologie officielle des Utopiales 2016 (Actusf)

Catégorie prix spécial du Jury :

Tome SHIPPEY, J.R.R Tolkien, auteur du siècle (Bragelonne), traduction d’Aurélie Brémont
Marianne CHAILLAND, Game of Thrones, une métaphysique des meurtres (Le passeur)
Le numéro n°1044 d’Europe, avril 2016, consacré à Lovecraft et Tolkien

Source

2017-04-06T08:38:47+02:00jeudi 6 avril 2017|Le monde du livre|2 Commentaires

Démarrer sur les chapeaux de roues… au risque de lasser ?

Une jolie petite question reçue en ce joli mois d’avril (oui, bon, c’est pas encore mai, quoi) :

Tu as parlé des débuts d’histoires et de l’intérêt de démarrer fort. En fait, y’a pas un risque, quand par exemple on a une anthologie de nouvelles, qu’elles démarrent toutes comme ça, sur les chapeaux de roues ? Et que finalement, ça lisse, ça atténue un peu chez tout le monde cet effet ? Je me doute qu’il n’y a pas de réponse tranchée à ça, c’est juste que quand je me promène dans les rayons et feuillette le début de livres, ben la plupart démarrent en effet comme ça, boom bam ! Enfin voilà, où s’arrête le procédé efficace et débute le truc de mode/d’époque… Est-on obligé de hameçonner si fort le lecteur, de crainte qu’il n’aille pas au delà de la 2 ou 3e page ? Peut-être que oui, peut-être qu’il y a trop de bons livres sur les étalages aussi…

La réponse, comme avec toutes les astuces, les techniques est : ça marche quand ça ne se voit pas. Donc, la solution consiste à ne jamais faire d’une astuce un procédé… Mais toujours de conserver en tête les besoins et impératifs d’une histoire donnée. Et toujours de subordonner ce qu’on fait (la forme) à ce qu’on essaie de faire (le fond).

De manière générale, je pense que oui, il est très préférable d’hameçonner le lecteur sur un début fort, parce que le rythme des textes a accéléré, entre autres avec la cohabitation d’autres formes de narration visuelles, parfois très rythmées, comme le jeu vidéo (c’est spécialement valable dans la littérature de genre, même si ça n’est – heureusement – pas une obligation). (J’ai un peu l’impression d’écrire une évidence : veux-tu écrire un début passionnant et être en bonne santé ou bien rédiger une histoire barbante et être malade ?)

Mais je crois surtout qu’il y a là confusion que ce qu’est un début « fort ». Cela ne signifie pas forcément bastons, poursuites en bagnole, invasions d’extraterrestres, explosions nucléaires. Démarrer fort signifie nourrir l’intérêt du lecteur, et c’est très différent. Cela signifie, pêle-mêle : lui donner des personnages bien campés, intéressants ; mettre en place un décor intrigant ; des enjeux signifiants ; ou bien rien de tout cela, parce que l’intérêt va se trouver totalement ailleurs, selon des règles uniques à l’auteur et au récit considérés.

À titre d’exemple, et parce qu’ils sont frais dans ma mémoire, les deux premiers tomes de la série Magie Ex Libris1 démarrent de manière diamétralement opposée et tout aussi efficace. Le premier (Le Bibliomancien) attaque avec un bel hommage aux codes du genre, une scène de baston. Mais le deuxième (Lecteurs nés) présente deux personnages en train de discuter poésie sur une terrasse. Et ça n’est pas moins passionnant, bien sûr parce qu’on connaît certains des protagonistes, mais surtout parce que l’auteur prolonge et renverse le système de magie qu’on prenait pour acquis à travers une discussion amicale qui paraît anodine. C’est un début tout aussi fort, parce qu’il suscite l’étonnement, le mystère, et surtout, il donne envie d’en savoir plus.

Un auteur, au fond, n’a que deux obligations : « mentir, mais faire ça bien« , comme le dit Elisabeth Vonarburg (c’est-à-dire ne pas interrompre le rêve fictionnel cher à John Gardner) ; et s’assurer que son lecteur veuille tourner les pages pour savoir la suite. Alors, c’est vrai qu’attaquer fort permet de « gagner » un peu d’exposition plus tard par exemple, parce qu’on peut espérer que le lecteur est ferré et sera, du coup, ravi de souffler un peu pour en savoir plus (alors que l’inverse est beaucoup plus délicat à réaliser), mais il ne faut pas oublier que toutes les techniques, astuces, jeux avec les codes (en allant dans le sens de leur respect ou de leur contradiction) ne sont que des guides pour élargir la palette d’expression d’un auteur dans l’espoir de viser ces buts de la façon la plus appropriée possible. Et la beauté de la chose, c’est que les lecteurs sont d’une infinie diversité. Ce qui a emporté l’un d’eux laissera le voisin totalement froid. Et les histoires aussi, comme les auteurs, sont d’une infinie diversité. Il me semble qu’en la matière, le guide le plus sûr reste les hautes aspirations de celui qui écrit (qui cravache ensuite pour satisfaire à ces exigences personnelles).

Le début fort est celui qui va faire démarrer l’histoire considérée de la manière la plus efficace et captivante possible – pour un lecteur susceptible d’être sensible à cette histoire-là, à ce procédé-là. Il y a cent façons d’y parvenir : une première phrase forte (Robert Charles Wilson et Roger Zelazny sont des maîtres en la matière) ; démarrer par de l’action pure (école du thriller américain) ; attaquer in media res… Ou bien, au contraire, plonger le lecteur dans une ambiance (ce que font beaucoup de romans de littérature générale). Peu importe : ce sont que des outils dans la boîte de l’auteur. Ce qui compte, c’est de trouver ce qui va résonner avec l’univers dont il est question, et avec l’auteur que l’on est, pour le lecteur que l’on aimerait toucher, et faire ça au mieux. À mon sens, surtout dans les débuts, il convient donc de traquer la vérité de sa propre voix, de son style, et de travailler l’adéquation entre les intentions, les moyens et les résultats, chercher à « sonner juste » avant toute chose.

Comme dit plus haut, les techniques sont mauvaises (mal exécutées et/ou inadaptées) si elles se voient. J’ai beau savoir que Wilson et Zelazny sont des maîtres de la première phrase, chaque fois que je prends un de leurs récits, je me fais embarquer comme un naïf car la technique disparaît derrière l’exécution.

  1.  Dont j’ai l’insigne honneur d’être traducteur, je le précise pour la transparence. ↩
2019-06-04T20:31:08+02:00mercredi 5 avril 2017|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Démarrer sur les chapeaux de roues… au risque de lasser ?
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