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Des plumes et des partitions

semaine_musicale_quimperAvant-hier et quelques semaines plus tôt, je me suis retrouvé sur les routes (pour Rennes, ça va – et Quimper, ça va encore). Le but : aller parler d’écriture à des lycéen-ne-s – ou plutôt, de la façon dont je le vois, les faire parler de leur écriture, et m’efforcer de leur proposer des armes pour la porter encore plus haut. Le contexte : le concours Plumes et Partitions, organisé par les semaines musicales de Quimper. Chaque année depuis 2011, plus de 400 élèves de secondaire, en collaboration avec leurs professeurs de français, envoient des nouvelles de quelques pages sur des thèmes fixés (en 2014 : « La nuit » ou « Rêves »). Un jury d’une quinzaine de personnes – écrivains, professeurs, journalistes – sélectionnent ensuite les finalistes, et le-a gagnant-e voit son oeuvre mise en musique par un compositeur lors d’un concert. Une jolie consécration. 

Les vingt finalistes se voient aussi publiés dans une petite anthologie… et, heu, me gagnent avec (ruban cadeau autour du crâne, après tout, il faut bien que je tire parti de ma récente ressemblance avec un œuf de Pâques1). Nous avons parlé de technique d’écriture, je me suis efforcé de démystifier certaines idées reçues sur le travail de l’auteur (oui, il est normal de rencontrer des passages où l’on rame / non, l’inspiration n’est pas automatique / oui, l’écriture peut avoir une méthode / non, le temps ou le travail passés sur une oeuvre ne sont pas en corrélation directe avec sa qualité finale, malheureusement) et de passer mon mantra : apprendre à écrire, c’est apprendre à se connaître.

Bien, si j’en parle, c’est parce que, bon sang, j’ai été très, très agréablement surpris par la qualité des textes que j’ai lus, et, bon sang, c’est chouette. Dans ce que j’ai lu, il y avait une vraie énergie, des histoires, des personnages, un sens de la narration déjà très affûté, et beaucoup de sincérité. (Enfin, ça, on n’en sait rien. Il est impossible de savoir si un auteur est sincère, à moins de le connaître très bien. Mais tant que ça en donne l’illusion, le lecteur est content, et c’est important quand on écrit avec une visée publique.) Et surtout, une attitude vraiment très active, et critique vis-à-vis de la pratique de l’écriture. À ma question d’introduction volontairement provocatrice : « Quelles sont les règles de l’écriture ? » (réponse : aucune, en vérité, à part celle d’être compris-e), c’est limite si je n’ai pas eu une mini-rébellion : « aucune, sinon ce n’est pas drôle ! » « sinon tout serait pareil ! » Et ça, eh bien, ça me fait drôlement plaisir.

Cela me pose quelques questions sur ce qui se passe, cette période floue et mal définie, entre le moment où l’on a seize ans, les crocs dans l’existence, des idées à la fois peu formées et très déterminées, et le moment où l’on en a vingt, trente, où, pour beaucoup, on s’ossifie, on se dessèche, on n’ose plus. Je parle strictement (ah oui ?) d’écriture : dans mon passé de rédac’chef, il m’est arrivé de recevoir des textes bien moins aboutis, bien moins ficelés, que ces courtes nouvelle de lycéens, comme si, à un moment dans le passage à l’âge dit « adulte » (impôts – boulot – sexe hebdomadaire lumière éteinte – prêt immobilier – club Med annuel), l’esprit se disait : oh, non, je ne peux pas faire ça, on ne fait pas comme ça, je dois faire de cette façon parce que c’est comme ça – on se rogne les ailes. What ? On s’en fiche. Si l’écriture est un reflet de l’existence et que son travail se trouve, par quelque processus alchimique opaque, le reflet de l’attitude de l’auteur dans l’existence (je le crois un peu – ce qui ne vous dit pas grand-chose, au final), alors, eh bien, l’on fait ce que l’on désire, avec son cœur et sa sincérité, tant qu’on en assume les conséquences : narratives, dans l’histoire du papier, ou l’histoire de soi.

Donc, non, je ne parle pas strictement d’écriture.

Donc, chapeau, les gens, et merci. Vous avez une clarté certaine de vision et de travail, et c’était simplement réjouissant à découvrir. Vous m’avez bluffé (et c’est pas facile), dans vos textes comme dans nos échanges. Je voudrais simplement vous dire, si vous me lisez : ne perdez pas ça. Que les années qui s’ajoutent vous donnent simplement davantage de matière à réflexion et élargissent votre champ des possibles, et surtout pas l’inverse.

Quoi, je suis sentencieux ? Souhaiter bon vent à quelqu’un ne peut pas lui nuire ; il est toujours libre de s’en fiche. Ce qui, dans le présent contexte, est peut-être aussi bien – si ce n’est meilleur.

Smile. 

  1. Je déconne, hein. HEIN.
2014-08-05T15:16:09+02:00vendredi 21 mars 2014|Technique d'écriture|2 Commentaires

Oh le zoli agenda

Pas trop d’articles de fond encore, auguste lectorat, des déplacements et beaucoup de travail en coulisses sur les projets en cours. Néanmoins, suite à un petit bug, j’ai mis à jour l’agenda et fini par trouver comment tirer profit d’une présentation générale un peu plus sexy.

agenda-new

C’est donc sur la page correspondante. Oui, c’est un non-événement, on est d’accord, mais c’est la rançon de publier tous les jours : on ne peut pas fendre les cieux d’un trait d’esprit fulgurant à chaque jour ouvrable. C’est que ce serait drôlement fatigant.

2014-03-19T21:59:41+01:00jeudi 20 mars 2014|Journal|8 Commentaires

La photo de la semaine : nuit dans le port de Tobermory

Night time in Tobermory harbor

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Un petit essai de photo nocturne, même si, à l’époque, je n’avais pas vraiment le matériel adapté. C’était la veille de mon départ sur le Silurian ; la lune était exceptionnellement lumineuse, ce qui m’a donné envie de faire un tour dans le village (Tobermory, île de Mull, Hébrides, Écosse) pour ma dernière nuit à terre.

2014-05-28T18:16:59+02:00mardi 18 mars 2014|Carnets de voyage, Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : nuit dans le port de Tobermory

Votez pour le prix Rosny Aîné 2014 !

rosnybgHop, c’est à nouveau le moment : les votes pour le prix Rosny Aîné 2014 sont ouverts. Pour mémoire, il s’agit d’un prix entièrement décerné par le public aux oeuvres de l’année passée relevant du genre science-fiction. Tout le monde peut voter très simplement au premier tour par mail, quand le second se déroulera à la 41e convention de SF, à Amiens.

Comme à chaque fois, je vous encourage vivement à faire entendre votre voix ; le nombre de participations témoigne de la vivacité de la littérature de genre en France, et c’est l’une des rares occasions où le public exprime directement son avis. Nul besoin d’avoir tout lu ; c’est un prix du public donc, de manière inhérente, vous exprimez vos goûts.

Pour voir les listes d’oeuvres éligibles (mais il est tout à fait possible de voter pour des titres qui n’y figurent pas), rendez-vous sur le site. Votez ! Pas demain, pas dans une semaine, car vous aurez autre chose à faire : maintenant !

2014-03-17T11:23:58+01:00lundi 17 mars 2014|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Votez pour le prix Rosny Aîné 2014 !

Évanégyre et (presque) chronologie

OK, c’est un gros presque (pour ce que j’en dévoile).

Pour Évanégyre, l’univers entier, je travaille comme sur un roman, une série, une nouvelle, mais à échelle plus vaste : tout ce qui n’est pas fixé par l’écriture, et surtout la publication, reste relativement en flux. Il y a bien entendu des repères importants (la Grande guerre évoquée dans « La fin de l’histoire », l’évolution technologique entre « La fin de l’histoire » et La Volonté du Dragon, d’autres événements encore à peine abordés, des personnages qu’on a seulement entrevus pour l’heure) qui conditionnent tout l’arc narratif, mais certains détails de géographie, d’intervalles temporels, peuvent éventuellement être réajustés tant que cela ne vient pas contredire

  1. le matériel déjà publié (la règle cardinale étant  : no retcon !)
  2. le plan d’ensemble et le projet général de l’univers.

Le but étant, toujours, d’écrire une meilleure histoire et un meilleur monde. Certains jalons jetés un peu au hasard peuvent parfois sonner faux après coup ; ils se déplacent souvent sans dommage (et alors, il faut le faire), tout comme l’échafaudage devant une façade n’a guère d’importance ; c’est la maison derrière qu’on souhaite voir ; l’échafaudage doit servir le projet, pas l’inverse.

C’est pour cela que, pour l’heure, le portail Évanégyre reste un peu vide ; je ne souhaite pas m’engager sur des informations autres que ce qui a déjà été publié (quatre nouvelles et un roman, on ne peut pas dire que ça soit très dense… pour l’instant). Cependant, La Route de la Conquête devrait contenir un peu plus de paratexte que les récits précédents, avec quelques informations sur le monde en lui-même, autour des textes, pour satisfaire ceux et celles qui regrettaient mon silence (volontaire, mais peut-être un peu obstiné) sur ce point.

Du coup, je peux quand même montrer un petit machin… (La flèche temporelle va bien sûr de gauche à droite.)

eva_temps

*sifflote*

Les dates sont floutées parce que, donc, pas formellement arrêtées pour l’instant ; au regard du grand ordre des choses (les récits dont il est question étant très brefs à l’échelle impériale), cela peut encore se décaler de 5 à 10 ans. Mais elles le seront quand le livre entier La Route de la Conquête sera achevé et remis à l’éditeur.

Et c’est évidemment un tout petit extrait. Je conserve les lignes temporelles intitulées Politique, Technologie, Batailles, Personnages et bien d’autres par-devers moi… Je maintiens toujours que je suis là pour raconter des histoires d’abord, et non compiler un traité d’histoire-géographie sur la planète Évanégyre. (Même si sa vraisemblance est évidemment capitale – mais elle doit se déduire des récits seuls, pas du volume des annexes.)

(Et si cela vous intéresse, pour compiler mes calendriers et mettre en rapport les événements entre eux, j’ai récemment importé et remis sous forme claire toutes mes notes dans l’excellent Aeon Timeline.)

2014-03-13T00:18:40+01:00jeudi 13 mars 2014|Journal|25 Commentaires

« Le meilleur d’entre eux » dans l’anthologie Lancelot

lancelotIl est temps de donner quelques détails supplémentaires sur Lancelot, l’anthologie officielle du festival Zone Franche à Bagneux, publiée par les éditions ActuSF, qui se propose de « redécouvrir et de moderniser ce mythe essentiel ». Le livre sera disponible à la fois en papier et en numérique, et sortira à l’occasion du festival, du 4 au 6 avril.

Au sommaire

  • Karim Berrouka
  • Armand Cabasson
  • Fabien Clavel
  • Nathalie Dau
  • Lionel Davoust
  • Jeanne-A Debats
  • Anne Fakhouri
  • Franck Ferric
  • Thomas Geha
  • Postface : Lucie Chenu

« Le meilleur d’entre eux »

Il est arrivé par la porte sud, le beau chevalier, sous un ciel lourd, précédé par un vent froid. Malgré la boue des routes qui macule ses jambes et celles de son étalon gris, malgré le crachin de Bretagne qui colle ses mèches blondes à son front, malgré la fatigue qui s’acharne à voûter ses épaules, il garde le dos droit. Son regard d’un bleu de glace perce au cœur des rues sales, blotties au pied de la forteresse à la façon d’une portée de chiots peureux. Quelques lieues avant Camelot, il a pris soin de revêtir sa cotte de mailles sur son gambison. Il porte l’épée au flanc, bien en évidence. Derrière lui, chevauchant sa propre monture, Bhriain a hissé la bannière de son maître : d’argent à trois bandes de gueules.

Il entre en seigneur.

« Il est revenu ! »

Lancelot, le blanc valet, le beau trouvé, est réputé le meilleur de tous les chevaliers. À présent, de retour d’un long exil en Palestine, il apporte peut-être la solution qu’attend le royaume alors que tous les preux recherchent désespérément le Graal. Car la vérité sur la Quête, sur la Table ronde et le roi Arthur est bien différente de ce qui nous est parvenu à travers la légende…

La page sur le texte est en ligne, ici. Je surveille la possibilité de commander, et signalera quand ce sera possible.

2014-03-12T17:16:53+01:00mercredi 12 mars 2014|À ne pas manquer|17 Commentaires

Entre deux eaux

fishy_hold_breathPassage rapide, auguste lectorat, car encore beaucoup de choses à faire. Sur quoi, dis-moi ? Eh bien…

  • La Route de la Conquête, bien sûr. Ça prend forme. Et j’ai vu la couverture. Elle déchire.
  • Sur l’anthologie des Imaginales 2014, avec Sylvie Miller. En finalisation. Et j’ai vu la couverture aussi. Elle déchire aussi. J’ai vu le thème filtrer quelque part dans un support officiel, moi, je n’en dirai rien encore, mais si vous avez envie d’aller à la pêche, l’information est , quelque part. *sifflote*
  • Après dix bonnes années à fonctionner sur le couple OneNote – Word, je change d’outils d’écriture. Je crois avoir trouvé un nouveau Graal. J’en parlerai après l’avoir testé plus en profondeur, mais je l’adopte à une telle vitesse que ça ne va pas tarder, je pense.
2014-03-11T11:25:04+01:00mardi 11 mars 2014|Journal|4 Commentaires

Important rappel à moi-même

Auguste lectorat, fuis ! Ceci est un article de blog

Il y a un petit nouveau cette semaine, sur le mur derrière l’ordinateur de travail :

(Noter l’ajout de ma main – enfin, de mon étiqueteuse – en-dessous.)

ReLIRE et la confiscation que le registre implique nous a – à commencer par moi – choqués en grand nombre , mais plus choquantes encore sont les exultations de certains, outrés par le fait que l’on puisse éventuellement exiger une rémunération de son travail – ou, pire, que celui-ci soit respecté. Il est profondément écœurant, je le dis, de lire que le travail d’un créateur pourrait ne plus lui appartenir dès publication (j’ai répondu à cela lundi) et qu’il serait censé, au nom du bien commun, abdiquer toute prétention dessus. Il est également profondément agaçant, et provocateur d’aigreurs, de recevoir des leçons sur le droit, la culture, de gens qui ne sont même pas capables de connaître le sens des mots qu’ils emploient ou de présenter une argumentation logique cohérente, laquelle s’effondre dès qu’on souffle dessus.

Je confesse être sorti de ma bonhomie naturelle cette semaine sur les réseaux, un peu partout, parce que fatigue, parce que merde, parce que je ne viens pas donner à des menuisiers des leçons de menuiserisation, à des codeurs des leçons de codeurisation, alors j’apprécierais qu’on ne vienne pas m’en donner d’écrivaillage ni qu’on présume de me réformer la tronche, en prétendant que c’est pour mon bien, en plus, quand on n’est pas – toujours pas – capable de produire des modèles économiques viables et que la logique fondamentale ne semble pas encore acquise. 

Est-ce à dire qu’il faut se mettre la tête dans le sable – là là, non les usages n’ont pas changé, oui il faut réprimer et verrouiller ? Certainement pas (une recherche basique sur le site vous montrera combien je m’y oppose, ne serait-ce qu’en raison de l’inutilité des mesures). Mais il y a une différence entre questionner, expérimenter, et répliquer « t’façon c’est comme ça, deal with it, pis ranafout’ ». Internet est merveilleux : il met les humains en contact. Internet est atroce : il met les humains en contact. C’est bien facile, derrière l’écran, de faire fuser la petite remarque qui va bien, qui donne l’impression qu’on a de la hauteur, de se sentir intelligent et tellement fort, quand on n’est pas partie prenante dans le sujet, et que le mec en face se trouve de toute façon à des centaines de kilomètres et qu’il est incapable de vous coller une baffe à fins thérapeutiques. (On peut même lancer des partis politiques fantoches, dites.) En ce qui me concerne, je suis en ligne comme en vrai : ce que je dis en ligne, je le dirais aussi en face à face. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Malheureusement, cette célèbre prière n’est pas encore exaucée (mais que fait Google, bordel ?) :

lord_grant_ability_punch_people_face_over_tcp_ip

Il faut donc faire avec. Même si, quand on manie les mots, qu’on (s’)est formé à en faire son métier, ils peuvent produire le même effet ; et le problème, avec les mots, c’est qu’ils sont des Kalachnikov : une fois qu’on a appris à tirer avec, on a envie de tirer sur quelque chose. Et quand on vous en donne l’occasion, hé ben…

La véhémence dont il m’arrive de faire preuve n’est que le reflet de la violence de l’état de fait que nous subissons vis-à-vis de nos droits. Toutefois, j’ai sorti un jour à un ami exaspéré par la bêtise de collaborateurs : « Tu ne peux pas expliquer à quelqu’un que c’est un gros con dans l’espoir qu’il soit d’accord avec toi. » Ainsi en va-t-il aussi du Net, et je ferais bien de méditer ma propre phrase. Coller des baffes soulage, et j’ai toujours dit que j’étais un bouledogue, parce qu’il en faut, parce que l’angélisme m’insupporte, parce que je ne m’abuse nullement sur les tristes travers de la nature humaine (sinon, je serais anarchiste), mais, hélas, on ne dit plus « merci monsieur » à une claque depuis 2000 ans – tout se perd, bon sang, l’UMP a raison !

Bref. Article inhabituellement personnel (ça n’arrivera pas souvent) pour, d’une part, clore le sujet pour la semaine, d’autre part, me lier publiquement, par ton regard, auguste lectorat, à un meilleur usage de mon temps et de mon énergie que l’absurdité si justement pointée par XKCD sur mon nouveau compagnon mural. Je ne me retire pas des réseaux, des débats, mais je reprends de la hauteur. Je me conforme à nouveau à mon propre principe : je fais mon truc, et j’avance. Je ne fais pas ce métier pour être « constaté » par une époque, mais pour progresser, moi-même, et défricher ce que j’ignore encore.

Et, car je veux vraiment rendre hommage, je lance de gros high five à vous, auteurs bien sûr mais surtout lecteurs, bibliothécaires, blogueurs, (re)croisés sur les réseaux, qui comprenez tout ça, qui le vivez aussi, qui avez cette hauteur toute zarathoustrienne, et qui ressentez vous aussi ces agressions comme si c’était votre propre cœur que l’on désirait mettre à la disposition de tous – et c’est le cas, car c’est votre plaisir, votre lecture et donc votre intimité qu’on galvaude. Merci de vos partages, de vos réponses, de vos répliques, de votre compréhension et d’avoir joint vos voix aux nôtres, bien fatiguées et furieuses.

Je le dis très clairement : tant qu’il y aura des gens comme vous, je serai en mesure de considérer que ce que nous faisons n’est pas totalement vain, et même que l’humanité, dans son intégralité, ne l’est pas non plus. 

Difficile de dire à quel point, franchement, vous me donnez foi en l’avenir du monde. Pas le mien ; peu importe le mien ; je fais des trucs et on voit ce qui se passe ; ma place, on s’en fout, et puis nous ne sommes tous que des battements de cils à l’échelle des millénaires ; je parle de celui de la culture dans son ensemble, en tant qu’entité baignant l’humanité, meilleure arme dont l’on dispose pour résister à la bêtise, à l’obscurantisme, continuer à rêver et donc à progresser ; celle qui fera, on l’espère, que nous serons collectivement moins idiots dans cinq siècles qu’aujourd’hui.

La semaine prochaine, on parlera d’écriture, d’Évanégyre, et il fera beau.

Bon week-end !

2014-03-07T11:28:35+01:00vendredi 7 mars 2014|Journal|27 Commentaires
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